VALEOR, MONNAIE, MÉTAUX PRÉCIEUX, NUMÉRAIRE
L’exportation anglaise est très-considérable; mais il n’est pas plus possible de l’évaluer que les refontes. En prenant pour vrai le cliiffre de Rose en 1 802, 1 ,100 millions fr., et en y ajoutant 1,663 millions qui ont été fabriqués depuis, on trouverait environs 3 milliards. Mais il est juste de tenir compte de ce qui doit avoir été absorbé par le commerce des États-Unis et de 1a Chine. D’après les documents de la douane de 1825 à 1834, la France même aurait reçu sur celte somme 386 millions. Observons toutefois qu’une partie des retours ont lieu par les Pays-Bas, et que ce sont les transactions a'.lribuées à la Belgique qui rétablissent l’équilibre entre la France et l’.\ngleterre.
Niiméralre dans les autres pays.
Voici maintenant un résumé général du capital monétaire des principales nations européennes.
PAIS. KnMÉRAinE. PAU ISDIV. ACTOBITÉS. A-tBÉES.
France 2,8CI),000,0.;0 86 M. de Jonnès. 1850
Royaume-Uni. . . . 2,000,000.000 85 Id. 1830
Pays-Bas 042,000,000 107 de Clouet. 1823
Espagne 450,000,000 50 Musquiz. 1782
Autriche 275,000,000 16 Hassel. 1807
Italie ’ 250,000,(00 20 Anderson. 1788
Suède \
5'orwége | 225,000,00 1 20 Id. 1800
Danemark )
Prusse 218,730,000 22 Krug. 1805
Russie 181,250,000 4 Storch. 1815
Royaume de Naples . 175,000,000 50 Oaliani. 1780
Portugal 150,000,000 50 Anderson. 1788
Alleniagiie et Suisse. 75,000,00) 18 Id. 1820
Total 7,502,000,000 Moy. 44
En admettant, comme l’a fait, M. Moreau de Jonnès, qu’attendu l’époque déjà fort ancienne de quelques chiffres, et les progrès de la richesse dans plusieurs États de l’Europe, on doive élever à 8 milliards la masse totale du numéraire en circulation, c’est seulement pour environ 250 millions d’habitants
NOTES ET PETITS TBAITÉS
un contignent de 35 fr. par individu. Telle esl donc, à l’égard de la richesse numéraire, la supériorité des lies Britanniques et de la France, que chaque individu des deux pays possède en espèces deux fois et demie autant que la moyenne possédée , d’après les évaluations ci-dessus, par chaque habitant de l’Europe. Mais, comme l’a très-bien fait observer M. Moreau de Jonnès, cette supériorité n’agit que bien faiblement sur la situation des masses dans une société où, comme en Angleterre, quelques individus ont jusqu’à 3,600,000 fr. de rente.
En résumé, et en prenant toujours les chiffres que nous avons donnés comme des approximations, nous arrivons aux résultats suivants (1839) :
La France est le pays le plus riche en numéraire. Sur 2 milliards 860 millions, ou 86 h’, par individu, environ 1/4 est en or et 3 4 en argent, et une petit fraction (52 millions) en cuivre, fonfe ou billon. Ce capital s’est accru depuis 1784, en 50 ans, de 660 millions, c’est-à-dire d’environ 1/4. Dans ce capital n’est pas comprise une déperdition présumée de65millions ou de 1/60.
L'Angleterre vient ensuite. Son capital numéraire est de 2 milliards, ou 85 fr. par individu ; 1/15 seulement est en argent, tout le reste est en or ; le cuivre pouvant à peine entrer en ligne de compte.
On a souvent et vaguement attribué aux États-Unis, qui forment avec la France et l’Angleterre ce trio brillant qui marche à la tête des améliorations industrielles, 15 à 1,600 millions de numéraire, dont une partie en pièces anglaises. De grandes fluctuations se sont produites par suite de la multiplication des Banques, et, en 1855, il n’y avait que 347 millions de francs. Ce chiffre a été donné par le secrétaire du Trésor de Washington.
P. S. Le travail qui précède remonte à une date un peu ancienne (1839). Nous n’en connaissons pas de plus récent ; nous le reproduisons néanmoins, à cause des renseignements et des indications que nous y avons donnés.
VALEUR, MOKNAIE, MéTAUX PRéciEDX, NDMéRAIRE. 177
C’est là une statistique à continuer : faute de temps, nous nous bornerons à la faire suivre d’indications nouvelles, avec l’espoir de les coordonner et de les compléter un jour ou avec le désir de voir ce travail continué par quelque autre statisticien.
MvnnaiM frappée» en Franee.
MIUIOSS.