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Dès le 2 août les Prussiens abordaient notre frontière

3. A ce moment cent dix mille hommes étaient en congé, le Corps législatif ayant imposé au Ministre de la Guerre, par mesure d'économie, de renvoyer ces soldats dans leurs foyers.

iôG NOTES ET SOLVEMUS.

de tenir vos promesses. » L'ambassadeur d'Autriclie me répondit : i' Laissez tirer le premier coup de canon et vous verrez. » De bod côté l'ambassadeur d'Italie ajouta : « Le roi ne demande qu'un mois pour changer son ministère et arriver avec cent mille hommes. ■> Je sus, on elFet, quelques jours après, par le comte Vjmcrcali, attaché militaire d'Italie auprès du gouvernement français, qu'il avait été envoyé à Vienne pour combiner, le cas échéant. l'action des trois armées d'Autriche, d'Italie et de France quand elles seraient réunies. Mais, au fond, les paroles des deux diplomates signiliaient : « Nous attendrons que lu première action décide de quel côté passera la victoire; alors nous irons avec elle. ■>

Ce fut cependant dans le vague espoir d'être soutenus par ces deux puissances que nous eûmes des troupes dans le sud-esl, à Lyon, pour y recevoir les Italiens, s'ils descendaient des Alpes', et le VII" corps à Belforl et  Huningue pour tendre la main aux Autrichiens à travers l'Allemagne du Midi; de sorte que notre ligne de défense s'étendit de Thionville à Lyon, sur un espace de quatre cents kilomètres, landis que les Allemands se massaient dans le Palalinat : quatre cent vingt mille hommes concentrés contre deux cent cinquante raille dispersés '.

11 est probable que la Prusse avait des raisons de ne pas

I. La Krnnce avait alors six granils commandeinenU militaires, dont lu plus considérable était celui de Lyon, où lu général tle Palikaa HTftit rdrcb trois tliviaiona actives, une division de cavalerie el, pour lerriloire de rccrutenienl. viogl-quatre déparlements. Il demanda, le 15 juilkl I8"0. lin commandemenl aclK à l'armée. L'Empereur lui .répondit liii-ménie, le 18 : ■ Votre présence i Lyon sera plus utile que ■ur les champ» de Iwlaille; Lyon aura une grande importance pendant la guerre. • 3. Le Vil' corps, celui du gënéral Félix Douay, ne pouvait f^tre réuni t'ant le IS août, et le VI' était encore en Formation à CliAlons.

L'EMPEREUR. i57

craindre une attaque de rAulriche, puisqu'elle ne prit aucune mesure de défense le long de la Bohême et qu'elle se lança contre nous avec toutes ses forces. La dépêche du comte de Beust au prince de Metternich, en date du il juillet, change cette probabilité en certitude \ et la lettre du duc de Gramont au général Tûrr prouve que nous n'avions non plus rien à attendre de l'Italie. Cependant, de notre côté l'illusion était si profonde que, durant le mois de juillet, les musiques de certains régiments apprirent les airs nationaux de l'Allemagne du Sud, afin de charmer les populations par cette attention musicale.

L'Autriche nous rendit même un très mauvais service, tout en croyant nous faire une révélation fort utile. Lorsque notre attaché militaire en Prusse, le colonel Stoffel, fut renvoyé de Berlin par Bismarck, il accourut au Ministère de la Guerre et dit au maréchal Le Bœuf qu'avant peu de temps les Allemands seraient en France. Le Ministre se récria et conduisit le colonel Stoffel à Saint-Cloud, où il rencontra la môme incrédulité. Stoffel insistant, l'Empereur ouvrit un tiroir de son bureau et en tira un mémoire où la marche de l'armée prussienne était marquée jour par jour jusqu'à notre frontière. C'était un travail de l'archiduc Albert; selon ce prince la mobilisation des armées allemandes demandait un mois entier. En réalité, elle se fit en onze jours et, jusqu'aux grandes batailles autour de Metz, nous n'eûmes que des corps très faibles à opposer à des masses énormes.

Le 14 juillet, au matin, le Ministère français hésitait encore sur la question de la guerre; l'Empereur croyait

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