LIBERTÉ DD COMMERCE. — CONTREBAKDE
mes fort nombreuse à une vie d’aventures très-propice au crime et au développement des mauvais instincts et des mauvaises passions. Elle est cause que les gouvernements sont obligés d’entretenir un excès de douaniers doublement improductifs ; que ceux-ci, obligés de faire la guerre, rêvent et inspirent constamment des sentiments de vengeance. Elle est cause du maintien de l’usage odieux de visiter les voyageurs et de fouiller jusque sur leurs personnes, ainsi que de toutes les manœuvres qui tracassent le commerce honnête. Elle a cela d’affligeant, enfin, que la justice se voit obligée d’infliger des punitions qui froissent le sentiment public à beaucoup d’égards, et pour des infractions à des lois que condamnent à la fois la ' science et l’intérêt des peuples, et que l’autorité a quelquefois tolérées.
Que si on répond que la science a tort, que l’intérêt des peuples est dans la prohibition et les droits élevés ; — qu’il faut, par des prescriptions pénales plus énergiques encore et par des entraves plus fortes, réagir contre l’opinion publique et inoculer de force à la société la haine du contrebandier et le respect absolu de la loi quelle qu’elle soit : nous nous bornerons à répondre aux deux premières assertions qu'il a été démontré qu’elles étaient l’erreur; et aux dernières, que la • peine de mort elle-même, jadis appliquée en plusieurs pays contre certains cas de contrebande, n’a pas empêché ces cas de se reproduire incessamment ; que la violence et la barbarie n’ont jamais été des remèdes efficaces, et que le mal n’est guérissable que par un régime qui rende la contrebande moins fructueuse en rendant les transactions plus faciles sur les frontières *.
* Voyez Uecueil raimmé de tous tes moyens de fraude et de contrebande déjoués par ï administration des douanes, par M. fc'gron, 1810. — Us douanes et la contrebande, par M.Villermé (ils. Guillaumin, 1851, in-8“ de 280 pages. — Enquête relative aux prohibitions établies à Ventrée des produits étrangers, sous la présidence de M. Ducliàlcl, ministre du commerce. Paris, impr. roy., 1855, 3 vol. in-i". On y trouve l’énoncé de plusieurs faits relatifs .à la contrebande et à la fraude sur divers articles prohibés ou Irès-taxés par le tarif français. — Voyez encore une des plus
NOTES £T PETITS TRAITÉS