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EXAMEN DE TACHES DE SPERME

Dans quatorze expertises, j’ai recherché le sperme sur des draps de lit et sur des chemises, pantalons ou jupons.

La simple inspection du linge peut assurément fournir des présomptions ; mais elle ne permet pas d’affirmer la nature des taches suspectes, quelle que soit la netteté des caractères physiques ; il faut mettre en évidence, dans le champ du microscope, le spermatozoïde qui constitue en quelque sorte le corps du délit et seul apporte la preuve décisive de l’acte incriminé avec une certitude complète.

Cette importante recherche, si facile sur du sperme frais, devient souvent difficile sur des taches anciennes, desséchées, sales et tiraillées pendant l’examen , l’empaquetage et le transport des pièces à conviction ; de ces froissements de toutes sortes — et il faut y ajouter encore les manipulations de l’expert et surtout le raclage — il résulte que les éléments caractéristiques du sperme sont brisés et n’offrent trop souvent que des débris, des têtes ou des queues isolées. Je n’ai jamais cru devoir con-

VIOLS ET ATTENTATS

LA PUDEUR

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dure, sur ces constatations partielles, à la nature spermatique de la tache, quelle que fût ma conviction sur sa provenance ; le spermatozoïde doit être entier, nettement reconnaissable ; il est vrai qu’on ne le rencontre souvent qu’après des examens microscopiques répétés, même sur des vêtements souillés de la façon la moins équivoque ; pour le découvrir, il convient alors de prolonger l’imbibition des taches et de varier les modes de préparation.

Dans mes premières recherches, je me suis servi du procédé de Ch. Robin'; les fragments suspects de l’étoffe sont découpés en lanières étroites et ces bandelettes sont mises à macérer par leur extrémité non maculée dans des verres de montre contenant de l’eau distillée ; le liquide s’élève par capillarité, imbibe et gonfle la tache ; un léger raclage avec la pointe d’un bistouri propre exprime une goutte de sperme reconstitué, que l’on étale sur la lame porteobjet du microscope (Obs. XXVIII). Cette méthode du raclage exige de la délicatesse dans la pratique ; non seulement on divise les spermatozoïdes, mais on détache des fibrilles végétales, difficiles parfois à distinguer de leur filament caudal.

Le procédé de dissociation, préconisé par Roussin

* Ch. Robin et Tardieu, Mémoire sur quelques applications nouvelles de l’examen microscopique à l'étude des diverses espèces de taches (Ann. d’hyg. et de mcd. lég., 26 série, 1860, t. XIII, p. tfili).

* Z. Roussin, Examen microscopique des taches de sperme (.\nn. d’hyg. et de méd. lég., 2“ série, 1867, t. XXVIl, p. 142).

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