PAUL DE SAINT-VICTOR
16 juillet 1881.
Nous avons enterré mardi Paul de Saint-Victor. Il est mort en quelques instants, foudroyé comme l'an dernier Flaubert. Il avait cinquante-quatre ans. Pendant trente années, sans une interruption notable, il a écrit chaque semaine un feuilleton de théâtre où il cherchait l'exquis et où il visait au chef-d'œuvre; et une fois sur quatre il atteignait l'exquis et le chefd'œuvre. C'est le feuilleton qui l'a consumé. La culture intensive de la phrase, surtout quand on y joint, comme Paul de Saint-Victor et ceux de la même école (Flaubert, Taine, etc.), la culture intensive de l'adjectif, est un travail de force vingt fois plus pénible que celui des portefaix du port. Je parle ici, bien entendu, de l'adjectif cherché, dompté et conquis, et non point de ces adjectifs à la douzaine
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dont les avocats de l'école de Jules Favre enflent leurs périodes. L'adjectif est un assassin. C'est vers cinquante ans, dans l'âge de la pleine vigueur intellectuelle, qu'il vient à bout de son homme; c'est alors qu'il le mène ou à la folie définitive, ou à i'iiébétement subit, ou à la mort foudroyante. La saine France littéraire du xvii'' et du xviii'' siècle avait bien raison de redouter l'adjectif et de le fuir; elle n'eût pas été la saine France si elle ne l'avait fui.
Paul de Saint-Victor n'était pas seulement un grand artiste en mots. Son cerveau, riche d'idées et d'images, sa pénétrante intelligence, son érudition vaste, variée, substantielle, ont fait de lui un grand écrivain, l'un des cinq ou six qui tiennent la tête dans la génération éclose après 1832. Tout ce que la poésie romantique a de noble et de chevaleresque, tout ce que la poésie lakisle a de remuement de cœur tranquille et profond, tout ce que la beauté classique a de pur et de chaste, s'était réuni pour former son talent. Le sens littéraire chez lui était aussi étendu qu'original ; la divination historique, merveilleuse. Comme il savait faire frissonner Marivaux tout entier dans un feuilleton de quelques lignes! Comme il a parlé de Phèdre! En sa jeunesse, il se considérait volontiers comme un disciple de Victor Hugo. Il doit beaucoup sans doute à Hugo ; il lui doit la couleur, le relief, le costume. Mais s'il
procède particulièrement de quelqu'un, c'est bien plutôt de Chateaubriand et de Michelet, les deux plus grands historiens de ce siècle. Personne après Michelet n'a possédé autant que Paul de Saint-Victor le don magique de la résurrection. Tel feuilleton de lui sur Henri III, ù propos de quelque drame de Dumas, est la représentation vivante du passé. En le lisant, on regrette d'abord que Paul de Saint-Victor n'ait pas trouvé le loisir d'écrire une histoire de l'époque des Valois; puis, à la réflexion, on ne regrette plus rien : qu'ajouterait la plus ample histoire à ce tableau condensé d'un règne? L'étendue, comme le temps, ne fait rien à l'aftaire. Un miroir de quelques centimètres peut réfléchir les Alpes.
Paul de Saint- Victor vivait très retiré. La princesse Mathilde est à peu près la seule personne qui ait réussi à l'apprivoiser. Le monde ne l'apercevait qu'aux premières représentations, oîi l'exercice de sa profession le forçait d'assister. Pendant l'entr'acte, il se promenait, comme tous ses confrères, au foyer et dans les couloirs. Mais, même sous l'excitation des feux de la rampe, des lumières de la salle, des jolis voisinages et des disputes d'art qui s'engagent et brûlent en ces moments-là, il se montrait peu communicatif. C'est qu'il avait une sensibilité littéraire douloureuse autant qu'elle était concentrée. Un jugement inexact qu'il entendait porter sur une chose
d'art ou de littérature lui causait de l'irritation et de la souffrance. Il sentait qu'avec ce tempérament on n'est pas fait pour le vulgaire commerce des salons, des cercles et des Académies. « Homme des sommets », c'est ainsi que le définissait son ami, M.Paul Dalloz, il ne voulait pas en descendre. On le trouvait rogue et arrogant. On se trompait. Il était timide, délicat et fier.
