NOTICE SUR L ASSOCIATION
Ni les uns, ni les autres, il faut l’avouer, ne savaient trop ce qu’il disaient; mais ils se servaient de la parole magique, de la formule panacée, comme d’un levier sur les masses; — les conservateurs, pour leur dire : Nous aussi, nous voulons votre bien-être par le bon socialisme ; — les démocrates, ou républicains, pour leur dire : Aidez-nous à renverser l’ordre * de choses actuel, et, sans être excentriques comme les écoles socialistes, nous réaliserons l’association selon vos aspirations,
« l’association, seul remède, non-seulement aux maux politiques, mais aux maux sociaux » ; l’association, qui sera un perfectionnement à la société dont vous avez tant à vous plaindre; — le parti intermédiaire, quand il prenait la parole, balbutiait les mêmes formules, et faisait les mêmes promesses avec moins de précision. Parmi les économistes, les uns chantaient l’association sur un rhylbme moins dithyrambique que les socialistes, mais ils chantaient ; quelques-uns se taisaient en manière de protestation ; quelques-uns signalaient l’illusion générale {voces in deserio) : mais à eux tous, ils ne formaient qu’une insignifiante fraction dans l’opinion publique.
En résumé, l’association ressortait de ce chorus universel. Quoi d’étonnant qu’après la révolution de Février, les nouveaux pouvoirs aient été sommés de décréter l'organisation du travail par l-’association ! Quoi d’étoimant que la révolution et la république, inscrivant sur leur drapeau les formules socialistes, aient été responsables du manque de parole de ceux qui avaient tant promis en leur nom, quand, bien loin de tenir de vaincs promesses, elles ne pouvaient empêcher la cessation du travail, la diminution des salaires, la misère enfin, sombre i'éalitè, venue en place des jouissances rêvées! Quoi d’éloniiant que la masse ignorante et crédule, les entrailles déchirées par la faim, étant, au surplus, surexcitée par l’esprit de parti, ait fait la sanglante insurrection de Juin!
Voilà comment l’association est devenue une formidable question politique en France.
L’ébranlement politique de 1848, auquel l’agitation en faveur de l’association a contribué dans une certaine mesure,
s’est communiqué à d’aulres pays ; mais, ce nous semble, c’est seulement en Suisse et dans les États occidentaux de l’Allemagne que les idées socialistes ont donné lieu à l’agitation des masses. Il n’a eu aucun effet en Angleterre, où les classes ouvrières, en possession depuis longtemps de la liberté de réunion, et mieux pénétrées du gros bon sens des vérités économiques, sont restées tout à fait calmes, malgré les exemples du continent et malgré les excitations locales. La fièvre du chartime était passée ; elle avait été calmée en grande partie par les prédications des libres échangistes et les réformes de lloberl l*eel.’Au surplus, le chartisme n’avait pas eu d’analogie avec le socialisme visant à l’association universelle. Kn demandant une nouvelle charte, en souvenir delà magna charta , obtenue par les barons normands, les promoteurs de ce mouvement ne formulaient que des vœux d’organisation politique, dont ils espéraient, il est vrai, des améliorations sociales, mais qui ne ressemblaient en rien à la refonte sociale prêchée sur le continent. C’est ainsi que les chartisles demandaient une nouvelle réforme électorale et parlementaire par l’extension du sffrage, le scrutin, le renouvellement annuel du parlement.
Voyons maintenant ce qu’il y a de sérieux, de positif, de scientifique, au point de vue économique, dan’s cette formule de l’a.ssociation.
§ VI. ■.’AMociation au point de vue politique. — l.ei« diver* type* des associations de la production. — Limite naturelle de la puissance de l'Association et force des entreprises individuelles.
Considérée au point de vue économique, l’association se forme en vue d’une exploitation productive, ou d’une consommation à moindres frais.
Parlons d’abord du premier cas.
