‹ Notes et observations de médecine légaleChapitre 26 sur 48 · TACHES DE SPERME · texte numérisé non relu

TACHES DE SPERME

me paraît préférable, parce que le sperme s’est infiltré dans le tissu ; le fragment d’étoflFe, humidifié et ramolli, est, à l’aide d’aiguilles, dissocié doucement, brin à brin, sur une lame de verre, puis chaque fil est effiloché de manière à isoler les fibrilles de chanvre ou de coton auxquelles adhèrent les spermatozoïdes ; l’examen microscopique porte sur les filaments ainsi obtenus et sur le liquide qui les baigne.

Plus tard j’ai eu recours à des réactifs colorants. La solution iodo-iodurée de Roussin ne m’a pas donné de résultats encourageants ; elle colore le milieu tout entier, les fibrilles végétales comme les éléments cellulaires.

La solution ammoniacale de carmin, conseillée par M. Longuet*, offre de sérieux avantages, surtout dans la méthode par dissociation où le spermatozoïde reste agglutiné aux filaments du tissu ; alors que la queue reste intacte, la tête se colore en rouge. Je reproche seulement au carmin de teinter d’autres éléments, des cellules épithéliales ; aussi je donne la préférence à l’éosine.

Il m’est arrivé (Obs. XXIX) de n’obtenir d’abord, avec les procédés ordinaires, que des résultats incomplets ; l’emploi d’une goutte de glycérine éosinée rendait les expériences plus faciles et tout à fait probantes ; ce réactif donne aux têtes une coloration

* Maurice Loncüet, Recherche médico-légale des spermatozoïdes (Bull, de la Soc. de raéd. Icg., 1877, t. IV, p. 896).

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rouge tranchant vivement sur la préparation et aux queues une coloration rose encore visible.

Je n’ai pas eu l’occasion d’employer la solution de crocéine qui, de tous les réactifs essayés, a donné le plus de satisfaction à M. Florence *.

Obs. VII. — Attentat à la pudeur. Signes négatifs. Hymen en forme de pont.

Visite de la jeune F..., âgée de sept ans et demi.

Bonne constitution.

Les parties sexuelles sont bien conformées ; grandes lèvres fermes ; pas de développement exagéré des petites lèvres, ni du clitoris.

La fourchette est intacte, non déprimée.

Vulve étroite, muqueuse vulvaire rosée, saine. Pas de rougeurs, d’excoriations, d’ecchymoses. Pas d’écoulement.

Hymen semi-lunaire, à bordure nette, sans déchirures anciennes ou récentes ; de plus l’hymen est en forme de pont ; une languette de même structure, dirigée dans le sens antéro-postérieur et située exactement sur la ligne médiane, divise l’orifice hyménéal en deux parties latérales, de dimensions égales, de forme ovalaire et bien symétriques. Cette languette se continue en haut avec le tubercule sous-uréthral ;

* Florence, Du sperme et des taches de sperme en médecine légale (Arch. d’anthr. crim., iSgS, t. X, p.

elle mesure deux à trois millimètres de largeur et n’adhère pas à la paroi vaginale ; le grand diamètre des deux orifices ovales est de six millimètres, le petit de trois millimètres (Fïff. 3 , p. 42).

Pas de traces de violences, ni sur les bras, ni sur les membres inférieurs.

Conclusions ;

1“ F..., n’est pas déflorée ;

2“ Elle ne présente pas aux organes sexuels de traces de violences anciennes ou récentes.

Obs. VllI. — Attentat à la pudeur. Pas de traces de violences. Déformation infundibuliforme. Hymen biperforé.

Visite de Emilie T..., le 21 juin i 883 , à l’effet « de constater les traces de violences qu’elle pourrait porter aux parties sexuelles ».

Emilie T..., âgée de 9 ans, est de petite taille et de constitution moyenne.

Les grandes et petites lèvres, ainsi que le clitoris, ne présentent pas de développement exagéré; les grandes lèvres sont assez épaisses et fermes.

La fourchette est complètement effacée.

La muqueuse vulvaire est rosée et saine. Pas d’excoriations, d’ecchymoses. Pas d’écoulement.

Au niveau de la fourchette et de la fosse naviculaire, nous constatons une déformation infundibuliforme nettement accusée ; le périnée est excavé.

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L’hymen est semi-lunaire, en forme de croissant à concavité supérieure, dont les deux extrémités vont, en s’amincissant, se perdre au-devant des petites lèvres; il circonscrit un orifice ovalaire, divisé en deux parties d’inégale grandeur par une bandelette, de même structure que la membrane hymen, tendue comme une bride, comme un pont, au-devant de l’orifice du vagin, légèrement oblique de baut en bas et de gaucbe à droite, de la partie inférieure gauche du méat urinaire vers le bord droit de l’bymen, un peu en dehors de la ligne médiane. La membrane hymen ne présente pas de traces de déchirures anciennes ou récentes {Fiff. 4 , P- 42 )-

De ces observations il résulte que ÉmilieT... ne porte pas de traces de violences récentes, — qu’elle n’est pas déflorée, — et qu’elle présente une déformation infundibuliforme des organes sexuels. Fautil considérer cet infundibulum périnéo - vulvaire comme le résultat d’un commerce sexuel prématuré, se bornant à des frottements et pressions sur cette région, de tentatives répétées d’intromission d’un corps dur et volumineux comme le pénis ? Sans en rejeter la possibilité, nous ne pouvons émettre une conclusion affirmative; cette disposition sexuelle existe en dehors de toutes .tentatives de rapprochement sexuel et constitue une anomalie qui est loin d’être exceptionnelle.

En résumé nous concluons :

1“ Émilie T.., n’est pas déflorée,

2® Elle ne porte pas aux parties sexuelles de traces caractéristiques de violences anciennes ou récentes.

Obs. IX. — Irritation de la vulve. Pas de défloration. Relâchement de l’hymen permettant, sans rupture, l’introduction complète du pénis.

Léontine B..., âgée de 17 ans, lingère, est une jeune fille brune, forte et de robuste constitution.

Les organes sexuels présentent l’état suivant :

Le pubis est couvert de poils abondants.

Pas de volume exagéré des grandes lèvres ; petites lèvres assez développées et flasques ; clitoris turgescent.

Fourchette intacte, saillante.

La muqueuse vulvaire a une coloration d’un rose vif ; en bas et à gauche, près de l’insertion hyménéale, la rougeur est plus accusée encore.

Pas d’écoulement.

Pas d’uréthrite.

La membrane hymen est annulaire, sans la moindre déchirure ; mais elle offre un relâchement notable et un orifice agrandi ; l’index pénètre dans le vagin sans éprouver aucune constriction et la collerette de l’hymen est assez extensible pour permettre l’introduction facile de deux doigts et au besoin admettre,

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sans rupture, un corps aussi volumineux que le membre viril en érection.

Pas de rougeur anale.

De cet examen il résulte que cette jeune fille n’est pas déflorée, puisque l’hymen a conservé son intégrité, mais qu’elle présente de l’irritation de la vulve et un relâchement de l’hymen. La rougeur de la vulve n’a pas de caractères suffisants pour autoriser une conclusion ferme ; si des attouchements peuvent parfaitement l’expliquer et semblent même l’expliquer mieux que toute autre cause, elle peut être aussi le résultat de pratiques un peu vives d’onanisme, voire même de l’insuffisance de soins de propreté. L’élargissement de l’orifice hyménéal a vraisemblablement été produit par des tentatives répétées d’intromission de corps durs et volumineux comme les doigts ; rien ne démontre que cette dilatation soit le fait de l’introduction du pénis, mais la membrane hymen est assez lâche et dilatable pour admettre, sans se rompre, un corps aussi volumineux que le membre viril.

Conclusions :

1° Léontine B... n’est pas déflorée.

2" Elle offre une rougeur de la vulve sans signification précise.

3 ° L’hymen présente un relâchement qui est le résultat d’attouchements répétés et qui rend même possible, sans déchirure, l’intromission du membre viril.

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Obs. X. — Attentat à la pudeur. Pas de défloration. Ecchymoses vulvaires punctiformes. Violences probables.

Louise G... se dit victime d’attentats à la pudeur avec violences.

Elle est âgée de 17 ans ; bonne constitution.

Pas de traces de violences sur le corps ; pas d’ecchymoses sur les bras, sur les cuisses, sur les seins.

Les organes sexuels sont régulièrement conformés.

Grandes et petites lèvres peu développées ; clitoris petit.

Fourchette saillante, un peu rouge, sans déchirures ni érosions.

Muqueuse vulvaire rosée, saine, à l’exception d’un point contus ; à droite et en has, en dehors de l’insertion périphérique de l’hymen est une ecchymose, d’un centimètre de diamètre, formée de petits épanchements sanguins miliaires agglomérés, de teinte peu foncée et probablement décroissante.

L’hymen a la forme annulaire et, dans sa moitié supérieure, est composé de deux feuillets concentriques, adossés ; pas la moindre déchirure de son bord libre ; l’orifice hyménéal admet à peine l’introduction de l’extrémité du doigt indicateur et n’est pas assez dilatable pour permettre, sans rupture, l’intromission complète d’un corps aussi volumineux que le pénis.

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Pas de vulvite ; pas d’écoulement.

Cette exploration démontre que cette jeune fille n’a pas été déflorée.

A-t-elle été l’objet d’attouchements, d’attentats ?

La rougeur de la fourchette et surtout les ecchymoses punctiformes constatées à droite de l’hymen permettent de le croire et en laissent admettre la grande probabilité ; si notre conclusion n’est pas sans réserve, c’est que ces points ecchymotiques, malgré leur siège, pourraient être, à la rigueur, le résultat d’une pratique brusque et vive de masturbation.

Conclusions :

i» Louise G... n’est pas déflorée.

2“ Elle ne porte pas sur le corps, notamment sur les bras et les cuisses, de traces de violences.

