V..., 47 ans, perruquier, examiné le i 5 juin
Assez bonne constitution.
Les fesses sont très développées et si rapprochées l’une de l’autre qu’elles forment une masse sphérique ; légère flaccidité.
En les écartant, on n’observe qu’un petit infundibulum anal, formé uniquement au niveau et aux dépens du sphincter. Mais la muqueuse anale présente un boursouflement considérable, des replis saillants, des excroissances que l’on peut saisir avec les doigts et qui simulent des petites lèvres.
PÉDÉRASTIE
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Les plis sont à peine sensibles.
Le sphincter offre un relâchement manifeste et la dilatation de l’orifice anal est appréciable à la vue comme au toucher. L’introduction du doigt indicateur se fait sans aucune difficulté et le doigt se déplace sans éprouver la moindre constriction. Le sphincter est sans relief et sans contractilité. Toute contraction énergique et soutenue est impossible de la part de l’inculpé.
Le pénis est petit, grêle ; gland conique, en partie recouvert par le prépuce, sans élongation ni torsion. Pas le moindre signe d’habitudes actives de pédérastie. V..., d’ailleurs, affirme qu’il n’a plus d’érections depuis sept années.
De cet examen, nous concluons :
V... présente des signes caractéristiques d’habitudes passives de pédérastie.
Obs. XXXVI. — Habitudes très probables de pédérastie passive.
Visite, le 9 décembre 1876, de L..., âgé de 27 ans, forgeron.
L... est d’une bonne constitution; il a été, dit-il, atteint, en septembre 1871, d’une dysenterie grave qui a duré deux mois.
En écartant les fesses dont le développement est normal, nous constatons que l’anus est un peu enfoncé ; mais il n’a pas de déformation infundibuli-
forme caractéristique. Les plis existent, peu nombreux, plutôt légèrement boursouflés qu’effacés et, quand on écarte les bords de l’anus, ils se déplissent complètement et il se produit, aux dépens et au niveau du sphincter, un infundibulum limité exclusivement par la muqueuse anale.
Le sphincter est manifestement relâché; ce relâchement est appréciable à la simple inspection ; si l’on presse sur les bords de l’anus, le sphincter laisse échapper des gaz, s’entr’ouvre, et on aperçoit le rectum. L’anus offre assurément une dilatation insolite, surtout visible lorsqu’on exerce une traction transversale sur ces parties ; le doigt pénètre sans la moindre difficulté, sans éprouver de résistance. L... se plaint que cette introduction lui cause de la douleur ; nous ne le croyons en aucune façon ; la laxité du muscle ne permet pas d’accepter comme vraie cette observation. Le sphincter a perdu une grande partie de sa contractilité ; nous invitons L... à serrer autant que possible notre doigt introduit dans le rectum et le sphincter est impuissant à exercer sur lui une constriction notable.
Le relâchement du sphincter est toujours un signe important d’habitudes passives de sodomie et, si l’intestin n’avait pas été atteint antérieurement d’une dysenterie, nous n’hésiterions pas à affirmer de la façon la plus expresse la pédérastie passive. Est-ce à dire que la dysenterie a pu produire, seule, la dila-
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talion anale ci-dessus décrite? Nous ne le pensons pas. Assurément cette maladie affaiblit la contractilité du sphincter, pendant sa durée surtout ; mais elle remonte déjà à quatre années et nous estimons que ce muscle aurait dû recouvrer une énergie contractile plus marquée. Tout en accordant que la dysenterie a pu contribuer dans une certaine mesure à la dilatation anale, nous ne croyons pas qu’elle en soit la cause principale. Néanmoins, en présence des modifications qu’elle a pu déterminer dans la région anale, nous ne formulerons pas une conclusion rigoureuse ; mais si nous apportons quelque réserve dans notre appréciation, si nous n’acceptons pas comme certaines des habitudes passives de pédérastie, nous les considérons comme très probables.
Le pénis ne présente pas de signes de pédérastie active; pas de développement exagéré ni d’élongation du pénis ; pas de conicité du gland.
Conclusion :
L... porte des traces très probables d’habitudes passives de pédérastie.
Obs. XXXVII. — Habitudes passives de pédérastie.
