‹ Notes et souvenirs (1811-1894) (volume 3)Chapitre 41 sur 46 · Op cit., p · texte numérisé non relu

Op cit., p

m'écrire et je tiens à vous transmettre l'expression de ma gratitude, en même temps que celle de l'Université. Ah ! que de bien se ferait si la grande école dont Vous, Monseigneur, et l'émirient archevêque de Paris, êtes les chefs, prenait dans le clergé de France la place que lui assignent son savoir, son patriotisme et le véritable esprit chrétien ! »

Et j'ajoutais en post-scriptum : « A Orléans, on a une telle violence de colère et de haine, on fabrique des pamphlets en si grand nombre et avec une telle hâte, on prend tout si aveuglément et de toute main, que les faits faux, les allégories erronées, les citations tronquées et falsifiées remplissent le dernier écrit. Quel triste spectacle! »

D'autres aussi le prirent de très haut avec moi. A la première séance du Conseil Impérial que je présidai, en juillet 1863, l'évêque de Langres, renommé pour son intolérance, fit contre le nouveau ministre une charge à fond qu'il termina par ces mots : « Nous voulons savoir ce que vous avez l'intention de faire et où vous vous proposez d'aller. » (Textuel.) Assis entre deux personnages qui avaient rêvé du fauteuil présidentiel, j'avais besoin de montrer, dès le premier jour, beaucoup de fermeté pour ne pas être désarçonné dans l'ombre. Le discours de l'évêque m'avait donné sur les nerfs : j'y répondis avec quelque irrévérence : « Ce que je veux faire, Monseigneur? le contraire de ce que vous avez fait. Où je veux aller? à la lumière, non pas aux ténèbres, » et je racontai ce que j'avais vu huit jours auparavant au lycée de Bourges, où le professeur, enfermé dans le cours de Logique, loin de toutes les grandes et fécondes questions de philosophie, était réduit à recommencer la scolastique du moyen âge1.

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