IMPRIMERIE DE MOUGIN-RUS AND
ITallcs de la Grenette.
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Jli<ioi tu ip^ïoquo moilu «rripta deleclat. Pr.m. J « r s* . Eftitt. v. 8.
RÈGNE D'HENRI III (a).
1574. — /ttm. M. de Mandelot, gouverneur de Lyon, ayant reçu la nouvelle de la mort de Charles IX, convoque dans son hôtel les principales corporations de la ville, et, après une allocution forte et pathétique, leur fait prêter serment de fidélité ù Henri III, qui était alors en Pologne. — Une députation composée de citoyens les plus notables, à la tête de laquelle était Claude de Hubys, procureur général de la commune, fut envoyée au devant du roi 9 et se rendit à Venise où le monarque lut donna audience et promit de passer par Ljon ( Voyez Rubys, Hist. de Lyony p. 425; A. P. Notice sur Mandelot, p. aa). — La députation qui s'était mise en route le io /au», fut de retour à Lyon le io août suivant.
1574. — Juillet ao. Les échevins vont au devant de Jacques de Savoie, duc de Nemours, en cheval et en housses, jusqu'à la porte du pont du Khône, et l'accompagnent à son logis.— Messieurs de Langes et Sala lui o firent de la part du Consulat 140 pots de vin, à 5 sols le pot, et présentent ù la duchesse de Nemours, pour 54 I. 4 6 d. déconfitures. S.
1574.— Juillet a6. Henri III écrit aux échevins de Lyon :
(i) Ces notes ou documents fout suite à ceux que l'auteur a publiés dan* les Annuaires de Lyon t de 1839 a 184 1. •
* (a) Ce prince . successeur de Charles IX , parvint, a la couronne le 30 niai 157.', , et mourut le i«r août i58g.
« De par le roy :
« Cherset bien mnez, nous arons entendu parvoz deppulez et les lettres du Sr deMandelot, le bon debvoir que vous avez faict à notre service, sur les occasions qui se sont présentées à la mort intervenue de nostre feu seigneur et bon frère , dont la perte nous a causé un extresme regret, pour l'amvtié plus que fraternelle qu'il nous avoit portée toute sa vie; mais puisqu'il a pieu à Dieu l'appeler à, soy, et, par le droit de nature, nous faire son légitime héritier et successeur à sa couronne, nous recevons vn grand contentement de la résolution que vous avez prinse en nostre absence, de nous garder la loyauté que iustement vous nous debvez; vous assurant que puisque nous auons trouvé en vous la fidélité que nous en avions tousiours attendue, vous pouvez aussi vous promettre le meilleur et plus gracieux traictement que vous pouvez désirer de vostre roy naturel en toutes les occasions qui s'en offriront; vous enjoignant bien expressément que, comme vous avez bien commencé, vous continuiez et obéissiez, en attendant nostre nrrivée qui sera le plustost et à plus grandes journées qu'il nous sera possible, à tous les commandements q*e vous fera la royne régente > nostre très-honorée dame et mère, soit pour le faict de nostre joyeuse entrée en nostre ville de Lyon, ou aultre chose qui regarde noslre service; qui est la plus certaine preuve et la meilleure confirmation de vostre ancienne fidélité, que vous nous puissiez rendre pour ceste heure. Donné à Venyse , le 2(i jour de juillet 1 574* Signé Henry, et plus bas Ruzè. S.
1574. — Juillet 27. Le consulat passe vente à Pierre de Palmier, sieur de la Baslie, gentilhomme ordinaire du roi, et chambellan du duc d'Alençon , du jeu de paume d'Àinay, appartenant à la ville, à la charge d'une pension de trois livres à l'abbaye d'Ainay, et de 25 livres à la ville. S. — C'est dans ce jeu de paume que le Dauphin, fils ainé de François 1", avait bu le verre d'eau qui fut la cause de sa mort et de celle de Montécuculli. Voyez ci-dessus au 7 octobre 1 536.
1574» — Août 22. Sur la demande d'André Morel , maître de la monnaie de Lyon, et en exécution de l'arrêt de la cour des monnaies de Paris du 9 de ce mois, le Consulat nomme nobles François Grolier et François Cousin, bourgeois de Lyon, poiu assister à la fabrication des petites monnaies qui se font à Lyon. — Le Consulat nomme aussi Pierre Gondolfi, graveur, à l'office de graveur de la monnaie, vacant par la mort de Claude Bailly. S.
1574. — Août... Catherine de Médias vient à' Lyon pour y attendre Henri III. Elle prend son logement au château de la Mothe. — Avec elle étaient venus Monsieur, frère du roi, le roi de Navarre (Henri de liéarn, depuis Henri IV), et Marguerite de Valois sa femme. Voyez les Mémoires de cette princesse (collection Michaud, 1" série, lom. x, p. 411); son Histoire, par A. Mongez, p. 114, et YAlm. de Lyon, pour i740, p. xlvij'.
1574. — Joût 28. Une ordonnance royale , datée de Lyon, enjoint à toutes personnes d'ouvrir leurs caves, une fois l'an , aux fermiers de l'impôt de cinq sous par chaque muid de vin. — Le Ier septembre suivant, par lettres également datées de Lyon, sont confirmés dans leurs offices, les officiers de la chambre des comptes , créés à l'occasion du joyeux avènement. Recueil d'Isambert, xiv, 268. — Les deux actes que nous venons de mentionner doivent avoir été signes par la reine-mère, régente du royaume.
1574. —Septembre 6. Messieurs les consuls échevins de Lyon , s'étant rendus en l'hôtel commun, en sont partis à 2 heures après midi, avec aucuns notables de la ville , pour aller recevoir le roi Henri III, venant de la Po-
logne, lequel ce môme jour ieroit arrivé sur les 5 heures du soir, et entré eu Indite ville par la porte du pont du Rhône, à laquelle porte n'auroient les*dits sieurs échevins voulu attendre pour y recevoir sa Majesté, d'autant qu'elle n'auroit voulu lui être faite entrée solemnelle, jusqu'à ce qu'elle aurait été couronnée; toutesfois auroieut lesdits sieurs échevins, fait préparer, armer, et équiper les forces de ladite ville, étant sous la charge et conduit e des capitaines des quartiers penons de ladite ville, lesquels, avec leurs enseignes déployées, se seroient rendus en la place de Bellucour, en laquelle on estimoit faire passer un bat;ùllon,y passant sa majesté, et faire une salve d'arquebuse accoutumée : toutesfois pour autant que sadite Majesté seroit arrivée plustôt que ledit bataillon n'auroit pu être dressé, auroient lesdits sieurs échevins fait la révérence à sa Majesté, à l'entrée de ladite place de Belleeour, à laquelle, après l'avoir congratulé de son heureux et si prospère retour en son royaume , ils auroient, comme tenus et obligés, offert nonseulement tout ce qui étoit desdites forces en cette place de Belleeour, mais tout le reste des habitans de ladite ville et leurs propres vies pour lui faire très-humble service. A quoi sa Majesté faisant réponse gracieuse et trèsagréable, auroit dit h qu'il auoit tousiours connu ceste bonne volonté et » s'en estoit tousiours asseuré , qu'il les piïoit et commandoit d'y conti- » nuer, et que tout ainsi qu'ils auroient esté bons et fidèles subieetz, qu'il » leur feroit cognoistre par effet qu'il leur seroit bon prince et roy, et » que particulièrement il gratifieroit ladite ville en toutes les bonnes occasions qui s'en présenteroient.» Ce fait, auroit sa Majesté traversé ladite place de Belleeour, jusqu'à la rivière de Saône, et à l'endroit de la place de Rontalon, auquel Heu lui avoit été dressé un port ou descente à ladite rivière expressément acommodé pour sa Majesté, seroit montée sur un grand bateau (i) , sur lequel auroit expressément été construite, par commandement et aux dépens du consulat, une salle de bois et charpenterie accompagnée de galeries tout autour d'icelle, et percée de fenêtres de tous les costez, peinte tant dedans que dehors; dans laquelle auroit sadite Majesté accompagnée de la reyne sa mère. Messieurs les ducs d'Alencon , roy de Navare et duc de Savoy e, traversé jusqu'à l'archevêché de Lyon, où son logis lui avoit clé préparé. Actes Consul. Voyez la Chroniq. de Carion (continuation de); le Cérémonial franc, p. 922 et suiv., etc. — La Croix du Maine cite au nombre des ouvrages de Nicolas du Mont : « Les Feux de joie faits à « Paris pour l'arrivée du Roy en France , avec l'ordre tenu à son entrée et « réception en la ville de Lyon, imprimés par Denis du Pré.»
— Même jour 6 Septembre. Le roi tient un conseil où l'on décide contre l'avis des plus sages, que l'on commencera la guerre contre les Huguenots. Art de vérif. les dates, 1 , 653.
1574. — Septembre 24. Mort, à St-Rambert en Forez, d'Antoine d'Albon , archevêque de Lyon. — La vie de ce prélat qui fut, dans sa jeunesse, l'ami et le correspondant d'Erasme, est remplie d'événements auxquels il a pris souvent une part très-active. Les détails les plus curieux ne manqueront pas à son biographe. Il eut pour suffragant le fameux Jean Ilenrici (voyez ci-dessus au 6 Janvier). Il avait succédé , en septembre 1 564 » a Hippolyte d'Esté, cardinal de Ferrare, avec lequel il avait permuté; il fut remplacé par Pierre d'Espinac, né au château d'Espinac en Forez, le 10 mai i54o. Le Laboureur, Maz., 11, 25; Galtia Christ, , etc.
(1) La dépense de ce bateau qui avait la forme du Bucentaure de Venise, monta à 1900 livres.— On avait acheté pour 171 livres de confitures, qui furent offerte» au chanccli«r Brulard et aux autres seigneurs. S.
1574.— Septembre a5. Une déclaration du roi datée de Lyon , défend l'exportation des blés et autres grains hors du royaume, sans la permission expresse de S. M. — Cette déclaration est fondée sur l'extrême cherté et nécessité des grains et blés pendant les années précédentes, et sur la crainte d'une disette. Recueil d'Isambert, xiv, 269.
1574. — Septembre 28. «Les oflîciers de la justice, consuls et échevins de la ville de Lyon certifient que, advienne vacation de la charge et office de suffragant en ce diocèse, par le décezdeM. Jean Henrici, evesque de Damas, d'ung commun advis, et suivant les ordonnances du roy, ils ont nommé à nostre sainct Père et à S. M. et encore au Sr Archevêque de Lyon, frère Jean Ropitel, docteur en théologie , de l'ordre des frères mineurs, pour faire la dernière charge de suffragant, et ce en considération de son savoir et suffisance et des bons offices qu'il a faicts en ceste ville, par ses prédications ordinaires, tant auparavant que depuis les troubles aduenus en ce royaulme pour le faict de la religion et de sa bonne, saincte et exemplaire vie, mœurs et conversation. S.»
1574. — Septembre... Vers ce temps là, les échevins traitèrent avec le sieur du II aide, premier valet de chambre du feu roi, de la charge de capitaine des portes de la ville de Lyon , qui lui avait été donnre lors de la réduction de cette ville en » 563. La charge fut supprimée, et les clés des portes furent rendues aux échevins. Rubys, p. 42t>.
1574. — Septembre..,. Le roi joint, en faveur de Mandelot, le gouvernement de Forez a celui de Lyonnois et Beaujolois; Anne d'Urfé qui s'en disait gouverneur, demeure lieutenant nu même gouvernement. Rubys, p. 4^6. — Anne d'Urfé était le frère d'Honoré, auteur de YÂstrèe, roman qui fit les délices de Jean-Jacques Rousseau , jusqu'à ce qu'il eût fait un voyage dans le Forez (1). Voyez Bernardin de St-Pierre, Etudes de la nature, ix, 88, édit. de 1795, et Les (TUrfe , par M. A.Bernard, p. 162. — Avant Anne d'Urfé, Mandelot avait pour lieutenant Maurice du Peyrat, nommé après la S. Barthclemi. Plus tard, et sans doute par la résignntion d'Anne d'Urfé, Guillaume de Cadagne, seigneur de Bolhéon, exerça les mômes fonction." jusques vers la fin de 1600, époque de sa mort.
