VIOL
se laisser dilater sans se déchirer, « en sorte que de ce qu’il la trouverait intacte, le médecin-légiste ne devrait pas en conclure que des tentatives de viol
n’auraient pas eu lieu. Il devrait aussi conclure
de la même manière ; c’est au moins l’opinion de Gapuron, s’il rencontrait la membrane hymen intacte chez une fille engrossie ».
Le professeur Taylor* dit également que la présence d’un hymen intact donne des présomptions, mais non une preuve absolue de virginité. « Le coït peut avoir eu lieu malgré l’intégrité de Thymen ; en dépit de la présence de cet organe, une femme peut être coupable de manque de chasteté ; un viol peut même être tenté et accompli au point de vue légal sur une femme adulte, sans que la membrane soit nécessairement déchirée. »
M. Delens* déclare aussi que certaines conformations de l’hymen sont « un obstacle à la défloration et que, dans ces cas, l’appréciation des faits ne doit pas se baser exclusivement sur l’absence de la déchirure caractéristique ».
En résumé, la défloration, quelle que soit d’ailleurs son importance en médecine légale, ne peut être
* Taylor, Traité de médecine légale, trad. H. Coutagne, i88i, p. 814.
^ Delens, De quelques vices de conformation de l'iigmen dans leurs rapports avec la médecine légale (Ann. d’hyg. et de mcd. lég., 1877, 28 série, t. XLVII, p. 5o3).
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assimilée au viol et n’en est pas la caractéristique absolue, puisque certaines femmes peuvent avoir des rapports sexuels, être violées et même concevoir, tout en conservant leur hymen dans son intégrité. La preuve est faite. M. Guillot* peut dire à la Société de Médecine légale : « Comme magistrat instructeur, je retiens de la discussion qu’une femme peut être violée et conserver sa membrane intacte. » Qu’importe à l’expert ? Il n’a que des constatations médicales à faire ; il relate l’intégrité ou la déchirure de l’hymen, son degré d’entensibilité, et il prend soin de noter si, en raison de son élasticité, un rapport sexuel a pu néanmoins avoir lieu sans rupture de la membrane. Le médecin légiste n’a pas à interpréter l’acte incriminé ; il appartient au magistrat et à l’avocat de tirer de l’instruction les déductions utiles.
Ors. I. — Viol. Défloration complète et récente.
Visite de la jeune M..., 5 juin 1882.
M..., âgée de i 4 ans et demi, est de constitution moyenne.
Elle ne porte pas sur le corps, sur les seins, les bras, les cuisses, de traces de violences.
' Séance du 12 juin i8g3 (Ann. d’hyg. et de niéd. lég., ?,<'■ série, 1893. t. XXX, p. 180).
Érythème de la partie interne des cuisses et des grandes lèvres.
Les organes sexuels sont régulièrement conformés; pas de flaccidité des grandes et petites lèvres, pas de développement exagéré ni de turgescence du clitoris.
Assez vive inflammation de la muqueuse vulvaire ; léger écoulement puriforme.
La fourchette n’est pas déchirée, mais elle présente deux érosions superficielles et récentes.
La membrane hymen, rouge, tuméfiée, forme une sorte d’anneau autour de l’orifice vaginal, de repli circulaire saillant ; la partie supérieure de l’hymen est boursouflée, un peu saignante et, en écartant ses bords, on remarque une déchirure complète de l’extrémité inférieure de son bord gauche, un peu en dehors de la ligne médiane; cette déchirure a entamé tout le repli hyménéal et est de date récente ; les deux lèvres de la plaie, légèrement écartées l’une de l’autre, sont rouges, saignantes et sensibles au toucher.
Par suite de cette division de l’hymen, l’orifice du vagin est assez élargi et assez dilatable pour permettre l’introduction facile du doigt indicateur.
Conclusion :
1° M... est déflorée ;
2° La défloration est complète et récente;
3 ° Elle est le résultat de l’introduction d’un corps dur et volumineux comme le membre viril ;
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4 " M... ne porte pas sur le corps de traces de violences récentes.
Obs. II. — Viol. Défloration assez récente.
Visite le i 4 novembre i 884 de la jeune G..., victime de viol.
