‹ Notes et petits traites contenant elements de statistique et opuscules divers faisant suite aux traites d'economie politique et de financesChapitre 80 sur 205 · III. L’Association au point de vue religieux · texte numérisé non relu

III. L’Association au point de vue religieux

IV. L’Association au point de \\ic social: — L’Association, moyen de refonte sociale. — Combinaisons socialistes; — Illusion de l’opinion publique. — Chartisme

V. L’Association au point de vue économique: — Les divei-s tyjws d’association de production. — Limites naturelles de la puissance de l'Association et force des entreprises individuelles. — Les Associations ouvrièi’es.

— L’Association considérée comme remède à la concurrence. — L’Association au point de vue de la consommation. — La liberté d’Association et de Coalition. — Conclusions au point do vue économique.

(VI. Traité d'économie politique, cbap. II de la l’rotluctiou; — Cbap. VIII sur la Concurrence ; — Cbap. X sur la Sécurité; — Cbap. XI sur l’.Association, etc.)

§ I. I.e« diverae* eapèees d’Amoeintlona.

Le sens de ce mot a été étendu et obscurci par les discussions économico-politico-morales, qui sc sont produites dc-

' 2' édition. — Extrait du Dictionnaire de politique dirifrée parM. Rlock, publié chez M. 0. Lorentz I*'vol. 186.’5.

Ce sujet forme l'objet du cbap. XI du Traité d' Économie politique

402 BOTES ET PETITS TRAITÉS

puis bientôt un demi-siècle au sujet de l’organisation des sociétés.

11 signifie d'abord, dans un sens restreint, soit la collection des efforts individuels, soit runion de deux ou plusieurs personnes pour un but ou dans un intérêt commun et, en ce cas, l’association est un des moyens généraux les plus féconds que les hommes puissent employer pour accroître leur action, leur force et leur puissance, pour développer la production, et aussi un des moyens de vivre avec le plus d’avantages et d’économie.

Dans un sens plus étendu, il s’applique à la société conjugale, à la Famille composée des père, mère, enfants et parents, à la Commune, au bourg ou à la ville formée de familles groupées sur un emplacement, ainsi qu’aux diverses circonscriptions territoriales, comprenant plusieurs communes, bourgs ou villes et formant des cantons, des districts, des départements, des provinces, etc., des Nations et des confédérations, — des États.

Il s’applique même à la Société tout entière, à l’Humanité ; comme par une évolution inverse, le mot sociétés sert à désigner spécialemant des associations circonscrites et formées en vue d’une exploitation spéciale, industrielle, commerciale, agricole, etc.

Enfin, l’ensemble des hommes d’une même race, répartie en divers points et ceux appartenant à une même communion religieuse, forment une espèce d'association. Toutefois, ce mot d'association emporte usuellement l’idée d’un lien plus resserré, d'engagements réciproques, qui font différer l'Association et la Société, de l’Humanité et de la Coréligion.

L’.Association générale, ou l'Humanité ou la Société en

.')• édition; mais il y est traité au point de vue économique seulement et plus brièvement. — Dans la 1'* édition de Noies et petits traités nousavions inséré notre mémoire, sur le concours relatif à l'Association et à la misère, à l'Académie des sciences morales et politiques; il sera reproduit dans un autre volume où nous réunirons tout ce qui concerne plus spécialement la population, la misère, etc.

NOTICE SUn !,’ ASSOCIATION.

général, composée de diverses sociétés liiimaines, existe, sn forme, se compose, se décompose et se recompose dans un but que la religion et la philosophie ont assez infructueusement tenté de découvrir et de formuler. Nous ne voulons donc exprimer aucun avis à cet égard. Mais nous pouvons dire que les liens d’association et la solidarité entre les diverses parties de l’Huinanité s’accroissent progressivement avec la civilisation matérielle et morale, r

L’intérét individuel est le moteur de cette civilisation; l’échange en est le moyen universel, et ce moyen va se développant avec le perrectionnement des instruments de communication terrestres et maritimes, avec l’application du principe du libre échange et la diminution des obstacles administratifs et douaniers, avec la diminution des préjuges religieux, nationaux et guerriers.

De ce rapprocliement, de cette fusion, de cette solidarité, de celte association d’intérêts, résulteront la paix internationale, la concorde des classes, le maintien de la securité universelle, favorables à l’extension des débouchés, à la formation des capitaux, à l’accélération de la production, à la facilité de la circulation, à la justice dans la répartition, à l’accroissement dans la consommation, d’où l’aisance et le bien-être, et, avec eux, l’amélioration intellectuelle et morale des sociétés.

Voilà le but qu’à défaut d’autres indique la philosophie économique; voilà le but que la politique du passé a généralement contrarié, et que la politique de l'avenir devra faciliter pour être rationnelle et digne des bénédictions de la postérité.

Les associations, comprises dans l’association générale, peuvent être classées selon le point de vue sous lequel on 1rs considère, selon leur objet, leur but et leur résultat.

En parlant du but que se proposent les associations, on trouve d’abord les associations générales, qui se sont formées en vue de la sécurité et qui constituent les sociétés politiques proprement dites, les nations. États ou puissances subdivisées en provinces, villes et communes.