1574. — Octobre 10. Une compagnie de Reistres qui avait passé par Lyon , obtient à titre d'indemnité une somme de 6000 livres pour la valeur des effets qui avaient été volés dans ses chariots. — Le Consulat, malgré sa résistance, fut contraint de payer cette somme. S.
1374. Octobre i5. Henri lit écrit aux conseillers et échevins, procureurs, manans et habitans de sa bonne ville de Lyon :
■« De par le roy : — Chers et bien amez, ayant pour la réduction en nostre obéissance de la ville d'Annonay faict leuer vng bon nombre de gens de guerre tant de cheval que de pied soubz la charge de nostre amé et féal cheuallier de nostre ordre le S' de Sainct Chaulmont, pour la nourriture desquels estant besoing pourveoir au faict des vivres : à ceste cause nous vous mandons et expressément enjoignons que, incontinent la présente* veue, vous avez à l'aire recueillir et lever la quantité de bleds, farines, pains, vins, chairs, lards, avoines, etc. etc. ; et à ce ne faictes faulte si tant est quecrai-
fi) Ou prétend qu'il fil ce voyage pour aller voir Mm* «le Wareus, qui s'était retirée dan* un <-nii\ei>! de religieuMM à St.-Galmicr , en Forez , où elle a fini ses joui s. Il esl étonnant que nlte femme qui doit à Jean-Jacques une >i grande célébrité , ait été oubliée data la Biographie
u.ilva sei'c.
gnics nous desobeyr : cartel est nostre plaisir. Donné ù Lyon le i5 jour de octobre 1674. Signé Henry, et plus bas Neufville. S.»
1574. — Octobre 19. Les sieurs consuls qui ont eu communication de la commission a eux adressée par M. le Commissaire général des vivres près le camp d'Annonay, pour fournir certaine quantité des bleds, vins, farines, etc., disent que telles commissions n'ont coutume d'être adressées à eux, mais aux syndics et habitant du plat pays de Lyonnois; joint que pour la grande disette de tous vivres qui a été depuis trois ans audit pays, il n'y a de présent dans ladite ville bleds ni farines pour nourrir ses habitans durant un mois , en sorte qu'ils ont été contraints recourir au roy, pour en avoir traite de Bourgogne et de Bassigny ; de plus ils disent que la ville d'Annonay est voisine des pays de Velay et d'Auvergne où il y a abondance de tous vivres, et telle qu'ils en fournissent journellement à la ville de Lyon, et partant que c'est audit pays que se doit adresser ladite commission. S.
1574. — Octobre ao. Des lettres patentes datées de Lyon, ordonnent l'enregistrement d'une bulle du pape, qui permet l'aliénation du temporel des ecclésiastiques. — Le pape se fonde sur ce que le malheur des temps et les guerres civiles qui ont ravagé le royaume, et qui ont eu pour objet le maintien de la religion catholique, ont ruiné les finances du roi. Recueil d'Isambert, xiv, 270.
1674. — Octobre.». Lettres confirmatives des privilèges des marchands qui fréquentent les foires de Lyon.
1574. — Octobre... Lettres datées de Lyon qui confirment à Diane, légitimée de France , femme du duc de Montmorency , pair et maréchal de France, la donation du duché de Chatelleraut. — Diane était fille naturelle d'Henri 11 et de Philippe Desducs, damoiselle de Coni. Recueil d'Isamberl , xiv , 269.
1574. — Novembre 1 . Jour de Toussaint. Henri III , le roi de Navarre et le duc d'Alençon « firent à Lyon leurs pasques et receurent ensemble leur Créateur. A ladite communion le duc d'Alençon et le roi de Navarre , prosternez ik genoux, protestèrent devant le roi de leur fidélité , le suppliant de mettre en oubli tout le passé , et lui jurant sur la part qu'ils prélendoient en paradis, et par le Dieu qu'ils alloient recevoir, estre fidèles à lui, et à son Estât, comme ils avaient toujours esté, jusqu'à la dernière goutte de leur sang.... Lestoile , Journal d'Henri III ; Cochard , Séjour d'Henri IV à Lyon , p. 74.
1674. — Novembre 4. Henri III confirme par lettres patentes les privilèges de l'Eglise de Lyon.
1574. — Novembre i5. Le roi qui était à Lyon depuis le 6 septembre précédent , part pour Avignon avec sa cour. Il fut accompagné dans ce voyage par le jésuite Einond Auger. Cochard , Séjour d'Henri IV à Lyon, p. 75. — Poullin de Lumina a placé par erreur le départ d'Henri III à la fin d'octobre. — Ce fut pendant son séjour à Lyon qu'Henri III , voulant faire de la place du Change une place d'armes, ordonna au Consulat de l'agrandir de tout l'emplacement d'une maison dite la Maison ronde qui en occupait une partie, et qui avait appartenu à l'archevêché et au chapitre jusqu'au xiV siècle ; mais ce ne fut qu'en i65i , que, vu l'accroissement diicommerce , le Consulat forma le projet de bâtir une loge pour les changes, loge dont la construction ne fut toutefois commencée qu'en i?47« et achevée en 1749» sur les dessins et sous la direction des architectes Souiïlot et Roche. Arch. du Rh. , ix, 333.
1574. — Novembre it\. M. Brûlai t , secrétaire d'état écrit au Consulat : « Messieurs , j'ay receu par M. Paulmier la lettre qu'il vous a pieu m'esrrire et vous mercye bien affectueusement de la caisse de confitures du laquelle il vous a pieu me faire présent et que vous me mandez d'avoir envoyé à Paris à ma femme , vous priant de croire que si vous avez cognu en moi quelque bonne volonté pour vous aider et servir en ce que ;ie pourray , je seray tousiours encore plus ayse que vous en cognoissiez quelque bon effet qui pourroit correspondre à mon affection de laquelle vous vous asseurerez tousiours s'il vousplaict, et que je prendray plaisir de vous en servir, me recommandant bien humblement à vos bonnes grâces et suppliant le créateur qu'il vous doint. Messieurs, en santé bonne et longue vie. D'Avignon ce a4 novembre 1 574. Vostrebien humble à vous faire service. » Brulart. S.
1574. — Novembre a5. M. de Paulmier, agent de la ville en cour , écrit au Consulat :
«Messieurs, je vous supplye de ne trouver mauluais si j'ay esté si long temps sans vous donner aduisde ce qui se passoit de par de ça ; mais le desastre qui m'est aduenu en est en partie cause , pour l'inconvénient qu'il advint au baptême de la royne de Navarre, ouestoit mon coffre , lict de camp et autres meubles, lesquels tombèrent tous dans le Rhône , eteeluy qui eu avoit la charge et conduite, outre plusieurs personnes qui y fuient noyez, les autres saulvez : et tout ce que j'ay peu faire depuys mon arrivée, a esté de recouvrer mon coffre qui m'estoit de bien grande conséquence. Pour les deux autres malles je les estime comme perdues. Je loue Dieu de tous ses biens. Outre les trauersesqui ont esté sur la riuière, les empeschemens n'ont esté moins par terre, leshuguenotz ayantprins plusieurs prisonniers et chevaux de la suite du roy. Personne n'a jamais bien espérédece voyage. Dieu veuille qu'il advienne autrement. Les estais des pays de Languedoc et de Dauphiné se doibvent tenir en ceste ville , où ils ont esté mandez. LL. MM. ont reçu bonnes nouvelles de la Provence , laquelle s'en va paisible de la grâce Dieu, à mon souhait, que le tout soit bien pacifique à son honneur et soulagementde son peuple. Messieurs de la malle de l'espargue, parties casuelles, plusieurs autres et leurs commis furent attaquez surl'eau , près Pierre-Latte, par les huguenotz ; et sans le bon patron qu'ils auoyent, auquel fut tiré plus de deux cents coups d'arquebuse , ils eussent été tous faits prisonniers. Je suis à faire expédier voz lettres des clefs en forme de chartre et à retirer vox articles de M. Del u dont les coffres ne sont arrivés qu'hier au soir avec toutes les forces de M. le Maréchal de Rellegarde. Monseigneur Rrulart vous remercie bien humblement de vos confitures , lesquelles il m'a recommandées pour les faire tenir seurement à Paris. J'espère que ce petit présent vous profilera en particulier et en général. D'Avignon ce 25 novembre 1574. Signé Paulmier. » S.
1574. — Novembre 28. Le Consulat autorise Claude de Rubys, procureur général delà ville de Lyon, récemment nommé par le roi conseiller en la sénéchaussée de celle ville, à cumuler les deux offices. S.
1574. — Novembre... Mort à Lyon de Renaud de Clutigny, auteur d'un poème publié sous ce titre : Reginaldi Cteutini , abbatis Flaviniensis de pugna navali Christianortim adversu* Turcos, inter N aupactum et Ceplialoniam , Carmen. Lugduni , apud Jacobum Houssin , in 8°. Voyez du Verdier, Supplcm. à Gesner, et Teissier, Hommes savons, 111 , 54 •
1574. — Décembre 2. Quatre cornetlcs de Reistres devant passer à Lyon pour se rendre en Dauphiné , le Consulat arrête qu'on fera présent à leur
colonel de confitures , jusqu'à concurrence «le 40 livres, et qu'on lui remontrera ta pauvreté du pays , afin qu'il soit soulagé à ce passage. S.
1574. Décembre 12. Le Consulat avait obtenu du roi, pendant son séjour a Lyon, diverses lettres, savoir :
1* Lettres de la levée (quai) au long de la Saône . près le port de Roanne ;
2° Lettres de déclaration du roi pour n'être les échevins de celte ville contraints en leur propre et privé nom pour les affaires d'icelle (1) ;
3- Lettres pour la décharge des subventions des années passées.
4* Lettres de déclaration pour raison du droit de rive et foraine, à ce que, ayant acquitté ledit droit, ils ne soient tenus de bailler caution aux autres bureaux , etc.
On paya m 1. u s. pour le scel de ces lettres. S.
1574 (circa). — Frère Jérôme de Milan , capucin , de l'illustre famille des Caluschi , vient à Lyon , et par ses éloquentes prédications, se fait un grand nombre de partisans, surtout parmi les Italiens établis dans cette ville. Un d'eux , Pompée Porro , riche banquier, qui était aussi de Milan , avait hébergé frère Jérôme dans son hôtel. Il favorisa de tout son crédit le dessein qu'avait conçu ce religieux de fonder à Lyon un couvent de son ordre, et, réuni à quelques citoyens de sn nation, il acheta, pour y construire un monastère, le domaine que Guillaume de Gadagne possédait sur la colline de Fourvière. Un autre Milanais, Jeannet de Lechi contribua beaucoup à cet établissement , et quoiqu'il fût marié, et âgé de soixante ans, il revêtit la robe de S. François d'Assise, toutefois avec consentement de sa femme qui se fit religieuse. ( Mcnestrter, notes inédites, p. 64 de son Eloge hist. de la ville de Lyon. ) Frère Jérôme fut le premier gardien de son couvent où il mourut dans un «1ge très avancé, en 1 584« Bibliotheca scriptor. capucinor. , p. 120. — Suivant VAlmanach de Lyon^ pour 1755, p. 47? Ie couvent de irère Jérôme serait le premierqui aurait été fondé en France. Voyez aussi les Arch. du Bh. , îx, 9, et ci-après juillet i5;6.
1574. — Publications : Discours du massacre de ceux de la religion reformée, fait à Lyon par les catholiques romains, le vingt-huictieme du mois d'aoust et jours ensui vans de l'an 1672, etc., (sans nom de ville ni d'imprimeur) i5j$i in- 12. — Ce pamphlet dont il existe deux éditions sou3 la même date , est «le Jean Kicaud . ministre à Lyon, lors de la S. Barthélémy. Avch. du Bh. , iv , 249/, et xi, 589 ; Brunet, Man. du lib. , Suppl.
