‹ Notes et petits traites contenant elements de statistique et opuscules divers faisant suite aux traites d'economie politique et de financesChapitre 46 sur 205 · I.1BERTÉ tü TRAVAIL, CORPORATIONS, OFFICES, ETC · texte numérisé non relu

I.1BERTÉ tü TRAVAIL, CORPORATIONS, OFFICES, ETC

salpèlre, la poudre, dont la production est constituée en monopole pour la perception de l’impôt. A ceux qui s’étonneraient de nous voir mettre ces entreprises gouvernementales, ces régies au nombre des entraves à l'industrie , il serait facile de montrer comment un établissement de l’état ou simplement subventionné, l’Imprimerie nationale, par exemple, produit onéreusement pour le trésor public, décourage l’industrie privée en accaparant certains travaux, et en avilissant le prix de beaucoup de produits obtenus.

Si on faisait pour tous les pays le relevé que nous venons d'établir pour la France, on trouverait des entraves analogues dans chacun d’eux ; beaucoup moins cependant en Angleterre, et surtout aux États-Unis, et très-probablement davantage dans plusieurs autres pays, proportionellement à leur degré de civilisation, car les progrès accomplis sont une assez bonne mesure de la liberté. 11 y a encore beaucoup de vestiges du vieux système des corporations en Allemagne ‘ et dans les pays du Nord, bien qu’à vrai dire ils disparaissent tous les jours. Ce n’est qu’en 1846 que le. gouvernement suédoise pu supprimer les maîtrises, les jurandes et les corporations : l’ordre de la bourgeoisie s’étant enfîn joint aux trois autres et ayant cessé d'invoquer ses privilèges avec la même ténacité. Jusque-là il y avait un apprentissage forcé de sept ans pour certaines professions, de onze années pour d’autres. Ce n’est qu’à partir du 1" juillet de cette même année que le travail domestique est complètement émancipé, et que chacun peut, dans son domicile, se livrer à une fabrication quelconque, que chaque débitant patenté pourra vendre tous les produits. Mais, pour établir un atelier, il faudra encore se munir d’une attestation de capacité délivrée par les prud’hommes ; l’esprit de réglementation et de privilège n’a pas voulu céder tout à la fois, il s’est cramponné au diplôme. Ce n’est qu’en 1857 qu’a été votée

* Dans quelques-uns de ces pays, à Hambourg par exempte, les corporations ont passé à l’état d’oflices, qui ne se maintiennent que parce que , l’État recule devant l’indemnité à payer.

en Danemark (et sanctionnée en 1858) la loi du libre exercice des professions, deux tiers de siècle après les édits de Turgot. En Russie, la "population libre est classée en gildes, division moitié financière par la perception de l'impôt, moitié féodale et corporative.

Dans rAmérique du Nord, qui peut être prise comme le type opposé, le citoyen industrieux jouit, dans l’emploi de ses facultés et dans la poursuite de la richesse, d’une liberlé relativement très-considérable. Et par exemple, il n’y a pas aux États-Unis ces charges vénales qui portent en France le nom d’offices ministériels. Chacun est libre de se faire commissairepriseur, agent de change, huissier, notaire, autant du moins que ces professions ont des analogues en Amérique, où le mécanisme judiciaire et administratif est différent. Nous lisons dans un écrit de M. Michel Chevalier qu’aujourd’hui dans l’État de New-York il suffit, pour avoir le droit de plaider, de subir un examen des plus faciles, et que dans le Massachusets, la condition d’un examen n'est même plus nécessaire pour la revendication des honoraires.

Revenons à la France :

L’esprit de réglementation et les préjugés populaires ont ramené, dans diverses villes, la reconstitution, après la Révolution, des professions de boulanger et de boucher en corporations fermées, la taxation du pain et de la viande et l’intervention administrative dans ces deux industries. 11 en est résulté les effets naturels du monopole du maximum et des inspections de police : les boulangers et les bouchers ont été soumis à des prescriptions et à une surveillance qui a entravé et paralysé leur initiative commerciale; les consommateurs ont été moins bien servis et ont payé plus cher ; les approvisionnements ont été moins bien assurés et le public s’est fortifié dans les préjugés, influencé qu’il était par les pratiques de l’administration qui, elle-même, se trouvait influencée et maitrisée par ces mêmes préjugés qu’elle était obligée de ménager*.

* Dan.s rt'dllion prtWdciilo, nous parlions nu présent.

Page 1