404 NOTES ET PETITS TÜAITÉS

Parmi les associations restreintes, en considérant toujours le but, on peut distinguer celles qui ont pour objet la satisfaction d’un besoin immatériel, intellectuel ou moral, et celles qui ont pour objet l’obtcntiou d’un lucre ; mais ce caractère n’est pas absolu, car souvent derrière le but spirituel, se trouve le profit ou l’avantage matériel, et réciproquement.

Les associations ayant un but immatériel ou du moins ne se proposant pas un profit, une production économique, forment divers groupes : les Associatiom religieuses (Congrégations, Ordres religieuv. Confréries, Communautés); — les Associations de Bienfaisance, ou de Charité, ou pbilantbropiques; — les Sociétés de Préiwjance (Sociétés de secours mutuels, Assurances, Tontines, etc.) ; — les associations pour Vlnstniction et la Moralité (Œuvres de toute espèce. Sociétés de tempérance, etc.); — les Sodêtès scientifiques (Académies, Sociétés de sciences, lettres et arts. Sociétés de statistique. Sociétés agricoles, Comices, etc.); les Associations politiques, pour agiter une question de gouvernement, appuyer ou combattre le Gouvernement ou l’Opposition, comprenant les associations pour la propagande d’une question religieuse ou économique, qui ne tarde pas à revêtir le caractère politique, en prenant de l’importance, en devenant un moyen d’agitation et de partis. C’est ainsi qu’en Angleterre l’association pour l’émancipation des catholiques et, de nos jours, la Ligue libreéchangiste de Manchester {anticorn Lato League, Ligue contre les lois prohibitives sur les céréales), ont été des associations éminemment politiques. C’est ainsi qu’en France, en un moment, la société charitable de Saint-Vincent-de-Paul a été considérée comme ayant pris le caractère d’une congrégation politique, etc.

Dans les associations se proposant une production, un bénéfice, un avantage quelconque, il faut ranger les diverses sociétés ou compopnics commerciales, industrielles, agricoles, financières, maritimes ; — les diverses combinaisons en vue de consommations ou plaisirs en commun, telles que communautés, cercles, sociétés chantantes, etc.

NOTICE SÜR I. ASSOCIATION .

• Au point de vue administratif, il y a lieu de distinguer, avant tout, les Associations illicites de celles qui ne le sont point, et de distinguer dans celles-ci les associations entièrement libres et celles qui ne le sont point, soit qu’elles reçoivent une subvention sous une forme quelconque, et qu’à l’un ou l’autre de ces titres, elles soient soumises à une réglementation plus ou moins imposée.

Nous allons grouper les considérations que nous avons à présenter, en parlant des associations au point de vue politique, au point de vue social, au point de vue économique.

§ II. l.’AaiM>eiation au point de vue politique. — But de la aoeiété politique. — Annexion et aéparation. — Nationalitéa. — Confédérationa. — Allianeea. — IJniona.

L’homme et la femme forment, nous venons de le dire, des familles, par suite de besoins et d’attractions instinctifs ou raisonnés. Ces familles se groupent en communes, en villes, grandes ou petites. Ces villes se confédèrent en nations avec une organisation plus ou moins unitaire. Les groupements ont pour origine les besoins communs de défense, d’approvisionnements, — une source, un puits, une rivière, un abri, un centre commun, un rendez-vous naturel que présente la localité. Ils s’accroissent ensuite par la force d’attraction, par les avantages de la société créée, par les besoins satisfaits, par l’église, le château, l’école, le marché. Les confédérations, de communes, de villes, de nalions en États plus ou moins considérables, sont le résultat à la fois de le disposition géographique du pays, de la similitude des races, de la conformité de langage, de religion, de mœurs, d’intéréis, de la conquête subie, du besoin de résister à l’invasion des voisins, ou de les envahir, toutes causes qui ont plus ou moins agi dans le même sens ou en sens inverse, selon les diverses nationalités qui ont occupé la scène de l'histoire, et dont l’existence a été la résultante de ces diverses forces d’affinité et de cohésion .

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Parmi tous ces éléments, il y a en a un qui tient à tous les autres et s’en dégage par l’observation ; c’est le besoin de protection contre les dangers intérieurs et extérieurs; c’est le besoin de tranquillité, d’ordre, de justice, de garantie pour la personne, les fruits du travail, les épargnes et la propriété; en un mot, le besoin de sécurité.

C’est pour cela, et pour cela seulement, que l’association nationale, avec ses diverses subdivisions, a sa raison d’être. C’est à cause de ce but social et politique que l’impôt destiné à faire face aux dépenses de l’État devient légitime. C’est là le plus grand besoin des sociétés, celui auquel elles sacrifient tout, même leurs plus chères libertés, celles qui font le plus d’honneur au genre luimain.

Une question très-difficile à résoudre dans la pratique, et môme en théorie, c’est celle do la distribution des continents entre les divers Utats ou puissances, à laquelle se rattache celle des nationalités et des adjonctions ou disjonctions, appelées de nos jours annexions et séparations ou sécessions.