3 ° Les ecchymoses punctiformes, situées à droite de l’hymen, ont été — selon toutes probabilités — produites par une tentative d’introduction d’un corps dur dans les parties sexuelles.

Obs. XL — Attentat à la pudeur. Déchirure partielle de l’hymen par l’introduction brusque du doigt.

Visite, le 1 3 juillet i88o, de la jeune G..., âgée de 9 ans.

Les parties génitales sont bien conformées ; pas de développement prématuré des lèvres, ni du clitoris.

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Fourchette intacte, résistante, nullement déprimée.

Muqueuse vulvaire saine, rosée. Pas d’écoulement.

La membrane hymen est semi-lunaire ; son bord libre est intact et ne porte pas de traces de déchirures anciennes ou récentes ; mais elle a été perforée du côté gauche et près de son insertion. Cette déchirure, complètement cicatrisée, est curviligne, à concavité dirigée à droite et en avant ; elle a divisé l’hymen dans toute son épaisseur, respectant son bord libre et laissant intacte une étroite bandelette qui circonscrit son orifice central. Quand on écarte les lèvres et qu’on tend la membrane hymen, on constate deux ouvertures, — l’une supérieure, ovalaire et normale, — l’autre inférieure, elliptique et traumatique {Fig, 6 , p. 45 ).

Par sa forme curviligne et ses dimensions analogues à celles d’un ongle, la déchirure hyménéale ne laisse pas de doute sur son origine ; elle a été produite par l’introduction brusque et brutale d’un doigt; un corps volumineux comme le pénis en érection n’a pu la déterminer.

Conclusion :

1° La jeune G... n’est pas déflorée;

2“ Elle a été victime d’une tentative d’introduction brusque du doigt, qui a perforé l’hymen ;

3 » Cette déchirure est ancienne et remonte à une date impossible à préciser.

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Obs. XII. — Attentat à la pudeur. Déchirure partielle de l’hymen par l’introduction brusque du doigt.

Examen le 5 août 1878, à 6 heures du soir, de la jeune Madeleine D..., présumée victime d’attentats à la pudeur — le dernier acte ayant eu lieu le matin de dix à onze heures.

La jeune D..., âgée de 7 ans et 9 mois, est de constitution moyenne et d’une bonne santé habituelle.

Les organes génitaux sont bien conformés; pas de développement exagéré des lèvres, ni du clitoris ; les grandes lèvres sont un peu écartées l’une de l’autre à leur partie inférieure; légère excavation vulvo-périnéale, insuffisante pour caractériser des attentats répétés.

Fourchette intacte, mais déprimée.

Muqueuse vulvaire rouge, enflammée ; à sa surface écoulement puriforme, surtout dans le pli que forme le pourtour de l’hymen ; quelques taches jaunâtres existent à la partie antérieure de la chemise de cette enfant. Cette vulvite n’est pas très aiguë ; D... n’accuse qu’une médiocre sensibilité. Intégrité du canal de l’urèthre.

La membrane hymen a la forme d’un croissant dont le bord libre est intact ; elle n’çst pas déchirée dans toute sa hauteur, comme cela se produit par le fait de la défloration, mais elle est lésée à sa partie inférieure et sur la ligne médiane, entamée partielle-

ment dans son épaisseur, divisée, décollée en deux lamelles dont l’une, profonde et continue avec le reste de l’hymen, ferme normalement l’orifice vaginal, et l’autre, plus superficielle et très mince, large à peine d’un centimètre, forme un cul-de-sac, une sorte de petit nid de pigeon à concavité dirigée en avant, dont la base se confond avec le bord adhérent de 1 hymen et dont le bord libre est curviligne et un peu irrégulier. Cette déchirure est complètement cicatrisée.

Pas d’engorgement ganglionnaire dans les aines.

Rien n’indique chez cette enfant des habitudes d’onanisme.

De ces observations il résulte que D... n’est pas déflorée, la déchirure complète de l’hymen caractérisant la défloration, — mais qu’elle a été victime d’attouchements violents, avec un corps dur et volumineux comme le doigt, à une date impossible à préciser. La forme curviligne et en cul-de-sac de la plaie hyménéale atteste l’action vulnérante d’un ongle. L’inflammation vulvaire doit être le résultat des violences exercées ; cette origine est vraisemblable, étant donnée la lésion de l’hymen.

Conclusion :

1“ Madeleine D... n’est pas déflorée;

2» Elle présente une déchirure partielle de l’hymen, résultat évident d’une tentative d introduction brusque d’un corps dur comme le doigt et coupant comme l’ongle ;

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ATTENTATS A LA PUDEUR

3 ° Elle est atteinte d’une vulvite, selon toutes probabilités d’origine traumatique.

Obs. XIII. — Attentat à la pudeur. Relâchement de l’hymen permettant, sans rupture, des rapports sexuels.

La nommée P..., âgée de i 5 ans et demi, est de taille ordinaire; excellente constitution; pubère; réglée à i4 ans.

Pubis couvert de poils assez abondants. Pas de développement exagéré des grandes lèvres ; petites lèvres allongées ; clitoris assez volumineux.

Fourchette intacte, légèrement déprimée.

Muqueuse vulvaire rosée, saine; pas d’excoriations, pas d’ecchymoses ; pas d’écoulement.

Hymen labié ; les bords sont séparés par une ouverture verticale, sinueuse, et affrontés l’un à l’autre ; mais, en écartant fortement les lèvres, l’hymen s’entr’ouvre et forme autour de l’orifice vaginal une sorte d’anneau souple, plissé, froncé, saillant de 3 à 4 millimètres et présentant des encoches ou scissures qui lui donnent un aspect frangé. Ces découpures du bord hyménéal sont, pour le plus grand nombre, naturelles. Le sont-elles toutes? Nous n’avons pas trouvé au fond de ces replis de traces de tissu cicatriciel. Mais il convient de dire que ces cicatrices ne sont qu’exceptionnellement rencontrées, la muqueuse offrant souvent, sur ces encoches trauma-

tiques, le même aspect lisse des parties voisines; c’est surtout sur ces hymens labiés et frangés qu’il est, la plupart du temps, impossible de reconnaître si, parmi les nombreuses scissures qui les divisent, il en est une ou plusieurs résultant d’une déchirure violente.

Cette réserve scientifique faite, il importe de noter chez cette jeune fille une dilatation notable et une grande dilatabilité de l’hymen ; cette membrane est tellement lâche et extensible qu’elle peut parfaitement permettre — et sans la moindre rupture — la pénétration dans le vagin d’un corps dur et volumineux comme le membre viril.

L’introduction d’un spéculum est très facile et fait constater l’intégrité du canal vaginal et du col utérin.

Aux parties sexuelles, pas la moindre trace de violences récentes.

Pas d’adénopathie inguinale.

Rien à l’anus.

Conclusions :

lo La nommée P... n’est pas déflorée, dans le sens médical du mot ;

2° Mais le relâchement et la dilatabilité de l’hymen sont tels qu’elle a pu avoir des rapports sexuels, sans déchirure de cette membrane ;

3 “ Elle ne porte pas aux organes sexuels de traces de violences anciennes ou récentes.

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Obs. XIV. — Attentat à la pudeur. Signes négatifs. Déformation vulvaire non caractéristique.

Examen, le 9 août 1882, de la jeune R..., âgée de 9 ans, à l’efFet « de rechercher si cette enfant porte des traces quelconques d’un ou plusieurs attentats à la pudeur dont elle aurait été récemment victime ; dire notamment s’il y a eu défloration ».

Assez bonne constitution.

Les parties génitales externes, grandes et petites lèvres, clitoris, ne présentent pas de développement exagéré. Les grandes lèvres diminuent d’épaisseur en se rapprochant de la fourchette ; accolées l’une à l’autre, elles ne se séparent un peu que dans l’écartement forcé des cuisses ; en aucun cas elles ne sont assez écartées pour laisser voir l’orifice vaginal.

La fourchette est mince, déprimée, mais sans traces de déchirures anciennes ou récentes. Au niveau de la fourchette, les parties sexuelles offrent un peu d’enfoncement, une légère disposition infundibuliforme se continuant avec le périnée excavé.

La muqueuse vulvaire est saine, rosée. — Pas d’inflammation, pas de contusions ; pas d’écoulement.

La membrane hymen a la forme annulaire ; elle est intacte et ne porte pas de traces de déchirures anciennes ou récentes ; son orifice peut recevoir une sonde de trousse.

De cet examen il ressort que R... ne présente pas

de signes de défloration, la rupture de Thymen caractérisant la défloration, — qu’elle n’a pas été l’objet de violences directes récentes, ce que démontre l’absence d’inflammation et d’écoulement, — qu’elle n’a pas, selon toutes probabilités, d’habitudes d’onanisme, car nous n’en avons pas constaté les signes : flaccidité des lèvres, turgescence du clitoris, coloration plus ou moins violacée de la muqueuse vulvaire.

Le seul point à noter est la déformation vulvaire. Peut-elle être le résultat d’attouchements, de frottements plus ou moins répétés, de pressions exercées, de tentatives d’intromission d’un corps dur et volumineux comme le membre viril ? Nous ne voudrions pas le nier absolument ; mais, si cette disposition infundibuliforme permet d’en admettre la possibilité, elle n’en démontre nullement la certitude,— pour deux motifs principaux : i“ parce qu’elle n’existe qu’à un faible degré ; 2 ° parce qu’elle n’est pas un témoignage sûr d’attentats répétés et qu’elle constitue une anomalie qui est loin d’être exceptionnelle.

En résumé, nous concluons :

i" La jeune R... n’est pas déflorée ;

2“ Elle ne porte pas aux organes sexuels de traces de violences récentes ;

3 “ La déformation vulvaire ne permet pas de déclarer que cette enfant a été victime d’attentats à la pudeur répétés ;

4 “ Rien ne démontre des habitudes d’onanisme.

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Obs. XV. — Attentats à la pudeur. Déformation de la vulve.

