‹ Notes et impressions, choix de lettres; préf. par le prince Georges StirbeyChapitre 33 sur 56 · Le héros de cette guerre fut Langiervicz · texte numérisé non relu

Le héros de cette guerre fut Langiervicz

CUOIX DE LETTRES. "287

Monsieur Saint-René Taillandier à J.-J. Weiss. Montpellier, 29 novembre 1863.

Monsieur et cher confrère, Vous sachant homme d'hoaneur autant qu'homme d'esprit, j'attendais bien quelques hgnes de votre plume, pour prévenir toute fausse interprétation^ de la part de mes futurs auditeurs, mais véritablement vous me comblez. Ces éloges donnés avec une loyauté si généreuse, je voudrais les mériter complètement. C'est à vous, mon cher confrère, qu'il appartenait de remplacer à la Sorbonne notre maître commun, votre collaborateur des Débats. La suppléance de M. Saint -Marc-Girardin" était déjà pour

1. C'est-à-dire, toute fausse interprétation de la manière dont il est arrivé à la chaire à laquelle il s'agissait de pourvoir en Sorbonne.

2. La chaire de poésie française à la Sorbonne, dont le titulaire était M. Saint-Marc-Girardin, avait été promise à J.-J. Weiss. Noua possédons une lettre de M. Saint-Marc-Girardin datée du 5 novembre 1863, dans laquelle ce dernier lui annonce sa nomination dans les termes suivants : « Mon cher confrère, j'ai vu aujourd'hui le ministre à 5 heures : l'affaire est faite. ■» — M. Duruy, ministre de l'Instruction publique, y mit cependant une condition : trouvant qu'il y avait incompatibilité entre la chaire de la Sorbonne et le Journal des Débats, dans lequel écrivait Weiss, il déclara à ce dernier qu'il fallait opter entre l'un ou l'autre: Weiss resta aux Débats et c'est M. S.-René Taillandier qtii eut la chaire.

moi un fardeau bien lourd ; ma tâche devient encore plus périlleuse, maintenant que votre souvenir est si naturellement attaché au sien. Je vous remercie du secours que vous me prêtez d'avance ; soyez sûr que je n'en serai pas indigne. Parmi toutes les qualités qui me seraient nécessaires pour suppléer M. Saint-Marc Girardin et monter dans une chaire où vous deviez vous asseoir, il y en a une, du moins, que je puis promettre à mon auditoire, c'est le dévouement à ces principes libéraux dont vous êtes un des plus brillants défenseurs.

Recevez, mon cher confrère, avec mes remerciements, l'assurance de mes sentiments tout dévoués.

SAINT-RENÉ TAILLANDIER

Monsieur François Guizol^ à J.-J. Weiss.

Paris, 4 décembre 1863.

Vous avez le goût exigeant et fin, monsieur ; vous savez choisir et marquer des degrés dans votre

1. M. Guizot (François), né à Nimes le 4 octobre 1787, naort au Val-Richer (Calvados), en octobre 187/1. Entra jeune dans la politique, se prononça en 1815 pour les Bourbons et alla trouver le roi Louis XVIII à Gand. Ministre, président du Conseil et ambassadeur de Louis-Philippe. Membre de l'Académie Française, de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, de

suffrage. Il n'en a que plus de prix. Je suis charmé que le Mariage de Charles /" vous ait plu, et je vous remercie de l'avoir si agréablement dit. J'aurnis pu rendre le Projet de Mariage espagnol plus piquant; mais il aurait fallu aller, un peu romanesquement, au delà des témoignages historiques. Ji^ ne l'ai pas voulu. J'ai laissé médiocres et fades les personnages et les fails que j'ai trouvés méJiocres et fades. C'était l'histoire. Vous y avez vu la décadence d'une grande cour et d'une grande nation. Vous avez eu raison. Je voudrais bien que tous les lecteurs eussent autant de sagacité que vous.

Recevez, Monsieui-, avec mes remerciements, l'assurance de mes sentiments les plus distingués.

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