M . R 0 U II i: K .
13 août 1881.
Est-ce que M. Roulier va rentrer dans la vie publique? Il s'en était relire, définitivement et sans remise, il y a quinze jours. Mais, cette semaine, la démangeaison l'a pris d'y reparaître et il a écrit une lettre publique de félicitalion à M. Haussiiiann à propos de la profession de foi que celui-ci vient d'adresser aux électeurs de Lesparre.
Cette profession de foi est, en effet, un morceau admirable.
M. Haussmann y fait, avec beaucoup de dignité, deux déclarations qui s'enchaînent : la première, c'est qu'il n'y a encore aujourd'hui et qu'il n'y aura jamais que l'empire qui soit un gouvernement à son
gré; la seconde, c'est qu'il se présente tout spécialement à Lesparre pour empêcher l'élection de M. Pascal, candidat du prince Napoléon, lequel, étant admis l'autorité indélébile des plébiscites et les aphorismes constants du droit monarchique, est, ce nous semble, le seul et unique empereur.
Ainsi M. Haussmann néglige totalement M. le comte de Chambord et les princes d'Orléans, desquels il ne parle pas plus que s'ils n'existaient pas; il professe une antipathie incurable pour la république ; il répudie carrément la personne de c l'empereur » — et tout de même il veut être député !
Pour quoi faire? Qui diantre le pousse à se mettre d'une assemblée politique, s'il ne veut ni accepter Chambord, ni soutenir la république, ni restaurer l'empereur !
Et là-dessus M. Rouher ne peut retenir un cri d'enthousiasme ! Il écrit à M. Haussmann : « Yous suivez la vraie ligne politique, monsieur; vous êtes profond. »
Je vois le dessein de M. Rouher.
M. Rouher ne peut pas se consoler de n'être plus chef de parti ; il lui faut un parti qui recherche les conseils de sa haute sagesse. Le prince Napoléon n'a pas voulu lui demander de diriger ses affaires. En vain M. Rouher se tenait discrètement à la disposition du prince. En vain des amis gémissants s'en
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allaient dire au prince que Rouher était une grande capacité et qu'on n'aurait pas de peine à le ramener. En vain M. Rouher lui-même répétait sans cesse qu'il n'entendait causer au prince aucun embarras; il conseillait à tous les réfractaires de l'impérialisme de faire leur soumission au légitime héritier des Napoléon; il ajoutait que, pour ce qui était de lui, il tenait son rôle pour fmi — afin sans doute que le prince daignât le démentir. Le prince ne l'a point démenti.
C'est pourquoi M. liouher écrit aujourd'hui à 31. Haussmann une lettre éclatante qui signifie : « Formons à nous deux un grand parti national ; vous serez le parti, je serai le chef. »
Nous ne conseillons pas à M. Haussmann d'accepter celte combinaison. Au bout de deux mois, le parti Haussmann, même avec un programme plus clair et plus positif, serait disloqué du fait de M. Rouher.
M. Rouher ne possède pas plus les qualités d'un chef de parti que celles d'un premier ministre. Il en possède d'autres. Il n'a point celles-là. Avocat distingué comme Dufaure, il est devenu, en se dévelop-
pant selon la loi de ses facultés naturelles, un homme d'afïaires entendu, un ministre des travaux publics et du commerce habile et éminent, comme Dufaure est devenu un garde des sceaux vigilant et intègre. Pas plus que Dufaure, il n'a pu devenir, même en y travaillant de son mieux, un législateur et un homme d'Élat.