Visite de la jeune M..., âgée de 8 ans, à l’effet « de dire si cette enfant porte sur les organes sexuels des traces de défloration ou d’attouchements plus ou moins récents ».

M... est de petite taille et de constitution délicate.

Pas de développement précoce et exagéré des lèvres, ni du clitoris.

Les grandes lèvres s’amincissent inférieurement et s’écartent de manière à mettre à découvert l’orifice du vagin. r

La fourchette est très déprimée, mais sans lésions.

Ce qui frappe, à la simple inspection, c’est une déformation infundibuliforme de la vulve et du périnée, très nettement’accusée.

La muqueuse vulvaire est saine dans sa majeure partie ; mais, au pourtour du méat urinaire, elle offre une légère rougeur, résultat possible d’attouchements, en tout cas insuffisante pour autoriser une conclusion affirmative.

L’hymen a la forme annulaire et est comme refoulé au fond de l’entonnoir ; il ne présente pas de signes de déchirures récentes ou anciennes ; son orifice, sans être étroit, ne permet pas l’introduction de l’extrémité de l’index.

Conclusions :

1“ La jeune M... n’est pas déflorée;

2® Elle ne porte pas de traces positives d’attouchements récents, car la rougeur du pourtour du méat urinaire n’est pas significative ;

3 ° Mais elle présente une déformation de la vulve et du périnée qui — si elle n’autorise pas l’affirmation d’attentats répétés — permet d’en admettre la possibilité.

Obs. XVI. — Défloration ancienne. Hymen double. Vulvo-vaginite,

Visite, le i 3 février i886, de la nommée K..., à l’effet de « rechercher si cette jeune fille a été déflorée, depuis quel temps ; si elle porte des traces certaines d’attouchements violents ».

La nommée K..., âgée de i 4 ans, est grande, de constitution moyenne et d’une bonne santé habituelle ; elle n’a jamais été menstruée.

Un écoulement jaunâtre, purulent, baigne les parties externes de la génération ; quelques croûtes jaunâtres sur le bord des grandes lèvres. Érythème des grandes lèvres et de la face interne des cuisses. Gonflement des ganglions inguinaux gauches, non douloureux. La pression sur le périnée fait écouler une notable quantité de liquide puriforme par l’orifice du vagin.

La chemise que porte cette jeune fille est souillée en avant, et surtout en arrière, de taches, de dimensions variables, de couleur plus ou moins foncée.

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quelques-unes d’un jaune verdâtre, formées par un mucus purulent desséché.

Les parties génitales externes sont bien conformées ; mais le clitoris et les petites lèvres, assez flasques, sont plus développés que l’âge ne le comporte.

La fourchette est déprimée, mais ne présente pas de traces de déchirures anciennes ou récentes.

La muqueuse vulvaire est rouge, légèrement congestionnée ; elle est tapissée, comme l’hymen et la muqueuse vaginale, d’un liquide jaunâtre et épais.

Le méat urinaire n’est pas enflammé et le canal de l’urèthre ne donne issue à aucune gouttelette puriforme, quand on le comprime avec le doigt d’arrière en avant. Pas d’uréthrite.

L’hymen est annulaire ; le repli qu’il forme est mince, peu saillant et a subi, à la partie inférieure et à gauche de la ligne médiane, une déchirure complète, aujourd’hui entièrement cicatrisée. Le bord libre de l’hymen, très légèrement festonné, est hyperémié, mais n’offre pas de lésions caractéristiques d’attouchements violents de date récente. L’hymen est doublé dans son tiers supérieur d’un second feuillet, qui se continue, à droite comme à gauche, avec les replis du vagin ; cette membrane est donc double ; son feuillet interne, plus court, se confond avec les colonnes vaginales et son feuillet externe circonscrit l’orifice vaginal.

L’hymen est souple, dilaté, extensible au point de permettre l’introduction facile d’un spéculum ; le canal vaginal est, dans toute sa longueur, congestionné et baigné d’un liquide purulent. Le col utérin petit, rosé, conique, à orifice circulaire, est sain.

Six jours après cet examen, nous avons procédé à une deuxième visite ; les divers symptômes se sont légèrement améliorés ; l’hyperémie de la muqueuse vaginale est moindre ; l’écoulement, muco-purulent, est moins abondant.

Des observations qui précèdent il résulte que la jeune K... a été déflorée, — que sa défloration n’est pas récente et remonte à une époque impossible à préciser, la déchirure de l’hymen étant complètement cicatrisée, — qu’elle ne porte pas, aux organes génitaux, de lésions caractéristiques d’attouchements violents et récents, — qu’elle a pu avoir des relations sexuelles assez fréquentes, étant donnés le relâchement et la dilatabilité de l’hymen, — enfin qu’elle est atteinte de vulvite et de vaginite.

Quelle est l’origine de cette inflammation vulvovaginale et de l’écoulement constaté ? Il serait difficile de la déterminer. Cette vaginite, peu aiguë, ne nous parait pas récente ; nous ne l’attribuons pas à dés habitudes d’onanisme. Elle peut être assurément le résultat de coïts plus ou moins répétés, avoir été provoquée ou entretenue par des attouchements avec les doigts, que rien ne démontre violents et qui ont

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pu être parfaitement consentis; mais nous devons déclarer qu’elle a pu naître aussi spontanément, sous l’influence de la malpropreté sexuelle de cette jeune fille ou par contagion accidentelle.

Conclusions :

1° La nommée K... est déflorée ;

2“ Cette défloration est ancienne ;

3 ° Les organes sexuels ne présentent pas de traces de violences récentes ;

4 ° L’inflammation vulvo-vaginale a pu être le résultat de rapports ou attouchements sexuels plus ou moins répétés, mais elle a pu se développer spontanément et son origine ne peut.être affirmée.

Obs. XVll. — Attentat à la pudeur. Vulvite érosive.

Juliette G..., âgée de 8 ans et demi, visitée le i 5 juillet 1876, est d’une assez bonne constitution.

Pas de traces de violences sur le corps.

Les parties génitales externes, bien conformées, présentent une tuméfaction notable. Les grandes lèvres sont gonflées, la lèvre gauche surtout; les petites lèvres sont allongées, le clitoris assez développé et saillant.

Nous constatons à la vulve, plus particulièrement à ta face interne des lèvres, de petites érosions superficielles, circulaires, n’entamant que l’épithélium, à

fond rouge et plat, de dimensions variables, la plupart petites, punctiformes, les plus larges n atteignant même pas le diamètre d’une lentille ; nous en comptons huit à gauche et cinq à droite.

Pas d’inflammation aiguë ; légère rougeur de la muqueuse vulvaire ; un écoulement jaunâtre, mucopurulent, recouvre les parties sexuelles et masque les érosions desquamatoires ; il sort avec abondance de l’orifice vaginal, si l’on exerce une pression sur le périnée. Pas d’uréthrite.

L’écartement des lèvres ne provoque pas de douleur. La fourchette n’est nullement déprimée. Pas de déformation vulvaire.

Hymen intact ; cette membrane a la forme d’un diaphragme semi-lunaire, d’un croissant à concavité supérieure ; son orifice est petit ; elle est hyperémiée, mais n’offre ni érosions ni déchirures.

Légère adénopathie indolente dans les aines.

Nous avons revu cette enfant le 28 juillet ; nous constatons une notable amélioration ; plus de tuméfaction des lèvres ; les ulcérations superficielles sont cicatrisées ; seul l’écoulement persiste, encore abondant, mais moins épais.

De cet examen il ressort que Juliette G... n a pas été déflorée, la déchirure de l’hymen étant le signe caractéristique de la défloration, qu’elle ne porte aux parties sexuelles aucune trace de violences directes permettant d’affirmer des attouehements, mais qu elle

VIOLS ET ATTENTATS A LA PUDEUR

présente les symptômes d’une inflammation peu franche, à forme érosive.

Nous sommes en présence d’une vulvite, selon de grandes probabilités non traumatique, en voie d’amélioration, ayant perdu les caractères qui eussent peutêtre permis d’en mieux préciser l’origine. Cette vulvite, qui n’a peut-être pas été d’emblée très intense, est en décroissance. Peut-on l’attribuer à des habitudes d’onanisme ? Nous ne le pensons pas, malgré le développement précoce des organes sexuels, l’élongation des petites lèvres et la saillie notable du clitoris ; il est difficile d’admettre que les enfants se livrent à la pratique de la masturbation avec assez de violence pour déterminer une inflammation aiguë.

Est-elle le résultat d’attouchements, de violences directes? Aucun symptôme n’autorise une affirmation de ce genre.

Conclusions ;

1° Juliette G... n’est pas déflorée ;

2° Les organes sexuels sont le siège d’une inflammation en voie de décroissance dont nous ne pouvons affirmer l’origine ;

3 “ Rien ne démontre que cette vulvite érosive soit le résultat de violences directes.

Obs. XVIII. — Attentat à la pudeur. Vulvite aiguë.

Visite, le i 3 avril 1873, de Marie-Louise P...,

âgée de 4 ans, à l’effet de déterminer « si elle présente des traces d’attentats à la pudeur, quelle en est la nature et la gravité, et si elle est atteinte de maladie vénérienne ».

Bonne constitution; excellente santé habituelle; extérieur intéressant ; physionomie souriante et fraîche.

Les parties génitales externes, bien conformées et pas plus développées que ne le comporte l’âge de l’enfant, sont le siège d’une inflammation aiguë, assez intense. La face interne des grandes et petites lèvres, mais surtout la membrane hymen, sont le siège d’une rougeur vive et d’une douleur qui rend l’examen pénible et difficile.

Un écoulement purulent, d’un jaune verdâtre, épais et crémeux, abondant, baigne les parties extérieures de la génération et sort par l’orifice du vagin lorsqu’on presse sur le périnée. Le canal de 1 urèthre n’est pas enflammé et la pression sur ce canal ne donne issue à aucun écoulement ; la miction n est pas douloureuse.