1574. — Arrest mémorable du parlement de DoU , donné à l'encontre de Gilles Garnier , pour avoir, en forme de loup-garou dévoré plusieurs enfans , et commis autres crimes : Enrichy d'aucuns points pour esclaircir
(i)Il existe aux archives de la ville une lettre de Charles IX, du 37 janvier 1574, adressée aux général, contrôleur, et receveur général des finances à Lyon, qui avait échappé à nos recherches el qui retrouve naturellement sa place ici :
« Le roy, sur la plainte des consuls et échevins de Lyon , enjoint auxdils ses officiers qui, contre ses intentions, avoient décerne prise de corps contre lesdits échevins, et les avoient arrestez en leurs maisons, quoiqu'ils eussent fait leur devoir pour le département et les rôles de la subvention , et quoiqu'ils ne pussent pas estre poursuivis eu leurs propres et privés noms, le roy leur enjoint de faire cesser telles poursuites faites à l'encontre desdits consuls-échevins , voulant toutefois les particuliers habitans redevables pour le reste de leur part de ladite subvention estre contraints par la voye ordinaire la plus douce que faire se pourra, et comme l'on a accoustumé faire en toutes les autres bonnes villes.... faisant en sorte que le tout soit exécuté au plus grand soulagement de nos sujets , car tel est notre bon plaisir. Donné à S. Germain en Laye, le a? janvier 1574. Signé Charles , et plus bas Brnlart. - S.
la matière de telle transformation. Imprim. à Paris, par Pierre des flaytt, 1574. — Cité par du Verdier, sans désignation de format. — Voyez ci-dessus au 18 janvier i&7^9 et ajoutez à ce que nous avons dit le passage suivant extrait de L'incrédulité savante du P.Jacques d'Autun, capucin de Dijon, mort en 1678 :
«... L'arrest célèbre rendu au parlement de Dole le 18 de janvier l'an 1574, contre Gille Garnier de Lyon , éloit-ce un songe ? Son histoire tragique auroit-elle été imprimée à Paris , à Orléans et à Sens, si elle n'étoit d'une vérité authentique? Ce misérable fut arre*<té el convaincu le jour de saint Michel d'avoir paru sous la forme d'un loup-garoux , et d'avoir emporté une fille de douze ans près du bois de la Serre, dans une vigne du château qui n'est qu'à un quart de lieue de Dole, de l'avoir déchirée de ses mains qui paraissaient des pattes de loup, et d'avoir arraché avec ses dents un bras et une cuisse dont il portoit encore une portion à sa femme ; et un mois après, sous la même figure, il étrangla une jeune fille à dessein delà manger; mais il en fut empêché par trois personnes ainsi que lui même l'a confessé , et quinze jours après, il égorgea un petit enfant dont il dévora la plus grande partie. Mais comme cette illusion n'est pas toujours extérieure, mais seulement dans l'imagination troublée du sorcier, le même, sans avoir changé de figure, fut vu étrangler un enfant près du village de Perose pour le manger , si ceux qui accoururent à ce spectacle ne lui eussent fait prendre la fuite ; ce qu'il confessa sans y être contraint par la violence des tourments; et, sur sa confession et sur les preuves manifestes de ses crimes, il fut condamné & être brûlé tout vif. La lycanthropie n'est donc pas un effet de l'imagination ou d'une mahdie puisque les circonstances qui accompagnent l'illusion sont si véritables, qu'il faut être incrédule pour en douter...» pag. 906.
Ce livre dans lequel l'auteur cherche à prouver qu'il y a des magiciens et des sorciers , fut imprimé à Lyon, en 1676, sous l'épiscopat de Camille de Neufville, avec l'approbation de Bedian Morange, docteur de Sorbonne, de l'abbé Dcville, vicaire général du diocèse de Lyon, et de Jean Vaginay, procureur du roi. 11 est dédie à messeigneurs du parlement de Dijon ; mais alors le savant Bouhter ne faisait pas partie de cette cour, car il n'était pas né, et heureusement pour le crédule capucin, Gabriel Naudé n'était plus de ce monde (1). Voyez Papillon, Biblioth. de Bourgogne , et la Biogr. univ. , art. Chevanes ( Jacques).
1574. — La fleur des chansons des deux plus excetlens musiciens de nostre
temps, à scavoir de Orlande de Lassus, et de D. Claude Goudimel A
Lyon , par Jean Bavent, \5j$. in ia oblong. — Décrit par M. Fétis, Biogr. desmusic. , art. Goudimel. — L'initiale qui précède le prénom de Goudimel signifie probablement défunt. On sait que cet illustre musicien fut une des victimes des vêpres lyonnaises le 31 août 1672.
1574. — Œuvres poétiques de Mellin de S. Gelais. A Lyon par Antoine de Harsy. M. D. lxxiiu. Pet. in-8°. — Dédié par le libraire à Hierosme Chatilloo, conseiller du roy, et président en la seneschaussée et siège présidial
(1) Croirait-on que le P. d'Autun quia fait trois Discours (p. 841 et suiv. de son livre) pour établir que les sorciers ont le pouvoir de faire périr les fruits de la terre, par la grêle ou par la gelée, et qu'on doit les punir s'ils confessent leurs crimes , a ignoré que S. Agobard. cvèque de Lyon , au IX.e siècle , était auteur d'une homélie dans laquelle ce prélat a combattu cette opinion avec autant d'éloquence que de philosophie ? Voyez de U Grêle *t des Tonnen-es, par S. Agobard, Lyon, i84i, in -8°.
«le Lyon. — Ce magistrat aimait les lettres; nous avons de lui quelques ouvrages cités dans la bibliothèque de du Yerdièr. Il avait des relations aveu les savants de son voisinage; Henry Estienne, établi alors à Genève, lui dédia, en 1576, son traité de Latinitaie falso suspecta ; Claude Mitullier , bailli de Yiennois, lui adressa une lettre sur les mots que les Juifs, pendant leur séjour en France, pouvaient avoir laissés au* Français. Cette lettre, écrite en latin, fut publiée par le même Henry Estienne à la suite de son Hypomneses de Gall. lingua , etc. , S. L. , i58a , in 8°. Note de Lamonnoye sur la dédicace de Harsy, en tête de son édition des Œuvres de Mellin de S. Gelais, Paris , 1719,^1-12.
1575. — Janvier 24. Àuger Ghislen de Busbecq, conseiller aulique de Maximilien, ayant été en France , après la mort de Charles IX, pour faire régler le douaire de la reine Elisabeth (fille de Maximijien), ctoit arrivé \ Lyon le 12 décembre , et, après y avoir séjourné quatre jours, il descendit ù Avignon où setrouvoit Henri III, avec lequel il revint ù Lyon. Il y eut plusieurs conférences avec les ministres.au sujet dtr douaire d'Elisabeth, mais on renvoya l'affaire à Paris où le roi devoit se rendre incessamment (1). C'est de quoi Busbecq rendit compte à l'empereur par une longue lettre datée «lu 24 janvier. L'illustre conseiller fait une triste peinture de la France; il attribue la cause de ses troubles aux Italiens, qui remplissoient les premières dignités et gouvernoient tout sous uue régente italienne. Birague , eu effet, étoit chancelier; Albert de Gondi, maréchal de France; Strozzi, commandoit l'infanterie, et Gadagne éloit sénéchal de Lyon. M. — Cette lettre n'a été traduite ni par l'abbé Bechet, ni par l'abbé de Foy, et c'est à tort que Ton a dit dans la Biographie Universelle , que l'abbé de Foy nous a donné une traduction complète des Lettres de Busbecq. Il paraît que les deux traducteurs n'ont pas connu les lettres écrites par Busbecq, pendant sa légation enFrance, de 1574a i576,et qui ont été publiées à Bruxelles, i(i3a,in-4' (B. de Lyon, 68, 21227).
1575.— Même jour. Henri III, qui était descendu à Avignon, pour contenir par sa présence les rebelles de Languedoc, étant revenu a Lyon , part de cette ville pour aller se faire sacrer à Reims. Art de verif. les dates , 1 , 655 ; Busbecq, Epist. xn; Meneslrier, Notes inédit., i5j5.
1575. — Décembre 17. Mort de Benoît Buatier, officiai et vicaire-général de l'archevêque de Lyon , député du clergé de Lyon au colloque de Poissy, etc. — Il fut inhumé dans l'église de S. Paul, où son neveu Hierosme de Chastillon, lui avait fait, ériger un tombeau qui existait encore en 1789, dans la chapelle dite de la Cadière. Voici les deux inscriptions qu'on y lisait :
Benedictus Buattrius sacrae hujus aedis camerarius, Arclùepiscopi Lugdunensis vicarius etofficialis ordinarius vir integerrimus^sacellum hoc sibi sepulturœ locus, esset instaurai' i curavit. Vixit annis fere octoginta ac decimo septimo /cal deeembris ad Superos mîgravit. Anno tal. Ciamxxv.
(1) Busbecq dans la xni* lettre v nous apprend que Guillaume d* Gadagne fut er.vové à l'empereur d'Autriche nour n'gler le douaire de la veuve de Charles IX.
feetura ecclesiaque lugdunensi n'enrin sede cum canmrum spirltualimn jurisdictione , quadraginta annis et amplius pleniore functus oflicio , hoc in sacrario bellorum civil itim clade cônscisso tandem pro voto restituto Hieronymus Cas~ teltianœus apud Lugd. et in suprema Dumbarum curia praeses ex sorore nepos charissimus in pietatis gratique animi monumentum , atque in spem resurrectionis P. C. Obiil anno dni i5?5. Decimo sexto kal. decembris , suas vero aetatis 78.
— Benoît Buatier, d'une ancienne ftimille de Lyon, était propriétaire de la maison de l'Antiquaille ; ses liaisons avec les gens de leltres de son temps témoignent qu'il n'était pas lui-même sans littérature. Gilbert Ducher lui a consacré une de ses épigrammes (p. 64 de son recueil), à la tête de laquelle il lui donne le titre de Chamarier de S. Paul. La 162e pièce des Nugat de Nicolas Bourbon, est intitulée : De Rob. Buliodo et Ben. Buaterio , virU eximiis. La 8a« des Lettres missives d'Etienne du Tronchet lui est adressée. Kmanuel Chalon le cite avec éloge dans son Oraison doctorale du ai décembre 1571. Paradin le nomme aussi dans ses Inscriptions antiques, à la suite de son Hist. de Lyon, p. 429 et 444 9 0,1 parle de sa maison de l'Antiquaille. Benoît duTroncy lui dédia deux de ses ouvrages; le Discours du grand triomphe fait en la ville de Lyon , pour la paix faite et accordée entre Henry second, roy de France, très chresiien et Philippe, roy des Espagnes ; — et la Suylte de la description des grands triomphes faitz à Lyon, après la publication de la paix. A Lyon, par Jean Saugrain, i55<), in-8*. Benoit Buatier, était alors vicaire-général du cardinal de Tournon, archevêque de Lyon. C.B., Met., p. 275.
t575. — Décembre 21. Pierre Àllard, sieur de Sardon, avocat, fait PO raison doctorale. — Le i5 avril i58i,cet avocat épousa, dans l'église de Sainte- Croix, Marguerite Barraillon. Il prononça l'Oraison funèbre d'Henri III, cinq ans après la mort de ce prince; il harangua Henri IV, lorsque ce roi se rendit à Montluei pour visiter les fortifications de cette ville. Son principal ouvrage qui a pour titre : Catacrise de l'opinion de ceux qui tiennent le droit romain pour loy ou c oust urne en Lyonnais, etc. (Lyon , Jacq. Roussi n, 1597, in-4°) » lut refuté par Claude Dupré , avocat [Apologie contre lé livre intitulé Catacrise , etc. , Lyon, 1601, pet. in-8"). Allard était, en 1597, conseiller du roi au siège présidial et auditeur <te camp au gouvernement de Lyon , juge-mage de Bresse et conseiller au parlement de Doirçbet. Son nom figure parmi les échevins de Lyon, en 1607 et 1608. On ignore la date de sa mort, mais il a dû être inhumé dans l'église de Sainte-Croix où il avait fait, en i5p8, une fondation pour (e vin et les hosties du jour de Pâques, et pour deux flambeaux de cire blanche. Notes de feu Cochard; Biogr. Lyonn.
