‹ Notes et petits traites contenant elements de statistique et opuscules divers faisant suite aux traites d'economie politique et de financesChapitre 83 sur 205 · NOTICE SUR I,’ ASSOCIATION · texte numérisé non relu

NOTICE SUR I,’ ASSOCIATION

pagne. On trouve de ces associations parmi les pêcheurs des mers du Nord, en Russie, en Chine, etc. Il se passe quelque chose d’analogue dans certains pays de mines. Les mines de Cornouailles sont exploitées par des groupes d’ouvriers, traitant avec l’agent du propriétaire et recevant un tant pour cent du prix du minerai.

Nous voulons nous en tenir ici à ce qui fait l’objet spécial de cet article, l’.\ssociation. Nous ferons donc une simple mention d’im moyen fécond pour les entrepreneurs comme pour les ouvriers, et qui consiste à faire participer les ouvriers aux bénéfices de l’entreprise, non point à titre d’associés, mais à titre à' intéressés^ moyen pratiqué dans le commerce, qu’on observe plus rarement dans les autres industries, mais donc l’application est possible dans toutes les branches de l’activité humaine.

S IX. l/AHiioeiation en vue de lu eonaomniation.

Nous avons peu de remarques à faire au sujet de l’association en vue de la consommation, qui peut avoir pour but certaines consommations ou certaines jouissances en commun.

Sous ce rapport, le principe d’associalion ne semble pas sii.^^ceptihle, à beaucoup prés, d’une aussi grande extension que pour la production. — En premier lieu, il n’y a qu'un nombre limité de personnes en situation de se réunir pour faire des consommations en commun. — Ensuite l’avantage que présentent ces genres de eonsomtnations est rachelé par la perle de la liberté, c’est-à-dire par la nécessité de se conformer à des règlements gônanis. — Enfin, l'économie n’est réalisable qu’à la .condition d’une gestion bien entendue et rigoureusement surveillée, condition plus difficile à l’emplir quand il s’agit de l’intérêt d’une communauté, c’est-à-dire d’un intérêt général.

Ces e.spéces de communautéssont impossibles pour des ménages, à cause des femmes et des enfants, sujets perpétuels de troubles et de discussion; elles ne sont possibles pour des céli-

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bataires du même sexe qu'à la condition d’une certaine liberté; elles ne sont possibles, sans liberté, que sous une influence religieuse ou par J’effct d’une discipline militaire, et encore l’exemple des couvents et des casernes est-il là pour nous prouver combien ces procédés sociétaires laissent à désirer.

S X. La liberté d'ktasoeiation et de eaalUion.

L’association étant une des manifestations de l'activité, un des moyens de tirer le meilleur parti possible des efforts intellectuels et physiques, la conséquence naturelle et logique est que l’emploi de ce moyen doit être laissé à la libre initiative des travailleurs; en d’autres termes, que ta liberté est la laide l’ Association, comme elle est celle du Travail, comme elle est celle de l’Échange. — La liberté de l’association est le corollaire de la liberté du travail; car serait-on libre de travailler, si on n’était pas libre d’unir ses efforts pour produire? Elle est aussi le corollaire du principe de propriété; car serait-on propriétaire de ses facultés et de ses instruments de travail, si on ne pouvait les réunir pour produire? Elle est encore le corollaire du principe de justice; qui veut que les faibles puissent s’unir pour arriver aux mêmes résultats que les forts, que les hommes qui n’ont que l’intelligence et le travail puissent s’unir à. ceux qui ont le capital et réciproquement, afin de produire.

La liberté d’association, qui est une des branches de ce tronc commun qu’on appelle la liberté, et qui est un des aspects du droit, de la justice, de la propriété, donne satisfaction à tout le monde, à ceux qui s’exagèrent la portée du principe d’association, comme à ceux qui peuvent le méconnaître. De plus, c’est en laissant faire les chercheurs; en laissant faire les applicateurs, en laissant faire les ouvriers, en laissant faire les entrepreneurs, en laissant faire l’initiative individuelle, que la société obtiendra le maximum d’utilités avec le minimun d’ef-

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NOTICE srn l’association. 427

forts, ce qui est la loi économique par excellence. Il n’y a pas (l’autre moyen pour que l’association se charge des entreprises qui sont dans son essence, pour que les travailleurs et les capitalistes trouvent les combinaisons sociétaires les plus convenables, pour que l’expérience montre la nature des choses et fraye le chemin de l’avenir.

