‹ Notes et petits traites contenant elements de statistique et opuscules divers faisant suite aux traites d'economie politique et de financesChapitre 31 sur 205 · VALEUR, VONNAIE, MÉTAUX PRÉCIEUX, NUMÉRAIRE · texte numérisé non relu

VALEUR, VONNAIE, MÉTAUX PRÉCIEUX, NUMÉRAIRE

V. MOUVEMENT DES MÉTAUX PRÉCIEUX AVANT LA DÉCOUVERTE DE L’AMÉRIQUE ET PRODUCTION APRÈS LA DÉCOUVERTE ».

Les hisforiens ont cru pouvoir avancer que le grand mouvement des espèces d’Occident en Orient, qui pendant des siècles ne s’est jamais ralenti et qui a appelé de nouveau l’attention publique à l’époque de la guerre de Crimée, a commencé à l’époque de la translation du siège de l’empireà Constantinople. Ils en attribuent la cause prémière à l’émigration des capitaux à la suite des grandes familles. M. Jacob a publié un tableau de la décadence monétaire de Rome, depuis Auguste jusque vers la fin du cinquième siècle*, duquel il résulte que la diminution des espèces s’est opérée depuis l’ère chrétienne jusqu’à l’année 482, dans la proportion de 9 à 4 milliards de francs. Selon les 'calculs du même auteur, de l'année 482 à la fin du neuvième siècle, le numéraire tomba de 1 milliard à 825 millions. L'invasion des barbares, l’apparition des mahométans et les croisades ont dû produire des phénomènes particuliefs; mais il n’a guère été possible de les suivre dans ce dédale d’événements.

La diminution des espèces continuait à se faire sentir, lorsque la découverte des mines d’Amérique arrêta brusquement ce mouvement décroissant. En peu d'années, et surtout après la découverte du Potose en 1545, le numéraire se trouva bien plus considérable. La production moyenne des mines a été évaluée, par M.de Ilumboldt, le premier qui ait produit des calculs basés, en grande partie, sur des données certaines, comme suit :

' De 1545 à IGOO, à 60 millions de francs annuellement.

Id.

Id.

Id.

Jd.

Id.

Id.

» Note comprise dans la l'*édit. de Notes et petits' traités.

* Recherches historiques sur la production et consommation des métaux précieux, 2 vol. in-8“, en anglais [an historical inquiry, 1831).

D'après des cliilïres recueillis dans le Dictionnaire du Commerce et des Marchandises' (1859), la valeur de la production de l’or et de l’argent s’élevait annuellement, à cette époque, à la somme de 340 millions, dans laquelle l’Amérique entrait pour 268 millions, c’est-à-dire pour les 11/14 de la totalité. L'argent figurait pour 971 mille kil., valant 215 millions, et l’or pour 57 mille kilog., valant 127 millions.

M. Michel Chevalier, qui consignait d’intéressantes recherches sur ce sujet dans un écrit publié avant la découverte des placers de Californie *, évaluait à cette époque, dix ans après, la production de l’argent à 775 mille kilog. et 172 millions de francs (dont 614 mille kilog. et 156,4 millions provenant d’Amérique); et la production de l’or à 46,500 kilog. et 167 millions de francs (dont 14,900 kilog et 51 millions de francs provenant d'Amérique, et 22,500 kilog. et 77,7 millions provenant de llussie); en tout 540 millions de francs.

Ces deux évaluations rapprochées indiquaient : 1“ pour l’argent une diminution notable sur la production de l'Amérique, et une augmentation du double sur la production de l’Europe; 2“ pour l’or, une diminulion sur la production de l’Amérique, et une augmentation inouïe sur la production de la Russie. Mais il y avait cela de remarquable, c’est que les deux évaluations donnaient, à dix ans de distance, la même valeur d’environ 540 millions de production annuelle ; l’excès de la production en or ayant compensé la diminution de la production en argent.

En 1847, à la veille de la découverte des dépôts aurifères de la Californie, la production de l’or représentait une somme égale à la production de l’argent. C’était un fait nouveau auquel on ne se serait pas attendu trente ans auparavant.

Ces résultats étaient dus à la découverte et ù l’exploitation depuis vingt ans de riches alluvions aurifères dans la Russie

* Voir l’arliclo mines, par M. Jules Durai.

* Des Mines d'or et d argent, etc. Brochure in-S*, 1847.

VALEÜR, MONNAIE, MÉTAOX PRÉCIEOX, NDMÉRAIRE. '159

orientale et la Sibérie. De 1819 à la fin de 1847, il avait été extrait de ces alluvions 260 mille kilog. d’or ou 900 millions de francs, environ 52 millions par an.

Depuis la découveite des dépôts aurifères de la Californie (1848) et de l’Australie (1851), de 1848 à 1856, la production de l’or a été double de celle de l’argent. (Voir ci-dessous.)

En faisant entrer dans les calculs ci-dessus la production vaguement supposée pour la Chine, l’Inde et le Japon, M. Michel Chevalier portait à 400 millions l’extraction annuelle des deux métaux réunis dans le monde entier en 1847.

Par suite d’un nouveau calcul, inséré dans le Dictionnaire d' Économie politique (1855), article métaux précieux, M. Michel Chevalier, faisant entrer en ligne de compte quelques parties de l’Asie jusqu’alors presque étrangères au marché général, et au sujet desquelles il avait, disait-il, reçu de bons renseignements de M. Natalis Rondot, estimait la production de l’argent, en 1848, à 975 mille kilog. ou 216,5 millions d'argent et 72 mille kilog. d’or ou 247,5 millions, en tout 464 millions de francs.

. En comparant le rapport de la production de l’or à celle de l’argent, on trouve ;

on. ARGENT.

1 kil. contre 42 kit. moyenne de l'exploit ation depuis la découverte de . l’Amérique; — jusqu’en 1847.

1 — 52 kd. moyenne de l’importation en Europe, depuis la dé-

couverte de l'Amérique; — jusqu’en 1847.

1 — 58 moyenne de l’importation en 1800,

1 — 13 1/2 Id. 1847 .

1 — 1/2 Id. 1848-1856.

M. Michel Chevalier a aussi fait le calcul de la quantité de métaux précieux obtenus depuis la découverte du nouveau inonde jusqu’en 1848, et il est arrivé, en modifiant les* données de M. de'Humboldt sur quelques points accessoires, aux résultats suivants, exprimés en millions de francs :

Amérique.

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