La fourchette déprimée ne présente pas de traces d’érosions, de déchirures anciennes ou récentes. Légère dépression périnéale.

L’ouverture de la vulve est étroite et enfoncée ; on aperçoit la membrane hymen, qui la ferme complètement et forme une sorte de bourrelet saillant, à bords frangés ; cet hymen labié, rouge et tuméfié.

VIOLS ET ATTENTATS A LA PUDEUR

présente en haut et à droite une petite déchirure linéaire, transversale, récente, entaillant à peine d’un millimètre son bord libre et se prolongeant superficiellement, comme une égratignure, jusqu’à son insertion. Dans l’état d’irritation où se trouvent ces organes, très sensibles au moindre toucher, il est difficile de déterminer le diamètre de l’orifice hyménéal ; la simple introduction d’un stylet cause une vive douleur, qui ne permet pas un examen plus minutieux.

Deux chemises, celle qu’elle porte, ainsi qu’une autre chemise qu’on nous a présentée, sont souillées, en avant et en arrière, de taches nombreuses, de couleur jaune plus ou moins foncée, quelques-unes d’un jaune verdâtre, empesant le linge, formées par un mucus purulent desséché, auxquelles se mêlent en arrière d’autres souillures produites par des matières fécales.

Le 21 avril, nous examinons cette enfant une seconde fois. Nous n’observons plus de trace appréciable de la déchirure de l’hymen ; c’est à peine si une petite encoche persiste sur le bord libre. L’écoulement est beaucoup moins abondant, moins épais, moins coloré, d’une teinte jaunâtre plus claire. Seule, la membrane hymen est encore rouge. La vulvite s’est notablement améliorée. — Toujours pas d’uréthrite.

De ces observations il résulte pour nous que Marie-Louise P... a été l’objet de violences, de frottements ou d’attouchements exercés vraisemblable-

ment avec les doigts ou avec un corps dur comme le doigt, violences caractérisées par la déchirure partielle de l’hymen et par l’inflammation aiguë dont les parties sexuelles sont le siège.

Quelles sont la nature et l’origine de cette inflammation ? En d’autres termes, la vulvite est-elle spontanée ou traumatique ?

Les symptômes observés nous semblent attester une irritation produite par des violences directes et nullement une leucorrhée constitutionnelle ou une simple inflammation catarrhale.

Les leucorrhées qu’on observe chez les petites filles sont liées habituellemment à une constitution débile, affaiblie, à un tempérament lymphatique. Ce n’est pas le cas.

L’inflammation simplement catarrhale présente parfois une grande acuité, une rougeur aussi intense et une sensibilité aussi vive ; mais alors les organes sexuels sont indemnes de toute lésion.

La déchirure hyménéale* nous porte à admettre que cette vulvite est le résultat d’attouchements, de pressions ou frottements exercés sur les parties génitales et très probablement pratiqués avec les doigts. Pourrait-elle être attribuée à des attouchements personnels? Nullement. L’onanisme chez les petites filles n’amène pas d’inflammation suraiguë ; dans ces cas, la muqueuse vulvaire a une rougeur livide, l’écoulement est plus séreux et plus pâle et, lorsque les

VIOLS ET ATTENTATS A LA PUDEUR

habitudes vicieuses sont anciennes, les organes génitaux offrent un développement et une flaccidité que nous n’avons pas constatés. D’ailleurs l’âge de l’enfant n’autorise guère cette supposition.

Enfin cette vulvite est-elle de nature blennorrhagique ?

La distinction est très difficile entre une inflammation par violence directe et une inflammation spécifique. Des attouchements, des frottements exercés sur les parties sexuelles d’une petite fille peuvent produire une inflammation aussi aiguë et un écoulement aussi abondant, aussi épais, que le contact de pus blennorrhagique ; de plus, il est impossible de différencier le mucus purulent indépendant de toute contagion de la matière virulente de la blennorrhagie. Cependant, si nous considérons que dans les maladies vénériennes on observe souvent une turgescence plus grande des vaisseaux répandus à l’entrée de la vulve et du vagin, et de plus une uréthite concomitante, nous sommes porté à penser que l’inflammation et l’écoulement vulvaires, constatés chez Marie- Louise P..., ne sont probablement pas de nature blennorrhagique ; mais, sur ce point, nous faisons la plus grande réserve.

Conclusions :

1“ Marie-Louise P... porte des traces de violences caractérisées par une déchirure partielle de l’hymen et une vulvite aiguë ;

2“ Cette inflammation des parties sexuelles et l’écoulement qui raccompagne ont été produits par des attouchements directs, des frottements plus ou moins répétés et pratiqués vraisemblablement avec les doigts ou avec un corps dur comme les doigts ;

3 “ Cette inflammation ne peut être attribuée, soit à la mauvaise constitution de l’enfant, soit à des habitudes vicieuses de sa part ;

4 ° Rien ne démontre que l’écoulement soit le résultat d’une affection vénérienne communiquée.

Obs, XIX. — Attentat à la pudeur. Vulvite aiguë. Déformation de la vulve. Blennorrhagie possible.

Examen les i8, 23 et 29 septembre i 885 de la jeune T..., « à l’effet de déterminer si elle a été violée ou si elle est atteinte de maladie vénérienne ».

La jeune T..., âgée de 7 ans, est d’une bonne constitution et d’une excellente santé habituelle; assez grande pour son âge ; pas d’adénopathie cervicale.

Pas de développement prématuré des organes sexuels. Erythème de la face interne des cuisses et des grandes lèvres, écartées inférieurement l’une de l’autre.

Un écoulement purulent, jaune verdâtre, épais, crémeux, baigne les parties génitales; il a formé

l34 VIOLS ET ATTENTATS A LA PUDEUR

quelques croûtes à la surface des grandes lèvres ; il sort abondamment par l’orifice du vagin, lorsqu’on presse sur le périnée, et le pus est bien lié.

La chemise de l’enfant porte, en avant et en arrière, de nombreuses taches jaune verdâtre, desséchées.

Fourchette intacte, très déprimée. L’extrémité inférieure de la vulve et le périnée présentent une excavation infundibuliforme, appréciable à la simple inspection ; cette déformation peut assurément être le résultat de pressions, de frottements exercés sur les partiès, de tentatives d’intromission d’un corps dur et volumineux comme le membre viril ; mais elle n’autorise pas une affirmation absolue, parce qu’elle se rencontre chez des enfants qui n’ont jamais été victimes d’attentats à la pudeur.

L’ouverture de la vulve est étroite ; la muqueuse vulvaire est très rouge et douloureuse au toucher ; le capuchon du clitoris est œdématié.

Le méat urinaire est enflammé, gonflé, rouge vif et son pourtour est le siège d’une vascularisation intense. Uréthrite aiguë ; miction très douloureuse ; une légère pression sur le canal de l’urèthre, d’arrière en avant, à l’aide d’une petite sonde introduite dans le vagin, donne issue à du pus.

La membrane hymen est semi-lunaire, rouge, enflammée, mais elle est intacte, sans déchirures ; son orifice laisse facilement passer une sonde de

trousse.

Les ganglions inguinaux sont tuméfiés et sensibles.

A cinq et six jours de distance nous avons visité de nouveau la jeune T... L’inflammation a certainement perdu de son acuité, mais elle persiste encore vive. L’écoulement vaginal est moins abondant. La miction n’est plus douloureuse, mais l’uréthrite n’a pas disparu.

Quelles sont la nature et l’origine de cette inflammation vulvaire ?

Peut-on l’attribuer à des attouchements personnels ? Nous ne le croyons pas. L’onanisme chez les petites filles n’amène pas d’inflammation suraiguë ; dans ces cas, la muqueuse vulvaire a une rougeur un peu violacée, l’écoulement est séreux et pâle et, lorsque les habitudes sont anciennes, les parties sexuelles offrent souvent un développement et une flaccidité que nous n’avons pas observés.

Sommes-nous en présence d’une vulvite spontanée ? La constitution de l’enfant ne semble pas l’y prédisposer. La vulvite traumatique nous paraît plus probable, en raison de l’acuité de l’inflammation, de l’uréthrite, de la miction douloureuse et de la persistance des symptômes aigus ; mais nous n’émettons cette conclusion qu’avec réserve, certaines inflammations spontanées de la vnlve offrant aussi une grande intensité.

Si la vulvite est traumatique, l’écoulement est-il de nature blennorrhagique? L’uréthrite aiguë qui

VIOLS ET ATTENTATS

LA PUDEUR

1 accompagne peut le faire supposer; cependant il importe de noter qu’aucune recherche ne permet encore de différencier sûrement le pus blennorrhagique. Aussi sur ce point nous sommes obligé de faire toute réserve.

En résumé, nous concluons :

1° La jeune T... n’est pas déflorée ;

2” Elle présente une déformation sexuelle et périnéale qui est parfois une dispositon naturelle, mais qui a pu être produite ou augmentée par des tentatives répétées d’intromission d’un corps dur et volumineux comme le membre viril ;

3 ° Elle est atteinte d’une vulvite et d’une uréthrite aiguës, dont l’intensité permet d’admettre la probabilité de violences directes, d’attouchements ou de frottements exercés sur les parties sexuelles ;

4 Mais cette inflammation vulvaire ne fournit pas une preuve certaine et indiscutable d’attentats, parce qu’elle a pu également se produire spontanément ;

5 “ 11 est possible que l’écoulement soit le résultat d’une affection vénérienne communiquée; mais nous ne pouvons en déterminer avec certitude la nature blennorrhagique.

Obs. XX. ;— Fausse déclaration. Pas de violences récentes aux parties sexuelles.

Défloration ancienne.

Visite, le ii mai i 883 , de la nommée Marie F...,

« afin de déterminer si elle porte sur le corps ou aux parties sexuelles des traces de violences récentes ».

