‹ Notes et petits traites contenant elements de statistique et opuscules divers faisant suite aux traites d'economie politique et de financesChapitre 16 sur 205 · VIE · texte numérisé non relu

VIE

HOYER>E

France (rentiers).

Deparcieux, —Mathieu,

av. 1740

Paris (3 paroisses).

Dupré, — BuHbn. . .

av. 1749

France rurale. . .

France . . . .

Duvillard

lin xviii* s.

De Montlerraiid. . .

Paris

.4««. des longil. . .

France

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Londres

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Angleterre. . . .

Register general . . .

Berlin

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Prusse

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Suède

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liegister general. . .

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Belgique

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Les tables de mortalité servent encore à déterminer combien il y a d’individu» des deux sexes d'un âge déterminé sur

une population, et à former ainsi ce qu’on appelle dçs tables de population Pour cela, on fait la somme de tous les nombres que contient une table de mortalité, que l’on considère comme représentant la population; les nombres particuliers de la table représentent le nombre des individus des divers âges composant la population. En appliquant le calcul à une population donnée, on détermine, d’après ces chiffres, le nombre des individus d’un âge donné. Ce calcul, celle espèce de recensement théorique, n’est pas exact, puisque la population n’est pas stationnaire, et que la mortalité n’est pas annuellement la même pour les différentes catégories d’âges. On arrive plus sûrement à un renseignement exact au moyen de l’opération naturelle du Recensement. (V. plus haut, § 5> p. 35.)

Il est à remarquer, ainsi que M. Guillard en a fait l’observation, que, sous ce nom de tables de mortalité, se trouvent comprises trois espèces de tables : les tables mortuaires, ou relevés des décès classés par âges ; — les tables de survie, indiquant combien, sur un nombre donné d’individus d’un âge donné, il en survit après un temps déterminé; — les tables de population, laisant connaître l’état moyen de la population, sa quantité et ses répartitions quant aux sexes et aux âges.

Comme dernière réflexion, nous dirons que probablement je besoin de tables exactes, variées selon les sexes, les localités, les professions, et basées sur les faits les plus récents, ne pourra être satisfait que par quelque corps savant officiellement chargé de cette œuvre.

§ VI. StatMtique de r4grîculture, de l'Industrie, du Conimerec- Autres investigations administratives ou particulières.

Nous avons vu qu'à propos du recensement de la population, l’administration prussienne profite de l’occasion pour

* Quelques statisticiens appellent telle série d'inclividus par âges, \aloi de population. C’est une des lois qu’il faudrait dire, car il y en a beaucoup d’autres et de plus fondamentales. Voir notre écrit intitulé Du principe de population, i vol. in-18.

faire recueillir, ainsi que le désirait déjà Vauban, des renseignements sur la population animale, et que le boai'd of ceitsus des États-Unis fait recueillir des renseignements sur les diverses branches de la production. Il est douteux qu’en inullipliant les données, on se les procure plus l'acilement et surtout plus exactement. Le recensement de la population a besoin de soins spéciaux et d’une rapidité qui exclut toute autre enquête. D’autre part, les statistiques de l’agriculture, de l’industrie et du commerce sont assez importantes pour qu’on en fasse des entreprises à part, qui ont besoin d’être divisées et suivies avec méthode et persévérance, pour être menées à bonne fin.

On s’occupe beaucoup en Europe, depuis vingt-cinq années, des moyens de donner de l’impulsion à l’agriculture et en même temps de statistiques agricoles, pour arriver à constater les faits de production et de consommation qui peuvent donner une idée exacte des diverses branches de la culture et éclairer les cultivateurs, les économistes et les hommes d’Etat. Dans divers pays, on travaille à constituer un corps de statistique agricole; mais c’est en France seulement qu’om a terminé cette grande opération commencée en 1854, sous les auspices de M. Passy, alors ministre du commerce, achevée en 1840, et dont les renseignements ont été recueillis et élaborés sous la direction de M. Moreau de Jonnés, chef du bureau de la statistique générale de France», a Sans doute, dit M. Passy, en parlant de cette œuvre importante *, ces chiffres, en général un peu faibles, ne doivent être considérés que comme de simples approximations ; sans doute, ils sont incomplets à bien des égards, puisqu’il a été impossible de constater beaucoup de faits relatifs aux menues cultures, et qu’il a fallu passer sous silence ceux qui se rapportent aux produits de basse-cour, si considérables dans plusieui-s parties de la France; mais enfin ces chiffres ont une signification réelle, et les termes de comparaison qu’ils offrent, surtout entre les di-

' Elle comprend quatre forts volumes in-4, 1442-1844.

