‹ Notes et petits traites contenant elements de statistique et opuscules divers faisant suite aux traites d'economie politique et de financesChapitre 7 sur 205 · DÉFINITIONS, I.IMITES ET DIVISIONS. CH. I · texte numérisé non relu

DÉFINITIONS, I.IMITES ET DIVISIONS. CH. I

tistique ne méconnaisse pas les notions de l’économie poliliw que, et que celui qui occupe son esprit dans ce dernier ordre

11) d’idées sache lire et comprendre les faits statistiques ; mais

ce sont là deux ordres de travaux tout à faits districts. .Au reste, il ne faut pas oublier, en lisant les reproches adressés par les économistes à la statistique et par les statisticiens à I- l’économie politique, que ce n'est pas aux deux sciences que

1- tout cela s’adresse, mais à quelques-unes des personnes qui

;l s’en occupent, et dès lors l’antagonisme n’a plus aucune por-

n lée. Quand M. Dufau dit, par exemple : « C’est pour avoir

trop dédaigné le secours de la statistique que l’économie po- , • litique, science un peu fière de sa nature, s’est souvent égarée

■ dans le labyrinthe des vaines et creuses abstractions*, » il a

1 en vue le passage de J. B. Say, qui le choque et qu’il critique

plus loin. Or c’est là une mauvaise manière de parler, propre à jeter de la confusion et inexacte au fond ; car, enfin, une science ne peut être fière ou avenante de sa nature ; elle est ce qu’est la nature des choses qu’elle étudie. Ajoutons qu’outre les faits numériquement exprimés, il y a des faits généraux de la nature humaine et des vérités de l’ordre économique et moral sur lesquels l’économiste peut et doit s’appuyer, et que .M. Dufau aurait tort de l’accuser, dans ces divers tas, de s’égarer « dans de creuses et vaines abstractions. » La vérité, pour être la vérité, n’a pas toujours besoin d’apparaître en formules numériques. A ce sujet, nous rapporterons encore un passage de .M. Quételet, auquel nous tenons à répondre. « Regarder, dit ce savant*, les statisticiens comme des manœuvres chargés d’apporter des pierres brutes et de les entasser pêle-mêle sur les lieux où doit s’élever l’édifice, en les abandonnant à des architectes qui n’en coimaitront pas la valeur et qui la plupart du temps ne sauront pas les mettre en œuvre, c’est ' s’exposer à de fâcheux mécomptes. Il faut en tout de l’unité, (tue l’architecte, quand il construit, sache recueillir ses maté-

* Traité de statistique, p. 41.

^ lettres sur la théorie deji probabilités, p 269

riaux ; laissez aussi au peintre le soin de réunir et de coordonner tout ce qui lui est nécessaire pour faire son tableau. » Nous sommes d’accord avec M. Quételet sur la liberté et le droit du statisticien : qu’il recherche les faits, qu’il les coordonne, et qu’il en tire des conclusions, s’il le trouve bon. Mais qu’il n’oublie pas, en raisonnant sur les conséquences de ses chiffres, qu’il fait acte d’économiste, de moraliste et de philosophe, etc., et qu’il consente à être jugé comme tel, inêiïie par des hommes qui n’ont pas trituré les chiffres comme lui, mais à qui cependant il est donné de les comprendre et d’en raisonner. On ne dit pas au statisticien d’apporter uniquement des pierres et de les entasser pêle-mêle ; on ne lui défend pas de faire œuvre d’architecte; mais on lui dit : pour recueillir les matériaux, pour les choisir, ou les bien disposer, les interpréter, il vous faut être homme de sens et de savoir, et, avant tout, économiste.

M. Dufau etM. Quételet se sont élevés contre l’opinion que J. B, Say émettait dans le discours préliminaire de son Traité d'Êconomie politique. J. B. Say, comparant l’économie politique et la statistique, établissait que la première est une science expérimentale, tandis que la seconde est une science descriptive; puis il ajoutait : « La statistique ne nous fait connaître que les faits arrivés; elle expose l’état des productions et des consommations d’un lieu particulier à une époque désignée, de même que l’état de sa population, de ses forces, de ses richesses, des actes ordinaires qui s’y passent et qui sont susceptibles d’énumération. C’est une description trèsdétaillée ; elle peut plaire à la curiosité, mais elle ne la satisfait pas utilement quand elle n’indique pas l’origine et les conséquences des faits qu’elle consigne, et, lorsqu’elle en montre l’origine et les conséquences, elle devient Téconomie politique. C’est sans doute la raison pour laquelle on les a confondues jusqu’à ce moment... Nos connaissances en économie politique peuvent être complètes, c’est-à-dire que nous pouvons parvenir à découvrir toutes les lois qui régissent les

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