La nommée Marie F..., âgée de 18 ans, est grande et de bonne santé habituelle ; elle nous déclare que le 3 mai i883, vers 5 heures et demie du soir, elle a été victime de violences de la part de trois jeunes gens et qu’elle a dû subir l’acte du coït à plusieurs reprises; elle nous a affirmé qu’elle n’avait jamais eu, avant cette date, de relations sexuelles.

Nous constatons à la partie supérieure de la hanche gauche, au-dessous de la partie moyenne de la crête iliaque, une ecchymose transversale, mesurant trois centimètres environ, jaune verdâtre, pouvant dater de six à sept jours ; il est impossible d’en préciser l’origine. Le corps ne présente pas d’autres violences

Les seins sont petits, arrondis ; les mamelons peu saillants.

Grandes lèvres peu épaisses ; petites lèvres et clitoris assez développés. Fourchette déprimée.

La muqueuse vulvaire est saine et n’offre pas la moindre rougeur.

L’hymen est annulaire et le repli circulaire qu’il forme est peu saillant ; il présente à sa partie postérieure et à droite de la ligne médiane une déchirure complètement cicatrisée et de date antérieure au 3 mai, car la cicatrice est blanchâtre et ancienne. L’orifice du vagin est dilaté et la membrane hymen est assez dilatable pour permettre, sans nouvelles

VIOLS ET ATTENTATS A LA PUDEUR

déchirures, l’intromission d’un corps dur et volumineux comme le pénis.

De ces observations, il résulte que Marie F... est déflorée, que cette défloration est ancienne, remonte à une époque indéterminable, mais à coup sûr antérieure au 3 mai ; qu’elle ne porte qu’à la hanche gauche une ecchymose sans gravité et sans signification, et que nous n’avons constaté ni sur les bras, ni sur les cuisses, ni sur les seins, de traces de violences ; enfin que les organes sexuels sont parfaitement sains, sans déchirures, excoriations ou ecchymoses récentes.

D’où nous concluons :

1 ° Marie F... est déflorée;

2 ° La défloration, déjà ancienne, est antérieure au 3 mai;

3® Les organes sexuels ne présentent pas de traces de violences récentes ;

4° L’ecchymose, qu’elle porte à la hanche gauche, date de six à sept jours, est sans gravité et n’a pas de signification précise.

Obs. XXL — Attentat à la pudeur. Déformation périnéo-vulvaire. Habitudes probables d’onanisme.

Examen de la jeune Amélie N..., à l’effet « de constater si elle porte sur son corps ou aux parties sexuelles des traces de violenceSj — de dire si cette

enfant est d’une bonne constitution et n’aurait pas des habitudes de masturbation ».

La jeune N..., âgée de 10 ans, est d’une bonne santé habituelle ; taille moyenne ; forte constitution.

Pas de traces de violences sur le corps.

Les grandes lèvres n’offrent pas de développement exagéré et manquent seulement de fermeté; elles s’écartent inférieurement l’une de l’autre et mettent à découvert l’orifice vaginal. Les petites lèvres sont allongées, flasques, ridées. Le clitoris est saillant, turgescent, rouge.

Fourchette intacte, mais très déprimée.

L’extrémité inférieure de la vulve et le périnée offrent une légère déformation infundibuliforme, dont l’origine ne peut être précisée ; elle peut être assurément le résultat d’attouchements répétés sur cette région, de tentatives incomplètes d’intromission d’un corps volumineux comme le pénis en éreo tion ; mais on rencontre aussi cette dépression périnéo-vulvaire chez des enfants qui n’ont jamais été l’objet d’attentats ; c’est là une conformation anatomique naturelle.

La muqueuse vulvaire n’est pas rosée et fraîche; elle a une coloration vineuse.

La membrane hymen a la forme annulaire ; ses bords sont minces, peu saillants et d’une rougeur violacée; son ouverture est assez large et admet

VIOLS ET ATTENTATS A LA PUDEUR

l’extrémité du doigt; mais elle ne permettrait pas, sans se rompre, l’introduction du membre viril.

Léger écoulement muqueux.

En résumé, l’intégrité de l’hymen atteste que cette jeune fille n’est pas déflorée ; mais la coloration violacée de la muqueuse vulvaire et de l’hymen, l’élongation et la flaccidité des petites lèvres, la dilatation de l’orifice hyménéal sont des signes probables d’habitudes d’onanisme.

Conclusions :

i“ La jeune Amélie N... n’est pas déflorée ;

2 " Elle ne porte pas de traces de violences récentes, soit aux parties sexuelles, soit sur le corps ;

3° La déformation périnéo-vulvaire n’est pas caractéristique d’attouchements répétés et de tentatives renouvelées d’intromission d’un corps dur et volumineux comme le pénis;

4° Suivant toutes probabilités, elle a des habitudes d’onanisme.

Obs. XXll. — Attentat à la pudeur. Attouchements possibles. Onanisme probable.

Visite, le 2 août 1891 , de la nommée Marguerite D,.., à l’effet « de dire si cette jeune fille est déflorée, si cette défloration est ancienne ou récente et si elle porte aux parties sexuelles des traces de violences ».

La nommée Marguerite D..., âgée de 16 ans,

blonde, est d’une bonne constitution; excellente santé habituelle ; pubère ; légère pâleur du teint, accusant de l’anémie ; les yeux sont languissants, les pupilles dilatées, la paupière inférieure bistrée; la physionomie manque d’expression, de vivacité.

Pas d’égratignures, de traces de violences à la partie supérieure des cuisses et sur l’abdomen. Poils au pubis et aux grandes lèvres.

Pas de développement exagéré des grandes lèvres ; petites lèvres allongées, pendantes et flasques ; le clitoris est saillant, facilement turgescent ; son capuchon est mobile et ridé.

Fourchette intacte, mais effacée.

Muqueuse Vulvaire saine, décoloration rosée pâle, sans fraîcheur. Pas d’excoriations, d’ecchymoses, d’ulcérations. Pas d’écoulement.

Le méat urinaire est hyperémié et la muqueuse du vestibule est légèrement violacée.

Hymen annulaire, à orifice assez régulièrement circulaire. La membrane forme autour de l’ouverture vaginale un repli saillant, régulier, sans traces positives de déchirures anciennes ou récentes ; du côté gauche, vers sa partie moyenne, elle présente une petite encoche, entamant légèrement son bord libre et que nous considérons comme une disposition naturelle.

Mais il importe de noter la consistance lâche et élastique de l’hymen, les dimensions de l’orifice cen-

VIOLS

ATTENTATS A LA PUDEUR

tral, assez large pour permettre l’introduction facile d’un doigt, souple et dilatable au point de pouvoir admettre — sans rupture — un corps plus volumineux ; nous ne croyons cependant pas à l’intromission possible, sans déchirures, d’un corps dur et volumineux comme le pénis en érection.

De ces observations il résulte que la jeune D... n’est pas déflorée, la déchirure de l’hymen constituant le signe caractéristique de la défloration, — qu’elle ne porte pas aux organes sexuels de traces de violences anciennes ou récentes, — que la largeur et la c^latabilité de l’orifice hyménéal permettent d’admettre la possibilité d’attouchements modérés et plus ou moins répétés, — mais que la flaccidité et l’élongation des petites lèvres, la coloration violacée du méat urinaire, la facile turgescence du clitoris, jointes à l’expression fatiguée et nonchalante de cette jeune fille, peuvent faire supposer et rendent plus probables des habitudes d’onanisme.

Conclusions :

i" La nommée Marguerite D... n’est pas déflorée; 2 ° Elle ne porte pas aux organes sexuels de traces de violences anciennes ou récentes;

3“ Il est possible qu’elle ait été l’objet d’attouchements ;

4° Il est probable qu’elle a des habitudes d’ona¬

nisme.

Obs. XXIII. — Viol. Défloration ancienne.

Syphilis secondaire.

Examen, le 9 octobre 1888 , de Madeleine J..., âgée de i3 ans, domestique de ferme, à l’effet « de constater si cette jeune fille n’a pas été déflorée et si cette défloration n’est pas déjà ancienne, et de dire si elle n’est pas atteinte de mal vénérien et à quelle époque peut remonter la cause du mal ».

Madeleine J..., âgée de i3 ans, est grande, forte, brune, de bonne constitution et d’excellente santé habituelle ; elle a été, depuis quatre mois, deux fois menstruée. Intelligence médiocre.

Les organes sexuels sont régulièrement conformés.

Poils assez abondants sur le pénil.

Léger écoulement sanguin, début des troisièmes règles.

Les grandes et petites lèvres sont assez développées, mais souples et flasques ; clitoris saillant. Les grandes lèvres présentent, à droite et à gauche, sur leur face externe et à la partie supérieure de leur bord libre, plusieurs plaques muqueuses, sous formé d’élevures papuleuses, circulaires, à bords relevés et réguliers, se détachant nettement des parties voisines, humides, fongueuses, et laissant suinter un liquide fétide.

Au pourtour de l’anus existent des papules muqueuses de même nature, très fendillées et suppurantes.

l44 VIOLS ET ATTENTATS

PUDEUR

Au total, nous comptons à l’anus et aux grandes lèvres une quinzaine de plaques muqueuses.

La fourchette est aplatie, déprimée.

La vulve est rosée; la muqueuse vulvaire est saine, sans ulcérations, sans inflammation ni écoulement.

La membrane hymen forme un anneau assez lâche, un repli circulaire dont le bord libre aminci a été complètement déchiré de haut en bas, à la partie postérieure et sur la ligne médiane, à une époque qu’il est impossible de fixer — cette déchirure étant cicatrisée. L’orifice du vagin est béant, aussi le toucher vaginal est très facile ; la membrane hymen, dilatée et dilatable, permet même l’introduction d’un petit spéculum. Le col utérin et le vagin n’offrent rien d’anormal.

Aux aines, une pléiade de ganglions petits, durs et indolents.

Le corps est entièrement sain.

A l’examen de la gorge, nous remarquons des amygdales rouges, volumineuses, saillantes entre les piliers du voile du palais, et une plaque muqueuse opaline sur l’amygdale gauche.

