II. R..., âgé de 18 ans, marchand de fruits, est
d’une constitution délicate et affaiblie, il est convalescent d’une fièvre typhoïde et vient de passer deux mois à l’hôpital.
Le pénis est un peu allongé, mais sans torsion.
Les fesses sont flasques. Pas d’infundibulum anal, ni d’effacement des plis. Le sphincter est lâche et ne serre que faiblement le doigt introduit dans l’anus.
En somme les organes génitaux et l’anus n’offrent pas de modifications caractéristiques de sodomie ; le pénis et le gland sont bien un peu allongés et amincis, mais cette disposition n’autorise pas une conclusion d’habitudes actives. Quant à la flaccidité des fesses et au relâchement du sphincter, ces phénomènes s’expliquent par la maladie récente qui a affaibli ce jeune homme et ne sauraient être considérés comme des signes affirmatifs de pédérastie passive.
11 importe, d’ailleurs, de noter que ces habitudes vicieuses peuvent exister sans laisser leur empreinte dans la conformation physique.
En résumé, nous concluons :
R... ne porte pas de traces certaines d’habitudes de pédérastie active ou passive.
Obs. XXXIV. — Pédérastie. Habitudes passives évidentes. Habitudes actives possibles.
F..., iq ans, employé de bureau, est visité le 17 mai 1876.
PÉDÉRASTIE
Son attitude et ses g-estes ont quelque chose d’efféminé qui attire l’attention ; figure imberbe ; teint blême; visage flétri. Il est bien peigné, pommadé, parfumé ; sa mise est soignée et ses vêtements serrés mettent en relief les formes du corps; il est maniéré; on pourrait presque dire qu’il fait le coquet.
Assez bonne constitution.
Prié de se déshabiller, il prend spontanément la position la plus favorable à l’examen.
Pas de développement exagéré des fesses.
Lorsqu’on les écarte, l’anus apparaît enfoncé et entr’ouvert à l’extrémité d’un large et profond infundibulum, constitué dans sa portion évasée par la dépression des masses musculaires des fesses et se prolongeant, sans ligne de démarcation, au travers du sphincter, jusqu’au rectum dont la muqueuse est congestionnée.
Plus de plis radiés ; ils sont complètement effacés. La simple inspection de la région anale démontre le relâchement considérable du sphincter, dont l’insuffisance laisse passer les gaz intestinaux et même quelques matières fécales. Pas n’est besoin d’écarter beaucoup les fesses pour constater la dilatation insolite de l’orifice anal.
Le toucher rectal complète le diagnostic; pas la moindre résistance au doigt qui y pénètre ; les contractions intermittentes du sphincter n’exercent qu’une constriction imparfaite et de courte durée.
Ces différents caractères ne peuvent laisser de doute sur les habitudes passives de sodomie.
Le pénis est long-, un peu grêle; un prépuce étroit recouvre un gland petit et effilé ; le membre viril est tordu de gauche à droite et le méat urinaire est dirigé obliquement. Légère balanite.
Nous ne voudrions pas, sur ces signes, affirmer des habitudes actives de sodomie; tels qu’ils sont, ils permettent du moins d’en admettre la possibilité.
En résumé, nous concluons :
I® F... porte des traces évidentes d’habitudes passives de pédérastie ;
2° Des habitudes actives de pédérastie sont possibles.
Obs. XXXV. — Habitudes passives de pédérastie. Signes caractéristiques.