1575. — M. de Mandelot envoie Alexandre de Ponceton, seigneur de Franchelin , gentilhomme ordinaire de la chambre du roi , bailli de Dombes et de Beaujolais, pour commander au nom duroiàBelleviile, et pour maintenir cette ville en l'obéissance de S. M. Guichenou, Bresse, p. 3ao. .
1575. Publications: Les Œuvres françoises de Ioachim du Bellay, gentilhomme angevin et poète excellent de ce temps, etc. A Lyon, par Antoine de Harsy, in-8*. — Du Bellay passa par Lyon, et dftty séjourner en allaiU et revenant d'Italie, de i55o à 1559. (voyez ci-dessus, année i545). — La bibliothèque de Lyon possède un exemplaire qui a appartenu au célèbre Henri Esticnne, des principaux ouvrages de ce pfe te , publiés à Paris, par Frédéric Morel, i56i , in-4*. Cet exemplaire, mutilé par une main barbare, offre quelques notules autographes de l'auteur du Thésaurus Lingua grœcœ , qui mourut a Lyon, en 1598.
1576. T. Petronii Arbilri Satyricon. Lugd. /. Tornœfius. i5?5. In-8*. — i*r Edition, publiée à Lyon de ce livre; décrite dans la noàce littéraire du Pétrone de Deux-Ponts. — Il existe encore (deux autres, éd! !on«; Lyonnaises de Pétrone, publiées par Paul Frelton, la première en 1608, in-24, la seconde en i6i8,in-i2. — Je saisirai cette occasion pour relever une singulière contradiction de la Biograpîde Universelle. A l'article Pétrone , on cite parmi les traductions du Salyricon, celle de Nicolas Venette, Amst. 1697, et à l'article Vertette on dit que ce médecin a composé un Vocabulaire pour f intelligence de Pétrone, qui parut à Amsterdam en 1698, mais que la version de Pétrone n'a point été publiée. Or, il est certain que le Vocabulaire de Venette, n'a pas vu le jour; peut-être en est-il de même de sa version de Pétrone, à moins que cette version ne soit celle qui parut sous le voile de l'anonyme , à Cologne, chez Pierre Marteau (?), 1687, in-i2,et dont il existe une seconde édition publiée à Anvers, chez François Ducoin, 1689, même format. Cette seconde édition dont j'ai eu un exemplaire sous les veux, n'est pas indiquée dans les bibliographies de Pétrone. Le texte de la version a 192 pages, suivies de 10 pages d'Observations, non chiffrées. En tête du volume sont aussi deux pages non chiffrées, qui contiennent le titre et la préface. Voyez Vffist. litt. de la France, 1, 206; Goujet, Bibliolh. franç. , vi, 212; Deguerle, Questions sur Pétrone , à la suite de sa trad. de la Guerre civile, p. 95.
1576. — Janvier 9. le Consulat présente à M. de Mandelot, gouverneur de Lyon, la remontrance pour raison de désordre du surhaussement des espèces d'or, qu'ils disent provenir de la scripte et convention recherchée par le conseil des Florentins, et à laquelle le Consulat avoit été contraint de consentir provisoirèment. Par cette scripte, lesdits Florentins et les consuls échevinss'éloient obligés respectivement les uns aux autres de faire toutes cédules en écus d'or, néanmoins payables les deux tiers en or, et l'autre tiers en monnoye. Le Consulat demandoit que cet accord fut cassé et qu'il fut loisible aux marchands quelconques de payer leurs dettes et marchandises, en toutes espèces d'or et argent bonnes et de poids au cours des ordonnances, avec la âge de deux 1/2 pour le fait des lettres de change, tant seulement pour les présents payements de la foire de Toussaints, à cause de la réduction de l'or et monnoye.
Laquelle requête a été appointée, et a été ordonnée sur icelle à la formo requise, ainsi qu'il appert par l'ordonnance faite au conseil d'état dudit Sr gouverneur, ce jourd'huî reçue par M. Jean Cropet, greffier de la sénéchaussée.— Le 23 février , suivant l'ordre du roi , les bourgeois et marchands de Lyon unis au Consulat présentèrent au gouverneur leurs avis sur ce mode de payement. Cet avis très-long démontre les abus introduits par quatre ou cinq maisons de banquiers étrangers, le surhaussement des écus à chaque payement de 2 sous au moins, parce qu'ils les accaparent pour les porter aux foires des villes de Chambéryet de Besançon. — Ils demandent qu'on rétablisse la liberté entière des payements en monnoie comme dans toutes les autres places, etc., clc. S.
1576. — Janvier 22. « M. le Gouverneur ayant mandé les échevins, leur fit entendre l'avis qu'il avait eu du chemin que l'armée des Heislres Allemands prenoient en la duché de Bourgogne; que quoiqu'il n'estime pas qu'ils dussent descendre jusqu'ici, toutefois il se falloit préparer a tout ce qui appartenoit à la défense de la vifte.
« Pourquoi ledit sieur gouverneur arrête que, dans chaque pennonage, on fera munir d'armes ceux qui n'en ont point. On fera commander que le»
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armes soient mises et préparées aux boutiques et ouvroirs , pour être plus tôt prêtes à toutes les occasions qui se pourroient présenter; — qu'on enverra hommes exprès en Bourgogne pour explorer le chemin que prendra ladite armée, un autre an pays de Bresse pour découvrir s'il y auroit aucuns gens de guerre déguisés et dissimulés pour entreprendre sur cette ville ou sur la citadelle.— Sera envoyé un exprès a Mgr. de Savoye pour en obtenir la plus grande quantité de Bresse et même de Savoye. — Faudra, faire pourvoir les plus aisés habitants de la ville, de 2000 tant pelles, pioches que houes pour en être secourus en cas de besoin : — que les recherches seront faites avec soin deux foi* la semaine. ».
— « Ledit jour 2.2 janvier, M. le Gouverneur ayant reçu autres nouvelles que les Allemands Reistres envoyés en France prennent leur chemin en Bourgogne où l'on estime qu'ils sont déjà entrés, ce qui donne à craindre que ce ne fut pour descendre ici, on arrête par l'avis de M. le Gouverneur, d'envoyer de suite homme exprès en Bourgogne , pour savoir le chemin qu'ils doivent prendre, en avertir incontinent le Consulat, et en même temps s'enquérir s'il y a quelque suffisante quantité de bled, chargée ou prête à charger pour les marchands de cette ville. S' Henri Truchard y est envoyé, sous promesse de le garder de tout dommage , et payer sa rançon , s'il advenoit qu'il tombât entre les mains des Reistres. ». S.
1576. — Janvier 28. « M. le Gouverneur averti que l'armée des Allemands étant en Bourgogne, s'avaneoit du côté de ce gouvernement; pourquoi il étoit très nécessaire pourvoir à ce qui étoit nécessaire pour la conservation et la force de cette ville; On arrête d'assembler demain chez ledit Gouverneur, M. l'Archevêque, Mrs. du clergé, de la justice et notables afin d'aviser ensemble de l'ordre et des moyens que l'on voudra observer pour obvier aux incursions que ceux de ladite armée pourroient faire étant descendus jusqu'ici. — En effet le lendemain à 8 heures du matin, l'archevêque accompagné des principaux de l'église de St. Jean, les principaux des officier* de la justice et une quarantaine de notables, lesquels furent admonestés par ledit sieur Gouverneur de la descente desdits Reistres, dont l'armée est conduite par M. le prince de Condé, et du devoir que chacun n voit de s'employer de tout son pouvoir à ce qui regardoit la sûreté de la ville ; que, pour ce faire, il étoit requis de faire promptement levée de quelques compagnies de gens de guerre à pied jusqu'à 1000 ou 1200 hommes; ce qui ne se pouvoit faire sans l'aide de tous les états de la ville. Surquoi les voix et opinions ayant été particulièrement recueillies, il a été proposé et arrêté par lesdits échevins et notables, qu'il sera fourni parla ville un nombre de 600 hommes à pied, pour êlre employés à la garde de la ville, pour le payement desquels sera pris et levé sur les plus riches et aisés habitants, sans y comprendre les petits artisans, et ce, par teste, selon leurs moyens; que, pour ce faire, lesdits échevins feront promptement le rôle et département de ladite cottisation sur les habitants aisés; — et parce que le nombre de 600 hommes ne seroit suffisant pour ladite garde, et qu'il est raisonnable que Mrs du clergé et Mrs. les marchands des nations , contribuent à la défense d'icellc ville, ledit sieur Gouverneur s'est chargé de faire fournir auxdits sieurs du clergé, une compagnie de gens de pied, et auxdits marchands une autre. ». S.
1576. — Janvier 29. Les sieurs échevins avec les notables a eux adjoints procédant a la Cottisation votée la veille , arrêlentgque Tétallori le plus haut des compris au rôle, sera cottisé au payement de 4 soldats; le deuxième à 3; le troisième à 2; le quatrième à 1 ; le cinquième à demi soldat. — Ce rôle fut parachevé le lendemain. S.
1576. — Février i. M. du Fenoil est nommé par le Consulat sergent-major des cinq compagnies levées par la ville. — Sont élus capitaines de ces compagnies : le commandeur de Saulay, le sieur de Crémeaulx » le capitaine Vauchetle, le sieur de Clairembert, et le capitaine de la Martinière. S. vove» au 6 Février.
1576.; — Février?). On est informé que les Reistres Allemands sont déjà au bailliage de Mâcon ; on arrête de pourvoir à la garde de la ville ainsi qu il suit :
Les portes de St. Just, Pierre-Scitfe et du pont du Rhône, seront gardées par les penons et capitaines des quartiers , lesquels y feront la garde 24 heures.
On distribue à chaque penonage le lieu où il devra faire la garde f savoir à chaque porte , un poste de 20 à 3o hommes , le long des murs et aux divers corps de garde, aux deux avenues du pont de Pierre.
Les portes Neuve , St. Vincent et St. George, seront gardées par les Suisses de la garnison.
Parce que M. le Gouverneur a envoyé sur les frontières du gouvernement, certain nombre des soldats de la garnison de la citadelle, on mettra chaque jour 3o arquebusiers de ladite ville en garde à ladite citadelle pour la fortifier d'autant.
Les penons feront , dans trois jours, la revue de leurs penonages , pour s'assurer du nombre des hommes armés et équipés pour la guerre. S.
1576. — Février 5. Le Consulat ayant reçu des lettres des échevins de Mâcon , qui demandent des secours pour résister aux Reistres qui s'approchent de leur ville, on arrête qu'on leur aidera de tout le secours qu'il sera possible, et « qu'il leur eu sera baillé assurance. ». S.
1576. — Février 5 (dimanche). On fait une procession générale pour la paix et pour l'extirpation des hérésies. — -Le clergé partit de St. Jean, pour aller célébrer la grand'messe a St. Nizier où le sermon fut prononcé, inter missarum solemnia^ par Jacques Maistret, suflYagant. Il fut ordonné de faire un Paradis dans chaque paroisse, de semaine en semaine, et Ton commença par celle de Ste Croix. MM. les douze de St. Jean officièrent à St. Nizieroù assistèrent M. de Lyon, le Gouverneur et tous les autres magistrats. A vêpres «fut faite procession prenant Corpus Domini sur le grand autel de « l'église de Ste Croix, le portant mondit sieur de Lyon jusqu'à St. Jean « où il fut reposé, et fut chanté le Psalme Deus qui* similis M/, etc., et « après, chantant Pange linguay fut retourné audit Ste Croix, où après avoir « dit les oraisons accoutumées, fut montré au peuple, et faite la benedic- « tion par icelui fort honorablement et dévotement. ». S.
