II. LA MONNAIE IDÉALE
{Traité /{'Économie politique. — V. les diap. XVII, XVI11,,XX1II, XXV sur la Monnaie,
— les Signes représenlatifs, — le Paiiicr-monnaie, — la Circulation, — la Théorie mercantile.)
‘ Dinruimion sur la nature de la monnaie.— Réponse àJH. l.ipke>
— r.'nnité de valeur ou la mesure des valeurs ne peut être idéale. — I.n mnciite de Montesquieu. — Clauses de la valeur de l'or et de l'argent. — Si les économistes ont bien réfuté la théorie de la lialance du commerce.
(On a souvent mis en avant que l’Unité de valeur ou, en d’autres termes, que la Mesure des valeurs pouvait -être constatée en dehors de la monnaie réelle, positive, à valeur intrinsèque, au moyen d’une valeur purement idéala. Nous la réfutions, il y a quelques années dans l’article suivant, à propos d’une lettre qui nous était adressée par un économiste-manufacturier, feij M. W. Lipke, de Berlin.)
I— ...M. Lipke trouve que la mesure paV excellence des valeurs n’est pas dans la valeur d’une quantité fixe d’or ou d’argent, mais dans une unité de valeur de Banquepurement idéale*.
L’auteur commence par établir comme axiome ou vérité fondamentale que la monnaie est identique avec la valeur., et il en fait le pivot de toute son argumentation.
Il dit : Tout se mesurant par soi-même, la Valeur ne peut se mesurer que par la Valeur; or, la Monnaie étant la mesure de la Valeur, il s’ensuit que la Monnaie et la Valeur sont identiques.
Toutes les prémisses de ce syllogisme sont exactes ; la con-
* Journal des économistes, octobre 1853.
• Celte iilée, M. Lipbe l’avait déjà présentée, il y a quelffues années, dans
deux petits écrits imprimés en aile.Tiand et en français, auxquels il avait cru devoir donner une forme apocalyptique ej. bizarre. Un de ces écrits est intitulé l’autre. Note explicative.^. Paris, 1846, Guillaumin; et.
Derlin, avec lu permission de la censure
VALEUR, MONNAIE, MÉTAUX PRÉCIEUX, Sl’MÉRAir.E. i\T)
séquence l’est aussi ; mais à la condition de ne pas confondre le sens des mots. 11 est vrai que la valeur de la monnaie est identique à la même quantité de valeur fixée sur tout autre objet ; mais il n’est pas vrai que la valeur de tout autre objet ait été jusqu’ici aussi commode à manier comme mesure, si nous pouvons ainsi parler, que la valeur résidant dans l’or et l’argent, à laquelle s’applique spécialement le nom de monnaie.
Il y a là, on le voit, une importante distinction à faire entre le sens du mot monnaie de la langue économique et celui que lui donne M. Lipke. Le mot monnaie, dans le sens usuel de la science, emporte, nous le répétons, l’idée de valeur unie à l’or ou à l’argent, valeur analogue d’ailleurs à la valeur unie à n’importe quel autre objet ; — dans le sens que lui donne M. Lipke, il exprime l’idée d’une certaine quantité de valeur, abstraction faite du corps sur lequel elle réside. M. Lipke change donc la signification du mot monnaie, et il faut avoir présente à l’esprit cette modification de nomenclature, — pour bien comprendre son raisonnement et cette espèce d’illusion dont il nous semble être dupe à quelques égards.
M. kipkedit aussi que i la science est en possession de cette première moitié de la vérité; que la valeur a’esl pas contenue d’une manière plus vraie dans l’or et dans l’argent que dans les autres biens b (ce que Turgot traduisait ainsi, il y a près d’un siècle ; Toute monnaie est marchandise , et toute marchandise est monnaie); « mais qu’elle méconnaît encore celte seconde moitié de la vérité, que la monnaie n’est pas contenue d’une manière plus vraie dans l’or et dans l’argent que dans tous les autres biens. »
C’est, sous une autre forme, la reproduction de la première confusion entre les éléments idéaux formulés par les mots Valeur et Monnaie. Pour que l’économie politique reconnût que la Monnaie ou Valeur-mesure n'est pas contenue d'une manière plus vraie dans l’or et dans l’argent que dans tous les autres biens, il faudrait qu’elle fût convaincue que l’or et l’argent n’offrent ni plus ni moins de qualités que les autres corps;
NOTES ET PtTITS TRAITÉS.
que l’or et l’argent ne sont pas les corps qui joignent (et cela à un plus fort degré que les autres corps relativement) à la faculté primordiale et sine qua non d’être utiles, d’avoir des usages artistiques, scientifiques et industriels, les qualités d’inaltérabilité et de production limitée, qui restreignent les oscillations de la valeur; — la qualité d’être homogènes et divisibles, au point que chaque fragment a les mêmes qualités, sans qu’il résulte de la division aucune altération dans la valeur ; — la qualité d’être transportables avec la moindre dépense et le moindre danger possibles, c’est-à-dire qu’ils ont une grande valeur sous un petit volume susceptible d’être mis en sécurité dans un petit espace ; — la qualité enfin d'être susceptibles de recevoir une empreinte servant à constater le poids, le' degré de pureté et la valeur aux yeux de tous, et susceptibles d’inspirer la confiance universelle.
