‹ Notes et petits traites contenant elements de statistique et opuscules divers faisant suite aux traites d'economie politique et de financesChapitre 30 sur 205 · IV. SI LA BAISSE DES VALEURS EST UISE AUGMENTATION DE LA RICHESSE · texte numérisé non relu

IV. SI LA BAISSE DES VALEURS EST UISE AUGMENTATION DE LA RICHESSE

(Train il'écoitomie politi'iue. — Alini'as C7, 384.)

Je laisse parler sur ce point M. Ambroise Clément ;

« J. B. Say considérait comme l’une des principales diffi-

‘ A history ofpricesand of the siale ofllie payer circulation; pour 1793 à 1837, Londres. Longiiiann, 3 vol. in-8°, 1858; pour 1838 et 1859, 1 vol. in-8", 1810, et pour 1840-1856, 5 vol. in-8' avec la colluborution de M.W. Newmarch.

* Delta ecoHomia politica de! medio evo (De l’économie politique du moyen âge), 3 vol. in-1‘2, 1809 à 1842. Turin, Fontana.

» Nouveaux principes d’économie politique. Paris, Joutert, 1849, in-S"; ouvrage déjà cité p. 355.

* Chap. XIII à XVI de la III* partie.

» Jacques Cœur et Chartes VU, 2 vol. in-8*, 1853.

» Note comprise dans la 1'* édition de Notes et petits traités.

VAI.ECR, MOMNATE, MÉTAOX PRÉCIEUX, KIMÉRAIRE. 155

« cullés de l’éconoiTiie politique la solution de celte question : « La richesse d’un pays étant composée de la valeur des choses « possédées, comment se peut-il qu’une nation soit d’autant « plus riche que les choses y sont à plus bas prix ?

« La question, ce nous semble, n’est pas posée ici dans ses véritables termes, car il serait difficile d’établir que les pays où les produits sont au plus bas prix sont toujours les plus riches. Dans plusieurs contrées, telles, par exemple, que la Pologne, ou certaines provinces de la Itussie, de l’Amérique, de rindoustan, les principaux produits (les céréales, la viande, le bois, la laine, le cuir, etc.) sont à des prix relativement plus bas que partout ailleurs, et cependant ces contrées sont loin de pouvoir être rangées parmi les plus riches. 11 nous paraît évident que le problème qu’a voulu proposer l’illustre économiste français est celui-ci : — La richesse étant composée de la valeur des choses possédées, comment se peut-il qu’une nation s’enrichisse à mesure qu’elle parvient à abaisser la valeur de ses produits par la réduction des frais de production? — J. B. Say répond que les fonds productifs de celte nation ont alors plus de valeur, attendu que les services qu’ils fournissent s’échangent contre une plus grande quantité d’objets valables de toute espèce (V. Cours œmplet, chap. iii, § ; mais cette

solution n’est pas complète ; car elle n’explique point comment la richesse produite (et non pas la puissance de produire) est plus grande dans le pays où les progrès de l’industrie ont le plus réduit les frais de production et la valeur des diverses espèces de produits.

« Pour résoudre complètement celte question, il faut se rappeler que la valeur est une qualité essentiellement relative. Il en résulte que la baisse de la valeur amenée par les progrès industriels, dans l’imité d’une classe de produits, ne diminue paÿla valeur de la classe entière, parce qu’elle est tout au moins compensée par l’augmentation de la quantité produite, tandis qu’elle augmente proportionnellement la valeur de tous les autres produits relativement à celui où elle s'est manifes-

tée, puisqu’elle leur permet de s’échanger contre une quantité plus considérable de ce dernier »

M. Ambroise Clément est de ceux qui ne croient pas devoir comprendre dans la Richesse que la Valeur. Si, au lieu de restreindre le sens de Richesse à la réunion des richesses produites, on y comprend celle des richesses naturelles, la solution du problème posé par J. B. Say, et que M. Clément a quelque peine à élucider, ne présente plus de difficulté. Il devient évident qu’une nation s’enrichit (acquiert de quoi satisfaire ses besoins) au fur et à mesure que ses richesses naturelles s'accroissent, cet accroissement dût-il produire la diminution des valeurs. Le comble de l'abondance, du bien-être des hommes, serait que tous les hommes eussent de tout à discrétion, et que chacun pût se vêtir, se loger, etc., aussi facilement qu’il respire. Alors tous les objets nécessaires ou agréables à l’homme seraient gratuits, et la Valeur aurait disparu. En parlant comme M. Clément (et les économistes qui prennent le mot Richesse dans le même sens restreint que lui, de Valeur), on serait arrivé à l’anéantissement de la Richesse. En parlant comme nous (et les économistes qui résument dans le mol Richesse TUtilité plus la Valeur), on serait arrivé au comble de la Richesse. Mais au fond on aurait atteint le même but, — l’abondance, le bien-être, — et il n’y aurait plus ni valeur, ni prix, ni riches, ni pauvres.

En résumé, pour tous les économistes, une société, un pays, une nation sont d’aulant plus riches qu’ils ont plus de satisfactions pour moins d’efforts, plus d’Utilité pour moins de Valeur, c’est-à-dire que les choses qui sont nécessaires ou agréables à ses membres sont à plus bas prix, c’est-à-dire en plus grande quantité.

' A. Clément, Dicl. d'écon. politique, article richesse.

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