Pas d’adénopathie cervicale postérieure.

De cette exploration il résulte que Madeleine J... a été déflorée, à une époque impossible à préciser, mais non récente. La flaccidité des lèvres, le relâchement et la dilatabilité de l’hymen laissent admettre la probabilité d’attouchements, d’intromissions plus

ou moins répétées de corps durs et volumineux comme les doigts et le membre viril.

Enfin cette fillette porte à l’anus et aux grandes lèvres des plaques muqueuses très nettes, qui caractérisent la période secondaire de la syphilis. A quelle date faire remonter cette syphilis, dont nous constatons un des accidents constitutionnels les plus constants et souvent précoces ? il est difficile de préciser son apparition. La jeune J... ne peut nous fournir aucun renseignement sur les premières manifestations de la maladie ; elle ne s’observe pas, n’a pas de soins de sa personne et n’est guère surveillée par sa famille ou ses maîtres.

Quelle a été la durée de l’incubation de l’accident primitif, du chancre infectant ? Quelle a été celle des accidents secondaires, de la deuxième incubation? Depuis combien de temps cette enfant porte-t-elle des plaques muqueuses ? Quelle a été l’évolution de la maladie constitutionnelle?

Autant de questions délicates à résoudre. Mais, s’il n’est pas facile de déterminer exactement l’époque de la contamination syphilitique, on peut essayer de la calculer approximativement d’après les données scientifiques acquises. En acceptant, comme moyenne, — car les limites de l’incubation des deux premières périodes de la syphilis sont assez étendues et variables, suivant les individus — que la première période, celle de l’accident primitif, soit de 25 jours, et souvent

l46 VIOLS ET attentats A LA PÜDEUft

elle se prolonge davantage, puis celle de l’apparition des accidents secondaires de 45 à 6 o jours, on peut déclarer que l’origine du mal remonte à quelques mois, approximativement à trois mois environ.

Conclusions :

i“ Madeleine J... est déflorée;

2 ° Cette défloration est ancienne ;

3° La flaccidité des organes sexuels, la dilatation de l’hymen et de l’orifice vaginal permettent d’admettre la répétition d’attouchements ou de rapprochements sexuels ;

4" Elle est atteinte de syphilis, à la période secondaire, caractérisée par des plaques muqueuses siégeant à l’anus et aux grandes lèvres ;

5“ Le début de la syphilis doit remonter à quelques mois ; sans pouvoir en préciser la date, on peut la fixer approximativement à trois mois environ.

Obs. XXIV. — Attentat à la pudeur sur une petite fille. Visite de la victime, de la mère et de l’inculpé. Syphilis secondaire chez la mère et la fille.

Examen, le i3 août 1891 , de Eugénie C..., de la veuve C..., sa mère, et du nommé H..., à l’eflFet de déterminer « si la mère et la fille sont atteintes d’une affection de même nature, si cette affection est la syphilis ou toute autre maladie vénérienne, enfin si le sieur H... présente des traces de syphilis qu’il

aurait pu communiquer à sa victime ou à sa maîtresse ».

Eugénie G..., âgée de 9 ans et demi, se porte bien ordinairement et est d’une forte constitution. Cheveux noirs ; yeux vifs ; physionomie expressive. Elle nous déclare qu’èilé a été victime, à trois reprises, d’attentats à la pudeur et, la première fois, en août

Légère adénopathie cervicale postérieure. Pas d’alopécie.

Pas d’altérations des lèvres, de la langue, de la bouche, des amygdales et du pharynx.

Le corps est intact.

Des plaques muqueuses se sont développées sur les grandes lèvres ; la lèvre droite, légèrement œdématiée, porte au tiers supérieur de sa face externe une large papule, tuberculeuse et saillante dans sa moitié supérieure, rouge, lisse et brillante dans sa moitié inférieure; la lèvre gauche offre, également dans son tiers supérieur, deux plaques saillantes, circulaires, sèches, tuberculeuses; l’une d’elles atteint presque la ligne médiane sous-pubienne.

Adénopathie inguinale double ; les ganglions sont petits, indolents, bien distincts les uns des autres et disposés en chapelets.

Pas de développement exagéré des organes géni-

[48 VIOLS ET ATTENTATS

PUDEUR

taux. Fourchette intacte. Vulve étroite. L’hymen est annulaire ; mais le repli circulaire que forme cette membrane n’est pas complet ; il ne remonte jusqu’au méat urinaire que du côté gauche et est complètement effacé à droite, à quelques millimètres de cet orifice. Il est difficile de déterminer si cette disposition est congénitale ou le résultat d’une ulcération aujourd’hui guérie. L’hymen n’offre pas de déchirures anciennes ou récentes et son orifice admet à peine l’extrémité du petit doigt.

De chaque côté de l’anus font saillie deux plaques muqueuses se détachant nettement des parties voisines ; l’une, située à gauche et en arrière, est petite, rouge, à surface irrégulière et fongueuse ; l’autre, située à droite, est large, plus plate, grisâtre, fendillée et suintante.

Ces plaques muqueuses, très caractéristiques par elles-mêmes, constituent des accidents secondaires de la syphilis.

Conclusion :

1° Eugénie G... n’est pas déflorée ;

2° Elle est atteinte d’accidents secondaires de la syphilis.

La nommée Jeanne P..., veuve C..., est âgée de Sg ans ; elle a eu cinq grossesses. Santé bonne habituellement.

Elle s’est sentie malade en juillet 1890; elle était fatiguée, anémiée et souffrait fréquemment de douleurs de tête ; à cette époque elle a perdu ses cheveux. Elle n’a jamais remarqué de roséole. Actuellement, pas d’alopécie.

Les lèvres, la bouche, la langue et le pharynx sont intacts.

Pas d’adénopathie cervicale postérieure.

Pas d’éruptions, pas de taches sur le corps.

Légère adénopathie inguinale des deux côtés ; de petits ganglions roulent sous le doigt, indolents.

Au pourtour de l’anus nous constatons, en dehors de saillies hémorrhoïdales, deux plaques muqueuses assez épaisses et fendillées, grisâtres et suppurantes.

Les organes génitaux sont sains ; pas de lésions des grandes et petites lèvres, du clitoris, de la muqueuse vulvaire ; l’observation la plus minutieuse ne nous fait pas découvrir la moindre cicatrice. L examen au spéculum révèle également l’intégrité du vagin et du col utérin.

Somme toute, les plaques muqueuses constatées à l’anus constituent actuellement chez la veuve C... l’unique lésion, mais caractéristique de la syphilis constitutionnelle ; elles offrent les mêmes caractères que celles observées sur sa fille.

Conclusion :

La veuve C... est atteinte d’accidents secondaires de la syphilis.

l5o \TOLS ET ATTENTATS A LA PUDEUR

in

Le sieur H... Pierre, 44 ans, maçon, nous affirme qu’il n’a jamais eu de maladie vénérienne ou syphilitique.

Nous constatons l’intégrité absolue de la bouche, des lèvres, de la langue, de l’arrière-gorge.

Le corps est net et saïn. Pas d’alopécie.

Verge très longue. Pas de signes de syphilis, ni de cicatrices anciennes sur le gland ou le prépuce. Pas d’hyperémie du méat urinaire, pas d’uréthrite.

Pas la moindre trace syphilitique sur le scrotum.

Quelques rares ganglions, petits et indolents, dans les aines.

Anus intact : pas de déformation infundibuliforme ; pas d’effacement des plis radiés ; pas la moindre cicatrice; pas la moindre tache, tranchant par sa coloration moins foncée, sur les parties voisines.

Malgré ces résultats négatifs, nous avons procédé ultérieurement à deux autres.visites, le 20 avril et le i®' mai; chez un syphilisé, certains accidents secondaires — comme les plaques muqueuses, notamment celles de la bouche et de la gorge — peuvent disparaître et se reproduire à un autre moment. Nos constatations ont été les mêmes. L’inculpé ne nous paraît donc pas pouvoir être considéré comme l’auteur de la transmission de la syphilis à la veuve C... et à sa fille.

Conclusion :

Le sieur H... ne porte pas de traces, anciennes ou récentes, de syphilis.

Obs. XXV, — Attentat à la pudeur commis par une femme sur un petit garçon.

Uréthrite et balano-posthite.

Visite, le ii octobre 1874, du jeune enfant Aimé C..., qui aurait été victime, le 2 du même mois, d’un attentat commis par la femme E..., âgée de 3 o ans.

C’est la mère qui a porté plainte ; elle avait confié pendant une heure son petit garçon, âgé de 4 ans, à la femme E... ; elle affirme que son fils n’était précédemment atteint d’aucune maladie et qu’elle ne lui connaissait pas d’habitudes vicieuses. A son retour, l’enfant présentait un paraphimosis, qu’un médecin réduisit de suite, et deux jours après survenait un écoulement.

Lejeune Aimé C..., âgé de 4 ans, est d’une taille moyenne et d’assez bonne constitution ; pas de signes de lymphatisme ou de scrofule.

Les parties génitales sont bien conformées, sans développement précoce. Le gland est recouvert par le prépuce, légèrement tuméfié et sensible au toucher ; la pression sur la verge donne issue, par l’orifice préputial, à un écoulement jaunâtre, assez abondant, cet orifice n’est pas étroit, mais il faut cependant le forcer un peu pour découvrir le gland.

52 ™ls et attentats a la pudeur

La chemise de l’enfant est maculée de nombreuses taches jaunâtres, quelques-unes verdâtres.

Le ventre n’est pas douloureux ; les aines ne sont ni gonflées, ni sensibles. La miction a été très douloureuse et s’accompagne encore d’une sensation de cuisson dont l’enfant se plaint.

Si l’on découvre doucement l’extrémité du gland par le renversement du prépuce en arrière, la muqueuse préputiale apparaît rouge et offre sur quelques points des exulcérations superficielles, de simples exfoliations épithéliales. La muqueuse du gland est également rouge, surtout au niveau de son collet.