Homme d'affaires, il laisse derrière lui une belle œuvre, les cinq grands réseaux de chemins de fer, et une œuvre puissante, les traités de commerce. Homme d'État, il a perdu deux fois la dynastie qu'il servait. Il l'a perdue une première fois en qualité de premier minisire de 1863 à 18G9. Il l'a perdue une seconde fois en qualité de chef officiel du parti impérialiste de 1872 à 1876.
Il avait le don précieux de l'importance dans l'attitude, du poids extérieur, do l'autorité et du commandement. 11 était laborieux et de mœurs simples, vivant dans son cabinet de travail ou dans sa famille, attaché, ûprement attaché aux réalités du pouvoir et aux avantages solides qu'on en peut retirer pour soi-même et les siens, sans goût de l'appareil et de la pompe. Quitter le soir son piquet de
famille ou ses dossiers pour paraître aux fêtes des Tuileries lui était un supplice. Il avait fini par obtenir de l'empereur qu'il serait dispensé de tous ces festins de gala, de tous ces concerts et de tous ces bals de cour, de tout le vain cérémonial d'invitations à recevoir et à rendre où les ministres de l'empereur perdaient et où les ministres de la république continuent de perdre un temps considérable. Du pouvoir, rien ne lui plaisait que l'exercer. Mais qu'est-ce que le commandement, la jalousie de commander et l'avidité à commander, quand ces aptitudes ou ces passions ne sont au service d'aucune conception politique suivie, quand elles ne sont que les instruments d'un esprit stérile?
Veut-on nous dire ce que M. Rouher a représenté en politique sous l'empire? Avait-il une doctrine quelconque au sujet de la législation de 18o2? Était-il contre? Était-il pour? S'il était contre, pourquoi n'a-t-il pas pris pour lui-même, au lieu de la laisser à Thiers, la charge d'enseigner l'alphabet de la liberté constitutionnelle aux divers groupes du Corps législatif? S'il était pour, d'où vient qu'il ait accepte la responsabilité des réformes du 24 novembre 1860 et du 19 janvier 1867? Nous ne parlons pas de sa politique étrangère. Son défaut de plan et de système en ce qui concerne le Mexique, sa versatilité dans les choses de Rome, l'influence funeste qu'il a
exercée dans la semaine qui a suivi Sadowa, la théorie naïve des trois tronçons, à laquelle il a réellement cru, donnent l'idée d'une des intelligences politiques les moins munies et les moins douées qu'on ait vues de nos jours dans le gouvernement des affaires de France et d'Europe. Que ne fùt-il reslé ministre des travaux publics !
Veut-on nous dire également quel but M. Rouher a poursuivi, en tant que chef du parti impérialiste, pendant la durée de l'Assemblée nationale ? Comment comptait-il rétablir sur le trône l'empereur Napoléon III ou le prince impérial? Est-ce par un complot, par un pronunciamenlo, par une vigoureuse action électorale et parlementaire? Qu'a-t-il essayé en 1872 et 1873 pour rallier et ramener au combat les nombreux partisans qu'un régime qui a vécu dix-huit années laisse derrière lui pendant les premières années après sa chute? Quels efforts a-t-il tentés pour rattacher à ce noyau les classes ou groupes de citoyens qu'effrayent toujours le souvenir de la révolution de la veille, la perspective de la révolution du lendemain ? Tandis que M. Gambetta consacrait son temps et ses veilles, en 1872 et en 1873, à extraire des « nouvelles couches o tout ce qui était ardent, jeune et capable, et en même temps à recruter parmi les notabilités départementales les plus anciennement fondées et établies, parmi les notabilités de
l'armée, de la science, des lettres, des candidats républicains pour le futur Sénat, que faisait M. Roulier ? Qu'a-t-il entrepris en ce genre ! Lui est-il jamais venu à l'esprit que dans tout district du pays de France il existe un personnage considérable par sa fortune ou son iniluence locale qui veut être député à tout prix ? Dans les temps de régime fondé, comme l'est le temps actuel, les ambitieux de ce genre s'éteignent et s'amortissent par la force des choses. Dans les temps d'incertitude et de confusion, comme était la période comprise entre les années 1872 et 1870, leur vanité s'exalte par l'effet des chances qui s'oflreut à elle. On eût trouvé parmi eux autant de candidats impérialistes qu'on eût voulu en 1876 pour se porter contre le député sortant, républicain, légitimiste ou orléaniste. Et des candidats riches, apparentés, populaires dans leur circonscription ! Je ne suis pas l'apologiste des rivalités et jalousies locales, qui font qu'un gros personnage de sous-préfecture est prêt, selon l'occasion, à se porter candidat au nom de la Ligue ou au nom du roi. De telles passions sont basses. Le droit du philosophe est de les mépriser. L'art du politique est de les utiliser. M. Rouher ne s'est jamais douté de cette vérité si simple, ou il a agi comme s'il ne s'en doutait pas.