1576. — Février 6. Le commandeur de Saulay et le capitaine la Vaucliôile n'ayant voulu accepter la charge de capitaines des compagnies, les échevins nomment à. leur place les capitaines la Piemante et Fonlenay. — IV]. de Mandelot envoya 3 gentilshommes au camp et armée des Reistres conduite par M. le prince de Condé, passant ence: gouvernement, afin de savoir si leur intention était de s'approcher de la ville. Le Consulat fit payer à ces trois gentilshommes i5o livres. — Les villages du plat pays furent contraints à fournir certain nombre d'hommes pour travailler aux' remparts et fortifications de la vrlle; ils faisoient les inariolcs et la ville leur fournissoil des massons. S.
1576. — Février 12. «Le capitaine Luc , lieutenant en la citadelle de celte ville, étant revenu malade d'une blessure qu'il avoitreruc par ceux de l'ar-
inc'e des Allemands qui avoient passé par ce gouvernement, allant ledit capitaine pour les reconnoître ; le Consulat arrête de l'aller visiter et de lui faire présent de quelques confitures et autres semblables choses propre» aux malades , jusqu'à 18 livres. » S.
1576. — Février 24. On avait mandé les bouchers pour faire offre pour la vente de la chair pendant le carême; ceux-ci avojeot hésité, s'excusant sur la charge de cette ferme. Cependant on les obligea à nommer deux d'entr'eux qu'ils jugeroienl être le plus dans le cas de le faire, et on les renvoya par devers MM. de la justice pour être pourvu sur ladite permission.
La permission de la vente de la volaille fut délivrée à deux poulaillers, aux conditions savoir, le chapon au prix de 10 sols, la poule 8 s., 5 œufs pour î s., et le cent d'œufs aux pauvres de l'Hotel-Dieu pendant le carême à i5 s. et 3o écus d'aumône pour les hôpitaux , etc. S.
1676. — Février... Les habitans de la rue du Bois demandent qu'il plaide au Consulat ordonner aux cqrroyeurs d'avoir autre lieu que cette rue pour faire les engraissements de leurs cuirs, à cause de la grande infection que cela rend. —On arrête de faire rechercher un. lieu commode pour tes engraissements.
— Les habitants de la rue tirant de S. Pierre aux fossés de la Lanterne se plaignent de ce que le marché des pourceaux , qui se tient certains jours de la semaine devant leurs maisons, incommode grandement le public ,
etc On arrête que ce marché sera transféré plus loin sur les fossés de&
Terreaux. S.
1576. — Mars i5 (dimanche des Rameaux). On célèbre à S. Jean l'aflSce' divin et l'on y bénit les rameaux, en présence de l'Archevêque qui assiste à la procession. — Le soir il y eut sermon à 'Fourvières par le Suffragant qui dîna dans la maison de M. Lurent de la Sarra (lès Fourvières). S.
1576* — Mors 22. François Combet, un des capitaines penons de celte ville, étant mort, le Consulat nomme en sa pince Jean Perricaud, citoyen de cette ville, ci-devant quaternier de son quartier. Claude Alamanny, notaire, est nommé quaternier en remplacement de Jean Perricaud, et Simon Bégulle, enseigne. S.
1676. — Avril 3o. Le Consulat arrête que pour réparer quelques brèches dans les murailles de la ville l'on emploîra les pierres et matériaux d'un clos de murs étant sur les fossés de la Lanterne, duquel se sont servis autrefois ceux de !a nouvelle religion pour leur prêche, et pour ce faire, il est enjoint au voyer de faire démolir les murs dudit clos. S.
1576. — Mai ï5. Les sieurs échevins délibèrent avec le sieur de Mandelot touchant le traité de paix, par lequel l'exercice de la nouvelle religion est permis universellement dans toutes les villes de ce royaume; cette ville de Lyon ne se trouvant pas par conséquent exceptée comme elle l'avoit été autrefois par l'édtt de pacification de l'an i5?6: ce qui est arrivé sans doute parce qu'il ne s'est trouvé là personne qui Tait remontré en faveur de la ville. Cependant les motifs et misons sont puissants et les mêmes pour faire excepter cette ville, étant ville frontière distante seulement de 22 lieues de Genève. On arrête d'envoyer en cour un homme exprès pour faire entendre à S. M. les raisons susdites, et la supplier très-humblement au nom de ladite ville quelle soit exempte de prêches et exercices de ladite nouvelle religion, et savoir sur ce l'intention de S. M.; et parce qu'il est nécessaire que cet envoyé ne soit pas connu pour agir plus secrètement, on charge M. Scaron, échevin, de choisir lui-même le personnage tonvenable à cela, etc. S.
157G. — Mtdi!\. Ce jour l'édit de pacification des troulîlesde ce royaume, envoyé par le roi à M. de Mandelot, lieutenant-général , fut par son ordre publié à soude trompe et cry public par les carrefours de cette ville , et S. M. écrivit aussi aux sieurs échevins de tenir la main à l'observation entière d'icelluy pour le bien et repos de ses subjets.
Ceslettres du roi adressées aux échevins et habitants de Lyon étaient données à Paris le 1 7 mai 1 5j6 , signées Henry, plus bas Fizes , et commençoient par ces mots : Très chers et bien amer, la compassion que nous avons eue , des misères et calamitez, etc., etc. Entr'autres choses nous avon* trouvé bon et- juge l'uog des meilleurs moyens de réconciliation entre nos subjects, que les principaux des villes et communautez jurent l'observation de ce qui y est contenu et se prennent en garde les vns et les aultres pour remettre l'vnion et intelligence qui y doibt estre, etc., etc. S.
1576. — Mai 37. Le Consulat averti que Mgr. le Chancelier fait quelques difficulté et refus de sceller les lettres qui lui ont été présentées pour raison de la continuation et entretien des Suisses de la garnison, laquelle est encore bien nécessaire pour la conservation et la garde de cette ville jusqu'à ce que autrement ait été pourvu sur l'entière et assurée pacification, on arrête d'écrire au nom du Consulat audit seignéur Chancelier à ce qu'il lui plaise, jusqu'à ce que autresmenl il y soit pourvu, continuer ladite garnison et compagnie des Suisses. S.
1576. — Juin 19. Erection du Collège des médecins de Lyon.-~Les statuts furent lus et publiés au présidial le 6 juillet suivant, et confirmés par lettrespatentes du mois d'octobre 1577. Génébrard nous a conservé les noms des dix médecins qui composaient ce collège, en 1597; c'étaient Jacques Pons, doyen, Louis Thorel, Laurent Faye, Isaac Corinan, Ange Fournier, Laurent Richard, Jean Marquis, Jérémie Lagnier, Pancrace Marcellin et Michel Ribier. Cronolog. , 1. iv, p. 777, édit. Lugd. 1609. — Le Collège des médecins ou aggrégation de Lyon eut beaucoup de peine à faire vérifier, en 1600, ses statuts au parlement de Paris, surtout l'article qui portait que l'on donnerait cent ecus pour y être aggrégé (Guy Patin, Lettre 71); mais ce droit d'entrée fut depuis beaucoup augmenté dans ce collège, de même que dans toutes les'autres aggrégatîons.On n'observait nulle part l'art, de l'éditde 1707 qui réduisait ce droit à 5o livres. Cependant les aspirants n'osaient se plaindre, dans la crainte de se donner l'exclusion pour toujours , quelque mérite qu'ils eussent. C. B. Voyez ci-après, année 1600.
1576. — Juillet 24. Le Consulut rentre dans l'ancien hôtel commun situé près St. Nizier, en vertu de la transaction faite avec M. de Bourges, qui est aussi rentré en sa maison. — On y tint ce jour-là le premier Consulat. «—On y avoit fait faire plusieurs réparations, retranché partie de la galerie de pierres de taille au-devant du bâtiment, changé les dëgrés qui étoient du côté de St. Nizier, etc. S.
1576. Juillet... Henri III met sous sa protection et sauvegarde spéciale les Câpuchins, par lettres patentes datées de Paris, et dans lesquelles il est dit que ces religieux , qui étaient venus d'Italie, avaient déjà des monastères à Paris, àMeudon, à Lyon et à Avignon. Recueil d'Isambert, xiv, 3o5. Voyez ci-dessus , année 1674, ad calcem.
1576. — Août 28. Le Consulat instruit que le maréchal de Retz, député pour l'exécution de l'édit de pacification, doit passer ici, arrête que deux de ses membres iront au-devant lui jusqu'à la Bresle pour lui faire la révérence, et quelques particulières remontrances, au sujet des inconvénients que IV**"**-
sèment du prêche à Lyon rapporteroit en cette fille, pour être place de frontière et sujette à recevoir diverses sortes d'étrangers. S.
1576. — Août. 29. Les échevins se rendent assistés de certain nombre de notables , tous à cheval , ornés de leurs housses et précédés de 5o arquebusiers, jusqu'à la porte de Vaise au devant du maréchal de Retz, venant en cette ville pour se rendre en Provence.— On lui fit la révérence, et on lui présenta le service affectionné et tous les moyens des citoyens. De là on le reconduisit jusqu'à son logis où le Consulat alla de nouveau le saluer pour conférer avec lui et lui faire entendre l'état de la ville, et ce qui leur sembloit le plus nécessaire pour le service du roi et la conservation de la ville en 'son obéissance. S.
1576. ■ — Octôbre 1. L'assemblée des trois ordres se réunit, en présence de M. deMandelot, lieutenant-général, dans la salle de l'archevêché, pour élire des députés aux états généraux, convoqués à Blois. Arch. du Bk., VIII, 32.
1576. — Octobre 5. Benoît du Troncy , notaire et controlleur des domaines à Lyon, est nommé secrétaire du Consulat, en remplacement de Jean Ravot, démissionnaire. S.; A. P, Variêtêsy\>. 5i.
1576. — Octobre 16. Le Consulat arrête de poursuivre le procès extraordinaire contre Antoine Morin , épinglier, accusé de sodomie. Le lieutenantgénéral de Mâcon et le procureur du roi furent commis pour instruire le procès dans lequel les échevins, comme recteurs de l'hôpital, s'étoient rendus partie civile. — On fit présent de confiture à ces magistrats. S.
1576. — Octobre 25. En vertu des lettres patentes du 5 mars i5?5, par lesquelles le roi avoit permis à la ville d'imposer sur tons les habitants de Lyon la somme de 70,000 livres , sans en excepter personne que les gens d'église, et ce , pour satisfaire aux frais de guerre , d'achat de bleds etc. , le Consulat vouloit imposer comme les autres ceux des nations résidants à Lyon. Ceux-ci s'étoient pourvus ét avaient obtenu des lettres du roi du mois de juin îS^ô. Le Consulat se rendit auprès de M. de Mandelot, gouverneur, près duquel était M. de Çhastillon» président, et soutint que les dites lettres étoient subreptices, et que, dans le cas où ledit sieur gouverneur ou les sieurs du présidial voudroientprendre connaissance de ce différend, et le juger au préjudice delà ville, il déclare qu'il en appelle , comme de juges incompétents , par devant le roi et nos seigneurs du privé conseil; déclarant de plus'qu'attendu que par les dites lettres il leur est mandé de passer outre nonobstant opposition, il entend en user ainsi, etc. Sur quoi ledit sieur gouverneur ordonne que lesditeslettres seront vues pur Messieurs les lieutenant général et particulier et gens du siège présidial pour y être fait droit ; après Inquelle ordonnance lesdits sieurs échevins ont persisté à leurappellation d'incompétence. S.
