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bre de chirurgiens et de physiologistes ont pratiqué des auto. greftes (réimplantation), des isogreffes (greffon de même espèce) et des hétérogreffes (d'espèce différente). Par ces trois modes. on a obtenu des succès, mais en proportion décroissante : très. peu d’expérimentateurs ont réussi d'hétéro-greffes même entre espèces voisines. Une greffe est simple si l'ovaire est mis en portefeuille dans un nid de tissu cellulaire ou complexe si l’on fait une suture vasculaire. L'étude anatomique des cas expérimentaux a été faite très minutieusement. Si l’on examine ces ovaires lorsqu'ils sont adap- “tés, on voit des follicules à tous les stades de leur développement des corps jaunes, de la glande interstitiel] e, la plupart des observateurs ont vu ces faits, le nombre de ces formations varie suivant. les cas. L’ovaire greffé est en général plus petit que l'ovaire normal (Limon, Higuchi). Il arrive d'ailleurs fréquemment qu'on observe à la longue des résorptions complètes. Dans les cas heureux, on trouve toujours de nombreux vaisseaux de néoformation; d'autres fois les vaisseaux existent en petit nombre et alors l'ovaire survit sans s’accroître (Guthrie). Le processus de la greffe a été étudié par Limon, Hertlitzka. et Higuchi. Dans un premier stade, le greffon se nourrit en s’imbibant des liquides secrétés par les tissus voisins; c’est-à-dire que la zone corticale conserve une plus grande vitalité que la médulaire. Ce fait a été vu par Kuauer, puis par Ribbert qui a écrit que seuls survivaient les follicules rapprochés de l’albuginée. Morris l’a nié; Limon l’a établi d'une façon très nette. Les grands follicules disparaissent, les follicules primordiaux subsistent, les cellules interstitielles perdent leurs caractères de différenciations (granulation, grand volume). Dans un deuxième Stade, se produit une cicatrisation qui amène dans le parenchyme de vaisseaux de néoformation. La rapidité avec laquelle s’établissent ces connexions est un élément de succès, (Hertlitzka). Au point où l’épithélium germinatif est lésé, on voit des figures de cariokinèse qui favorisent cette pénétration (Hertlitzka).
Les vaisseaux vont se mettre en rapport avec les cellules interstitielles qui reprennent leurs caractères (Limon). Les follicules primordiaux, qui ort:subsisté, reprennent leur. évolution. L'ovaire présente souvent des corps jaunes géants et il est parfois composé presque exclusivement de kystes des corps: jaunes que séparent de minces bardelettes de stroma (Carmichaël). La muqueuse et les glandes de l’atérus sont souvent hy-
pertrophiées (Higuchi). Les études anatomiques sont moins
nombreuses dans l’espèce humaine. Il a été publié huit examens :
un por Pankow, un par Sauvé, un par de Rouville, et une série
de cinq cas que j'ai étudiés avec mon maître Tuffier et mon, ami Géry.
Première observation (obs. I de Tuffñ-r et Vignes) : femme . morte quatre jours après l'opération; signes de dénégérescence cellulaire diffuse.
Deuxième observation (Pankow) (trois ans. après), grand nombre de follicules primordiaux; 1ares ovules; rares follicu'es à.maturité; corps jaunes vrais et faux.
-. Troisième chservation (obs. II de Tuffier et Vignes), quatre ans et demi après la greffe, à l’occasion d’une hystérectomie complémentaire, on pratique une biopsie qui montre un c2rps jaune reconnaissable et normal (mesurant 0,5 de diamètre).
Quatrièm observation (obs. III de Tuffier et Vignes), trois ans après, l'ovaire est transformé en un kyste dont la paroi présente tous les caractères d’ur corps jaune (absence de basale, cellules inégales, polygcnales à gros noyaux, granuleuses ou vacuolaires, pénétration par des vaisseaux et. du tissu conjonctif).
. Cmquième observation (obs. IV de Tuffer et Vignes), deux ans après, on trouve un kyste dont les parois ont les mêmes tuniques qu'une follicule de Graal à maturité. Der
Sixième observation (de Rouville), fellicules en voie de croissance mais sans ovules; pas de cellules interstitielles; kystes folliculaires mais sans cellules lutéiniques; un gros corps jaune en voie de dégénérescence; uncertainnombre de corpora albicantia.