Ici nous avons à répondre à l’objection qui s’esl peut-être déjà présentée à l’esprit du lecteur, trouvant juste et utile de laisser toute liberté pour l’association des travailleurs entre eux et même pour l’association des travailleurs et des capitalistes; mais trouvant injuste, inutile et dangereuse toute liberté d’association laissée aux eulrepreneiirs et capitalistes. Avec une pareille liberté, dit-on, on irait tout droit à la concentration et au monopole, par l’effet de l’intérêt individuel des associés visant sans cesse à l’exploitation du consommateur.

Nous commençons par avouer (pue la liberté d’association peut produire ce résultat. Mais, dans ce cas, si le privilège et le favoritisme ne s’en sont pas mêlés, le monopole est de droit; il est naturel et légitime, et l’on n’a aucune raison de s’y opposer; il dérive légitimement des principes do propriété et de liberté, du droit d’initiative et d’invention*.

Toutefois, l’expérience prouve que ce n’est là qu’un cas exceptionnel et pour ainsi dire théorique, et que la liberté emporte heureusement avec elle son remède. En effet, les entreprises particulières, que l’intérêt privé rend si énergiques et si économes, ne tardent pas à faire la guerre au monopole et à l’amener à composition par une concurrence active. — Il est cependant possible que dans certains cas ce remède fasse défaut. Mais alors aussi il faut maintenir la liberté, car le mal qui consiste à la restreindre est plus grand que celui qu’on voulait faire disparaître par la restriction. Eu second lieu, la concurrence étrangère est une remède normal, juste et efficace contre le monopole, qui s’organise à l’intérieur d’une nation. Tous les monopoles qu’on pourrait citer en France comme résultat de l’association ne se sont constitués et ne se main-

lionnent qu’à la faveur d’immunités particulières concédées par l’Ktatou les villes, et, par suite du système douanier protecteur. Il est toutefois des industries qui présentent à ce sujet plus de difficultés que les autres; nous voulons parler de. celles (les voies de communication, de distribution de jraz et d’eau dans les villes, entreprises exploitées par des compagnies': ces exploitations sont, à beaucoup d’égards, forcément des monopoles; mais, outre qu’elles peuvent toujours être maitrisces par une certaine concurrence qu’elles se font entre elles, ou que leur font leurs analogues(les canaux et les fleuves aux chemins de fer, le gaz portatif au gaz ordinaire), l’autorité peut corriger le privilège par des tarifs fixés par adjudication.

D’autres pourraient encore objecter contre la libcrié d’association les inconvénients des coalitions d’ouvriers. Assurément, une coalition d’ouvriers est une réunion d’efforts, une association temporaire, en vue d’obtenir, soit le maintien des salaires, soit une élévation des salaires, soit d’autres conditions; et cette association découlant du principe de propriété et de celui de la liberté du travail, il est impossible de ne pas admettre logiquement ce droit des classes ouvrières. Sans doute, ces coalitions ont, la plupart, plus d’inconvénients que d’avantages au point de vue de la situation des ouvriers; mais l’expérience démontre — que le libre exercice du droit do réunion a diminué eu Angleterre les coalitions et le danger qu’elles avaient pour la tranquillité publique, — qu’il a calmé l'esprit des classes ouvrières. Quoi qu’il en soit, il est impossible de ne pas accorder aux ouvriers une liberté qu’il est impossible d’ôter aux maîtres, à qui il est toujours facile de se concerter, sans que l’autorité puisse s’y opposer.

^ XI. ConeliiMion «ii point de vue ceonomii|iie.

Si nous cherebons à poser des conclusions sur l’associai i( n au point de vue économique, nous dirons :

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