1576. — Octobre 26. Le Consulat fait signifier , d'après l'avis de M. le gouverneur, aux syndics des marchands des nations que, quoiqu'il ait [obtenu aujourd'hui sentence du présidial qui les renvoyé au roi sur l'entérinement et exécution des lettres de sursoyance obtenues par iesdites nations ; moyennant quoi ils pourroient passer outre à l'exécution de leurs lettres patentes, cependant les sieurs échevins désiroient en traiter à l'amiable avec lesdits sieurs; en conséquence il les mandoit se rendre nu Consulat oft en effet compnrurent les sieurs F. Spina , consul de Ja nation florentine, Pierre Manelli et Math. Barthélémy, Florentins, Antoine de INegro, député delà nation génoise , Math, linlbany , Fr. Cenamy, Joseph Arnolfiny «t Thomas Burlainachi, pour la nation lucquoi*e , et N. Caravagio, pour la nation milunoise.
Le Consulat leur ftyaut exposé les raison.» en vcrlu desquelles ils «voient été cottisés comme Tes antres habitants , ceux-ci répondirent qu'ils rcmercioient les échevins de l'honneur qu'ils leur laisoient de les tenir pour régnicoles, mais qu'ils ne sont en cette ville et n'y demeurent que comme étrangers* sous le privilège des foires; que ces- privilèges ont été accordés par le roi,. Louis XI , Louis Xlï et leurs successeurs; qu'ilsen ont joui 100 ans et plus sans avoir été jamais compris aux impôts de la ville, et que sa majesté ne l'a pas entendu non plus, comme il paroil par les lettres qu'il* en ont obtenues au mois de juin i575;partant, ils déclarent qu'ils n'entendent payer aucune chose encore qu'à ce ils fussent contraints. Les sieurs échevins leur ont répliqué que lesdits privilèges ont été obtenus a- la poursuite du Consulat, et qu'il ne seroit raisonnable que ce qu'ils ont poursuivi pour l'avantage de la ville, tournât ainsii à son préjudice, etc. : que les causes qui ont donné lieu aux emprunts des sommes qu'il faut rembourser , savoir les achats de bleds, et les frais de guerre , les concernoient autant que les régnicoles; que leurs femmes» enfants et familles en ont été soulagés, et leurs biens conservés ; qu'il ne conviendrait pas que ceux qui font les plus grands profits ne contribuassent en rien et voulussent aggraver la foule du pauvre peuple.
Ceux des nations répliquent que, lors de la cherté des bleds, chacun d'eux en a fait provision et fait devoir d'un bon citoyen , etc. ; que lesdits sieurs échevins doivent considérer si lesdits des nations bonifient la ville ou non : dans le premier cas, ils doivent les laisser jouirdu bénéfice de leurs privilèges : dans le cas contraire , on leur peut dire qu'ils aient à se retirer ailleurs ; et il n'y a pas un d'eux qui n'ait où aller;, qu'en tous autres pays, les étrangers ne sont pas inquiétés ni imposés, même, en Italie, les François n'y payant aucuns subsides , comme, à Pise, la maison de Gela et frères, à Gènes, celle des Henry , etc. ; finalement protestent de ne vonloir souffrir être imposés en rien. Sur quoi le Consulat arrête unanimement que lesdits étrangers demeurant actuellement en ladite ville payeront ce à quoi ils auront clé coltisés et y seront contraints. S.
f 576. — Novembre 5. Séance consulaire. On propose de faire à l'avenir sonner la grosse cloche de S. Nizier, les jours ordinaires du Consulat , tant pour assembler lesdits sieurs échevins, que pour faire entendre à ceux qui auront à négocier avec eux, de se trouverai! Consulat. En conséquence on arrête de prier MM. du chapitre de St-.Niztcr de permettre, moyennant salaire compétent , que ladite cloche se sonne en forme de tocsin , depuis une heure jusqu'à deux de relevée , et l'on arrête que tous les échevins devront être rendus à l'heure de deux en l'Hôtel-de-Ville , ou bien envoyer aussitôt un billet de leur excuse légitime, sous peine de demi lésion chacun , elc. — C'étoit la grosse cloche de St-Just qui avoit éle' descendue, en i5(5a,à St-Nizier. S.
1 576. Novembn ia. Séance consulaire. Le sieur de Rubys, procureur du roi , remet aux échevins le Cahier dressé de la part des consuls-échevins, nxanans et habitans de la ville de Lyon, lequel doit être présenté au roien la prochaine assemblée des états de Jilois.
Ce Cahier ou Mémoire, contenant 5a feuillets ou 64 pages du registre des actes consulaires, ne se trouve imprimé nulle part, et, quoique de Rubys l'ait rédigé lui-même , il n'en donne aucun extrait dans son Histoire de Lyon. Il est divisé en trois parties : delà Religion, de la Justice, et de l'Etat et Police du royaume. Cette dernière partie renferme tous les autres points d'administration , de finances , impositions, commerce , etc.
Or extraira seulement le» passages remarquables, et on se contentera d'indiquer les autres chefs de demandes :
De la Religion.
.... Faut supplier Sa Majesté qu'il lui plaise , suivant la trace de ses prédécesseurs qui se sont montrés par effet protecteurs de l'union de l'Eglise , et ont tant travaillé pour décharger d'icelle toutes sortes d'hérésies , au moye.i de quoi ils ont acquis le nom de roys très-chrétiens et premiers fils de l'Eglise, et rapporté ce loz , que S. Ierosme disoit de son temps, que le seul royaume de France avoiteu cet heur, entre tous les royaumes de la chrétienté, qu'il avoit élé garanly et immune de ce monstre pervers d'hérésie ;
Interdire, en tout le royaume et terres de son obéissance, tout exercice tant public que privé de loute secte de religion autre que la catholique, apostolique et romaine, de laquelle Sa Majesté fait profession, et a ce» fins ordonner que tous ministres, tant de la religion prétendue reformée que autres sortes dont ce malheureux siècle est plein , videront ce royaume dans le temps qu'il leur sera préfix, etc.
Afin que les subiects de S. M. qui se sont laissez entraîner a l'erreur puissent enfin la descouurir, qu'il leur soit enjoinct de fréquenter les presches et sermons qui se font en l'église catholique , etc. Enjoinct à ceux qui seront si opiniastres que de refuser la fréquentation et assistance desdits presches et sermons catholiques et service divin, de vider le rovaume et vendre les biens qu'ils y ont dans un temps fixé, pendant lequel toutes assemblées tant publicqucs que privées leur seront interdictes, et enioinct de vivre paisiblement en leurs maisons, sans scandale, et sans offenser les catholiques de faict ou de parole.
Et parce qne la liberté de conscience, que les troubles ont introduite en ce royaume, est journellement cause de la perte de tant de pauvres ames , les précipitant dans l'athéisme , chose indigne d'un royaume très chrétien 9 qu'il soit enjoinct à tous les curés et vicaires de tenir bon et fidelle registre de tous ceux qui s* ordonneront à Parques et aux autres festes en leurs paroisses, afin qu'ils puissent descouvrir ceulx d'entre leurs paroissiens qui ne font acte de chrétien , les admonester fraternellement, et en cas de rébellion et désobéissance, les dénoncer au bras séculier.
Que les prestres, religieux et religieuses professes qui se sont mariés,
profanant par ce moyen lessacrementsd'ordre efde mariage, aient à retourner chacun à leur profession et vœu qu'ils ont faicts à Dieu , ou bien à vider ce royaume, sinon ils seront livrez à leurs evesques pour estre entre eux procédé suivant les SS. décrets et canons ;
Et que les enfants nez de tels concubinages incestueux soient déclarés incapables de toute succession tant paternelle, maternelle que collatérale, suivant les lois civiles et canoniques.
Et aux fins que tant les ecclésiastiques que les laiz soyent à plein informez de ce qu'ils sont tenus faire et croyre suivant lu tradiclion de l'Eglise catholique romaine, et les abus qui peuvent estre en la discipline, vie et conversation des ecelosiasliques corrigez , que le S. Concile de Trente soit publié tant ez cours de parlement de ce royaume que sièges ressortissants en icelles, et ob:»crvé et garde avec la révérence et debvoir d'obéissance que tous bons fidelles chrétiens doibvent à l'église de Dieu et aux SS. Conciles généraux et universels....
Faire garder l'article i" de l'édict d'Orléans, touchant l'esleclion aux archeueschez et eueschex du royaume.
Qu'en chaque église collégiale, abbaye et prioré conventuel, U y ait une prébende dont le revenu sera affecté pour l'entretien d'ung précepteur pour l'instruction de la jeunesse des villes et lieux où elles sont situées , lequel sera esleu en l'assemblée de ceulx du clergé , des eschevins et notables desdits lieux, et ce du moins pour les villes et provinces qui se sont conservées pendant les troubles et depuis lfc*4e jourd'aoust 1672, immunes de tout exercice de religion autre que la catholique, ou bien en celles où la plus grande et plus saine partie des habitants le requiereroit.
Comme l'on opposerait aux articles précédents l'édict nouveau dict de pacification, faut supplier 1* le roy de considérer que tel édict n'a esté requis ni consenti par les estait de son royaume, lesquels s'il eussent esté ouys ou appeliez, s'y fussent entièrement opposez; mais par une troupe de ses subject* élevez hostilement contre S. M. et Testai de son royaume, qui Pont requis, non avec la soubmission etdebvoir d'obeissauce que le subiect doibt à son roy et prince naturel, mais la lance et lapistolle au poing, frustatoirement auroit S. M. assemblé les estais de son royaume pour recevoir leurs plaintes et doléances, si elle n'avoit tellement les mains liées qu'il ne leur put pourvoir sur une réquisition qui leur est tellement importante.
Finalement ce prétendu édict a esté faict sousprétexte d'establir la paix en ce royaume , et au contraire ce sera le vray moyen d'entretenir querelles et dissensions , etc. etc.; tellement que toutes les loix qui ont esté faites par bon respect et sous couleur de bien public doibvent estre reyocquées lorsque l'on recognoit qu'elles apportent les effets contraires , etc.
De la Justice.
Parce que la cause principale qui fait régner tes roys contenant les subiect % en tout debvoir, c'est la justice bien administrée, etc. etc., ce qui est impossible én plusieurs des meilleures villes du royaume, tomme la ville de Lyon et quelques autres qui sont esloignées de 100 lieues des cours de parlement , etc., seroit bon qu'il plust au roy d'establir des cours de parlement esdites villes trop éloignées des anciens parlements, n'estant S. M. moins débiteur de la justice envers les habitans desdites villes qu'envers les habitans de ses pays de Bourgogne , de Normandie et autres semblables, auxquels ses prédécesseurs ont pour pareille considération octroyé des parlemens.
Et là où S. M. ne trouueroit bon accorder lesufts parlemens, qu'il lui plust, en assurant l'exécution de l'édict de Testahlissemenl des présidiaux, raffraischir l'édictjde 1 55y , et de nouveau en. tant que de besoing attribuer auxdits présidiaux, suivant icelluy, la cognoissance définitive jusqu'à 1000 fr. pour une fois et 1200 fr. par provision , et rêilercr les deûenses faîctes aux coups de parlements par l'art. 17 de l'édict de Moulins, de ne se saisir des causes de ce genre, etc., et néantmoins réduire les officiers et magistrats des sièges présidiaux au nombre porté par ledit édict de 1 55'?, etc.
Qu'il plaise au roy ordonner que les présidiaux jugeront doresnavant souverainement et en dernier ressort tout crime qui porlera autre peine que la mort naturelle, ensemble les larrecins domestiques , et- que, esdits cas les appellations des juges des seigneurs hauts justiciers, ensemble celles des baillis et sénéchaux ressortissans en leurs sièges ,. sessorl iront par devant eux.
Dans Le cas préuotable, qu'il plaise au roy ordonner que , comme esdils cas, les présidiaux jugent souverainement le principal, ensemble la compétence ou incompétence, ils jugeront aussi les récusations proposées esd. cas souverainement.
.Que tous proies tant ciwils que criminels, tous actes de justice, ruesn>« les décrets de prise de corps et eslargissements, soyent jugez et délibères au palais de justice par lesdits présidiaux en présence de tous les officiers desdit* présidiaux sous peine de nullité , etc.