G..., âgée de i 4 ans, est de constitution moyenne, pubère, peu intelligente.
Les organes sexuels, régulièrement conformés, présentent l’état suivant :
Les grandes lèvres sont fermes et s’appliquent l’une à l’autre ; les petites lèvres et le clitoris ne sont pas plus développés que l’âge ne le comporte.
La fourchette est déprimée, sans traces de violences anciennes ou récentes.
La muqueuse vulvaire est rosée; pas d’écoulement.
La membrane hymen affecte la disposition annulaire ; elle constitue un repli saillant, assez régulier, un peu plus épais et consistant à sa partie postérieure, et forme à l’entrée du vagin un anneau assez lâche. Elle ne porte qu’une lésion, mais très nette ; sur son bord droit, à l’union des deux tiers supérieurs avec le tiers inférieur, elle a été déchirée dans toute l’épaisseur de son bord libre, sur une hauteur de quatre millimètres. La solution de continuité ne répond pas à une échancrure normale ; les lambeaux sont au contact et leurs angles ne sont pas arrondis.
La déchirure n’est pas toute récente, car les bords de l’entaille sont cicatrisés j mais — sans pouvoir en préciser absolument la date — il est permis de dire que cette cicatrice fine et tendre vient en quelque sorte de s’achever, car les bords de la plaie hyménéale sont un peu gonflés et la muqueuse est hypérémiée.
Nous avons examiné une seconde fois, le 27 novembre 1884, cette lésion de l’hymen, et nous avons remarqué que les bords des deux lambeaux n’étaient plus rouges et tuméfiés, que la muqueuse avait en ce point la même coloration que sur les autres parties de l’hymen.
L’orifice du vagin est élargi et assez dilatable pour permettre l’introduction facile de deux doigts et pouvoir admettre un corps dur et volumineux comme le pénis.
La déchirure de l’hymen étant le signe caractéristique de la défloration, il résulte de notre examen que cette jeune fille n’a plus sa virginité.
Et nous concluons :
G,.. est déflorée.
Obs. III. — Viol. Défloration complète.
Déchirure du périnée.
Examen de la jeune B..., à l’effet de rechercher :
« t° S’il y a eu viol ;
« 2° S il y a eu dea attentats d’une nature moins grave, dans le cas où le viol n’aurait pas été commis ;
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« 3 " S’il existe ailleurs qu’aux parties sexuelles de l’enfant des traces de violences ».
La jeune B..., âgée de lo ans, est de (aille moyenne; assez bonne constitution.
Les organes sexuels sont couverts de sang coagulé. Les- grandes lèvres, peu épaisses, sont très écartées à leur partie inférieure ; le prépuce clitoridien présente, à gauche, une petite excoriation superficielle, curviligne, en forme de coup d’ongle.
La vulve, débarrassée par le lavage du sang coagulé, apparaît largement ouverte et profondément lésée à son angle inférieur ; une déchirure, encore saignante, a entamé complètement, non seulement l’hymen, mais la fourchette et le périnée, jusqu’au pourtour de l’anus. La persistance de la cloison recto-vaginale empêche seule la communication du vagin et du rectum.
La membrane hymen, annulaire, est complètement divisée en deux lambeaux, qui forment de chaque côté deux replis saillants, rouges, tuméfiés, excoriés, sensibles au toucher. Ces symptômes sont surtout accusés surlelambeaugauche. Ladéchirurehyménéale s’étend en avant et à gauche, jusqu’au pourtour du méat urinaire, et se confond en arrière, sur la ligne médiane, avec la déchirure de la fourchette et du périnée.
La plaie périnéale offre, sur un fond grisâtre, de nombreux petits points noirs et sanguinolents.
L’orifice agrandi de la vulve permet l’introduction
très facile du doigt indicateur, qui constate un col utérin petit et conique.
Le canal de l’urèthre est sain.
Ganglions inguinaux un peu tuméfiés.
L’examen des parties génitales démontre qu’il y a eu introduction forcée, violente, brutale, d un corps dur et volumineux comme le pénis en érection.
