I. C'est-à-dire comédien
neille. Le 2 5 du mesme mois, elle fut jouée encore, pour la dernière fois.
Le lundy 14 janvier 1686, on représenta le Baron de Fondrières, qui n'a point esté joué davantage. Cette comédie est attribuée à M'' de Vizé et à M. Thomas Corneille.
C'est par ces pièces que les sifflets ont commencé. On a continué toujours jusqu'au commencement de l'an 1696.
Chanson nouvelle sur la raillerie DU Bouché (sic)
QUI A SIFFLÉ A LA CoMÉDIE
Sur l'air : Mettons-nous en ménage.
(Nota. — 34. aoust 1696, il a esté emprisonné au Petit Chastelet, à Paris.)
Je mérite qu'on me raille, Moy pauvre marchand bouché, D'avoir, comme une canaille, A la Comédie sifflé.
J'étais parmy le beau monde, En faisant le fanfaron, Avec les brunes et les blondes, Contrefaisant le Gascon.
J'avais dedans ma pochette Un sifflet de chaudronnier ; Je sifflois, je vous proteste, Bien mieux que les oyseliers.
Messieurs de la Comédie, Entendant ce beau sifflet, Peindre (sic) sans cérémonie Pour connoistre qui c'étoit.
Ayant apperçu ma mine Et connu que c était moy, Aussi tost d'humeur chagrine Ils m'ont saisi au collet.
Devant l'honneste assistance, Ils ont, sur mon pauvre dos, D'une cruelle vengeance Frappé trestous comme il faut.
Les uns d'une grosse canne, Les autres à coups de bâton, Ils me traitaient comme un asne, D'une terrible façon.
Après cette sérénade, Ces Messieurs, outre raison, Pour me changer de salade.
Ils m'ont mené en prison.
Après cette sarabande, Pour sortir en liberté, Il me faut payer l'amande, Ce qui me fait endevé.
Helas! Messieurs mes confrères, Ne faites pas comme moy ; Alle:{-vous-en plutôt boire.
Que défaire ce que j'ay fait.
Dedans Paris, grande ville, Chacun se moque de moy, Hommes, garçons, femmes et filles.
Ils me montrent tous au doigt,
En se disant l'un à l'autre :
« Voilà le siffleur du tems; Lur faut donner des linottes.
Il leur montrera gayement ! »
(Placard imprimé sur deux colonnes, pet. in-^o^ sans nom de lieu ni d'imprimeur.)
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(Projet d'un Dialogue critique SUR LA Comédie, aux Champs Elysées.)
Perrin se plaint de ce qu'on a négligé son opéra de Pomone, qui est le premier qui ait esté représenté en France, en 1671.
Quinault et Lully s'unissent contre lui et montrent que son ouvrage ne vaut rien, rapportant là-dessus les divers quolibets dont il est
plein. On se moque de ce qu'il a eu la hardiesse de faire parler le plus infâme des dieux (c'est Priape), sous le nom de dieu des jardins, ce qui est contre la bienséance et l'honnesteté qui doit régner sur le théâtre.
Quelques poètes anciens se joignent à Pcrrin, entre autres Aristophane et Plaute, qui ont mis beaucoup de saletez dans leurs pièces.
Aristote survient qui, comme le maitre du théâtre, puisqu'il en a donné des règles dans sa Poétique, traitte avec mépris tous ceux qui déshonorent le théâtre par de semblables libertez, et que, si cela avoit lieu, les honnestes femmes nepourroient plus avec bienséance aller à la Comédie.
Beaumavielle se plaint de ce qu'on lui a fait représenter le personnage du dieu des jardins, qui ne lui convenoit pas, puisqu'il a toujours vécu d'une manière fort sage et honneste, et que, si tous ceux qui montent sur le théâtre lui ressembloient, ce seroit mal à propos que des philosophes les traittent d'infâmes.
Quinault et Lully diront beaucoup de bien de lui et de La Grange, qui étoit un^honneste homme et en mesme temps bon comédien.
Virgile se plaindra de ce qu'il a estropié son Enéide, par la mauvaise traduction en vers françois qu'il en a faite, où bien souvent il faut lire le latin pour entendre le françois, et que c'est.
en un mot, l'Enéide de Perrin, et non celle de Virgile. Il faudra citer des exemples ^
On peut introduire diverses sortes de persones qui ont differens sentimens dans les plaisirs du théâtre.
Eraste n'aime que les pièces déclamées, comme celles de Corneille, Racine, Molière, etc.
Dorante soutient l'opéra contre Eraste et ne goûte que la musique, les danses, etc. Cléante ou Jourdain ne se divertit qu'aux pièces italiennes, où chaque acte finit par des culebutis ou des coups de 'oaston. Ce sera un partisan fort ignorant ou un marchand en gros, qui, après avoir ouï parler de comptes, de disputes, de procez, est bien aise, au moins un jour de la semaine, d'entendre des choses plaisantes qui sont contre la raison et le vraisemblable ; il se moque des règles qui l'ennuyent, et siffle les comédiens italiens qui veulent parler leur langue; il se moque des contrasti amorosi. Il ne veut que des scènes françoises, comme celle de l'Empereur dans la lime, de Colombine avocat pour et contre, etc.
Timante sera l'homme raisonnable, qui esti-
I. On trouve, dans le même recueil, un brouillon de là première partie de ce Dialogue; mais on voit que l'auteur s'est perdu dans des longueurs, en s'amusant à citer une quantité de mauvais vers tirés de la traduction de l'Enéide par Perrin; il n'a pas eu le courage d'aller plus loin. [Note de l'éditeur.)
mera tout ce qu'il y a de bon sur le théâtre, tragédie, comédie Françoise, pièce italienne et opéra, chaque chose ayant son mérite particulier en son genre, et dira que l'on ne peut comparer autant de poèmes si différents.
Grande dispute contre les anciens et les modernes. Plaute soutient que son Amphitryon et son Avare valent beaucoup mieux que ce que Molière a fait là-dessus. Ce dernier, sans se deffendrc, soutiendra que la copie vaut mieux que l'original, remarquera la manière grossière dont Plaute a traité ces deux sujets, fera voir la manière fine et délicate dont il a fait parler Jupiter à Alcmene; il soutiendra que les anciens ne sçavent pas traiter finement ce qui doit être l'âme des pièces, V amour 'et V ambition. Corneille se joindra à lui et rapportera quelques beaux endroits de ses pièces, ce qui donnera lieu à Euripide, à Sophocle et à Seneque, de soutenir l'antiquité, en disant que leurs pièces sont toutes pleines des plus beaux traits de morale. « Il est vrai, dira Molière; mais la plupart de vos choeurs, qui débitent ces moralitez fatiguantes, ennuyent, parce qu'elles sont hors du sujet et n'intéressent personne. Je me suis bien gardé de rien imiter. On ne peut disconvenir que je n'aye mis de beaux sentimens dans mes pièces, mais ceux qui les débitent le font d'une manière vive et forte; cela fait partie du sujet. On ne les
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sçauroit oster sans faire tomber les pièces. Les vostres, au contraire, en vaudroient mieux et ennuyeroient moins si on les en retranchoit. »
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Dialogue critique dans les champs Elysées.