‹ Notes et observations de médecine légaleChapitre 16 sur 48 · SIGNES · texte numérisé non relu

SIGNES

ATTENTATS A LA PUDEUR 87

quoi qu’on fasse, avec une femme qui n’a pas la chaudepisse ». Peut-être arrivera-t-on à démontrer sans conteste que le gonocoque existe chez tous les blennorrhagiques et n’existe que chez eux, à le rencontrer toujours à condition de le chercher en temps voulu, dans les premiers jours de la maladie, avant l’apparition des bactéries banales qui le masquent souvent?

Mais c’est justement ce diagnostic de la blennorrhagie vraie qui importe à l’expert, et nos connaissances actuelles ne permettent pas de l’établir avec précision.

Enfin, je suppose la blennorrhagie démontrée; avec les progrès de la bactériologie, la théorie gonococcienne triomphe. La cause n’est pas encore entendue pour le médecin légiste; de la nature blennorrhagique de la maladie et de sa contagiosité il ne saurait conclure à son origine vénérienne.

Les modes de contagion sont nombreux. Tout gonocoque n’est pas nécessairement importé par un coït infectant, un attouchement pénien ou un viol. La contagion peut être accidentelle, dans la famille, à l’école, à l’atelier, — directe ou indirecte par le toucher, l’usage d’éponges ou de linges contaminés, le séjour dans un bain, le contact de sièges de cabinet ou de draps malpropres. L’expert devra songer à tous les modes de propagation accidentelle de vul-

VIOLS ET ATTENTATS

LA PUDEUR

vites et, par une enquête discrète, rechercher toutes les causes d’infection gonococcienne.

Ces réserves faites, je crois qu’il convient de rechercher maintenant le gonocoque dans toutes les affaires d’attentats aux mœurs. Sa valeur est assurément contestée, encore insuffisante pour la pratique médico-légale I elle ne le sera peut-être plus demain. La science fait son chemin.

Fausses déclarations des enfants. — Pour établir le diagnostic, il n’y a pas le moindre compte à tenir des déclarations des enfants, et il ne convient même pas de les rechercher. C’est particulièrement dans les affaires d’attentats aux mœurs et pour éviter toute Cause d’erreur que, suivant l’heureuse expression du professeur Brouardel, « le médecin doit fermer les oreilles et ouvrir les yeux avant de se former une conviction ».

Beaucoup de ces petites filles sont mal élevées, vagabondes, audacieuses et menteuses par perversité. Souvent mes rapports ont démontré, par leurs constatations négatives, la fausseté de leurs assertions (Obs. XX).

Parfois c’est la mère qui, de bonne foi et inquiète d’un écoulement qui lui semble suspect, a, par ses questions imprudentes et ses menaces, fourni à sa fille les bases d’une accusation et les partiêularités d’une histoire que celle-ci répète invariable. Après

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