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2. M. Vuitpy m'a assuré que les députés appelés à la Chambre les Arcadiens, ou l'extrême droite, avaient fait de la déclaration de guerre une question de portefeuilles.

l'empereur. «1

s'occupent que des intérêts transitoires du moment. Mais c'est aux ministres que revient le souci du bon ménage des afTaires quotidiennes. En Italie, nos soldats manquent de chaussures et, dans un des pays les plus riches du monde, l'Intendance ne sait pas nourrir nos troupes. Est-ce sa faute? Il s'en plaint au Ministre de la Guerre et il a raison de s'en prendre à l'administration. « Ce qui me désole, écrit-il le 26 mai 1859, c'est que nous avons toujours l'air, en présence d'autres armées, d'enfants qui n'ont jamais fait la guerre... rien n'est réglé d'une manière invariable. Aussi les uns demandent le double de ce qui est nécessaire, ou l'administration ne donne que la moitié de ce qui est indispensable... Je soupire après mon parc de siège et mon canon de douze rayé. Si je les avais eus, je n'aurais pas été obligé de changer mon plan de campagne *. »

Il est de grands courants d'épidémie morale qui traversent les sociétés vivantes et donnent la caractéristique d'une époque. Au moyen âge, on était chrétien, et longtemps on ne vit rien au delà de son fief ou de son village. Au seizième siècle, on croyait au roi; au dix-huitième, à la philosophie. Au dix-neuvième, une idée nouvelle, celle des nationalités, naquit du soulèvement des Espagnols et des Allemands contre Napoléon I"*", des Polonais et des Italiens contre la Russie et l'Autriche; aujourd'hui, les questions d'économie sociale priment les questions politiques. Napoléon III a été l'homme de deux idées libérales : relever la classe ouvrière et affranchir les peuples opprimés; la première aurait été un progrès pour l'humanité, si elle

l. Voyez, clans les Mémoires du maréchal Randon, t. II, p. 6 et suiv., plusieurs lettres de l'Empereur remplies de ses plaintes sur le dénûnient où se trouve l'armée d'Italie, à l'ouverture de la campagne de 1859.

avait pu être continuée dans les limites où le gouvernement impérial Tavait retenue; la seconde qui eût été glorieuse si Tunité de TAllemagne et celle de Tltalie ne nous avaient été funestes. Victor Hugo, président du comité de la paix en 1851, n avait-il pas dit qu'à rétablissement d*unc paix nouvelle, il mettait, comme condition indispensable, une dernière guerre qui aurait pour résultat définitif la reconnaissance des nationalités? Deux ans plus tôt, Proudhon avait soutenu la même thèse*, et la politique qui, jamais, ne peut rester longtemps en contradiction avec les idées régnantes, s y était ralliée.

Je ne pense pas que jamais souverain ait été plus préoccupé que Napoléon III du bien qu'il pourrait faire. Que de fois Tai-je vu arriver au Conseil avec des projets d'assistance pour les faibles et les dépourvus! Sa main était ouverte : elle s'ouvrait même trop, car il ne savait pas répondre par un refus à ceux qui imploraient sa générosité. L'ancien Gouverneur du Crédit Foncier, Frémy, m'a dit avoir été maintes fois obligé de lui avancer un mois de sa liste civile. Quand il n'eut plus d'autre asile que l'Angleterre, on loua pour lui une villa dont ne se serait pas contenté un bourgeois de Londres. Le bail était de douze mille cinq cents francs, et l'Empereur ne pouvait y mettre davantage. Le propriétaire, il faut le dire à son honneur, avait lui-même fixé ce chiffre qui ne représentait pas la moitié du prix ordinaire.

11 avait horreur des tripotages de bourse. Madame Cornu, son amie d'enfance, m'a raconté avoir entendu de lui cette parole, à propos de quelqu'un qui lui tenait de fort près et

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