T..., 29 ans, garçon d’hôtel, visité le 12 juin 1874. Avant tout examen, il nous déclare qu’il est atteint de constipation opiniâtre et qu’il fait un fréquent usage de purgatifs.
Bonne constitution.
Fesses saillantes et fermes, que l’inculpé contracte fortement. En les écartant, on constate — nettement accusée — une déformation infundibuliforme de l’anus ; l’entonnoir est caractéristique ; circonscrit dans sa partie la plus évasée parle rebord des fesses, il se continue, lisse et poli, à travers l’orifice anal refoulé, au niveau et aux dépens du sphincter.
Rougeur érythémateuse du pourtour de l’anus.
Les plis radiés sont effacés complètement.
Le sphincter est relâché et l’ouverture anale élargie. La simple inspection, sans exercer même une forte pression tran.sversale sur les fesses, suffit pour constater ce relâchement ; le toucher le confirme. Malgré des efforts visibles de constriction, le doigt pénètre avec la plus grande facilité dans le rectum, sans la moindre résistance.
Le pénis n’offre rien de particulier ; il est assez volumineux, sans torsion. Le gland est découvert.
Conclusion :
T... portes des traces manifestes d’habitudes passives de pédérastie.
Obs. XXXVIII. — Habitudes probables de pédérastie passive,
R..., âgé de i 3 ans, apprenti coiffeur, est de constitution moyenne; il nous déclare qu’il a fréquemment des vers intestinaux et qu’il a l’habitude
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de se mettre les doigts dans l’anus pour les expulser.
Les organes génitaux sont peu développés et sans déformation.
L’anus est enfoncé et présente une légère disposition infundibuliforme, qui s’accuse davantage lorsqu’on écarte les . fesses et se prolonge jusqu’au sphincter interne.
Les plis, peu saillants, ne sont pas cependant assez effacés pour constituer un signe important.
Le sphincter offre un relâchement notable ; le doigt pénètre facilement dans le rectum, sans éprouver de résistance ni de constriction sérieuse. Assurément la contractilité du muscle n’est pas épuisée, mais elle est affaiblie.
Si chaque signe, pris isolément, n’est pas assez marqué pour autoriser une conclusion affirmative et sans restrictions d’habitudes passives, — réunis ensemble, ils en laissent admettre la probabilité. Certes l’introduction répétée dans l’anus d’un corps dur et volumineux comme le doigt pourrait déterminer des modifications analogues à celles que la sodomie produit et la déclaration de R..., si elle était démontrée vraie, commanderait une plus grande réserve. Mais n’est-elle pas seulement un moyen de défense? Avant tout examen et toute question, il prend soin de nous prévenir.
Aussi, SOUS le bénéfice de ces observations, nous concluons :
R... porte des traces probables d’habitudes passives de pédérastie.
Obs. XXXIX. — Violences sodomiques sur un enfant. Syphilis secondaire.
Visite, le 27 juin 1877, de l’enfant G..., âgé de 3 ans, à l’effet « de dire s’il a été victime d’attentats à la pudeur et si une maladie vénérienne lui a été communiquée ».
Jules G..., âgé de 3 ans, est de bonne constitution.
Adénopathie cervicale postérieure et sous-maxillaire.
Sur la langue existent des plaques muqueuses opalines, peu saillantes, situées sur la face supérieure et sur les bords, offrant une forme ovalaire à grand diamètre antéro-postérieur et légèrement sinueuses à la périphérie.
Pas de lésions semblables sur les amygdales et le voile du palais.
Suivant le récit de la mère, ces plaques linguales datent à peine d’une année.
Le corps ne porte pas de traces anciennes ou récentes de syphilis.
Les organes génitaux sont sains. Les ganglions de l’aine ne sont pas engorgés.
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Mais l’anus est entouré de plaques muqueuses, saillantes, quelques-unes fissurées, un peu saignantes, plus larges et épaisses sur les parties latérales ; rougeur érythémateuse péri-anale, sur une largeur de deux centimètres.
De plus, l’anus offre une disposition infundibuliforme assez marquée; il est enfoncé et l’entonnoir se prolonge à travers l’orifice anal jusqu’au sphincter refoulé.
Les plis radiés sont en partie masqués par les plaques muqueuses et sur quelques points paraissent effacés.