Septième observation (Sauvé), un an après, pas de cellules interstitielles, ni de follicules primordiaux; persistance de l’épi thélium ovarien avec des cordons de Pflüger.
Huitième observation (Fuffier, Géry et Vignes), trois ansaprès, femme de quarante-quatre ans; involution scléreuse complète de l'ovaire; un petit kyste folliculaire; couche médullaire scléreuse et presque sans cellule; corps jaunes en dégénérescence hyaline; couche corticale avec de nombreuses cellules fusiformes.
Les ovaires greffés ont en général des vaisseaux importants. Dans la quatrième observation, nous avons trouvé trois veines et deux artères grosses comme les collatérales des doigts.
Dans la cinquième et la huitième observation, nous avons pu reconstituer le processus cicatriciel. Dans la plus grande étendue de la surface ovarienne, la fusion est intime entre l'ovaire et son nid; les deux tissus échangent leurs cellules, leurs fibres
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Ge VE et leurs vaisseaux ; mais avec une fréquence variable s'interposent de loir en loin de petits kystes dont le revêtement est constitué par une assise de cellules épithéliales cubiques ou cylindriques parfois ciliées et dont le contenu est un liquide albumineux qui tient en suspension un petit nombre de cellules endothéliales. La formation de ces kystes est en rapport avec une greffe incomplète partout où l’épithélium germinatif a été desquamé, la soudure a été complète : nous avons vu tout à l'heure en étudiant les cas expérimentaux la fréquence des figures de mitose dans les zones où l'épithélium avait été irrité mécaniquement.
Au contraire, la persistance des lambeaux en d’autres points a empêché l'adhérence et cet épithélium s’est multiplié par glissement latéral sur le tissu conjonctif du nid, en délimitant ainsi ces kystes. L'épithélium germinatif ne se comporte donc pas comme l'endétholium péritonéal qui forme des adhérences, mais comme toutes les cellules épithéliales ainsi que Cornil et Carnot l'ont montré pour la vésicule biliaire et l’uretère. Ce processus se produit d’ailleurs au cours des inflammations ovarienues où les adhérences sont mterrompues par des fentes tapissées d’épithélium germinatif. Bucura, en excluant l'ovaire dans une bourse extrapéritonéale,a vu que si on ne le contusionne pas, ilne contracte aucune adhérence avec le tissu cellulaire sous-péritonéal et que les follicules sont normaux.
I semble bien en général que les greffes ovariennes finissent par dégénérer.Aschner, dernièrement, en a donné une explication: pour fui, la section des nerfs de l'ovaire amène l’atrophie de Ja glande interstitielle alors que l'appareil folliculaire reste sans modification. Ces recherches expliquent en partie les modifications des ovaires greffés ou conservés. Je crois qu'il faut plutôt voir dans cette dégénérescence une exaspération du processus de cicatrisation due à un traumatisme opératoire, ainsi qu’en témoignent les examens de Bucura.On peut aussi se demender si la disparition de l’épithélium germinatif n’a pas un rôle nocif pour le développement ultérieur des follicules primordiaux.
Si nous passons maintenant à l'étude physiologique dans les cas expérimentaux, nous diviserons les données en deux ordres : conditions de succès et résultats fonctionnels.
Les conditions de succès sont multiples : il faut agir aseptiquement, se dispenser d’anesthésie générale (Foa); autant que possible ne pas contusionner 1 ovaire (Knauer) ni faire de greftes fragmentaires (Ribbert, Guthrie). Il faut que le nid soit très vasculaire (Guthrie) ;et le greffon doit être jeune : un ovaire jeune
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survit,quelque soit l’âge du réceptor etse comporte comme ferait l'ovaire du réceptor (Foa). Il faut que le réceptor soit du même sexe (sauf exception), de même espèce, de préférence de même race (Voronoff) : Morris en injectant du sérum étranger a augmenté la vitesse de résorption d’une jsogreffe. Il faut que la femelle réceptor ne soit pas en état de grossesse (Knauer). Il vaut mieux que le réceptor soit castré.
