‹ Notes et petits traites contenant elements de statistique et opuscules divers faisant suite aux traites d'economie politique et de financesChapitre 60 sur 205 · CRISES COMMERCIALES · texte numérisé non relu

CRISES COMMERCIALES

Voilà, si nous sommes parvenu à ô(re clair, quelle est la nature des crises, — quelles en sont les variétés, et, si nous pouvons ainsi dire, quel est le mécanisme de ces malaises généraux ou sociaux qui se manifestent : — par la rareté de l’argent et des instruments d’échange, — par la hausse de l’intérêt en général et de l’escompte en particulier, — par la dépréciation des capitaux fixes et le ralentissement de la consommation, — par la mévente des marchandises, — par la dépréciation de tous les produits, de tous les services, de tous les effets de crédit, — par la suspension des payements, — par des faillites ou d’autres désastres commerciaux dans toutes les entreprises, — par l’abandon des affaires projetées, — par la diminution des commandes, — par le ralentissement des travaux, la baisse des salaires, la souffrance et la misère générale, qui gagne de proche en proche avec d’autant plus d’intensité que la perturbation a des causes plus profondes et plus étendues.

§ II. CitaHes de« crise*.

Les causes que l’on peut assigner aux crises sont nombreuses et diverses. Nous croyons pouvoir les ranger, à peu près toutes, dans les catégories suivantes :

Les ébranlements politiques et sociaux, d’où résulte la préoccupation de l’avenir, le manque de sécurité;

La Guerre et par suite 1e rétablissement de la Paix ;

La Disette; — le manque de la récolte d’une matière première importante ; — une catastrophe quelconque; — l’Abondance ;

Le Ralentissement de la Consommation, réagissant sur l’Échange et la Production;

L’Accroissement rapide de la Production par l’excitation do l'esprit d’entreprise et la fièvre de spéculation, provoquant des opérations mal conçues ;

Le détournement des Capitaux par suite du développement des Travaux publics, — et des grandes entreprises nouvelles;

506 NOTKS ET l>EIITs TBAITÉS.

Le développement du Crédit ; — le monopole des institutions de crédit ;

L’accroissement rapide de la quantité des Métaux précieux, or ou argent;

Les changements brusques des Tarifs nationaux ou étrangers dans le sens de la prohibition ;

Le contre-coup des Crises étrangères.

Nous allons donner de courts développements sur toutes ces causes.

Le plus souvent il faut s’attendre à ce que les ébranlements politiques et sociaux, les révolutions et les agitations de toute sorte, produiront une crise générale avec les effets que nous venons d’énumérer et qui se résument dans l’incertitude du lendemain, dans la diminution des consommations, des échanges et de la production, dans la stagnation générale synonyme de baisse des salaires et des profits, c’est-à-dire de gêne et de misère.

Que ces changements politiques aient, selon les pays et les temps, leur raison d’étre et leur utilité ; que ces révolutions ou ces agitations soient légitimes; que le mal produit puisse être compensé par les avantages obtenus ou espérés, c’est ce que nous ne voulons pas contester ni examiner ici, car il y aurait beaucoup de choses à considérer à cet égard. Nous voulons simplement dire que, sauf exception, la crise suit l’ébranlement politique et social comme un effet naturel.

Cependant cette crise peut avoir une courte durée et les effets en être bientôt compensés et couverts, pour ainsi dire, par l’élan donné à l'activité nationale : si la tranquillité publique paraît rassurée, si les esprits sont fixés, si le nouvel ordre de choses parait, à tort ou à raison, assis sur des bases solides. C’est le phénomène qui a pu être observé en France après les événements de décembre 1851 .

Passons à la guerre! D’abord elle ébranle la confiance et

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