üictionnaire de l'Économie politique, art. .Agriculture.

verses régions de la France, méritent, par leur utilité, une attention fort sérieuse. »

M. Moreau de Jonnès expose, dans ses Éléments de statistique sur quels principes dirigeants il fut conduit à baser ce grand travail :

1" L’extension des recherches jusqu’aux premiers éléments des nombres ;

2" L’uniformité des tableaux à remplir par des chiffres, dans chaque localité, et certifiés par les fonctionnaires chargés de leur exécution ;

3* La limitation et la nomenclature des objets à trente-six;

4“ La multiplication des moyens de révision, de contrôle et de correction, appliqués à tous les résultats des opérations successives dont se composait l’investigation.

L’opération a été suivie, dans chacune des 37,000 communes, en exécutant le relevé de son domaine agricole, l’inventaire de ses produits ruraux, le recensement de ses animaux domestiques, et un tableau par articles de ses consommations. Les demandes de renseignements étaient faites par rintermédiaire des préfets et sous-préfets aux maires des communes *, auxquels le préfet pouvait adjoindre d’autres agents de l’administration, percepteur, agent forestier, instituteur ou tout autre fonctionnaire public. En outre, les préfets furent invités à réclamer l’aide et le concours de tous les hommes (juges de paix, médecins, ecclésiastiques, membres de sociétés agricoles ou savantes, etc.) capables de contribuer au succès et à l’exactitude de l’enquête. C’est ainsi que cent mille collaborateurs ont concouru à la collection de dix-huit millions et demi de termes numériques. Des commissions de révision formées par le préfet eurent pour mission d’examiner les tableaux des communes et de contrôler les erreurs et les omissions.

* Cliap. IV, p. 75 de la 2» édit.

* En 1810, on avait adressé à ces agents un bien plus granil nombre de questions (onze fois plus, dit M. Moreau de Jonnès, p. 77, 'l"‘ édit.); aus.si se bornèrent-ils pour la plupart à ne pas répondre.

M. Moreau de Jonnès énumère les difficultés que cette entreprise a rencontrées :

« Une si vaste entreprise, exécutée pour la première fois, et lorsque les connaissances statistiques sont encore si peu répandues, dut rencontrer nécessairement de grands et nombreux obstacles. Dans quelques endroits, les enquêtes furent accueillies avec défiance, comme devant servir à quelque projet fiscal; mais ces fausses idées ne s’accréditèrent point. En général, les difficultés surgirent dans les communes rurales, par la tendance à répondre plutôt par des mots que par des chiffres, par le défaut de notions dos mesures métriques, par l’usage commun de caractères presque illisibles, et surtout par la nouveauté du travail, qui faisait exagérer la puissance du moindre empêchement. Ailleurs, les difficultés eurent pour causes : l’opinion qu’une pareille entreprise ne pouvait être exécutée, comme le cadastre, que par des agents spéciaux et salariés; la prévention sans fondement, qui faisait regarder les maires des campagnes comme incapables de faire un travail de chiffres; une disposition opiniâtre à modifier le plan général d’après le point de vue particulier de chaque collaborateur; le défaut d’achèvement complet du cadastre, et jusqu’à la nomenclature des différentes sortes de surfaces, cultures, pâtis ou bois, qui, dans un pays aussi vaste, ne peut être exempte de variations, d’incertitude et de confusion ‘. )'

Les opérations d’une statistique de l’industrie ont beaucoup d’analogie avec celles d’une statistique agricole. Ce sont toujours des exploitations à recenser. C’est le même but à atteindre; ce sont des difficultés analogues que l’on rencontre; ce sont des procédés semblables à employer, soit pour recueillir les faits, soit pour les constater, soit pour les élaborer.

Les classifications diffèrçnt, mais elles sont fournies par la nature des choses et les plus simples connaissances des

• Voir, plus loin, ce qui est dit au sujet de l’organisation de la statistique, cliap. IV.

sciences naturelles et de^la technologie. Toutefois, c’est là un point de la plus haute importance pour la bonne direction de l’entreprise, et pour l’intelligence et l’utilité des documents*.

Les industries extractives ont pris, dans plusieurs pays, une importance de premier ordre*, et leur statistique se trouve à plusieurs égards assez avancée. C’est ainsi qu’en France les ingénieurs des mines sont chargés de recueillir annuellement des faits qui sont publiés en un compte rendu d’abord annuel, puis triennal, puis à époques indéterminées (le dernier en 1861), et qui renferme les éléments d’une statistique sinon complète, au moins déjà très-riche en renseignements. Il en est de même en Belgique.

Le cadastre et les cartes topographiques fournissent aussi de précieux éléments à la statistique de l’industrie extractive.

Pour la statistique commeixiale, il y a des ordres de faits distincts à constater : d’une part, les faits relatifs aux trans-^ ports et aux voies de communication, au voiturage en un mot ; — et ceux relatifs au mouvement et à l’importance du commerce intérieur; — d’autre part, les faits relatifs au commerce extérieur.