Nous constatons, en outre, sur le corps les lésions suivantes :
1“ Ecchymose à la partie inférieure de la joue droite, au niveau de l’angle de la mâchoire inférieure, longue de i3 centimètres et large de 7 millimètres;
2“ Ecchymose à la partie moyenne du bord antérieur du muscle sterno-mastoïdien droit ;
3 ° Ecchymose sous-conjonctivale dans le grand angle de l’œil gauche ;
4 “ Ecchymose sous-muqueuse de la paupière inférieure gauche.
Pas de traces de violences à la poitrine, aux poignets, aux cuisses.
Conclusions :
1“ La jeune B..., complètement et récemment déflorée, a été victime d’un viol ;
2° La défloration est le résultat de l’intromission forcée et violente d’un corps dur et Volumineux comme le membre viril ;
3 ° Il existe, à la face et au cou, des traces de violences récentes.
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Obs. IV. — Tentative de viol. Traces de violences.
Examen de la nommée X..., à l’effet « de rechercher si elle porte des traces de violences sur le corps ou aux parties sexuelles ».
La nommée X... est âgée de 23 ans.
Elle présente à la face antérieure de l’avant-bras gauche, à l’union du tiers inférieur avec les deux tiers supérieurs, une excoriation linéaire, une sorte d’égratignure, longue de vingt-cinq millimètres, oblique de dedans en dehors et de bas en haut, entamant très superficiellement le derme et couverte sur toute sa longueur de très petites croûtes noirâtres de sang coagulé. Du bord inférieur de cette excoriation se détachent, comme les barbes d’une plume, en deux points, vers le milieu et à trois millimètres de l’extrémité externe, deux petites égratignures, également linéaires, rosées et obliquement dirigées de haut en bas et de dehors en dedans.
Ces excoriations linéaires et très régulières ont été produites par un corps ou instrument piquant, glissant sur la peau ; elles n’ont pas été faites par les ongles, car elles ne présentent pas de ligne concave à l’extrémité qui correspond à l’arrêt de l’ongle ; elles ont pu être déterminées par une épingle, une plume... ; elles sont de date récente.
A la partie postérieure du thorax, du côté gauche, à la liauteur de la huitième côte et aii niveau de
Tang-le de cette côte, est une ecchymose mesurant trois centimètres de largeur, moins haute que large, transversale, de teinte bleue ; la peau est saine ; la suffusion sanguine est le résultat de la contusion des parties molles sous-jacentes ; à ce niveau, il y a une légère tuméfaction et une assez vive sensibilité à la pression.
Cette contusion est le résultat, soit de l’action directe et violente d’un corps contondant, soit de la chute brusque ou d’un choc violent de la poitrine contre un corps résistant; en tous cas, le siège, la forme et les dimensions de la lésion témoignent que le côté gauche du thorax ne s’est trouvé en contact, avec le corps vulnérant, que dans un espace circonscrit; nulle difficulté d’expliquer la lésion par l’action directe d’un instrument contondant ; mais, s’il y a eu chute ou choc, il faut admettre que le tronc a porté sur un corps résistant et offrant des parties saillantes capables de circonscrire ainsi la lésion.
Les seins sont fermes, arrondis ; le mamelon est entouré d’une aréole rosée ; pas de traces de violences à leur surface.
Les parties génitales externes, bien conformées, présentent l’état suivant :
Les grandes lèvres, assez fermes, peu épaisses, s’appliquent l’une à l’autre, de manière à cacher en partie les petites lèvres et à masquer la vulve ; les
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petites lèvres et le clitoris n’offrent pas de dimensions exagérées. La fourchette forme une bride assez mince, peu saillante ; elle est rouge, mais n’est pas déchirée. Les petites lèvres sont rosées; mais elles présentent, l’une et l’autre, à la partie inférieure de leur face interne, une rougeur plus foncée ; il n’y a pas de suffusion sanguine, mais nne hypérémie notable, que l’on constate également dans la fosse naviculaire.