Dans sa niche de la rue de l'Elysée, il recueillait les hommages des fidèles ; il se faisait appeler mo?isieur le ministre par ses anciens collègues, collaborateurs et subordonnés du temps de l'empire. Il régnait sur eux; il était heureux de régner ainsi, ce bonheur lui suffisait. Il ne tenait pas à faire de conquêtes au delà de ce cercle de familiers et d'adorateurs convaincus. Quand on venait lui dire que tel député à lAssemblée nationale, membre du centre droit, qu'il ne connaissait pas personnellement, venait de s'exprimer avec sympathie sur le compte de l'empire, ou que tel gros manufacturier d'un département lointain était disposé à crier : Vive l'empereur! si l'on voulait lui promettre pour les prochaines élections une lettre du prince impérial, il n'en témoignait pas de joie ; il devenait au contraire soucieux! Ces néophytes n'auraient qu'à ne pas l'appeler : « Monsieur le ministre »! Sans s'en apercevoir et en dépit d'un dévouement sincère à ses princes, ce n'était pas l'empire qu'il représentait ; c'était simplement Rouher et le rouhérisme.
Son personnalisme était excessif. C'est par là qu'il a le plus nui à l'empereur Napoléon ÏII régnant et
à l'empire renversé. On eût dit que son principal souci était de faire le vide autour de l'empereur et de l'empire. Un jour, un conseiller d'État du nom de Thuillier, chargé de soutenir au Corps législatif la discussion de l'Adresse, y obtint un succès d'éloquence extraordinaire. Dans un débat corps à corps avec M. Jules Simon, il massacra de sa parole brûlante et vivante la rhétorique étudiée de l'honorable académicien. A partir de ce jour, M. Thuillier ne reparaît plus au Corps législatif; M. Rouher l'enfouit; Thuillier meurt obscurément et prématurément dans l'inactivité. « C'est Rouher qui a fait mourir Thuillier de chagrin », disait Persigny, qui n'avait pas l'habitude de mâcher les vérités. Un autre jour, en 1866, M. Fernand Giraudeau, attaché au cabinet de l'empereur, rédige, avec l'approbation du souverain, une note intitulée : la Jeunesse et les fondions publiques sous l'empire. Celte note, tirée seulement à cent exemplaires, destinée aux seuls amis ou au petit nombre des adversaires raisonnables, avait pour objet de démontrer qu'il eût été sain pour la dynastie et pour l'Élat que l'empire s'enrichît de quelques hommes nouveaux. C'est peut-être l'écrit le plus curieux qui soit sorti de la plume de M. Giraudeau, moraliste politique, clairvoyant, aigu, précis, en même temps que dévoué aux Napoléons. Demander des hommes nouveaux I
crime irrémissible ! Cot écrit ayant produit quelque impression dans l'entourage de l'empereur, M. Fernand Giraudeau perd les bonnes grâces de M. Rouher et ne les retrouve plus. Tout le monde a lu, dans le recueil des papiers saisis aux Tuileries après la révolution de septembre, le rapport confidentiel de M. Rouher à l'empereur sur les hommes de l'empire en situation de devenir ministres. Ce rapport aboutit à une conclusion qui n'était consolante que pour M. Rouher : c'est qu'il n'y a dans l'empire d'autre Rouher que Rouher! Tant pis! tant pis! Pour tout grand homme politique, pour tout soutien et sauveur de la dynastie étabhe, l'unique M. Rouher! Ce n'était vraiment pas assez.