Pour le commerce extérieur, l’administration des douanes fournit dans beaucoup de pays, et depuis plusieurs années (en France depuis 1830), des relevés statistiques très-complets et fort bien élaborés sur l’exportation et l’importation des produits naturels et fabriqués, et aussi sur le transit, la navigation commerciale lointaine, le cabotage et le mouvement des ports, — ^“tous documents que la statistique centrale n’a plus qu’à condenser.

Les documents de l’administration publique et des entreprises de transport pourront aussi fournir des éléments d’une statistique de voiturage; mais il paraît difficile de pouvoir arriver à une constatation suffisante de faits relatifs au mouve-

' Quatre volumes, élaborés et publiés (1840-42) sous la direction de M. Moreau de Jonnés, contiennent les résultats de la Statistique de l'mdustrie en France.

* Voir ce qui est dit au Traité d' Économie politique, chap. n. § 9.

ment et à l’importance du commerce intérieur, si activement développé de nos jours pour le perfectionnement des voies de communication.

De nombreuses indications ont été données, depuis vingtcinq ans, à l’occasion du développement des voies de communication; mais, outre que ces indications ne présentent aucun caractère d’ensemble, elles ne sauraient avoir une grande valeur scientifique ; car elles se sont généralement produites pour la défense ou l’attaque des intérêts privés des localités ou des divers systèmes des voies de transports qui les traversent. Déjà cependant la statistique peut tirer parti des comptes et des relevés que sont obligées de dresser, pour éclairer leur administration, les grandes compagnies qui exploitent les voies do communication.

il parait également difficile de dresser une statistique de toutes .les industries et professions dites libérales, artistiques ou savantes, qui ne sont pas comprises dans les trois grandes catégories ci-dessus, et qui embrassent néanmoins yne somme très-importante d'activités sociales*.

Tous les sujets que nous avons indiqués (p. 26) peuvent faire l’objet de recherches statistiques, et, en fait, il y a dans ces diverses branches de l’administration des investigations organisées pour recueillir certains faits spéciaux et les grouper numériquement. Ces opérations ne présentent pas les mêmes difficultés que celles que nous venons d’énumérer. Comme elles sont continuelles et plus restreintes, l’organisation et le contrôle sont plus faciles, les agents plus habiles.

11 y a plusieurs de ces investigations, dans les divers pays, dont la nature et le but varient selon la nature et les circonstances de ces pays. 11 nous serait impossible d’en donner ici un simple énoncé. Citons seulement comme dignes d’attention, en France, par leur importance et leur degré de perfection : les tableaux annuels du Commerce extérieur, publiés par la douane, que nous venons de mentionner, et|remarqua-

• Voir aussi Traité d’Économû politique, chap. ii, § 9.

blcment perfectionnés sous l’administration de M. Gréterin, depuis 1850*; — les tableaux de l’administration delà justice, sous 1a direction successive de M. Guerry de Champneuf et de M. Arondeau, publiés depuis 1825 ; — la statistique annuelle des établissements de bienfaisance et des établissements de répression *; — le compte rendu général des finances, annuel ; — le compte rendu des ingénieurs des mines (cité ci-dessus, p. 64); — le tableau de la population et du commerce des colonies françaises, publié par le ministre de la marine; — le compte rendu des établissements de l’Algérie, publié par le ministre de la guerre ; — les mouvements annuels de la population de Paris énumérant les décès par nature de maladies, à domicile et dans les hôpitaux, publiés par la préfecture de police de Paris, depuis 1850, sous la direction de M. Trébuchet; — la statistique de la ville de Paris, commencée en 1820, sous l’adininistralion de M . Chabrol de Volvic, par le savant mathématicien Fourier, et dont on publie de temps en temps un volume (le VP en 1860); — la statistique de l'industrie de Paris, résultat de l’enquête faite pour lef années 1847 et 1848, par les soins de la chambre de commerce et sous la direction de MM. Horace Say, Matalis Rondot et Léon Say, formant un grand in-4“ plein des renseignements les plus curieux, et pouvant servir de type aux statistiques des grands centres de population.

A la suite de ces opérations de la statistique corporative des administrations, un grand nombre de travaux individuels, tant d’ensemble sur les pays que spéciaux, pourraient trouver leur place ici. Vouloir les énumérer, ce serait vouloir faire la liste des travaux de tous les statisticiens de quelque mérite de tous les pays.

* Un fort volume grand in-4, lou.s les ans. Deux volumes de résumés décennaux ont été publiés pour chaque pérîode 182C-1850, 1857-184(5, 1847-1856. — La première période a été condensée, en un volume au bureau de la statistique générale (1858), sous lé titre dv Coninierce extérieur.

* Elle a fourni les éléments de deux volumes publiés (1845-1814) sous le titre Adminislration publique, par le Bureau de la statistique générale.

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