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L'EMPEREUR. il9
Ce rêve de voir se constituer, dans la péninsule des Balkans, les États-Unis de l'Europe orientale, est encore réalisable et il rendrait aux travaux de la paix douze ou treize millions de soldats et quatre ou cinq milliards annuels de dépenses militaires.
Un autre moyen d'arriver au même but eût été d'établir un congrès d'arbitrage pour toutes les querelles des nations. Le jour où cette proposition de l'Empereur parut au Journal officiel, la rente recula; j'écrivis à Sa Majesté : « Sire, la rente baisse, mais votre honneur monte. » Hélas! il n'en fut rien. Le Prince et son ministre de TlnstrucUon publique étaient deux utopistes; pendant que s'agitaient aux bords delà Seine des désirs de paix générale, Bismarck préparait au centre de l'Europe cette immense machine de guerre qui est Une menace pour tous les peuples.
Peu de temps après avoir proposé la création d'un tribunal d'arbitrage entre les nations, l'Empereur offrit (avril 1864) son concours au comité de Genève pour préparer la convention de la Croix Rouge, une des plus nobles conquêtes de l'esprit moderne*. Napoléon III a donc contribué à diminuer quelques-unes des horreurs de la guerre.
L'heure où toutes disparaîtront viendra-t-elle? Je n'ose l'espérer; cependant, je sais que la France a vu, durant des siècles, ses provinces incessamment dévastées par des guerres privées portant partout le meurtre, Tincendie et le pillage. Aujourd'hui, de Tune de ses frontières à Taulre, régnent la paix et la loi. Pourquoi l'Europe, après avoir supprimé dans tous les Étals les luttes intérieures, ne