Les associations nationales actuelles sont les résultantes des causes que nous avons énoncées ci-dessus ; mais à ces causes il faut ajouter l’action du principe d’hérédité dynastique; celle des guerres, des révolutions et des coalitions de puissances qui ont produit des remaniements, des compositions et des recompositions, qui font le désespoir de celui qui veut apprendre l’bistoire. Jusqu’à nos jours, les nations ont été dominées par l’esprit de conquête et la force a fait tout le droit. Ce n’est que par leur propre force, ou par celle puisée dans les alliances, que les associations nationales ont pu se maintenir, quand elles se sont maintenues contre l’esprit de conquête et d’agrandissement, s’appuyant sur l'honneur du drapeau, l’intérêt national, la mission providentielle, la politique traditionnelle, lès principes nationaux, etc.

De nos jours on invoque le principe des nationalités; mais s’agit-il de préciser les caractères de la nationalité, les limites de l’emplacement national, la confusion commence et ne tarde pas à devenir inextricable aux yeux de la simple raison. En

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NOTICE SCR [/association.

fait, l’esprit de nationalité se traduit par un sentiment de répulsion conireun dominateur commun, cas auquel la question se résout par la force.

On invoque un autre principe, celui du suffrage des populations exprimé par acclamations, manifestations ou votes au scrutin. En admettant, par hypothèse, que celte dernière formalité se fasse dans toutes les conditions d cxactilude, sans pression aucune ; en faisant abstraction de la capacité des masses, comment admettre que le vote des grands-pères peut et doit lier les petits-fils encore au berceau? Comment admettre, par exemple, que les conventions fédérales faites, il y a trois quarts de siècle, par les citoyens des premiers États- Unis d’Amérique, au nombre de moins de 3 millions, lient aujourd’hui d’une manière indissoluble les 50 millions d’habitants actuels, possédant un espace quadruple?

Si on admet le droit de séparation pour les Etats du Sud, il faut l’admettre logiquement ponr les cantons catholiques de la Suisse (Sonderbund) ; pour les États de l’Autriche (Hongrie, etc.); pour la Pologne, voulant se reconstituer aux dépens delà Russie, de la Prusse et do l’Autriche actuelles ; pour les divers États de l'empire turc ; avec l’Irlande, si elle voulait se séparer de l’Angleterre; pour le sud-est de la France, s’il voulait divorcer et faire une nation à part, etc. Si. au contraire, on part du principe de l'inviolabilité du pacte national ou fédéral, il faut l’admettre avec le nord des États-Unis, voulant réintégrer le sud dans 1 Union; avec la Russie, l'Autriche et la Prusse, gardant la Pologne ; avec l’Autriche, voulant garder une partie de l’Italie qu’elle gouverne depuis longtemps, etc.

11 n’y a en vérité, pour la solution de toutes ces grandes affaires, qui font verser des flots de sang et qui absorbent des J milliards, à payer par les populations actuelles et par les gé-

nérations futures, aucun principe dirigeant bien positif et bien satisfaisant aux yeux de la logique. L’histoire contemporaine, pour ne parler que de celle-là, est pleine de preuves à l’appui de celle conclusion négative.

Les nations et les confédérations s’associent temporairement

NOTES ET PETITS TBAITES

par des traités et fonnent des alliances, des ligues, dans un but déterminé de lutte (attaque ou défense) avec d’autres puissances, ou par de modifications des tarifs douaniers. De nos jours la plupart des États allemands, en se réunissant pour la perception en commun des droits de douane (Zollverein), ont fait une heureurse application de l’association, dans l’intérêt de leurs propres finances, dans celui de la concurrence et du commerce des antres pays. Plusieurs autres de ces unions douanières de divers États entre eux, pourraient être encore organisées avec avantage; mais ce qui est préférable, c’est l’abaissement des tarifs, équivalant à une union douanière entre tous les États.

.\u point de vue individuel, les mêmes questions se présentent, mais elles sont infiniment plus faciles à résoudre. Le droit d’immigration et d’émigration, l’obtention des droits des nationaux par la naturalisation, la perle de ces droits, sont encore l’objet d’une réglementation prohibitive et barbare, s’inspirant d’une part de la théorie romaine, de la haine de l’étranger et des préjugés économiques sur la population. Le progrès se fait lentement, danslesens de la liberté individuelle, vers la reconnaissance du droit absolu d’aller et venir, d’entrer dans l’association et d’en sorlirsans formalités, selon son intérêt ou son bon plaisir.

§ III. Droit de réunion. — fSœiétéo aecrètes. — Clubs.

Si nous considérons maintenant l’intérieur de la société politique, nous voyons surgir des questions non moins redoutables et relatives à la détermination des droits des individus à l’égard des classes privilégiées, à l’égard des dynasties, à l’égard de la société et des pouvoirs publics qui la représentent plus ou moins légitimement. Ces droits se résument dans ce grand mot de liberté, exprimant la somme et la synthèse de toutes les libertés d’ordre religieux, politique, administratif, constitutionnel, économique. Parmi ces diverses libertés se

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