NAPOLÉON
1. Napoléon III (Cliarles-Louis-Napoléon Bonaparte), né à Paris le 20 avril 1808, mort à Chislehurst (Angleterre), le 9 janvier 1873. Président de la République on 1849. Proclamé empereur sous le nom de Napoléon III. Vaincu à Sedan. Prisonnier à Wilhelmshoe (Allemagne). Déchu du trône impérial, exilé en Angleterre. Auteur de VExtinction du Paupérisme (1844), de la Vie de César (1865 et 1866).
J.-J. Weiss à Sa Majesté l'Empereur Napoléon III .
Paris, 20 avril 1872.
Sire,
J'ai reçu la lettre que l'Empereur a bien voulu me faire l'honneur de m'adresser. Le peu qu'il m'a été permis d'essayer, dans le cadre modeste d'un article de journal, pour rétablir la vérité sur la campagne de 1870, ne méritait pas une telle marque de sa bienveillance. Je prie l'Empereur de croire que j'y suis d'autant plus sensible que j'ai moins fait pour m'en rendre digne.
Étranger à tous les partis, mêlé toutefois pour une part et dans ma sphère au mouvement d'idées pacifiques qui avait amené la formation du cabinet du 2 janvier, j'ai pu voir de près, et je sais mieux que personne avec quelle loyauté l'Empereur avait accepté le rôle et les devoirs de souverain constitutionnel. Aussi j'ai été heureux de saisir la première occasion qui m'était offerte de dire bien haut que si tous les hommes politiques et tous les partis avaient montré en 18"0 autant de sagesse, de patriotisme et de désintéressement que Votre Majesté, la France aurait évité de bien srands malheurs.
Permettez-moi maintenant, Sire, d'exprimer ma respectueuse admiration pour la sérénité avec laquelle l'Empereur supporte le malheur et l'injustice. La lettre si simple et si touchante que j'ai reçue restera pour moi le précieux témoignage d'une élévation d'âme toute royale que la fortune n'a pu abattre et qui a vaincu plus d'une fois déjà la fortune.
J'ai l'honneur d'être. Sire, avec un profond respect,
De Votre Majesté le très humble et très obéissant serviteur.
J.-J. WEISS
Monsieur CuviUier-Fleury à J.-J. Weiss.
Paris-Passy (avenue Raphaël), le 8 novembre 1872.
Mon cher et aimable confrère, J'attache un prix infini à votre approbation. Vous êtes certainement, de tous les écrivains de la presse militante, celui dont j'apprécie le plus le talent, encore bien que je ne me rencontre pas avec vous sur toutes choses, comme j'ai eu le bonheur de m'associer à vos idées sur l'Université. Vos articles, que je n'ai pas tous lus, mériteraient bien d'être recueillis en brochure. Vous avez touché au vif de la question,
civec une rare originalité dans un sujet rebattu. C'est à cela que se reconnaissent les vrais écrivains, et c'est le culte des anciens qui fait de pareils fidèles au bon goût et au bon sens. Merci de l'assislance que vous m'avez procurée! j'aurais voulu vous citer tout entier! Mais je n'aurais eu plus rien à dire. Vous serait-il possible de me faire envoyer tout ce que vous avez écrit? J'aimerais, dans une publication que je suis en train de faire de ma Lettre au Jouirai des Débats, pouvoir citer tout au moins la date de vos articles.
Le Journal des Débats! ... Fondé, rédigé, soutenu, illustré par des universitaires, élèves, maîtres, dignitaires, grands maîtres de l'Université, le .Journal des Débats, empruntant la plume d'un économisie pour nous dire que l'éducation classique n'avait produit en France depuis trois siècles que « des rhéteurs et des sophistes t> !
... Nec galeam quassas, nec terram cuspide puisas...
Minerve est comme la Justice au temps de Virgile : elle ne descend plus sur la terre.
A classique, classique et demi ! Vous me passerez celte tirade, en agréant l'assurance de mes sentiments respectueux et tout particulièrement dévoués.