Quant aux résultats fonctionnels, ils sont peu nombreux : On a observé quelques cas avec grossesses (la statistique la plus belle est celle de Magnus qui sur vingt-cinq expériences a eu onze grossesses). La production des œufs chez la poule diminue puis dispa'aît (Guthrie). On a vu les caractères sexuels secondaires se modifier quand la greffe dégénère (Guthrie). On a fait quelques expériences sur les modifications du métabolisme après les greffes (Jardy). Enfin Halban a observé le retour de la imenstruation chez les femelles des singes.
Chez la femme, quelques auteurs ont observé des grossesses ultérieures mais surtout ur très grand nombre a obtenu le retour de la menstruation (Kueuer, Morris, Cazalis, Dudley, Fr. Martm, Pankow).
Delagenière, sur neuf femmes opérées, en a vu sept réglées régulièrement et deux irrégulièrement. C'est ce rétablissement de la menstruation sur lequel nous devons maintenant insister.
Les malades qui ont subi une hystéroctomie avec greffe ovarienne présentent au bout de quelque temps au niveau de leurs ovaires des signes de congestion mensuelle qui indiquent une activité ovarienne sans qu'on observe d'amélioration de leur état général. Chez les malades qui ont conservé leur utérus 2x situ avec un ovaire greffé à distance on voit la menstruation se rétablir presque toujours et l’état général s’arréliorer dès Icrs. Lorsque j'étais l’ interne de Tuffier, mon maître m'a chargé de recueillir toutes ces observations de greffes ovariennes (150 environ) prises au jour le jour. Il y en avait 44 avec conservation utérine et sur ces quarante-quatre femmes, vingt avaient été revues: or dix-neuf étaient réglées ou l'avaient été : l'une d'elles était réglée depuis cinq ans et demi. La menstruation s'était rétablie du deuxième au septième mois, en moyenne à quatre mois et demi. La régularité était variable.
Pendant la période d'aménorrhée, la femme présente tous les accidents de la ménopause précoce. Un beau jour, la greffe se congestionne et cependant les malaises persistent; puis de six à dix jours après, la malade a ses règles quelquéiois au jour corres-
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pondant à l’ancienne date de la menstruation, et tous les accidents disparaissent.
Nous pouvons déduire de tout ceci quelques lois qui sont d’une importance capitale pour l'étude de la menstruation.
19 Le mécanisme de la menstruation est uniquement ou du moins principalement d’ordre humoral.
Halban avait déjà montré que la section des nerfs reliant l'utérus à l'ovaire n'avait aucune action défavorable sur la nutrition de l'utérus ni sur le rut.
La déportation de l'ovaire greffé et ses résultats constants (x) sont une démonstration éclatante, de même que la récidive des troubles après l’ablation ultérieure ou la dégénérescence de la grefte (Tuffer, de Rouville);
2° L'ovulation précède la menstruation de six à dix jours, la congestion ovarienne prémenstruelle étant le signe de cette ovulation :
3° Les phénomènes de congestion prémenstruelle se passent alternativement dans l’un ou l’autre ovaire, mais sans que cette.
alternance soit régulière; :
4° La présence de l'ovaire n’a qu'une action minime sur l'état général; c'est l'élimination menstruelle seule qui fait disparaître les troubles d’anovarie et son effet est immédiat (2).
Le sang menstruel peut devenir un vecteur de substances tox1ques. — Tous les faits jusqu'ici énumérés ramènent à cette très ancienne idée que la menstruation est un exutoire.
« Il est certain, dit Keiffer, qu’au moment où la menstruation va se produire chez un mammifère, l'organisme cherche à se débarrasser d’une substance spéciale accumulée momenta- , nément dans son appareil circulatoire et cela par une voie spécifique, l'utérus, que cette substance entraîne avec elle au cours de sa formation, et pour être éliminées avec elles, d’autres subsustances plus ou moins toxiques de la nutrition générale, la chose paraît d'autant plus probable qu’une telle combinaison trouve de multiples analogies dans les suppléances effectuées par d’aures émonctoires » et Keïffer décrit une ménorrhémie qu'il com-
(x) Cette constance cont:aste avec la rareté des ovaires surnuméraires.