Assurément M. Lipke n’a pas la prétention de nier ces avantages et cette supériorité naturelle des métaux précieux ; mais il les omet quand il accuse l’économie politique actuelle (c’est son expression un peu prétentieuse) de méconnaître la moitié de la notion Ac la monnaie.
Sur ce, M. Lipke nous dit que l’or et l’argent seront remplacés par l’écu de banque.
Que le billet de banque et les autres instruments de crédit se soient déjà partagé dans une certaine limite les services de la circulation, c’est ce que personne n’a jamais nié ; que l’usage des instruments et des procédés expérimentés jusqu’à ce jour puisse s’accroître, ou que l’on puisse en imaginer de nouveaux, c’est ce que les économistes de l’économie poliliquc acluellc ne sauraient méconnaître. L’or et l’argent peuvent aussi un jour perdre, par la fécondité des mines et la facilité de l’extraction, la faculté de condenser beaucoup de valeur sur peu de matière.
Que, dans cette double hypothèse de l’aVilissement des métaux précieux et du perfectionnement d'un mécanisme de banque et d’un papier de circulation, l’or et l’argent puissent être complètement détrônés comme disait naguère M. Prou-
va:^ür, monnaie, métaux précieux, numéraire. 147
dhoii, c’est ce qu’il faut encore admettre au point de vue de l’économie politique, toujours actuelle.
Mais, quoi qu’il en soit de ces changements et perfectionnements de l’avenir et de l’avilissement de l’or et de l’argent, l’unité de valeur aura toujours un rapport très-direct et trèspositif avec la quantité de quelque produit jouissant à un plus haut degré, selon les localités, des facultés que possèdent actuellement l’or et l'argent, que nous avons énumérées plus haut. En d’autres termes, nous concevons qu’on arrive un jour à prendre une unité imaginaire de compte, à tenir les écritures en macutes, à l’exemple des nègres cités par Montesquieu; mais la macule sera bien et dûment la représentation d’une valeur résidant en quelque chose de palpable, de net et de défini, A cette époque. Valeur et Monnaie n’auront pas cependant une synonymie absolue ; la monnaie sera encore cette valeur-mesure formulée à l’esprit des hommes à l'aide de telle quantité de produits, de travaux et de services, parmi lesquels les hommes auront tendance à choisir certains de ces produits, ayant à un degré supérieur les qualités qu’ont actuellement les métaux précieux, et qu’il est probablement dans leur destinée de conserver toujours.
M. Lipke invoque, dans son écrit, l’autorité de Montesquieu à titre de penseur de premier ordre, et pour qui l’idée du maintien d’une unité de valeur idéale n’avait rien qui répugnât à la raison, rien d’invraisemblable. Il nous a montré aussi un passage de l’ouvrage de Storch ‘, tout à fait conforme à ce sentiment. D’autres économistes pourraient être invoqués, et de ce nombre Dossi*. Mais il faut bien d’abord remarquer que ces penseurs n’ont point pris le mol idéal dans le sens absolu, et que pour eux l'unité de valeur idéale était simplement un rapport fixe et déterminé avec la valeur de tel ou tel produit, absolument comme les monnaies imaginaires ou fictives usitées dans le commerce du change sont des unités exprimant
* C'oun d’économie politique, 1825, 1" vol., p. 84. t^ons d’économie politique, t" vol;, 9' leçon;
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une certaine quantité d’unités de valeur de pièces effectives d'or et d’argent. C’est ainsi que le marc banco de Hambourg est une monnaie idéale, imaginaire et fictive, ayant un rapport bien établi avec le marc courant. C’est ainsi qu’avant l'établissement du système métrique, la livre, monnaie de compte en France, était une unité idéale, imaginaire ou fictive, équivalant au tiers de l'écu, monnaie réelle d’argent, ou à la vingtquatrième partie du louis, monnaie réelle d’or. Voyons, au reste, ce que dit Montesquieu ‘ : « Les noirs delà côte d’Afrique ont un signe de valeur sans monnaie ; c’est un signe purement idéal, fondé sur le degré d’estime qu’ils mettent dans leur esprit à chaque marchandise, à proportion du besoin qu’ils en ont. Une certaine denrée ou marchandise vaut trois macutes, une autre six macutes, une autre dix macutes ; c’est comme s’ils disaient simplement trois, six, dix. Le prix se forme par la comparaison qu’ils font de -toutes les marchandises entre elles ; pour lors il n’^y a point de monnaie particulière, mais chaque portion de marchandise est monnaie de l’autre. »
Remarquons d’abord cette dernière phrase renfermant la proposition de Turgot et représentant, selon M. Lipke, la première moitié de la vérité touchant la notion de la monnaie. Disons ensuite que rien ne prouve que Montesquieu ait été complètement renseigné, et que tout porte à croire que parmi les biens échangeables et le plus fréquemment échangés par les noirs en question, il devait y avoir quelque métal, coquillage ou verroterie, ayant des usages analogues à nos métaux précieux, ou au moins quelque marchandise prise plus souvent pour type de comparaison, comme est le blé dans une foule de campagnes où la monnaie circule peu ou pas, et où l’on évalue fréquemment les choses en mesures de blé.