En écartant les petites lèvres, on remarque l’intégrité absolue de l’hymen ; cette membrane est rosée, sans traces de contusion, ni déchirures anciennes ou récentes. L’hymen se présente sous la forme d’un diaphragme irrégulièrement circulaire, interrompu à sa partie supérieure par une ouverture assez étroite ; l’orifice de l’hymen est légèrement ovale, avec grand diamètre vertical ; il est petit et n’admet guère que l’introduction d’une sonde ordinaire. L’hymen, un peu replié sur lui-même, forme un pli saillant dans la direction du raphé du périnée ; si on le tend, par l’écartement des lèvres, nne sorte de raphé persiste sur la ligne médiane. L’hymen est épais, résistant; son bord libre n’offre pas la moindre déchirure.
L’intégrité de l’hymen démontre que la nommée X... n’est pas déflorée.
En arrière de la vulve, la peau de la région périnéale antérieure qui s’étend de la fourchette à l’anus offre, surtout près de la fourchette, une rubéfaction
OBSERVATtONS
notable, qui peut parfaitement être le résultat de pressions, de frottements exercés récemment sur cette région.
Enfin l’anus présente, en arrière, trois éraillures linéaires, encore saignantes, à surface rouge. Ces déchirures, ces fissures sont situées dans l’intervalle des plis rayonnés de la peau et ne s’étendent pas jusqu’au point où ces plis se continuent avec la muqueuse anale ; elles semblent avoir été produites de dehors en dedans. Le pourtour de l’anus est légèrement tuméfié et très sensible au toucher. Ces lésions sont récentes.
Ces éraillures superficielles nous paraissent devoir être attribuées à l’action directe et forcée, dans la direction du canal anal, d’un corps plus ou moins dur.
Nous ne constatons pas de traces de violences récentes sur d’autres parties du corps.
De ces observations nous concluons :
i“ La nommée X... porte à l’avant-bras gauche une excoriation récente, produite par le glissement sur la peau d’un corps piquant ;
2® Elle présente au côté gauche de la poitrine une contusion, de date récente, produite soit par l’action directe et violente d’un instrument contondant, soit par la chute ou le choc brusques du tronc contre un corps résistant, offrant des parties saillantes et agissant par une surface circonscrite ;
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3 ® Elle n’est pas déflorée ;
4 ® Elle présente à la partie interne et inférieure des petites lèvres, dans la fosse naviculaire, à la fourchette et sur la peau de la région périnéale antérieure, des rougeurs récentes — et à l’anus trois fissures également récentes — qui peuvent être attribuées à des pressions, à des tentatives d’introduction d’un corps plus ou moins dur.
Obs. V. — Tentative de viol. Traces de violences aux parties sexuelles.
Visite le 17 septembre 1890, à 3 heures et demie du soir, de l’enfant J..., « présumée avoir été violée ce jour à 9 heures du matin ».
La jeune J..., âgée de 3 ans et demi, est de bonne constitution.
Les parties génitales externes, bien conformées, sont fermes et pas plus développées que l’âge ne le comporte.
La fourchette n’est pas déchirée, mais elle présente sur sa face vulvaire une érosion linéaire, superficielle, longue d’un centimètre environ, à direction antéro-postérieure, de date récente.
La membrane hymen est intacte, à forme semilunaire , à orifice étroit ; pas la moindre déchirure de son bord libre. Mais la muqueuse vulvaire offre, du côté gauche et près du bord adhérent de l’hymen, une rougeur assez vive, avec petites érosions superficielles, laissant suinter quelques gouttelettes de
sang. De plus, nous constatons, immédiatement en avant du méat urinaire, une ecchymose sous-muqueuse de trois à quatre millimètres.
La fesse droite, en dehors de l’orifice anal, est contuse et une ecchymose violacée mesure deux centimètres de diamètre environ.
De cet examen il résulte que J... n’est pas déflorée, la déchirure de l’hymen étant le signe caractéristique de la défloration, mais qu’elle a subi des violences sexuelles. Ces violences sont de date récente, comme l’attestent l’érosion non cicatrisée de la fourchette, l’état sanguinolent de la muqueuse vulvaire, l’ecchymose voisine du méat urinaire et l’ecchymose fessière. Ces lésions diverses sont le résultat manifeste de frottements exercés, d’une tentative d’introduction d’un corps dur et volumineux.
