PRÉCÉDÉ
d'un résumé du mémoire de gaetano marini SUR l'histoire de ces archives.
MEMORIE ISTORIALE
DEGLI ARCHIVI DELLA SANTA SEDE RACCOLTE DE GAETANO MARINI, PROFETTO DELLA BIBLIOTECA VATICANA E De' DETTI ARCHIVI (1).
Les Archives nationales de France possèdent sous ce titre :
1" Deux cahiers (41 pages) qui sont très probablement la
(1) Le mémoire de G. Marini se trouvait dans un carton placé en tête des travaux de la commission italienne et qui, sans faire partie de ces travaux à proprement parler, contenait des fragments d'inventaires. Michelet, avant d'entreprendre son rapport sur les archives pontificales, prit connaissance de ce mémoire et, au mois de novembre 1851, en rédigea l'intéressant résumé que nous reproduisons ici.
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minute de Marini. Malheureusement ils sont incomplets et ne donnent pas la moitié de l'ouvrage original ; 2» cinq cahiers, d'une fort belle copie, qui contiennent l'ouvrage entier (197 pages).
Ce manuscrit mérite l'attention à plus d'un titre. Les Archives du Vatican sont le plus ancien dépôt du monde moderne. C'est celui où de bonne heure on a pris les plus grands soins de conservation. Le seul gouvernement qui se prétend Immortel avait besoin, plus que tout autre, de conserver la trace de ses précédents, de les consulter sans cesse et de les accorder entre eux.
L'auteur, le savant et vénérable Gaëtano Marini, était plus capable que) personne de faire ce travail. Il a été à Rome le dernier conservateur des archives avant leur translation, et, à Paris, il a dirigé le bureau italien qui en avait rétabli le classement et en tirait des copies. Il donne luimême aux pages 54-56 des détails intéressants sur le danger où se trouvèrent les archives à Rome au moment de l'invasion et sur la protection que Marini leur ménagea dans M. Gouvion-Saint-Cyr. D'autres détails encore non moins curieux (à la page 64) sur la précipitation avec laquelle les sceaux d'or durent être arrachés, dans l'extrême pénurie où se trouva la République romaine à son dernier jour. Les troupes napolitaines qui entrèrent le lendemain, loin d'apporter un esprit plus conservateur, firent de grands ravages dans les archives et détruisirent beaucoup de choses précieuses. Les Français, dit Marini, détruisirent aussi, mais des pièces assez modernes, surtout du dernier siècle.
L'ouvrage se divise en trois parties, l'une historique et deux descriptives (I).
(1) Nous croyons devoir avertir le lecteur que clan» ce résume du mémoire de Marini, comme dans le long rapport qui le suit, les mots imprimés en italique sont, dans la minute, soulignés de la main de Michelet. C'est à lui également qu'appartiennent les fréquentes parenthèses qu'on remarquera dans le cours de son travail.
I. La partie historique (69 pages) est savante et curieuse. Elle donne une sorte d'histoire des archives et des archivistes. On y voit, entr'autres choses instructives, le soin inquiet des papes pour mettre à l'abri ce précieux dépôt, soit dans leurs voyages individuels (comme dans celui d'Innocent IV à Lyon, où il porta une partie des archives comme pièces à l'appui de sa polémique contre l'empereur Frédéric II), soit dans la translation du Saint-Siège de Rome à Avignon, d'Avignon à Rome. La précaution la plus ordinaire était d'en mettre une partie dans les sanctuaires inviolables de quelque grand monastère, comme Gluny au treizième siècle. Assise au quatorzième. La meilleure précaution était de faire copier les choses les plus importantes. On voit avec étonnement qu'en 1305 celles qui parurent à Clément V les plus importantes ne furent point les choses d'intérêt religieux, mais celles du domaine qui intéressaient le patrimoine de saint Pierre.
Au quinzième siècle, les papes semblent plus inquiets encore pour la conservation des archives. Sixte IV en fait mettre une partie au château Saint-Ange; une autre partie est placée dans la bibliothèque secrète. Mais elle n'est pas encore assez secrète. Léon X s'y réserve un cabinet très secret. C'est là qu'il cache la lettre de Luther à Charles Quint. Soin inutile, soit dit en passant; la lettre était imprimée et courait l'Europe.
Pie V, le dominicain, le pape de la Saint-Barthélemi, prononce, en 1565, une défense absolue de chercher dans les archives.
Cette défense est plus tard réduite à celle de tirer des copies (1591).
On remarque, dans le môme siècle, les louables efforts des papes pour centraliser les archives, surtout pour faire entrer au dépôt public les pièces innombrables que les héritiers des papes, leurs neveux, etc., avaient le tort de garder chez eux. Leurs ordres ne furent point écoutés.
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Les travaux de Kanke et autres historiens n'ont pu être exécutés qu'avec le secours qu'ils trouvaient dans les archives particulières de {jrandes familles italiennes, dont plusieurs descendent des neveux des papes.
En 1617, on fit le procès à un archiviste en sous-ordre, pour cause d'inFidélité; et sans doute à cette occasion, en 1624, on procéda à un {jrand inventaire général. Le premier avait été fait en 1369.
IL La seconde partie (p. 69-134) est purement descriptive. C'est un catalogue fort sec, qui donne, armoire par armoire, les titres généraux de ce que contenaient les Archives du Vatican avant la translation à Paris.
111. La troisième partie (p. 1-63, d'une pagination particulière, mais complétant les 197 pages indiquées plus haut) est également descriptive ; elle donne de même les titres généraux de ce que contenaient les mêmes archives dans la disposition où elles se trouvaient à Paris.