En fait, toute entreprise est en elle-même une association entre l’entrepreneur et les divers possesseurs d’instruments
^OTICE SUI! L AS^ÜCIAT10^.
de travail qui concourent à la production, — coopérant les uns par leur travail, les autres par leur capital, les autres par leurs fonds de terre, et retirant chacun une partie du résultat ou produit de l’entreprise. Mais nous laisserons de côté cet aspect de la question, pour nous en tenir aux associations proprement dites, dans lesquelles les travailleurs et les possesseurs des instruments de production unissent leur concours, en partageant les» risques des bénéfices et des pertes.
Ces associations prennent différents noms, selon l’objet de l’entreprise ou de l'exploitation auxquelles elles se livrent: elles sont dites sociétés ou compagnies commerciales, industrielles, agricoles, maritimes, de crédit, d’assurance,... financières, quand elles se livrent à des spéculations sur les fonds publics et les valeurs de Bourse et qu’elles ont de grands capitaux à leur disposition. Leur organisation varie, selon le but et la durée de l’entreprise, le concours des associés, leurs attributions, leur responsabilité, leurs droits dans le partage, selon les prescriptions imposées par le législateur et les immunités qu'il accorde.
* On peut les ramener aux deux types suivants :
1“ Les associations dans lesquelles un certain nombre d’associés, en général assez restreint, réunissent lesfacullés et les moyens dont ils peuvent disposer, pour travailler conjointement au succès de l’entreprise. Ce sont les sociétés les plus ordinaires et les plus nombreuses. — A. ce type se rapportent aussi les associations d'ouvriers, dans lesquelles les associés sont tous les ouvriers ou les principaux ouvriers de l'entreprise. Nous allons revenir sur ces associations, dites aussi associations de travailleurs.
2° Les associations dans lesquelles les capitaux sont fournis par un plus ou moins grand nombre de coparticipants, bailleurs de fonds, commanditaires ou actionnaires, et l’entreprise conduite par un ou plusieurs agents ou entrepreneurs, gérants ou directeurs, plus ou moins liés par l’acte de société, dites en commandite et par actions, dites encore associations de
NOTES ET PETITS TliAlTÉS.
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capitalütes, quand les associes sont peu nombreux, riches ou propriétaires d’une part assez considérable.
En France, le premier type est dit sociélc en nom collectif, et l’entreprise doit prendre le nom des associés ou de quelques-uns des associés, tous responsables. Dans la société par actions ou en commandite, le gérant ou les gérants seuls sont responsables, et la société est en nom collectif pour eux. Mais elle peut obtenir le privilège de Vanonymat, c'est-à-dire se constituer sous forme anonyme et de manière à ce que les directeurs ne soient pas responsables. En Angleterre, le système de commandite irresponsable n’est admis que depuis la loi de 18Ô6. Jusque-là, tous les associés étaient responsables, et les sociétés étaient dites à fonds unis (joint-stocks).
Dans l’ordre économique, comme dans toutes les directions de l’esprit humain, l’association, l’expérience le démontre, est un principe d’une admirable fécondité. Les forces individuelles se trouvent réunies comme dans un foyer, leur puissance se trouve centuplée ; il est susceptible des plus nombreuses et des plus heureuses applications ; il n’est pour ainsi dire pas de travaux qu’il ne permette à l’homme d’entrepren- * dre. On peut juger du parti qu’on en tirera dans l’avenir par les applications qu’on en a déjà faites par suite du développement qu’a pris l’esprit d’association des travailleurs et des capitalistes.
Ici nous pourrions arrêter longuement le lecteur sur les résultats obtenus par l’esprit d’association en Angleterre, aux États-Unis, en France et en tous pays plus ou moins : c'est par lui qu’ont été créés les plus puissants établissements de l’industrie moderne et les plus grandes exploitations agricoles et minières, les plus utiles institutions de ci’édit, d’assurance, de prévoyance*; sans lui nous n’aurions pu voir se produire, comme par enchantement, ces nombreuses voies de commu-
* bttits les associations (le production On peut comprendre toutes celles (lUi ont pour objet de fucililor l'épargne et la prévoyance, de produire un capital ou un revenu, telles que caisses d’épargne, banques de dépôts et d’avances, assurances, crédit mutuel, secours mutuel, etc.