Les lèvres du méat urinaire sont tuméfiées et une faible pression sur le canal de l’urèthre en fait sourdre un liquide jaunâtre, du muco-pus.

Ce sont là les symptômes d’une uréthrite et d’une balano-posthite aiguës.

Nous avons revu l’enfant le 17 octobre; la balanoposthite est à peu près guérie ; quelques rougeurs persistent encore sur la muqueuse du prépuce. L’écoulement uréthral n’est pas guéri, mais il est muqueux et peu abondant.

Comment expliquer l’uréthrite et la balano-posthite du jeune C... ? Quelle en a été la cause, spontanée ou traumatique?

Rien ne démontre une prédisposition morbide spéciale, herpétique ou scrofuleuse.

Faut-il incriminer des habitudes d’onanisme?

Le paraphimosis est souvent chez les enfants le fait de mauvaises habitudes ou de la curiosité qui les conduisent à découvrir le gland et la balano-posthite peut être la conséquence de la masturbation. Mais nous ne constatons pas chez ce petit garçon, qui n’a d’ailleurs que quatre ans, les signes habituels de ce vice : teint pâle, yeux cernés, figure fatiguée, parties sexuelles développées.

Si noûs n’étions en présence que de la balanoposthite, notre conclusion serait très réservée, car — en dehors même de l’onanisme — des balanites se développent souvent spontanément chez les petits garçons comme des vulvites chez les jeunes filles ; le défaut de soins suffit pour les déterminer et, quelle qu’en soit la cause, il est très difficile de préciser si une balano-posthite est spontanée ou traumatique.

Mais l’enfant a en outre de Turéthrite — inflammation simple, selon toutes probabilités non blennorrhagique, car son acuité n’a pas été de longue durée. Doit-on l’attribuer à des attouchements violents pratiqués par une main étrangère ? Le paraphimosis et l’inflammation, constatée encore neuf jours après l’attentat présumé, nous portent à l’admettre ; on comprend difficilement, de la part de l’enfant, des habitudes d’onanisme poussées au point de provoquer une uréthrite.

L’inflammation préputiale et glandairc s’est-elle propage simplement à la muqueuse de l’urèthre ?

l54 VIOLS ET ATTENTATS

LA PUDEUR

Une contagion accidentelle, notamment par le contact direct des mains (la femme E... était atteinte de leucorrhée), a-t-elle pu la provoquer ? Il suffit que d’autres causes soient admissibles, bien que peu probables, pour que nous n’affirmions pas d’une façon absolue et sans restriction des manœuvres de masturbation.

Aussi nous concluons :

1° L’enfant Aimé G... est atteint d’uréthrite et de balano-posthite aiguës ;

2® Cette double inflammation peut remonter parfaitement aux premiers jours d’octobre ;

3 ® Elle n’est pas expliquée par une prédisposition morbide spéciale ou par des habitudes d’onanisme ;

4 ® Elle est vraisemblablement le résultat de manœuvres pratiquées sur la verge.

Obs. XXVI. — Attentat à la pudeur. Cicatrices à l’aine gauche. Identité.

Visite de Th..., à l’effet de « faire connaître la conformation de ses organes génitaux et de dire s’il présente des signes particuliers ».

Th..., âgé de 42 ans ; bonne constitution.

Les parties sexuelles sont normalement conformées et ne présentent, ni dans leur disposition, ni dans leur volume, de caractères exceptionnels. Le gland, recouvert par le prépuce, et le pénis, de forme cylindroïde, ont une dimension moyenne. Les bourses

n’offrent rien de particulier à noter. En somme, les organes génitaux ne sont ni plus ni moins développés que ne le comportent l’âge et la constitution de

Th...

Mais, si nous n’avons pas remarqué de particularités sur les organes génitaux, il n’en est pas de même dans les parties avoisinantes. L’inculpé porte à l’aine gauche, s’irradiant sur l’abdomen et sur la face interne de la cuisse correspondante, de larges traces cicatricielles, irrégulières, retractées et plissant la peau, analogues à celles que laissent les brûlures. Th... nous fait connaître qu’il fut atteint, dans cette région, à l’âge de 22 ans, d’un abcès ouvert par un caustique, la pâte de Vienne ; soit que les parties voisines n’aient pas été protégées, soit que l’application du caustique ait été trop prolongée ou mal surveillée, il en est résulté de vastes eschares dont la cicatrisation a mis deux ans à se faire complètement.

Aujourd’hui, et c’est ce qui nous intéresse, comme signe d’identité, il existe des cicatrices indélébiles et très accusées :

1“ Au pli de Taine, formant à sa partie inférieure des brides fibreuses ;

2“ A la paroi gauche de l’abdomen, sur une hauteur de sept centimètres environ ;

3 “ A la partie supérieure et interne de la cuisse gauche, sur une longueur de quinze centimètres.

VIOLS

ATTENTATS

LA PUDEUR

Conclusions :

1° Th... ne présente pas, dans la conformation et les dimensions des organes sexuels, de caractères significatifs et exceptionnels ;

2“ Mais il porte, à la région de l’aine gauche, de larges, anciennes et indélébiles cicatrices.

Obs. XXVIII. — Attentats à la pudeur.

Allégation d’impuissance. Diabète.

Nous soussignés, docteur Bousseau, médecin à Cholet, docteur Jagot, professeur suppléant à l’École de médecine d’Angers, et docteur Legludic, directeur de l’École de médecine et de pharmacie d’Angers, commis... à l’effet de procéder à l’examen du nommé Z..., prévenu d’attentats à la pudeur, et de dire :

« S’il est dans un état d’impuissance qui ne lui permet pas d’avoir des relations sexuelles ;

« A quelle daté, en cas d’affirmative, remonterait cet état » ;

Avons, le 8 juillet i 89 i..., et serment préalablement prêté, procédé à l’examen nécessaire.

La réquisition du magistrat instructeur dit : « Le prévenu allègue qu’il est impuissant et qu’il n’a pu, en conséquence, commettre les attentats à la pudeur qui lui sont reprochés ».

M. Z... nous a fait la même déclaration, ajoutant qu’il est diabétique depuis plusieurs années et que, dès le début de cette maladie, dont il ne peut

exactement préciser la date, il est devenu impuissant.

Le diabète chez M. Z... est certain; dans notre premier rapport du 8 juillet, nous l’avons déclaré, après analyse des urines.

Or, quelle est l’influence du diabète sur le sens génésique? L’impuissance est un symptôme fréquent, presque constant dans les périodes ultimes de la maladie, s’observant parfois comme manifestation de début et longtemps avant la cachexie diabétique ; mais ce qu’il importe de noter et ce qui ne peut être mis en doute, c’est qu’il est des cas, si peu fréquents qu’ils puissent être, dans lesquels l’érection persiste.

De plus, en admettant l’inaptitude à remplir la fonction sexuelle, il n’en faut pas forcément conclure qu’il y a en même temps perte de l’appétit génésique. Les passions ne sont pas toujours éteintes, ni les désirs vénériens abolis ; et si les rapports sexuels réguliers sont devenus impossibles, il est d’autres manœuvres et attouchements « auxquels — selon l’expression de Tardieu — l’impuissance la plus caractérisée ne peut faire obstacle ».

Ceci dit, examinons le cas particulier qui nous est soumis. M. Z..., diabétique, est-il impuissant?

M. Z... est un homme de 67 ans, de taille moyenne, très gras et qui présente particulièrement un développement abdominal considérable. 11 a une barbe très longue et une chevelure abondante à peine gri-

VIOLS ET attentats A LA PUDEUR

sonnante. Il est graveleux et diabétique ; la gravelle est légère et le diabète, plus sérieux, ne présente pas de complications graves. Il a bon appétit, mange beaucoup et, malgré cela, se dit très faible ; il parle bas, mais n’offre pas d’aphonie. Les grandes fonctions organiques s’exécutent convenablement.

Les testicules sont volumineux et, du côté gauche, l’épididyme est le siège d’une induration chronique ; la verge est de dimension moyenne, mais bien saillante et présente une fermeté qu’on ne rencontre pas toujours chez un homme de cet âge ; le prépuce recouvre le gland, a son orifice un peu rétréci et offre un léger gonflement et quelques érosions superficielles de la muqueuse, dûs à une irritation que les urines sucrées produisent fréquemment.

De cet examen que ressort-il? L’absence de signes généraux et locaux attestant l’impuissance. M. Z... n’est pas arrivé à la période cachectique du diabète, qui la détermine sûrement, et les symptômes locaux, sur lesquels sont généralement basées des conclusions positives dans des expertises de ce genre font absolument défaut.

Il est vrai que l’impuissance est parfois un symptôme de début du diabète et M. Z... nous a déclaré que, depuis plusieurs années, sept à huit peut-être, il n’a plus d’érections, pour nous servir de son expression , « de roideurs de verge ». Mais si l’impuissance est complète depuis longues années, elle

aurait dû vraisemblablement déterminer dans les organes sexuels des modifications atrophiques en rapport avec le repos. prolongé d’une fonction disparue; or, nous n’avons rien constaté; la verge n’est pas petite et faible, les parties génitales ne sont pas flétries et flasques.

En résumé, l’exploration n’a pas donné de résultat. Loin de nous la pensée de dire — en présence d’un diabète établi — que M. Z... a conservé sa puissance génitale ; mais, en nous appuyant sur l’examen général.et local, nous pouvons légitimer ment affirmer que rien ne démontre qu’il l’ait perdue.

Et nous concluons :

L’impuissance, alléguée par M. Z..., n’est nullement démontrée.

Obs. XXVIII. — Examen de taches de sperme.

Examen, le 29 juin 1876, sur la réquisition de M. le Commissaire de police du arrondissement d’Angers, de la chemise de la nommée S... « à l’effet de faire connaître la nature des taches qu’on y remarque ».