En résumé, nous concluons ;
1“ L’enfant J... n’est pas déflorée;
2“ Elle présente aux organes sexuels des érosions et ecchymoses de production récente ;
3 “ Ces lésions sont l’indice de violences exercées et résultent d’une tentative d’introduction d’un corps dur et volumineux.
Obs. VL — Tentative de viol. Lésions aux poignets et aux cuisses. Compression de la poitrine et de l’abdomen ; mort.
Nous,... commis par M. le Juge d’instruction d’Angers à l’effet de procéder « à l’autopsie du
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cadavre de la femme Z. . constater les violences que cette femme aurait subies et dire si la mort est le résultat de ces violences », avons, serment prêté, procédé aux opérations nécessaires, le i8 juillet 1886, à 8 heures du matin, à l’amphithéâtre de l’Ecole de médecine, ou le corps a été transporté à cet effet.
Des renseignements fournis par l’instruction il résulte que la femme Z. .. a été victime, le 16 juillet 1886, 9 heures du soir, d’une tentative de viol ; elle fut terrassée par un jeune homme et, quand on lui porta secours, elle put faire péniblement une centaine de mètres environ, s’affaissa et ne tarda pas à mourir. Elle était âgée de 71 ans.
Inspection extérieure. — Lividités cadavériques d’un rouge plus ou moins violacé, nombreuses sur les membres supérieurs, sur les parties latérales et postérieures du tronc et du cou.
Lorsqu’on déplace le cadavre, apparaît à la bouche une écume à bulles fines et blanchâtres.
Ecchymose sous-conjonctivale droite, en dehors de la cornée.
Relâchement du sphincter anal, dont l’orifice, largement béant, donne issue facile aux matières fécales.
Ballonnement du ventre.
Les parties sexuelles externes ne présentent pas la moindre trace de violences récentes.
Mais nous constatons sur le corps plusieurs ecchymoses et contusions :
1“ Au poignet droit, légères ecchymoses bleuâtres, de forme irrégidière, plus nettes à la face antérieure ;
2° A l’avant-bras droit, sur sa face dorsale et près du bord cubital, à l’union du tiers supérieur avec les deux tiers inférieurs, excoriation linéaire de trois centimètres ;
3 “ Au poignet gauche, légères ecchymoses violacées, diffuses, surtout appréciables à la face antérieure ;
4 ” Au coude gauche, quelques ecchymoses punctiformes, de teinte bleuâtre ;
5 “ Sur la partie latérale gauche de la poitrine, au niveau des dernières côtes, cinq ecchymoses arrondies, violacées, dont deux sont brunâtres, ayant les dimensions et la forme de la pulpe des doigts ;
6" Plus en arrière, sur la région dorsale gauche, au-dessous de l’omoplate, ecchymoses arrondies, moins nettes que les précédentes, de dimensions variables, au nombre d’une douzaine ; trois seulement sont un peu plus nettement circonscrites et semblent accuser la pression d’un corps résistant et volumineux comme le doigt ;
7“ A l’aine gauche, au-dessus de l’épine iliaque antérieure et inférieure, ecchymose violacée, transversale, mesurant trois centimètres de largeur sur un centimètre de hauteur ;
8" A la cuisse droite, à sa face interne et à l’union de son tiers supérieur avec les deux tiers inférieurs.
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ecchymose diffuse, bleuâtre, large de huit à neuf centimètres, haute de six environ ;
9° A la cuisse gauche, à sa face interne et également à l’union de son tiers supérieur avec ses deux tiers inférieurs, large ecchymose bleuâtre sur une surface de sépt à huit centimètres, mais présentant trois contusions distinctes et disposées de la façon suivante, en allant de dedans en dehors et de bas en haut, — la première allongée et mesurant six à sept centimètres, et les deux autres plus petites, arrondies, de la dimension de l’extrémité des doigts ;
io“ A la jambe gauche, entre la tubérosité antérieure du tibia et la tubérosité du jambier antérieur, ecchymose bleuâtre, transversale, large de deux centimètres ;
I r“ Au tiers inférieur de la jambe gauche, en dedans du tibia, ecchymose bleuâtre, de forme irrégulière, mesurant quinze millimètres carrés.