-NOTICE son i.’association.
iiications ierreslres et inarilimes (routes, canaux, cours d’eau améliorés, chemins de fer, bateaux à vapeur, télégraphes), • qui coupent les isthmes et les monlagnes, franchissent les plaines et les mers, unissent les continents, ravivent tous les éléments de civilisation dans les pays civilisés et les font smgir dans les contrées arriérées.
Cependant ce principe, quelque fécond qu’il soit, n’est pas susceptible d’une extension et d’une application indéfinies. 11 a des limites naturelles, et il serait utopique de croire qu'il est destiné à remplacer en tout et pour tout les efforts individuels, et que la grande industrie par association est appelée à faire disparaitre les moyennes et petites industries, dues, soit à l’initiative individuelle, soit aux efforts d’un petit nombre d’intéressés, et voici pourquoi.
Si, d’une part, l’association augmente la puissance d’action des hommes et des capitaux, elle tend d’autre part à diminuer l’énergie de Yintérét privé, le plus actif des excitants, énergie d’autant plus vive que l'homme travaille plus pour lui seul et sa famille, et que les résultats de la production lui appartiennent plus exclusivement ; de sorte que, si les entreprises par association ont la puissance qu’engendre ruiiion des forces, les entreprises individuelles se soutiennent par l’inléi ét privé, produisant : l’activité des opérations, qui est d'un incalculable avantage, l’économie dans les frais, l’attention vigilante de tous les détails, la préoccupation et le dévouement constant du chef de l'entreprise.
Tous les jours on voit ce phénomène s'accomplir dans plusieurs des grandes entreprises. Les directeurs de ces vastes exploitations ne peuvent pas surveiller et diriger ces opérations excédant les forces de leur esprit; ou bien ils se fatiguent, de sorte que l'indolence et l'incurie succèdent à un premier élan; les employés se relâchent à l'exemple des chefs; le défaut d’ensemble se manifeste ; le désordre gagne en se cachant sous une régularité apparente, et le gaspillage s’ensuit. Dans CCS entreprises, les employés sont plus nombreux cl la direction plus coûteuse, et toutes dépenses plus élc-
«OTES ET l’ETITS TRAITES.
vêes, l’inlérêl social étant un régulateur moins rigide que l’intérêl privé.
U est heureux que les choses soient ainsi faites : il y a des places pour tout le inonde, des débouchés pour toutes les aptitudes, des combinaisons pour la satisfaction de tous les besoins sociaux. La division du liavail et la concurrence s'établissent entre les entreprises individuelles à moyens plus limités, à de certains égards préférables et même supérieures aux entreprises par association, et celles-ci qui, de leur côté, sont nécessaires et avantageuses à d’autres égards. Quand il faut réunir un capital dépassant les forces des entrepreneurs isolés, pour arriver soit à produire le plus rationnellement, soit à insi)irer la confiance voulue ; quand il y a des risques à courir, comme dans les entreprises nouvelles, les expéditions lointaines, certaines voies de communication, l’exploitation des régions peu connues ; — l’association remplit une mission d’apostolat industriel, en frayant la voie, ou si elle succombe, d’autres entreprises colleclives ou privées s’engagent avec plus de chances de succès.
§ VII. Ei'AMOciatitta ciontiidérée comme remède i à concurreBce.
C’est pour ne pas avoir tenu compte de la véritable notion de l’association, que de nombreux publicistes, et l’opinion publique, par leur fait, se sont laissés aller aux plus fantastiques illusions, à proclamer la « magique formule » comme une panacée contre les maux économiques, politiques et sociaux, et spécialement comme un topique contre les fâcheux effets de la concurrence et contre la misère comme le moyen de transformer l’organisation industrielle et de remplacer les entreprises dirigées par des entrepreneurs à leurs risques et périls, et payant le concours des travailleurs et des capitalistes par des entreprises où il n'y aurait plus que des ouvriers as-
* Voy. notre volume sur la Population, etc., in-18.
* NOTICE SUli 1,’ VSSOCIATION. 1
ïïociés, ne ivcevaiil plus de salaire, mais une part du biyiéfice; en lennes plus courts, comme le moyen de remplacer le salariat par l'association.