Nous constatons sur le devant de la chemise plusieurs taches, de dimensions variées, échelonnées les unes au-dessus des autres, inégalement distantes, et dont quatre sont plus particulièrement apparentes. La première tache est à 55 millimètres au-dessus du

VIOLS ET ATTENTATS A LA PUDEUR

bord inférieur de la chemise; elle est petite et mesure un centimètre de hauteur sur 26 millimètres de largeur. La deuxième, située à 45 millimètres au-dessus de la précédente, offre comme dimensions 3 centimètres de diamètre. La troisième se remarque à 35 millimètres au-dessus, est plus large, mesure 6 centimètres dans sa plus grande largeur et 8 centimètres en hauteur, et se continue par une partie plus rétrécie et sans ligne de démarcation avec une quatrième tache, très large aussi, et présentant 8 centimètres dans sa plus grande largeur et 10 centimètres en hauteur.

Ces quatre taches offrent des caractères physiques analogues ; leur coloration est d’un gris jaunâtre ; leur circonférence est onduleuse, à contours sinueux et irréguliers, mais nettement accusés et plus teintés que le centre; la chemise a, sur ces points, acquis une consistance plus grande, a plus de roideur et paraît comme empesée. En un mot ces taches présentent, comme caractères physiques, une grande ressemblance avec les taches spermatiques.

Mais l’aspect extérieur d’une tache n’autorise jamais une conclusion affirmative; l’examen microscopique seul peut en révéler la nature, en décelant la présence des éléments caractéristiques du sperme : les spermatozoïdes.

Dans ce but, nous avons coupé avec des ciseaux, sur les deuxième, troisième et quatrième taches ci-

dessus décrites, trois petites bandelettes d’un centimètre de largeur environ et assez longues pour porter la tache sur leur milieu et offrir leurs extrémités intactes ; ensuite nous avons fait tremper l’un des bouts dans un verre de montre contenant de l’eau distillée, en disposant la lanière de manière à l’y plonger jusqu’au voisinage de la tache, celle-ci étant laissée hors de l’eau. Bientôt le liquide s’est élevé par capillarité dans le tissu, a imbibé les taches et les a gonflées.

A plusieurs reprises, après imbibition plus ou moins prolongée de ces taches et variant comme durée d’une demi-heure à heures, nous avons raclé légèrement les bandelettes à l’aide d’un scalpel et porté la matière ainsi enlevée sur la lame porteobjet du microscope, que nous avons recouverte d’une mince lame de verre. Les préparations furent examinées plusieurs fois à un grossissement de 5 oo D. environ.

Au milieu de filaments provenant du tissu et détachés par le raclage, de granulations de dimensions, âe forme et de coloration variées, nous avons nettement distingué des spermatozoïdes, quelques-uns entiers, avec le renflement de la tête et leur queue ténue et effilée — mais le plus grand nombre brisés, des fragments disséminés de têtes ou de queues très reconnaissables à leur forme et à leur aspect.

D’où nous concluons :

VIOLS

attentats a la pudeur

Les taches que nous avons examinées sur la chemise de S... sont des taches de sperme.

Obs. XXIX. — Examen de taches de sperme.

Nous.

Commis par M. le Juge d’instruction d’Angers à l’effet d’exécuter la commission rogatoire de M. le Juge d’instruction de Segré, d’examiner une chemise et de « rechercher si cette chemise porte des taches de sperme », avons, serment préalablement prêté, procédé, le 7 juillet i 883 et jours suivants, aux opérations nécessaires.

La chemise est une chemise de femme, en toile grise ; nous l’avons reçue dans un paquet en fort papier gris, ficelé et scellé par quatre cachets de cire rouge portant l’empreinte du sceau du Tribunal de i"'® instance de Segré. Les scellés étaient intacts.

Le bas de la chemise présente :

1° A la face externe de la partie postérieure — de nombreuses taches grisâtres, de nuance plus foncée sur les bords, sinueuses, à contours irréguliers rappelant une carte géographique, empesant fortement le linge ; on les trouve à huit centimètres du bord inférieur de la chemise, vers la partie médiane, disséminées sur une surface mesurant i 5 centimètres de hauteur et 20 de largeur environ ; quatre sont larges et apparentes ; les autres sont petites, assez nombreuses; nous en comptons une douzaine environ.

2° A la face interne de la partie postérieure — des taches de même nature, mais plus difficiles à distinguer ; la chemise offre en effet sur cette face d’autres taches, les unes jaunâtres, les autres brunâtres, d’origines diverses, urineuse et fécaloïde ; sur ce fond jaunâtre sale, on reconnaît cependant quelques plaques grisâtres, offrant les mêmes caractères physiques que celles décrites à la face externe ; trois surtout plus distinctes, grisâtres, empèsent fortement le linge et, comme situation, correspondent exactement à celles de la face externe.

Nous y coupons quatre bandelettes, choisies de préférence sur les points les plus empesés et les plus imprégnés.

3 “ A la face externe de la partie antérieure — de larges taches jaunâtres, assez mal délimitées, donnant cependant au linge une certaine consistance.

4 ° A la face interne de la partie antérieure — une large surface salie, jaunâtre sur plusieurs points, brunâtre sur d’autres, offrant par endroits quelques taches plus grisâtres et donnant au linge une certaine roideur.

Sur une de ces taches, nous coupons une bandelette.

Nous ne nous arrêterons pas aux caractères physiques des taches ci-dessus décrites, malgré leur analogie avec des taches spermatiques; car, quelle que soit leur netteté, ils ne permettent jamais de formuler

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une conclusion affirmative. C’est l’examen histologique — et l’examen histologique seul — qui peut fournir des indications certaines, irréfutables, en révélant la présence où l’absence des éléments caractéristiques du sperme : les spermatozoïdes.

C’est pour cet examen que nous avons coupé cinq bandelettes de 6 à 8 millimètres de largeur environ et assez longues pour porter la tache sur une partie de leur longueur et offrir une extrémité intacte. Nous avons fait tremper le bout intact dans un verre de montre contenant de l’eau distillée, en disposant la lanière de manière à l’y plonger jusqu’au voisinage de la tache, celle-ci étant laissée hors de l’eau. Bientôt le liquide s’est élevé par capillarité dans le tissu, a imbibé les taches et les a gonflées.

A nombreuses reprises, après imbibition plus ou moins prolongée et variant comme durée d’une heure à 48 heures, nous avons raclé les bandelettes à l’aide d’un scalpel et porté la matière ainsi enlevée sur la lame porte-objet du microscope, que nous avions préalablement recouverte d’une mince lame de verre. Cela fait, les préparations furent examinées plusieurs fois et avec soin à un grossissement de 5 oo diamètres environ.

Dans tous nos examens successifs, nous n’avons jamais distingué de spermatozoïdes entiers ; au milieu de filaments provenant du tissu et détachés par le raclage — de granulations de dimensions, de

OBSERVATrONS

forme et de coloration variées — de petites écailles roussâtres, irrégulières de forme et produites par le mucus vaginal, nous avons trouvé des granulations arrondies, très réfringentes, ressemblant à la tête des spermatozoïdes et des filaments linéaires ressemblant à la queue.

En présence de ces résultats incomplets, nous avons recommencé des expériences suivant un autre procédé.

Prenant sur ces mêmes bandelettes un petit carré de tissu, nous avons placé ces cinq petits carrés dans cinq verres de montre, sous des cloches de verre, et les avons imbibés d’eau distillée ; après une macération de durée très variable, 2 heures, 4 heures, 12, 24 et même 48 heures, nous avons procédé de deux façons différentes.

Les uns ont été raclés sur les deux faces avec un scalpel et le produit de ce raclage, porté sur la lame de verre, a été mélangé avec une goutte de glycérine chargée d’éosine à o, 5 o p. 100, — puis recouvert d’une lamelle.

Les autres ont été dissociés avec l’extrémité d’une aiguille, puis effilés brin à brin ; chacun de ces brins a été divisé en fibrilles ; à ces préparations nous avons ajouté une goutte de glycérine chargée d’éosine et recouvert le tout d’une lamelle de verre.

L’éosine colore vivement les spermatozoïdes, la tête en rouge carminé et la queue en rose ; c’est

VIOLS ET ATTENTATS

LA PUDEUR

un excellent réactif qui les rend beaucoup plus apparents.

Ces diverses expériences ne nous ont donné que des résultats négatifs pour la bandelette coupée sur la partie antérieure de la chemise ; mais elles nous ont permis de constater avec évidence la présence de spermatozoïdes sur les bandelettes détachées de la partie postérieure de la chemise. Non seulement nous avons reconnu des débris isolés, des têtes et des queues, mais nous avons trouvé des spermatozoïdes entiers, avec leur tête ovalaire colorée en rouge et leur queue teinte en rose. Les uns étaient complètement libres, les autres étaient réunis en petits groupes et accolés aux fibrilles végétales.

D’où nous concluons :

La chemise, soumise à notre examen, porte des taches de sperme à la partie postérieure.

OUTRAGES PUBLICS A LA PUDEUR

Le médecin légiste n’est pas toujours consulté pour les actes attentatoires à la pudeur, commis dans un endroit public ou dans un lieu accessible à la vue du public, par intention ou négligence ; les faits de ce genre n’ont pas besoin du contrôle médical ; ils se sont passés nécessairement devant des témoins et les preuves ressortent des témoignages mêmes. Mais s’il n’a pas à intervenir pour établir les faits ou gestes qui constituent l’outrage public à la pudeur, il est parfois appelé à se prononcer sur leur nature et leur gravité, sur les excuses que l’accusé ou sa famille présentent, à déterminer s’ils peuvent être la conséquence d’une maladie ou infirmité locale ou le résultat d’un dérangement intellectuel.

J’ai eu à donner mon avis dans six affaires ; il s’agissait d’examiner l’état mental des inculpés et de rechercher s’ils étaient ou non responsables des actes impudiques commis ; deux imbéciles ont été trouvés sur la voie publique dans un état de nudité à peu près complète; un idiot et un épileptique ont mis à découvert leurs organes sexuels ; dans deux

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