Autopsie. — Incision longitudinale du cuir chevelu sur la ligne médiane ; les deux lambeaux sont très hyperémiés. Nous constatons dans le tissu cellulaire périostique une douzaine de taches ecchymotiques ponctuées, disséminées sur la voûte crânienne, bien circonscrites, quelques-unes grosses comme une lentille.
Pas de fractures du crâne.
Les sinus de la dure-mère sont remplis de sang noir et fluide ; très légère hyperémie de la pie-mère.
Sur les coupes de la substance cérébrale suintent de petites gouttelettes de sang ; ce piqueté rouge, assez abondant, accuse assurément un état congestif de la masse encéphalique, mais n’est cependant pas assez tranché pour caractériser anatomiquement une congestion cérébrale, capable de déterminer seule une mort rapide. Hyperémie des plexus choroïdes ; petite quantité de liquide dans les ventricules.
Intégrité de la face et de la cavité buccale.
Les téguments du cou ne sont pas lésés ; pas d’épanchements sanguins sous-cutanés ou intramusculaires ; pas de fractures du larynx.
Les parties molles qui recouvrent le côté gauche de la poitrine nous offrent, au niveau des ecchymoses ci-dessus décrites, du sang noir infiltré dans le tissu cellulaire et partiellement coagulé.
Pas de fractures des côtes, ni du sternum.
L’artère pulmonaire, les veines caves et leurs branches d’origine sont remplies de sang.
Pas d’ecchymoses sous-péricardiques. Petite quantité de sérosité dans le péricarde. Cœur assez volumineux, mou, flasque ; sang noir et fluide très abondant dans les cavités droites, en faible quantité dans les cavités gauches ; intégrité des valvules et orifices cardiaques.
Sérosité sanguinolente assez abondante dans les plèvres. Pas de taches ecchymotiques sous-pleurales. Poumons volumineux, saillants à l’ouverture du
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thorax, couverts d’arborisations vasculaires sur un fond rouge foncé, excepté à la partie antérieure des poumons, où la coloration est moins accentuée. Les vaisseaux prilmonaires sont gorgés de sang. Les poumons, incisés, sont assez denses et laissent échapper,'de tous les points delà surface des coupes, du sang et de l’écume à fines bulles. La muqueuse bronchique est rougeâtre, injectée et recouverte d’un mucus spumeux, parfois sanguinolent.
Les intestins, surtout le gros intestin, sont distendus par des gaz. Le foie est normal, la vésicule biliaire à peu près vide. L’estomac est rempli de matières alimentaires en pleine digestion ; le chyme peut être évalué à 200 grammes environ.
Rate normale. — En dedans de la rate, au niveau des épiploons gastro-splénique et pancréatico-splénique, est du sang épanché, formant de nombreux petits caillots noirâtres, sur une surface de neuf centimètres carrés environ.
Intégrité des reins, de la vessie, de l’utérus, du vagin.
La dissection des parties molles, au niveau des diverses contusions ci-dessus décrites, établit la présence de sang extravasé dans le tissu cellulaire souscutané, et parfois entre les muscles, comme au poignet gauche.
De ces observations il résulte que la femme Z... porte sur divers points du corps des traces de vio-
lences subies récemment et produites pendant la vie. De ces lésions on peut faire trois groupes.
Les unes, sans caractères précis, peuvent être le résultat ou de coups directs ou de chute brusque du corps sur le sol résistant et inégal — ainsi les lésions de l’avant-bras droit, du coude gauche, de la jambe gauche.
Les autres, — les ecchymoses des poignets et de la face interne des cuisses — sont caractéristiques d’une pression exercée sur ces régions pour immobiliser les mains et pour écarter les cuisses ; leur siège témoigne de la nature des violences et du but de l’attentat ; à la cuisse gauche, deux contusions reproduisent assez bien la forme et les dimensions de l’extrémité des doigts. Leur signification n’est pas douteuse, même en l’absence des lésions des organes génitaux. L’étendue des ecchymoses des cuisses accuse particulièrement et les efforts de l’agresseur et la résistance énergique de la victime. Ces contusions ne sont pas très graves par elles-mêmes et n’ont pas occasionné la mort; mais elles révèlent une lutte vive, qui n’a pu qu’épuiser rapidement les forces d’une femme de 71 ans.