(2) Pour terminer l'étude clinique des greffes nous dirons qu elles deviennent rarement douloureuses au point d’être intolérables, mais que quelquefois on arrive à une phase ménorragique : c’est ainsi que M. Mauclaire a observé
dans un cas des règles de quinzaine. Les greffes ovariennes permettent une mise ,
en sommeil de l'organe infecté: en cas de complications elles peuvent être plus facilement enlevées qu'un ovaire laissé in situelles ont leur utilité, même si elles s’atrophient ultérieurement, parce qu'elles réalisent une ménopause Revue naturelle. Au point de vue thérapeutique, elles sont surtout indiquées chez les hyperthyroïdiennes et arthritiques nerveuses (Tuffier).
pare à l’urémie dont elle est d’ailleurs loin d’avoir la gravité.
Nowikoff compare l’utérus au poumon qui élimine l'acide -
carbonique sans l’élaborer.
Marbé, dans sa thèse, émet l'opinion que les symptômes de la période prémenstruelle, hyperthermie, tachycardie, hypertension, sont dus à une excitation du corps thyroïde, Il y aurait une suractivité momentanée de la fonction ovarienne dont les effets sur le corps thyroïde seraient analogues à ceux de sa suppression chirurgicale.
Nous ne connaissons pas les substances spécifiques que draine la menstruation, et nous verrons plus loin qu’on ne peut qu’émettre des hypothèses sur leur signification. Mais il existe des substances toxiques banales qui empruntent accessoirement la voie menstruelle pour s’éliminer. L’éther et le chloroforme sont du nombre; l'écoulement menstruel, survenant après une anesthésie générale, a très fortement l’odeur de l’anesthésique. Il n'en est pas de même si l'écoulement se produit dans les suites de couches.
L'élimination de l’arsenic normal se fait en grande partie de cette façon : Gautier en a trouvé dix milligrammes vingt-huit par kilo de sang menstruel en moyenne et Hertoghe à bien précisé que l'arsenic s’élimine dans les secrétions prémenstruelles et pendarit la phase hémorragique, que cette élimination n’est pas constante, qu'elle se produit à certaines périodes qui correspondent peut-être à des possibilités ou des impossibilités de fécondation, enfin qu'on ne trouve pas d’arsenic chez les myxœdémateuses.
Les recherches de Blair Bell sur le liquide d'hématocolpos ont d'autre part montré qu’on y trouvait de 0,008 pour cent à 0.046 pour cent de calcium au lieu de 0.0072, teneur en calcium du sang normal. Ce chiffre est d’ailleurs au-dessous de la vérité, étant donné que ce liquide ne contient que 43 0 /o de sang d’après les données de la ferrométrie.
Il semble donc bien que la menstruation est un exutoire
ou du moins peut le devenir. Elle élimine des substances qui sont,
dissoutes sans le sérum, ou plus vraisemblablement des molécules qui sont mal co trop grossières pour emprunter la voie rénale et qui se fixent sur les cellules et en particulier les globules rouges. On sait que les leucocytes sont les vecteurs d’un certain nombre de médicaments et de toxines. C’est le fondement de la méthode des abcès de fixation. Spillmann et Bruntz ont insisté, il y a peu de temps, sur ce rôle des leucocytes. Il est d'au-
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tant plus vraisemblable de supposer qu'il en est ainsi que fréquemment on observe, en même temps que les règles ou, à leur place, des lésions cutanées, comme si les substances à éliminer empruntaient la voie de la desquamation ou de la suppuration.
La menstruation diminue la toxité du sérum. — Charrin, en des expériences souvent citées, à montré qu'au moment où les règles approchent, la toxicité du sérum est en croissance et qu'elle diminue après l'écoulement sanguin.
Il'existe dans le règne animal des saignées spontanées qui S'accompagnent d'une décharge de subsustances toxiques et qui ont des rapports avec la fonction génitale. — Hollande a étudié l'autohémorrhée chez les insectes. Ce phénomène, qui est constant dans un grand nombre d'espèces, consiste en une excrétion de sang, qui se produit au niveau du tégument et par des mécanismes ‘anatomiques divers. |
Ce sang à un pouvoir toxique qui n'a aucun rapport avec l'excrétion des déchets organiques et que seuls, dans l’organisme, possèdent les œufs.
k BIBLIOGRAPHIE
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