En résumé, l’exemple des macutes, si souvent cité, ne prouve pas grand’chose; et l’opinion de Montesquieu et autres sur la possibilité d’une monnaie idéale, réduite à son expression réelle, ne prouve pas plus en faveur du maintien de l'unité de
* Esprit des lois, liv. XXV, cliap. iz.
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banque à laquelle a songé M, Lipke, et qui ne pourra réellement être démontrée que par le fait d’une institution fonctionnant avec avantage.
11. Nous dirons encore quelques mots de deux assertions de M. Lipke, louchant la cause de la valeur des métaux précieux et l’opinion des économistes relativement à la balance du commerce.
Au sujet de la cause de la valeur de l’or et de l’argent, M. Lipke avance que les économistes ont pris l’effet pour la cause, en disant que c’est par suite de la nature de ces métaux et de la stabilité de leur valeur que cette valeur a été choisie pour monnaie. Selon lui, c'est parce qu’on l’a choisie pour monnaie qu’elle est effectivement devenue plus stable, d’où il lire une raison de stabilité en faveur de l’unité de valeur de banque. Pour appuyer cette proposition, M. Lipke. invoque le fait du maintien de la valeur de l’or, malgré la production extraordinaire de la Californie et de l’Australie. Nous n’entrerons pas dans cette question, nous bornant à dire que nous ne pourrions comprendre comment, avec la continuation de la production aurifère, la valeur de l’or resterait la même. Estelle restée la même après la découverte de l’Amérique? Estelle restée la même, il y a quelques années, lorsque la disette et l’insécurité produite par les événements de 1848 firent émigrer de notables sommes de numéraire? Que si elle restait la même, il faudrait encore examiner si ce ne serait pas par suite des besoins provenant de l’accroissement de la population et des affaires; phénomène qui peut bien avoir lieu pendant quelques années, mais dont il serait difficile d’admettre l'action permanente au même degré que l’abondance continue de la production californienne et australienne, admise comme hypothèse.
Le fait que nous venons de citer étant incontestable pour M. Lipke, il se croit autorisé à dire : « Donc la valeur de l’or et de l’argent n’a pas seule le privilège d’être stable que parce qu’elle a seule le privilège d’être monnaie. »
Ici encore, M. Lipke ne prend pas garde que si toutes les
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valeurs sont variables, elles ne le sont pas au même degré, et qu’il n'y a rien de contraire à la nature des choses à ce que ce soit précisément l’or et l’argent dont la valeur soit la plus stable. Mais il faut bien s’entendre sur celle nature de stabilité, qu’il y a lieu de considérer quant au temps. La valeur de l’or et de l’argent est moins stable que celle du blé, si l’on considère des siècles; elle est plus stable, si l’on considère de courtes périodes d’années, des localités rapprochées et des saisons. 11 faut, en outre, considérer cette valeur relativement aux autres qualités qui constituent la monnaie : homogénéité, divisibilité, inaltérabilité, etc. Jusqu’à ce jour, l’or et l’argent sont les substances qui ont eu, à un degré supérieur à toutes autres, ces qualités jointes à une certaine limitation dans la production qui en a maintenu la valeur.
Est-ce à dire que nous voulions nier que l’emploi do ces métaux à la fabrication des pièces monétaires n’a pas contribué à en maintenir la valeur dans une certaine proportion? Pas le moins du monde ; mais ici l’illusion de M. Lipke, qui reproche aux économistes d’avoir pris l’effet pour la cause, a, ce nous semble, consisté à prendre la partie pour le tout.
111. Au sujet de la Balance du commerce, M. Lipke avait envie de malmener les économistes qui n’ont pas su réfuter d’une manière complète la théorie du système mercantile, laquelle ' serait vraie, à de certains égards, avec la notion que les économistes ont de la monnaie, et qui n’est, toujours selon notre auteur, que la première moitié de la vérité.
