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L'ENSEIGNEMENT secondaire CLASSIQUE. 293
2° D'établir ou de reconstituer les gymnases de nos quatre-vingts écoles normales d'instituteurs.
3° De pousser les préfets et les maires à créer des gymnases communaux, comme il en existe un à Compiègne.
4° De préposer à ces gymnases, soit des soldats de la réserve, bien exercés à la Faisanderie ou au corps, qui, par l'appât de la petite solde allouée pour ce service, retourneraient volontiers à leurs villages et ne seraient plus, ainsi qu'on le dit des soldats d'aujourd'hui, perdus pour les travaux des champs, soit des instituteurs préparés à l'Ecole normale, durant leurs trois années d'études, à bien diriger ces exercices.
5° De mêler aux exercices habituels du gymnase l'escrime au fleuret et à la baïonnette avec des armes de bois, la marche au pas militaire, tous les exercices des chasseurs à pied, etc.
« Il ne serait pas nécessaire de rendre le gymnase obligatoire, la loi sur la garde mobile suffirait à y faire passer tout le monde, puisque des exemptions de service seraient accordées aux jeunes gens bien exercés.
« Notre civilisation, Sire, tend à surexciter le système nerveux; il faut trouver les moyens, pour rétablir l'équilibre, de développer la constitution musculaire qui s'atrophie.
« C'est un principe d'hygiène, c'est aussi un principe d'éducation bon pour les hommes comme pour les enfants.
« Votre Majesté augmentera la force virile du pays; et je n'ai pas besoin de rappeler à l'Empereur que C'est à la gymnastique que les Grecs et les Romains durent d'être les premiers soldats du monde.
u La loi sur la médecine, la loi ou les décrets sur les gymnases seraient de dignes pendants delà loi sur l'instruction ; et le tout réuni formerait un système complet d'éducation nationale qui ne manquerait pas de grandeur. »
Pour l'exécution de cet engagement, je réunis au Ministère une commission présidée parle baron Larrey, de l'Institut, et qui comptait parmi ses membres plusieurs médecins, le colonel du 9e régiment de ligne, le commandant du 20'' bataillon de chasseurs à pied et un capitaine des sapeurs-pompiers de Paris. Cette commission prépara, par un travail qui dura plus d'une année, un programme pour les exercices de gymnastique et des instructions très précises pour son application. On trouvera ces documents, avec le rapport très développé du docteur Hillairet, au Bulletin administratif du 12 mars 1869, p. 246-352. Il y aurait quelque intérêt, aujourd'hui encore, à les consulter.
J'avais conçu le plan d'une reconstruction générale de l'Université à l'instar d'une pyramide dont toutes les parties seraient solidaires et où l'on pourrait s'élever d'étage en étage jusqu'au sommet, comme dans notre société politique. En 1863, le primaire était absolument séparé du secondaire. Professeurs, directeurs, inspecteurs restaient confinés dans leur ordre d'études et n'en pouvaient sortir. C'étaient deux mondes différents : l'enseignement spécial les réunit de manière à rendre accessibles à d'anciens instituteurs les honneurs jusqu'alors réservés à l'ancienne Université1 et, par conséquent, les avantages que conférait à celle-ci la mesure qui put être appelée le décret de garantie.