Le sphincter est lâche et dilatable; l’index pénètre facilement, mais éprouve cependant une résistance de moyenne intensité.
De cet examen il résulte que G... présente des signes de syphilis secondaire et une déformation infundibuliforme de l’anus.
Deux questions se posent :
1° La syphilis est-elle héréditaire ou acquise?
2“ La déformation anale est-elle le résultat de violences contre nature ?
En ce qui concerne la syphilis, nous pensons qu’elle est plutôt accidentelle que congénitale. Les renseignements fournis parla mère nous apprennent que les plaques muqueuses de la langue existent au plus depuis un an et celles de l’anus depuis trois mois ; du moins elle ne s’en est aperçue qu’à cette
époque, à la suite d’une diarrhée qui avait duré une quinzaine de jours.
Les observations maternelles sont-elles exactes ? Nous ne savons. En les supposant telles, nous signalons que c’est en général du premier au troisième mois de la vie extra-utérine que la syphilis héréditaire se manifeste, qu’elle apparaît rarement au delà du troisième mois, et d’autant plus rarement qu’on s’éloigne davantage de cette époque. Une année peut être considérée comme la limite extrême de cette apparition et on doit n’accepter qu’avec les plus grands doutes les faits de syphilis qui se développeraient une ou plusieurs années après la naissance.
Or, rien ne démontre que G... soit venu au monde dans de mauvaises conditions de santé et que les premiers mois ou la première année de sa vie aient été marqués par des accidents syphilitiques. Nous ne constatons pas de déformations crâniennes ou nasales, ni d’altérations dentaires.
Certes, les renseignements donnés par la mère — que rien ne fait suspecter, mais dont nous ne pouvons contrôler l’exactitude — ne doivent être accueillis qu’avec une certaine réserve et n’autorisent pas une conclusion absolue.
Mais l’examen des lésions nous porte à admettre, selon toutes probabilités, l’origine accidentelle de la syphilis de cet enfant.
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Comment s’est-elle produite? Une réponse ferme est difficile.
Elle-elle le résultat d’un contagion médiate, au moyen de verres à boire, de cuillers ou de fourchettes, d’ustensiles qui — dans les ménages pauvres — servent successivement aux usages de chacun? La communauté des objets usuels est parfois une cause d’inoculation.
Est-elle le résultat d’une contagion immédiate, c’est-à-dire la suite d’un contact direct entre un syphilitique et cet enfant sain? C’est possible. Quelle a été la porte d’entrée ? Nous ne pouvons le dire. Y a-t-il eu transformation in situ d’un chancre anal en plaques muqueuses ?
Certes, des attentats contre nature, commis par un syphilitique, peuvent déterminer la syphilis à la région anale.
Chez l’enfant G..., la déformation infundibuliforme de l’anus permet assurément d’admettre la possibilité de ce mode de contagion, mais ne le démontre pas — car les plaques muqueuses se développent souvent dans cette région sans inoculation directe.
Quant à l’infundibulum anal, est-il le résultat de l’évolution des plaques muqueuses? Nous ne le croyons pas. Sans nier qu’elles aient pu contribuer dans une certaine mesure à sa formation, qu’en outre une diarrhée de quinze jours ait pu provoquer un relâ-
chement du sphincter, nous ne pouvons admettre que ces deux causes aient été capables de produire seules la disposition en cornet que nous avons observée.
Il ne nous paraît donc pas impossible que des attouchements contre nature aient amené le refoulement de l’anus, l’infundibulum, le léger effacement des plis ; il n’entre pas dans notre pensée de dire que les violences sodomiques ont été complètes, que l’intromission du pénis dans le rectum s’est effectuée entièrement; mais il est possible que des frottements répétés, des pressions exercées, des tentatives d’intromission aient déterminé la déformation anale.
Si les signes ne sont pas assez caractérisés pour autoriser une affirmation absolue de violences sodomiques, ils permettent parfaitement d’en admettre la possibilité.
En résumé, nous concluons :
I® L’enfant Jules G... porte des traces manifestes d’une syphilis secondaire ;
2° Cette syphilis nous paraît plutôt acquise que congénitale ;
3 ® Il est possible que cet enfant ait été victime de violences sodomiques.