‹ Notes et petits traites contenant elements de statistique et opuscules divers faisant suite aux traites d'economie politique et de financesChapitre 9 sur 205 · DÉFIMTIONS, [.IMITES ET DIVISIO^S. — CH. I · texte numérisé non relu

DÉFIMTIONS, [.IMITES ET DIVISIO^S. — CH. I

aujourd’hui, n’est encore qu’une des siibdivisfons ou plutôt une des méthodes et des manières d’opérer de la statistique proprement dite (voir ch. ii).

La Statistique proprement dite a pour but de recueillir et de grouper méthodiquement les faits sociaux susceptibles d’être exprimés numériquement. — L'Arithmétique politique est, nous le répétons, un des moyens de conjecturer, à l’aide des faits connus et des artifices du calcul, ceux de ces faits qui sont inconnus.

La théorie et le calcul des Probabilités se proposent de déterminer le nombre de chances qui peuvent amener une éventualité donnée, ou, en d’autres termes, de formuler les chances ' calculables des événements humains.

Enfin la Statistique morale est une application de ces calculs et des autres moyens arithmétiques à la détermination des phénomènes moraux de l’espèce humaine.

La définition que nous avons adoptée plus haut se rapporte parfaitement à l’ensemble de toutes ces parties, à la statistique proprement dite.

Il faut à ceux qui se livrent aux recherches de pi'bbabilités ainsi qu’aux recherches do statistique morale comme l’a entendue M. Quételet, outre les connaissances économiques et sociales dont nous avons parlé, des connaissances mathématiques d’un ordre assez élevé. Jusqu'à présent ceux qui s’y sont livrés (sauf peut-être M. Quételet) sont des savants de l’ordre exclysivement mathématique, qui, faute d’études économiques suffisantes, n'ont pas donné à leurs travaux toute la portée sociale qu’ils auraient pu avoir.

f'our la statistique proprement dite, les notions et les procédés de l’arithmétique élémentaire suffisent.

.Wais ce qui, avant tout, est nécessaire au statisticien vrainienl digne de ce nom, c’est la faculté de l’observation, c’est

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un art et un tact tout particulier pour discerner ce qui est vrai et ce qui est faux dans les chiffres qui s’offrent à lui; c’est une probité scientifique invincible, qui lui fasse rejeter l’erreur et le sopliisme numériques ; c’est une grande indépendance, qui lui fasse rechercher la vérité et rien que la vérité, c’est-à-dire ce qui a été ou ce qui est, sans qu’il se laisse influencer par aucune opinion économique, politique ou religieuse, par aucun système préconçu, par aucun désir de vouloir prouver quoi que ce soit, par aucune influence supérieure. 11 faut qu’il ne veuille rien prouver et qu’il puisse dire à la fin du travail, comme J. B. Say : « Je me suis tracé un plan ; mais j’ai écarté tout système : que voulais-je prouver? Rien^ » Or ce sont là des qualités très-difficiles à rencontrer réunies dans le même homme, et c’est pour cela que, si les faiseurs de statistiques sont innombrables depqis un siècle, le nombre de ceux qui inspirent toute confiance par l’intelligence et le caractère est vraiment très-circonscrit.

* Préface du Traité d'économie politique.

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