Nous avons vu comment ce mouvement, disons plus, cette i\hcri aüon associât ioiiiiiste, sorlie do l’imagination des invonleiirs de systèmes sociaux artiliciels, en dehors de la nature (les choses, avaient passé de l’esprit de leurs disciples dans C( lui des meneurs politiques', dans celui des classes ouvrières, dans une partie de l’opinion publique, au point qu’avant la révolution, l’association était devenue une question politique. Ce n’est pas ici le lieu de parler en détail de ces écoles philosophico-politico-sociales, ditt's socialistes, qui ont eu la prétention de conduire, par l’association, riiumanité à des destinées iucoimues, et qui, dans ce but, ont proposé la refonte sociale et des réorganisations bizarres et excentriques des sociétés et de la famille, qui est l’alvéole sociale. .Arrêtonsnous seulement sur ce prétendu moyen de neutraliser la concurrence, de remédiera la misère, de supprimer le salarial.
Comment les socialistes ont-ils proposé de neutraliser la concurrence?
Les uns, les communistes axoués, en fusionnant tous les groupes socâaux en une association humanitaire, patriarcale, d'où seraient exclus rintérêt personnel, l’initiative et la responsabilité individuelles, 1a liberté d’action, c’est-à-dire tous les éléments du principe vital-social, et ce, par le moyen simple d’association que voici : l’extension du régime de la ramille enfantine aux hommes de tous les âges, à tous les groupes d’hommes — transformés en anges, obéissant filialement à des pouvoirs angéliques. Quelle belle découverte, si....
' l'n jour, à la Coiisliliianic de 1848, un incrnlire apparteiiaiil au [larti polilitiue le plus avance, (pii ava t eu le tort d’accepter la dénomination de MüiitaijHe cl se croyait non sociali>te, reprochait aux socialistes de l’avoir compromis par leurs idées excentriques. A quoi M. l’roudhon répondit, avec raison, qu’en dehors des idées socialisies la Montagne ii avait aucune idée dans le ventre, et qu’elle ne pouiTait pas même accoucher d’une souris.
•i22 ^■OTE^ tr PETITS TnAlTÉî.
Muis^quenc ferait-on pas avec des si?... le proverbe po[)ulaire nous apprend qu’on mettrait Paris dans une bouteille !
Les autres, ne se disant pas communistes, mais l’élant positivement de par la logique, et ne différant des premiers que par la nomenclature, ont prêché quelque chose comme l’ancien système des castes de l’Égypte et de l’Inde.
Les autres, couvrant le globe de phalanstères ou associations communales indépendantes, supprimaient ainsi la concurrence individuelle, mais la remplaçaient par la concurrence entre les groupes ou phalanges.
Les autres, en dénaturant les fonctions des pouvoirs publics, leur ont attribué la direction des diverses industiies transformées on ateliers sociaux ou nationaux ou en régies gouvernementales avec des ouvriers devenus des associés égalitaires; ce qui est, par un autre détour, le chemin au communisme despotique, pompeusement dissimulé, sous la formule d'Organisation du travail.
Mais laissons de côté les excentriques rêvant l’association universelle de riiumanité en une famille patriarcale, et passons à ceux qui s’en tiennent à l’association dans le domaine de la production, sans y englober la famille. Nous venons de dire que l’association industrielle, commerciale, etc., est susceptiblede se développer; mais qu’heureusement cette extensibilité n’est pas indéfinie, car sans cela l’association aboutirait au monopole, c’est-à-dire à l’exploitation des consommateurs par une féodalité industrielle. Or, en ce cas, le remède à la concurrence serait bien pire que le mal.
Nous retrouverons plus loin le monopole comme sujet de reproche au libre développement do l’association.