Suivant l'article 17 de l'édiet de Moulins, soit défend 11 aux faillis, sénéchaux et présidiaux de faire diverses séances eu leurs siégea, mais de iuger toutes les causes ensemble et eu pleine compagnie , et quoique les adresses des commissions et arrêts de la cour soient ordinairement faicts auxdit* baillis, sénéchaux ou leurs lieutenants, qu'elles soient rapportées en pleine compagnie et distribuées par le président, par ordre, aux conseillers desdits sièges. ( ■ «
Qu'il soit enjoinct aux présidiaux de tenir les assises deux fois l'année, pour v érifier tous les décrets de prise de corps etc. , procédures et dépendances faicts es jui i dictions ordinaires. . ,
Interdire les évocations d'abus des committimus obtenus par gens de la qualité non requise.
Qu'il n'y ait qu'un seul procureur du roy pour les différentes cours d'pne mesme ville.
Les procureurs et auoeats du roy, suivant les anciennes ordonnances, ue pourront escripre et conseiller pour les parties.
Qu'il plaise au roy enjoindre au conservateur des foires de Lyon d'expédier les procez des marchands sommairement et sur le champ, sans formalité ni ministère de procureurs ou d'avocats, etc., que advenant vacation dudit conservateur , il y soit pourveu de gens de robe courte, etc.
Qu'il plaise au roy d'ordonner que les iuges de police establis depuis peu en plusieurs bonnes villes cognoislronl privaliuement à tous aultres juges des choses suivantes ; savoir ils auront là surintendance des marchez et halles des bleds; la cognoissanec des prix, poids et qualité du pain; la surintendance des bouchers, poulaillers et aultres marchands de vivres, pour y faire observer les taux et bonnes qualitez ; le règlement des hosteliers et caharetiers ; sur le bois , charbon , foin , paille ; sur les projects et saillies des rues, basliments, tant nouveaux que ruineux et alignement , pavez ; les poids , mesures, aunnges, salaire des serviteurs, la cohercilion des jeux de brelan, juremenset blasphèmes; eusetnble les petites causes pécunières non excédant 20 fr. et au dessous; qu'ils coguoislrout de toutes les causes des pauvres à quelles sommes qu'elles montent, et que leurs jugemens à tous lesdits cas seront exécutez nonobstant opposition et appellation.
Kt pareequ'il est impossible que Injustice soit iamais bien administrée en ce royaume pendant que les estats et oflices de judicalure seront vénaux, d'aultant que les juges vendront touiours par le menu ce qu'ils auront acheté en gros, qu'il plaise au roy faire entretenir le contenu en l'art. 39 de l'édiet d'Orléans touchant 1 eslection et nomination auxdits offices lors de vacation.
De l'Estat et police iȕi Rotaui me.
Plaise \ S. M. aux fins que les villes et comunautez se puissent de faict ressentir de la libéralité des roys ses prédécesseurs, enjoindre aux cours des parlemens, chambre des comptes, etc. , de vérifier et homologuer les privilèges concédez par lesdits seigneurs roys, mesnic ceulx qui ont été confirmez par S. M. , et en faire pleinement jouir lesimpëtrans;
Continuer lesdites villes et les habitansen la franchise des tailles pour leurs biens ruraux ;
Réduire le a aides et (ailles nu taux où elles estaient du temps du roy Louis XII, suivant la promesse du feu roy Charles, dernier décédé, eu l'art. iaâ de l'édict d'Orléans, etc.
Réduire le» officiers des tailles au nombre establi en la première institution.
Qu'il plaise au roy ordonner des commissaires pour informer des levées de deniers, pendant et depuis les derniers troubJes et sous occasion d iceux , sans lettres patentes et mandement spécial de S. M. ( Cet art. semble être dirigé contre les protestans qui Arent des levées dans Lyon en i56a).
Estant juste, d'égaler les pays et province.6, selon leur estendue, et quelques unes-ayant souffert des démembrements, sans avoir esté diminuées dans leurs taux et impositions, qu'il plaise au roy ordonner des commissaires pour réduire toutes les villes et provinces de ce royaume à< leur juste taux, lequel sera gardé en toute imposition, etc.
Que doresnavant toutes levées de deniers se feront dans les villes par commissions adressée» aux baillis et sénesohaux, et non aux gouverneurs et trésoriers et généraux des finances, qui n'ont aucun degré' de jurisdiction contentieuse; de plus qu'elles seront exécutées sur les biens et uon sur les personnes, soit deseschevins ou des particuliers, et que les cotisations et départements se feront par les escbevins des villes, comme ceux qui cognoissent mieux les faculter. des habitan*.
Qu'il plaise au roy ordonner que les deniers qui se lèvent pour les. réparations et fortifications des villes frontières seront exclusivement employez à cet object , etc.
Plusieurs villes et communautés ayant esté, dans des roomens de besoing absolu, emprunter grandes sommes à constitution de rente à haut prix, au delà de ce qu'il est permis par les ordonnances, qu'il plaise au roy ordonner que toutes les rentes constituées à prix d'argent par les corps et communauté» de ce royaulme , seront réduites à la raison de 8 pour 100, etc.
Ordonner la vérification des titres et droicts de péage pour s'asseurcr de la légitimité du droict et de la qualité des taxes et carcabaux, et contraindre les seigneurs propriétaires desdits péage* o"e réparer les ports, ponts et passages à •quoy ils sont destines ; en outre ordonner que les péages qui ont été nouvellement érigez pendant les troubles par lesgouuerueurs des provinces, capitaines des villes et chasteaux, maires et escbevins des villes et aultres quelconques demeureront estcinls et abolis , avec défence de ne les plus lever à peine de concussion.
D'autant que plusieurs pauvres paroisses de ce royaulme sont aujourd'huy ruinées et destruictes, les habitaijs d'icclles ayant este' dépouillez, de la commodité du pas tu rage de leur bestail qu'ils souloienl avoir en aulcunes isles ou broteaux voisins de leurs villages , duquel ils avoicot joui de tout temps: sous prétexte qu'iceulx particuliers ont asservisé de nouveau lesdits isles et broteaux de S. M. ou d'aulcuns seigneurs qui en pretendoient la directe et soubz couleur 4'mig petit servis qu'ils en payent à S. M. et auxdits seigneurs; qu'il plaise au roy, aux fins que ses subjeets ne soient desnues des moyen.* de lui payer ses tailles, ordonner que lesdites paroisses qui feront apparoir avoir joui de tout temps desdits pâturages, seront réintégrez en la jouissance d'iceulx, nonobstant lesdits asservissements faicls en faveur desdits particuliers , eu payant au roy au aux seigneurs le même cens et servis.
Qu'il plaise à S. M. réduire le* notaires de chaque bailliage ou sénéchaussée au nombre ancien , et ordonner que nul ne sera receu ci-aprez à exercer le notariat qu'il n'ait été examiné et trouvé capable, et aussi d'abolir l'édict de
gardenotes , et ordonner que les papiers et protocoles des notaires demeureront en Testât où ils estoient auparavant cest edict.
D'aultant que le roy depuis les troubles de ce royaulme a faict construire quelques citadelles en autcunes villes , comme en la ville de Lyon , sou tu prétexte qu'elles lurent occupées en l'an i56*2, par ceutx qui estoient Ion* eslevez hostilement contre le roy (combien que S. M. a assez depuis pu cognoistre par le bon et fidelle debvoir qu'ont faicts les habitans desdites villes , de se conserver en son obéissance à leurs propres coustz et despens , ez aultres troubles depuis survenu* , que telle surprise n*aduint tant de la part desdicts habitans que de la part des gouverneurs qui les commandofent lors , qui trahirent le roy eulx tout à vn coup. D'ailleurs les citadelles sont imparfaictes, n'estant revestues d'alcunes murailles, ce qui ne se pourroil luire sans de grandes despenses , et le roy ayant plus à se fier à ses subjects fidelle* et approuvez qu'à des soldats mercenaires souvent mal payez. Lesdites citadelles estant encore de vraies rctraictes de larrons vagabond.*, qui, par l'intelligence qu'ils ont avec les soldats, y trouvent leur relraicte, et eschappent ainsi a la justice, etc. , etc. ; qu'il plaise au roy de descharger ses finances et sés pauvres subjects de la foule et despense de la construction et entretien des citadelles commencées depuis les troubles de i56a, dumoins ez vîîles qui ont faict depuis tout debvoir de se conserver en l'obéissance de S/M., icelles faire démolir et abattre . et remettre lesdites villes en Testât qu'elles estoient auant lesdits troubles.
Les paragraphes suivants sont relatifs au commerce, aux foires, aux grandes impositions et gabelles mises sur les marchandises qui ont, depuis certain temps, détruit le commerce et les manufactures de Lyon, et les ayant fait refluer à Anvers, Genève, Francfort, etc., ont donné l eu à l'établissement des manufactures dans les pays étrangersqui jadis venoient «e fournir dans celles de France : tous ces points sont traités en tant d'autres endroits'et dans toutes les remontrances qui avoient jusqu'ici été faites au roi , qu'on s'abstiendra d'en faire l'analyse ; on citera seulement quelques passages remarquables :
«Nul n*a tiré profict dus dates, gabelles et douanes , que quelques estrangers qui les ont tenues à ferme, et qui se «ont tellement enrichis par les exactions et tyrannies qu'ils ont exercées sur les pauvres marchands , et par lesrufes par lesquelles ils ont su obtenir des rabais sur leurs fermes : qu'ils ont acquis et basti tes beaux et somptueux palais que le pauvre peuple de France voit avec très -extresme et indicible regret bastir de ses dépouilles 9 et dont ils n'avoient pas la moindre pierre vaillant , lorsqu'ils prirent ladite ferme.
Faut supplier le roy qu'il lui plaise restablir les foires de Lyon dans leurs premières franchises ; ce faisant, abolir tous subsides , gabelles et douanes mises sur les marchandises , depuis i54a , etc. ; que doresoauant tons différends entre les marchands et les gabelliers et douaniers seront jugés par les juges royaux ordinaires des lieux et non par des commissaires salariez par lesdits douaniers ; qu'il soit défendu aux estrangers mesmes aux Italiens , de prendre aucune ferme en ce royaulme, soit de S. M. , soit des ecclésiastiques ou seigneurs temporels par eux-mêmes ou soubsaultre nom; que tous estrangprs domiciliez à Lyon et y faisant leur demeure contribueront à toutes impositions des villes et iront en guet et garde.
Qu'il soit défendu auxdits étrangers, leurs consulz et députez d'entreprendre de faire aulcuues rondes ou assemblées pour le règlement des payements ou aultre poinct auquel la généralité des marchands suit intéressée, sans la présence et assistance des esche vins des villes, lesquels y présideront.
Attendu la fréquence des banqueroutes que font lesdits estrangers , plaise
à S. M. leur défendre de tenir des banques en ce royaulme, sans qu'au préalable ils uieul donné bonne et suffisante caution jusqu'à la somme de a5,oo<» escus; enjoindre aux officiers des cours de justice de s'enquérir diligemment sur le» doù et fraudes qui se commettent ordinairement esdites banqueroutes et punir lescoupables selon l'art. 144 de l'édict d'Orléans, et que toutes compagnies entre estrangersdebvrontestre enregistrées aux greffes des .sénéchaussées et host«*ls communs de» villes, où ils debvront spécifier leurs associez.
Qu'il plaise au roy déclarer que le commerce sera doresuavant libre d'une ville à l'aultre en Irance, avec faculté de pouvoir transporter ainsi toutes marchandises et denrées, sans permission des gouverneurs ou eschevins des villes, et sans payer aucun droit pour cela.
Défendre entièrement le commerce des laiues hors le royaulme.
Plus défendre entièrement l'entrée en ce royaulme de toutes sortes de marchandises fabriquées hors iceluy, en n'exceptant que les soies grèges non teiucles ni manufacturées. v .
Qu'il plaise à S. M. réformer la superfluité qui est pour le jourd'huv aux habits et mesures du tiers estât, lequel, à l'imitation des Italiens, s'est tellement licencié depuis quelque temps, en ce qu'il porte tout sur luy et mesme la plu:» part n'ont vaillant le plus souvent ce qu'ils portent sur eulx ; ce qui est la ruine de leurs pauvres familles et enfants qu'ils laissent pauvres et iodigens.
