‹ Notes et souvenirsChapitre 17 sur 38 · Voyez au volume de Delalain · texte numérisé non relu

Voyez au volume de Delalain

vers industriel, rassemblés en ce moment à Paris pour constater toutes les victoires de Tesprit sur la matière. S'ils unissaient leurs efforts pour provoquer une convention sainte qui, égalisant les conditions du travail entre les nations, comme on égalise entre elles les conditions du trafic, ferait limiter, en tout pays, les efforts demandés à Tenfant et à celles qui doivent être des mères, ils ajouteraient une gloire nouvelle à notre Exposition.

« Puis, après que les princes et les empereurs seraient partis avec les multitudes accourues sur leurs pas; quand les royales magnificences auraient cessé, à la place du colossal monument on pourrait élever Timage d'une femme et d'un enfant tendant à l'industrie leurs mains reconnaissantes*. »

Celte préoccupation bienveillante pour ceux à qui la vie est dure, était un héritage des premières années de l'Empereur Napoléon, lorsque dans son discours pour le concours de Lyon, il écrivait à propos des vérités qu'il importe d'inculquer aux hommes pour leur bonheur : « Les deux bouts de la chaîne sociale sont connus. Qu'au premier rang, l'homme soit riche, j'y consens; mais qu'au dernier ne soit pas le misérable. Que ce soit le petit propriétaire, ou le petit marchand, ou l'habile artisan qui puisse avec

un travail modéré nourrir, habiller, loger sa famille

Vous recommanderez donc au législateur de ne pas consacrer une loi civile où peu pourraient posséder. Il faut qu'il résolve son problème politique de manière (jue le moindre ait quelque chose. »

i. Sur ceUc question d'Iiumanilé. la France avait donc précédé de vingt-trois ans la conférence dv Berlin qui vient de faire tant de bruit et si peu de besogne. (Note de 1890.)

Pour la politique intérieure, TEmpereur, bien que retenu encore par les origines de son pouvoir, était plus libéral que ses conseillers attitrés. En ne parlant que des mesures prises dans les quatre années antérieures à mon entrée au Ministère, je note les actes suivants : le 17 août 1859, suppression des avertissements donnés, jusqu'à cette date, aux journaux; après la réforme économique du 15 janvier 1860, très libérale pour l'industrie et le commerce, un décret du 24 novembre rétablit, au Sénat et au Corps législatif, le droit de présenter des amendements. Le 31 mai 1861, adoucissement au régime de la presse ; le 14 novembre, augmentation du droit de contrôle au Corps législatif et suppression des crédits supplémentaires ouverts par décret dans l'intervalle des sessions. Le Gouvernement impérial avançait donc pas à pas « vers le couronnement de l'édifice ». Je m'en félicitais et, tant que je suis resté près du Prince, j'ai cherché à l'entraîner dans cette voie.

Aussi, à l'exemple de ce qui finissait les agapes ministérielles en Angleterre, je terminais habituellement les banquets, célébrés à l'hôtel de la rue de Grenelle, par un toast à l'Empereur. Je retrouve une de ces allocutions recueillies par un de mes secrétaires; je la copie volontiers ici, à litre de souvenir :

« Messieurs,

« Je porte la santé de l'Empereur, de l'Impératrice et du Prince Impérial, la force et la grâce du présent, l'espérance

de l'avenir.

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