‹ Notes et petits traites contenant elements de statistique et opuscules divers faisant suite aux traites d'economie politique et de financesChapitre 26 sur 205 · VALEUR -MONNAIE · texte numérisé non relu

VALEUR -MONNAIE

METAUX PRECIEUX - NUMERAIRE

I. L’Offre et la demande. — II. La Monnaie idéale. — III. Évaluation des sommes historiques. — IV. Si la baisse des Valeurs est une augmentation de la riches.se. — V. De la production des Métaux précieux. — VI. Extrême abondance et exlrènie disette des Métaux précieux. — VU. Statistique du Numéraire.

r. L’OFFRE ET LA DEMANDE'

Développements sur eetie formule, — et phénomènes qu’elle résume. — Tentatives pour la remplacer. — Attaques ineonsi» dérées dont elle a été l’objet.

{Traité (f économie politique : V. le cliap. \\T sur la Valeur et le Prix.)

La formule de l'offre et de la demande désigne le concours et la lutte qui s’établit entre leg vendeurs et les acheteurs d’un produit, ceux-ci offrant ce qu’ils veulent échanger, ceux-là demandant ce dont ils ont besoin. Le résultat de ce concours et de cette lutte est le prix du marché, le prix courant, le cours, le prix.

Pour bien comprendre la portée de cette formule, il faut donner aux mots Offre et Demande un sens bien défini. Voici comment s’exprime Rossi à cet égard ;

« La demande n’exprime pas la quantité isolément considérée, mais la quantité dans ses rapports avec la nature et l’intensité du désir qui l’a fait rechercher, et avec la force des obstacles que ce désir voudrait et pourrait surmonter pour se satisfaire. Tout le monde peut désirer une voiture, un hôtel; à coup sûr, si l’achat et l’entretien de ces choses ne coûtaient que quelques écus, il n’est peut-être pas un de vous qui voulût

* 5* édition. — La !'• dans le Dict. d’écon. polit.; la 2* dans la l” de Notes et petits traités.

NOTES ET PETITS TEAITÉS

se les procurer. Mais si, au lieu d’un léger sacrifice, il faut dépenser des sommes considérables, le nombre de ceux qui voudraient réaliser celte demande diminuera à proportion de la grandeur de la dépense. Sans doute on désirera encore la voilure; mais c’est là une demande qui ne figure pas sur le marché, parce que les uns ne voudraient pas et les autres ne pourraient pas faire le sacrifice qu’elle exige, surmonter l’obstacle qui s’oppose à la réalisation de leur désir.

«1 1 en est de même pour l’offre. L’offre n’exprime pas seulement la quantité offerte, mais cette quantité combinée avec la difficulté ou la facilité de la production. En effet, s’il existe aujourd’hui sur le marché dix mille paires de bas ou un million d’aiguilles; pouvez-vous affirmer que c’est là l’offre tout entière? Mais personne n’ignore que, si la demande est pressante, il arrivera assez promptement une quantité énorme de bas et d’aiguilles; car ce sont choses dont la production est facile. En conséquence, il ne serait pas exact de dire que le prix est déterminé uniquement par la quantité de ces denrées qui se trouve sur le marché ; il l’est aussi par la facilité qu’on a d’augmenter la mesure des choses offertes. L’acheteur sait qu’on ne peut pas lui faire la loi pour des bas et des aiguilles.

« Changez l’hypothèse. Supposez qu'il s’agisse de blé, et supposez que l’offre ne soit que les deux tiers, les quatre cinquièmes de la demande effective. Vous verrez immédiatement l’aspect du marché changer d’une manière effrayante. D’un côté la demande est de nature à justifier tous les sacrifices possibles pour la satisfaire; de l’autre, il importe peu que l’offre ne soit pas de beaucoup inférieure à la demande : chacun craint d’être atteint par le déficit, et la terreur panique augmente ces angoissés et ces craintes. Chacun sent que, s’il peut renvoyer au lendemain son approvisionnement de bas et d’aiguilles, il ne peut pas également différer l’achat de sa nourriture ; et comme on sait que le blé ne s’improvise pas, que la ressource de l’importation est toujours faible et incer-' taine; comme on sait, en conséquence, qu’il faudrait attendre la récolte de l’année prochaine, la demande devient de plus

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