9 Vlll, AsaoeialianN ouvrière*.
Kt maintenant nous arrivons aux associatiotis ouvrières. Sous l'impulsion de la propagande associalioniste des écoles socialistes et des partis politiques, fort ignorants dans les questions économiques, les ouvriers de l’ai is, de Lyon et de
NOTICE SÜR l/ ASSOCIATION.
quelques autres grands centres en étaient arrivés à croire qu’en attendant l’organisation du travail par l’association générale, ils pourraient améliorer leur situation et obtenir un plus fort revenu de leur travail, en se constituant en associés égalitaires, sans le concours des entrepreneurs et des capitalistes, en supprimant ainsi le salaire par l’association, et en se substituant peu à peu aux entreprises ordinaires. Sous l’influence de ces illusions, quelques associations se sont constituées en France, à Paris, surtout avant la révolution de 1848, un plus grand nombre se sont créées après cet événement, quelques-unes avec une subvention du gouvernement. L’expérience n’a pas tardé à leur démontrer, pour ainsi dire, immédiatement, que le travail et l’intelligence du métier ne sufflsentpas; qu’on ne peut rien faire sans capital, et qu’il n’y a pas de capital sans capitaliste ; qu’il faut dans toute entreprise une direction unique connaissant non-seulement la manière de produire, mais encore les moyens d’approvisionner l’atelier de matières et d’instruments, et les moyens d’écouler les produits obtenus, de créer et conserver une clientèle; que l égalité des salaires est antipathique à la nature humaine, et que l'ouvrier ne peut se passer d’un revenu fixe ou salaire.
La plupart de ces associations ont eu une durée éphémère, et le très-petit nombre qui ont persisté se sont transformées plus ou moins en entreprises ordinaires avec la coopération d’un capital rémunéré, avec gérant ou gérants à pouvoir supérieur et à salaire plus élevé, avec salariés, à salaires inégaux. D’année en année le groupe des ouvriers associés s’est resserré, le gérant ou les gérants ont acquis plus d’importance, et finalement l’association a pris les allures d’une entreprise ordinaire avec un petit nombre d’associés. De nouvelles associations ne se sont point formées ; l’exemple n’a pas fait propagande.
Tout cela était facile à prévoir à priori; mais' il a fallu l’expérience pour faire tomber les illusions. Lncore est-il que toutes les illusions ne sont pas tombées.
llâtons-nous de dire que cette expérience ne peut en rien
(•.ondiTiniier l’associalion des ouvriers on olle-niênie, laquelle association a des avanta‘,^es réels. Kn effet, en intéressant l’ouvrier au travail, celui-ri utilise mieux son temps et fait un emploi plus judicieux de ses facultés. L'ouvrier associé est non-seulement plus laborieux et plus productif, mais plus calme, plus ran«;é, plus moral, et il est à désirer que l'esprit d’association fasse des projfi’ès dans l'intérêt financier de l'ouvrier, dans l’intérêt de l'enlrepreneur, do la produclion, et de la société en général, et pour la moralité et l'accord des clas,ses ouvrières. — Mais, pour entrer dans une association, il faut que l’ouvrier puisse arrivera avoir un capital qui le mette à même de posséder une part dans l’affaire, ou au moins d’attendre le résultat des inventaires. 11 faut de plus que lui et ses camarades associés soient des ouvriers d’élite, pour la conduite et le caractère. — D’autre part, il y a à considérer que le salaire a le grand avantage d'être une part fixe, certaine et auticipéo (c’est-à-dire réalisée au fur et à mesure du travail fourni ci des besoins), dont ne saurait se passer l’ouvrier, à qui il est impossible de courir les chances de l’enlreprise (|ui peut solder en perte, et dont les résultats, dans tous les cas, se font attendre. — -Ln troisième lieu, en admettant que la transformation (ùt possible et que les ouvriers pussent courir les chances de la part éventuelle, il est douteux que leur situation, en général, fût améliorée par les associations, caria concurrence, qui réduit leur part-salaire, réduirait leur part-bénéfice ; car il serait absurde de croire que la multiplication des associations ouvrières diminuerait la concurrence qu’elles se faisaient entre elles : à la concurrence individuelle succéderait la concurrence entre groupes associés.
L’expérience est plus favorable pour les associations temporaires. Tous les jours on voit des groupes d’ouvriers qui parviennent à réunir leurs efforts et à s’enlendre pour entreprendre en commun des tâches d’une durée limitée, telles que terrassements, pavages,’ transports, etc. Dans presque tous les pays de pèche, les marins prennent des engagements à titre d’associés pour les travaux et tes résultats de la cam-