Assurément, s’il n’y avait plus de monnaie métallique, et si l’or et l’argent étaient transformés, comme le dit le poète, en un plomb vil, assurément le grand argument repris par les protectionnistes aux théoriciens du système mercantile aurait disparu. Mais cet anéantissement de la monnaie métallique et cet avilissement des métaux précieux restent à démontrer; et, nonobstant, le système mercantile a très-bien pu être réfuté, comme il l’a été, en effet, par les physiocrates, puis par Smilh et l’école moderne, avec l’aide de ce que M. Lipke croit
VALECR, MOHNAIE, MÉTAUX PRÉCIEUX, NUMÉRAIRE. 151
être seulement la moitié de la véritable notion de monnaie, et avec l’aide aussi des expériences faites en différents temps et en différents lieux. Ces expériences ont établi que l’or et l’argent prennent naturelleine^it et forcément leur niveau, rentrant lorsqu’ils sont sortis outre mesure, et sortant lorsqu’ils sont rentrés en proportion supérieure aux besoins de la circulation, besoins qui ont un rapport direct avec la nature et l’activité des affaires de la localité que l’on considère.
M. Lipke dit, en terminant, que tant que l’or et l’argent auront le privilège d'une stabilité supérieure de valeur et celui de servir de monnaie, il ne sera pas exact de dire qu’il est indifférent pour les peuples de posséder telle ou telle portion de leurs valeurs dans l’or et dans l’argent. — Nous répondons que la question n’est pas exactement posée. Les économistes n’ont pas dit qu’il fût indifférent aux peuples de posséder telle ou telle quantité d'argent ; ils ont dit, au contraire, qu'il fallait toujours une certaine quantité de ces instruments d’échange, et ils ont démontré que la liberté du commerce et de l'industrie était le meilleur moyen d’avoir toujours la quantité nécessaire, ni moins que cette quantité, ni plus que cette même quantité, ce qu'ils ont prouvé être une cause d’appauvrissement et une illusion,
lit. ÉVALU.ATION DES SOMMES HISTORIQUES»
{Trailé (ficommie politique. — Alinéa 42i>.)
Quand on veut se faire une idée de l’importance des sommes et appréciations numériques relatées par les historiens, on se trouve en présence d’une difficulté qui a fait la matière de plusieurs écrits spéciaux.
Il y a deux choses à considérer dans les sommes historiques : ce qu’elles représentent en poids d’or ou d’argent et la valeur relative des métaux précieux à l’époque que l’on considère.
‘ Note comprise dans la 1'" edit. de Notes et petits traités.
Au sujet des poids, l’archéologie et la numismatique ont réuni dos données assez précises au moins par rapport à certains pays et à certains temps, mais Germain Garnier est venu proposer un moyen d’explication qui dérangerait loutesles conclusions qu’on a tirées du poTHs et du titre des médailles antiques. D’après son système, presque toutes les sommes historiques auraient été évaluées en monnaies de compte différentes des monnaies réelles telles que les représentent les médailles.
D’un autre côté, la détermination de la valeur relative de l’or et de l'argent aux diverses époques historiques ne peut se faire que par des appréciations vagues.
D’après l’abbé Barthélemy, qui a approfondi le sujet dans le Voyage du jeune Anacharsis, le poids de la drachme attique employée, au dire de Xénophon, dans les relations internationales de l’époque, devait être de79 grains ou 4 grammes 20 centièmes; comme elle contenait un 72® ou 6 grammes d’alliage seulement, elle contenait 4 grammes 14 centièmes d’argent pur. Comme le franc en contient 4 grammes 50 centièmes, il s’ensuit que là drachme valait près de 92 centimes (91,66). Bœckh a adopté ces résultats dans ses savantes recherches ‘.
Mais Germain Garnier* pense que les antiquaires ont pris pour pièce de 4 drachmes une médaille ou pièce de monnaie qui en représentait dix. Donc les évaluations seraient 2 1/2 fois trop fortes. — De même pour les monnaies romaines, ils auront pris l’argenteus, valant 2 deniers et demi, pour un denier; d'où la même erreur.
Un autre érudit, Letronne, a voulu faire ressortir combien les raisonnements de Garnier étaient spécieux et en contradiction avec tous les témoignages de l’antiquité®.
• Économie politique des Athéniens, publiée en Allemagne en 1817, traduite par M. Laligant en 1828.
* Histoire de la Monnaie depuis les temps de la plus haute antiquité jusqu'au règne de Charlemagne, Paris, 1 819, 2 vol. in-8". Cet ouvrage contient des mémoires lus à l’Académie des inscriptions, et publiés en 1817, et une réponse à Letronne.
^ Considérations générales sur l'évaluation des monnaies grecques et