Qu'il plaise à S. M. réitérer les défenses faites par les roys. Charles VII et Louis XI, à tout les marchands tant François que aullres trafiquans en ce royaulme, de négocier en la ville de Genève , pour le faict du commerce, etc.
Et parce que, entre toutes les manufactures du royaulme, l'une de celles qui lui rendoit le plus de réputation chez les nations estrangères, estoit l'art de iïmjirimeritj lequel l'on voit aujourd'huy, comme la plus part des manufactures, se perdre de petit à petit, ce qui procède en partie de ce que plusieurs libraires et imprimeurs, soubs couleur de quelque peu de meilleur marché qu'ils ont de l'imprimerie ès villes de Basle, Genève, Lausane et aultres, ils y font imprimer plusieurs livres, et puis mettent à la première et dernière page, imprimé à Paris ou à Lyon par tel et tel; ostant par ce moyeu aux pauvres imprimeurs françois le moyen de gagner leur vie, et dépouillant ce royaulme d'ung si bel art et exercice pour le transportera l'estranger, oultrece, que notoirement ils commettent un crime de faux, et, sous telles suppositions, sont semez plusieurs livres, libelles diffamatoires et scandaleux; qu'il plaise au roy défendre telles suppositions de lieux et de noms, sous pein e de confiscation ; défendre aussi toutes sortes de papier fabriqués hors le royaulme, ou du moins mettre une grosse gabelle sur ce papier, etc.
L'ung des plus grands désordres venant du maniement des finances de S. M. qui lève cependant sur ses subjects plus de deux tiers au-dessus de ce qu'en tiroit aulcun de ses prédécesseurs, mesme du temps que grande partie de la France estoit détenue par les Anglais ; que les causes de ce désordre sont les dons arrachez par importunité par des estrangers la plus part, etc., et la multiplicité des offices de finances; qu'il plaise au roy retrancher tous dons tant sur son espargne que sur les recettes de ses finances, révoquer toutes pensions semblables, etc, réduire les généralitez du royaulme et les officiers d'icelles à l'ancien nombre, etc.
Qu'il plaise au roy ordonner que tous edicts et arrestz contraires à ce qui sera résolu en l'assemblée des estats seront nuls , de nul effet et entièrement abrogez ; et pour obvier aux pratiques et menées que pourroient faire quelques malins esprits au préjudice de ladite ri-solution , qu'il soit ordonné par
loy expresse et perpétuelle et de mesme force que la loy appelée satyque^ que toutes personnes, de quelque qualité qu'elles soient, qui s'opposeront à ce qui sera résolu esdits estats, ou prendront les armes, sans le congé de S. M., fondé sur ses lettres patentes, auront association avec aucuns princes on potentats estrangers, qu'ils soient déclarez rebelles et criminels de leze-majesté, ennemis du roy et du royaulme, permis à chacun leur courir sus, en oultre qu'ils soient privez de leurs estais, de tous droicts de succession, mesme à la couronne de France, et que, de ce, le roy mesme ne les puisse dispenser ou réhabiliter.
Et aux Ons que la force demeure à S. AI., qu'il luy plaise dresser, en ce royaulme, une association en laquelle entreront les princes, seigneurs, gentilshommes, prélats , ecclésiastiques, et les bonn.rs villes de son royaulme, de laquelle S. M. sera le chef, semblables ù celles qu'ont diverses fui* dressées ses prédécesseurs contre ceulx qui s'estoient eslevez hostilement en leur royaulme, mesmes les feuz roys Philippe II, surnommé Auguste, et Louis VIII, père du bdn roy S. Louis, contre le comte de Toulouse et aultres seigneurs, fauteurs des Albigeois, qu'ils appelèrent croisades, en laquelle chacun s'obligera à S. M. de la secourir, soit de su personne ou de ses biens, qu'Usera tenu lui faire aide pour courir sus à tous ceulx qui 9'e'leveront contre Pestât de son royaulme, et qui se voudront rendre refructoires et désobeissans à ce qui sera conclu et arresté en l'assemblée des présents estats , duquel secours sera faict vng estât certain et arresté pour y avoir promptemenl recours lorsque l'occasion s'en présentera, et sans que ceulx qui seront entrez en ladite société soient tenus fournir ce qu'ils auroient promis soit de personnes ou de biens , que pour la cause dessusdicte pour laquelle ladite socie'tè sera spécialement establie, et à lu charge que les derniers de ladite socie'té ne seront maniez par les olïicierb' des finances, mais par personnes qui seront à ce députées par les corps et communauté! soit ecclésiastique» ou temporelles qui les fourniront, et qui payeront par leurs mains les soldats et gens de guerre pour l'entretien desquels ladite levée sera fa h: te.
Les uiémoyres ci-dessus transcrits ont esté conclus et arreslez par MM. les Consuls esehevins de ladite ville, subsignez, et laissez à nobles Anl. Scarron et M. Jean de Masso receveur général des finances» commis et députez par ledit Consulat pour représenter ladicté ville, en l'assemblée générale desdicts estats, le 12 de novembre 15?6. Ainsi signé Grotier, Guerrier, etc., etc.
Le 18 décembre, le Consulat fit payer à M. de Rttbys 100 fr. pour ses vacations et honoraires pour la rédaction des Mémoires dressés pour lesdita estats. S.
1576. — Novembre 27. Séance consulaire. Les députés du chapitre de St-Nizier et M.Platet, baron de Vaux, paroissien, remontrent qu'en i5G8, il y eut un jugement rendu par M. M' Michel Larchier, alors intendant en la justice de Lyon, entre le chapitre de St-Just et celui de St-Nizier, sur la restitution de la grosse cloche de ladite église de St-Nizier, par lequel jugement le chapitre de St-Nizier fut condamné à rendre ladite cloche au chapitre de St-.lusl, et celui-ci àpayer 200 livres pour les frais faits à monter ladite cloche au clocher de St-Nizier; que l'exécution de ce jugement a été sursise jusqu'à présent; que le chapitre de St-Just fait ses efforts pour l'opérer. Les députes de St-Nizier représentent que cette cloche est bien nécessaire pour le bien et service de la ville, et pour ce que l'on peut donner avisaisémentau public de ce qu'il importe d'annoncer, ladite cloche étant entendue de tous les endroits de la ville ; ils prient le Consulat de <e joindre à eux, pour empê-
cher l'exécution dudit jugement, étant toutefois d'avis d'en composera l'amiable avec le chapitre de St-Just. On commet deux échevms pour négocier de celle affaire tant avec M. le Gouverneur qu'avec Mrs de St-Just. — Le conseiller Baraillon et autres commissaires firent ôter le ballant de la cloche, les cordages etc., et la firent préparer pour êlre descendue.— Le 12 décembre, on voit qu'il avoit été indiqué une assemblée ou île voit êlre M. l'Arrlievêque et le Gourerneur pour terminer cette affaire. Le chapitre et les paroissiens de St-Nizier engagèrent le Consulat à se joindre à eux, soit pour conserver la cloche , soit pour s'opposer à son enlèvement : ce que promit le Consulat qui nomma trois de ses menbres pour réclamer en son nom. S.
1576. — Novembre 29. Séance consulaire. A la demande de M. le Gouverneur, on mande en sa présence à l'Hôtel -de-Ville quelques notables, 1rs penons et les quaterniers. Le sieur Gouverneur fait entendre que la maladie contagieuse con\\n\ii\r\\. en Italie, et commençant à prendre pied près de relie ville, étant déjà en plusieurs villages du Dauphiné, et que le pays de Beaujnlois n'en est encore bien purgé; que d'ailleurs, sous prétexte du libre accès que toutes personnes entrant indifféremment eo ladite ville pour le commerce, une infinité de vagabonds et fainéants y abondent; ce qui occasionne nombre de larcins; que cela provenoit du peu de devoir que Ton fait à la garde; que cependant le roi entend que celte ville, comme l'une des principales clefs du royaume, soit soigneusement gardée, etc. Sur laquelle remontrance, tous les assistants ont été d'avis que, de la part dudit sieur Gouverneur, représentant la personne du roi, il soit enjoint aux notables d'aller aux portes, aux jours ordonnés et tout le temps qu'ils le doivent, pour empêcher d'entrer en la ville les marchandises venant des lieux contagieux^ ni aucune sorte de gens vagabonds ; que, pour cela, il sera tenu, aux portes, un registre par lesdits notables ; que le rôle des dé [[aillants sera remis tous les soirs à M. le Gouverneur, pour qu'ils soient condamnés a l'amende;
Qu'il sera enjoint auxdils notables de prendre les noms de tous ceux qui entrent en la ville; de leur faire quitter leurs armes autres que Cépée et la dague;
Aux hôteliers d'apporter tous les soirs à M. le Gouverneur, les noms de ceux qu'ils auront h loger; de ne permettre qu'ils sortent depuis les 10 h. du soir jusqu'au jour, etc.
Défense d'aller par la ville, depuis nuit close, sans feu, sous peine de prison et d'amende; — de ne laisser les poiles des maisons ouvertes, la nuit, sous peine de 10 livres d'amende.
Le fermier de la douane du roy tiendra régistre des armes qui entreront en la douane, dont il fera part à M. le Gouverneur, etc.
Les penons referont de nouveau les rôlesdeceuxde Uurspenonages , elc, etc.
Même Jour. Le penonage du quartier des rues Tommassin , Fnrandiere et partie de rue Mercière * que tenoit Gaspard Riehicr, étant vacant par sa mort, les qiuUerniers et dizainiers dudit quartier prient le Consulat de donner ledit penonage au sieur Antoinê Gryphius , quaternier d'iceluy. Cette demande est ajournée. S.
1576. — Novembre... Jean David, avocat à Paris, avait été' dépêché à Rome par les Guises, pour y solliciter, auprès des cardinaux , une décision qui devait servir à leurs projets ambitieux. David, à son retour en France, tomba malade à Lyon et y mourut, au mois de novembre de la même année. On trouva parmi ses papiers une pièce qui déclarait Hugues Capet usurpateur, et ses successeurs roij illégitimes, maudils de Dieu et rèfractaires à la
sainte église, clc. Mcm. de la Ligue , lome i, première pièce ; Lestoilc, Jourval de Henri III ; Clmntereau , Considérations hist. sur l'origine de la maison de Lorraine , p. 5 et 6.
1576. — Décembre 14. Le roi, par ses lettres datées de Blois le 4 ce mois et adressées à M. de Mandelol , lui avoit écrit, enlr'autres choses, qu'il a avertissement que, de jour à autre, se l'ont pratiques et menées entre ses sujets par l'artifice d'aucuns désireux d'entretenir et accroître la défiance et troubler le repos de son royaume, le priant d'exhorter de rechef ceux de l'une et de l'autre religion en l'étendue do son gouvernement de se contenir en paix, sans rien entreprendre ni attenter qui y puisse tant soit peu préjudiciel-; et pour les v obliger plus étroitement, de les laisser en garde les uns aux autres sous la protection de S M. Pourquoi ledit Sgr. gouverneur, manda les sieurs échevinsen son logis, et leur lit entendre la volonté du roi contenue es dites lettres, et afin que ceux de la R. P. R. en eussent aussi communication et fussent duement avertis d'icelles,a été résolu que les principaux d'entr'eux seroient mandés à se trouver le lendemain aune heure après midi au logis dudil Sgr. gouverneur.
En effet, le samedi i5 novembre, audit logis, se trouvèrent avec ledit gouverneur les sieurs e'chevins au nombre de dix.
Ayant mandé ceux de la religion prétendue réformée habitans de la ville ci-aprè» nommés :
SAVOIR DO CÔTÉ DE FOl:RVJÈHE :
. C. Gilles Bretton. C. Pat ion.
Amblard Dumont. C. Me Ant. Bernard.
Etienne de Nemouse. Noël Flcurot.