Tels avaient été, à l'égard des hommes, les procédés de M. Rouher sous l'empire, tels ils sont restés après l'empire. M. Rouher a découragé et dégoûté Clément Duvernois, qui avait le tort de défendre l'impérialisme dans le journal IVrdre avec plus d'éclat et de résolution que lui-même ne le faisait à la tribune. Il a essayé également de se subordonner M. Paul de Cassagnac ou de l'exclure. Mais ici il se heurtait à deux forces dont il avait mal mesuré la puissance et qui sont la jeunesse et la foi. M. Paul de Cassagnac, qui n'avait pas cherché la lutte contre M. Rouher, l'accepta avec une tranquille et heureuse témérité. 31. Rouher dut reconnaître son imprudence
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et sa défaite. Désormais, à la messe annuelle de Saint-Augustin, les ovations des ardents du parti furent pour M. de Cassagnac, et non plus pour M. Rouher vieilli et triste.
M. Rouher, qui, au grand dommage de l'empereur Napoléon III et de son fils, a écarté ou usé tant d'hommes, M. Rouher a un rival caché qui lui survit dans les assemblées : c'est M. de Parieu. Peu de gens savent que M. de Parieu, dans le secret de son cœur, est l'ennemi féroce de M. Rouher. J'ai réussi à le deviner. Rouher et Parieu ! Tous deux Auvergnats, tous deux avocats ! Tous deux la gloire de Riom et de la jurisprudence sur le régime dotal ! Tous deux députés de l'Auvergne à l'Assemblée législative de 18491 Tous deux enfin devenus, pour la première fois, ministres du prince Louis-Napoléon à la même époque de leur vie ! Or, de 18o2 à 18o9, ce parallélisme se trouva détruit. Pendant ce temps, l'un des deux a toujours primé l'autre ! Quelle humiliation pour M. de Parieu que la primauté de M. Rouher pendant vingt années et plus ! Quelle déchéance du nom de Parieu auprès de celui de Rouher, par-devant les honnêtes populations du Puy-de-Dôme et du Cantal !
Aussi ce fut le grand jour de la vie de M. de Parieu, le jour de la grande réparation longtemps attendue, que le 2 janvier 1870 ! Ce jour-là, nommé ministreprésident du conseil d'État, M. de Parieu revêtit une dignité qui avait appartenu à M. Routier. Il s'en alla ali Louvre prendre possession des appartements dorés de M. Rouher. Il coucha dans le propre lit de M. Rouher; il put dire à l'Auvergne ébahie : « C'est moi maintenant qui suis Rouher. » Hélas! il ne le dit pas longtemps ! Cet acharné Rouher, à force de catastrophes, était redevenu, dès 1871, le premier des impérialistes. Enfin le voilà qui n'est plus rien, tandis que lui, M. de Parieu, l'Arverne rival, reste membre de l'Institut et sénateur, qui sait? en passe de redevenir quelque jour ministre, les circonstances aidant! M. de Parieu a de l'instruction, de la doctrine, de la philosophie, toutes choses que M. Rouher connaît peu. Si on lui faisait dire toute sa pensée, il ne verrait probablement dans M. Rouher qu'un mécanicien de chemin de fer ou un fabricant de chaudières pour locomotives qui a eu beaucoup de chance. Cette chance de IM. Rouher a souvent irrité M. de Parieu. Aujourd'hui sans doute M. de Parieu se dit que le vrai mérite surnage toujours, que tôt ou tard la haute doctrine est récompensée et les simples praticiens remis à» leur place par la fortune.
M. IIAUSSMANN ET M, ROUHER.