Dans le troisième groupe, nous plaçons les lésions de la poitrine et de l’abdomen. Elles sont le résultat d’une pression exercée sur le ventre, peut-être avec le genou ou le poing, et d’une compression violente de la poitrine, exercée surtout du côté gauche, avec
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les mains, selon toute vraisemblance, — compression assez énergique pour troubler la respiration, déterminer un commencement de suffocation qu’accusent l’ecchymose sous-conjonctivale et les ecchymoses ponctuées épicrânieuses, produire une congestion pulmonaire et, finalement, amener la mort. Toutes les lésions anatomiques constatées à l’autopsie suffisent parfaitement pour cette explication ; si la congestion pulmonaire est la lésion principale, nous constatons, en outre, la turgescence des vaisseaux, la présence d’un sang noir abondant dans les cavités droites du cœur, l’hyperémie du cuir chevelu et le piqueté cérébral — et la mort est survenue par un mécanisme très analogue à celui de l’asphyxie, c’està-dire par un trouble brusque et rapide de la respiration et de l’hématose. Pour occasionner de tels accidents, il n’est pas besoin, d’ailleurs, de violences exercées sur une large surface ; une pression limitée sur la poitrine ou le ventre d’une personne terrassée peut parfaitement produire la mort. Nous devons tenir compte aussi, sans parler de l’émotion inévitable qu’a dû ressentir la femme Z..., du grand âge de la victime ; les vieillards résistent mal à des influences que d’autres pourraient supporter sans danger et, particulièrement, aux troubles circulatoires et respiratoires.
Nous estimons donc que la mort de la femme Z... est le résultat des violences subies.
Conclusions :
I® La femme Z... porte sur le corps des traces de violences subies récemment et produites pendant la vie ;
2® Les lésions des poignets et surtout des cuisses attestent des pressions exercées pour immobiliser les bras et écarter les cuisses — et indiquent que la mort a été précédée d’une tentative de viol ;
3 ® Les lésions de l’abdomen et de la poitrine témoignent de compressions énergiques exercées, et ces violences ont déterminé des troubles brusques de la respiration, de la congestion pulmonaire et la mort.
ATTENTATS A LA PUDEUR
L’examen des jeunes filles présumées victimes d’attentats à la pudeur ne donne souvent que des conclusions négatives (Obs. VII, XIV). Il n’y a pas lieu de s’en étonner. Ces attentats sont, la plupart du temps, consommés ou tentés sans violences ; ils se bornent à de simples attouchements avec les doigts, à de légers et superficiels contacts avec la verge, à des pratiques obscènes ; alors même que les actes incriminés ne font pas de doute, les constatations médicales sont milles.
Sur 147 rapports médico-légaux, 55 donnent des
ATTENTATS A LA PUDEI R
conclusions négatives ; dans 9 cas les résultats sont douteux.
Lorsque les attentats laissent des traces matérielles, quelles sont les lésions observées? quelle valeur leur accorder ?
Irritation de la vulve. — Je n’accorde pas grande importance aux simples rougeurs de la vulve, même lorsqu’elles sont limitées, circonscrites et qu’elles siègent à la partie inférieure de la vulve (P. Bernard '). Sans doute elles peuvent être provoquées dans le coït périnéal par le frottement de la verge et occuper la fourchette, la fosse naviculaire et autres points variables, suivant la position réciproque du violateur et de la victime ; mais elles sont si souvent le résultat du défaut de soins et du séjour malpropre de la matière sébacée que l’expert ne saurait être trop réservé dans ses conclusions (Obs. IX).
11 n’en est plus de même lorsque les rougeurs s’accompagnent d’excoriations, d’égratignures, de traces de coups d’ongles, d’ecchymoses. Encore n’est-il pas toujours facile d’affirmer sans restriction l’origine de certaines lésions vulvaires (Obs. X)?
Déformation de la vulve. — Tardieu a beaucoup insisté sur cette déformation de la vulve, qu’il
' P. Bernard, Des allenlats A la pudeur sur les petites jUleSy i886, p. 91.