I. Les
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dément plus effectif que ne fut son rôle politique depuis le 12 juillet 1869. Le prince Napoléon, un des acteurs de la scène qui se passa le soir de la bataille de Forbach, dans le salon impérial, m*a raconté que TEmpereur, refusant de prendre une décision, se retira, laissant au malheureux Le Bœuf, très brave soldat, mais ministre et général incapable, le soin de réparer, s'il était possible, Téchec de cette journée. L'état de santé du prince et la difficulté où il se trouva de choisir, pour conduire celte guerre, un généralissime autre que Taventurier du Mexique, eussent été une raison pour ne pas faire le jeu de Bismarck et pour rester en paix. Est-on sûr que le Ministère, la majorité de la Chambre et Paris affolé y auraient consenti*? A Sedan, il chercha la mort et ne réussit pas à la trouver*.
Le 4 septembre fut un jour de fête pour cette partie de la population parisienne qui, ne tenant plus compte des années glorieuses et prospères, ni des concessions libérales faites depuis dix ans, ne voyait que Tépouvanlable désastre où des ministres et des généraux incapables avaient conduit la France. Des hommes intelligents, mais violemment pas-
i. Voyez, dans Touvrage intitulé La vérité sur la campagne de 1870^ les très nombreux extraits de journaux de toutes nuances assemblés par M. Giraudeau, durant le mois de juillet 1870, et, à la page 57 du même ouvrage, la dépêche n" 60 de l'ambassadeur anglais, lord Lyons, au comte de Granville.
2. La lettre de Napoléon III au roi de Prusse portait ces seuls mots : • N'ayant pu mourir au milieu de mes troupes, il ne me reste plus qu*à remettre mon épée entre les mains de Votre Majesté. » El, dans sa Lettre sur la bataille et la Capitulation de Sedan, le général Pajol, qui était de service auprès de l'Empereur le I" septembre, comme aide de camp, écrit : • Le terrain occupé par TEmpercur et son étatmi^or était labouré à chaque instant par les obus.... Pendant cinq heures il se trouva au plus fort de l'action sous le feu croisé de la mitraille... Il est extraordinaire qu'il n'ait pas été tué. »
siennes, avaient, durant la guerre, fêlé, en des banquets arrosés de Champagne, les victoires des Allemands, et un homme considérable par son talent et sa position sociale, M. Vitet, s'oublia jusqu^à oser écrire, dans la Revue des Deux Mondes, durant la discussion du traité de Francfort, que la chute de l'Empire n'était pas payée trop cher par la perte de deux provinces. En apprenant la funèbre nouvelle, j'ai pleuré sur le prince que j'ai servi et aimé, et maintenant encore je pleure sur la France que tant de compétiteurs se disputent, au lieu de s'unir pour la sauver, quand viendra le jour des résolutions suprêmes. Je ne crois pas au rétablissement d'une monarchie, et il y a bien longtemps que j'ai dit en haut lieu : « On ne revient pas de Sedan ». Ces sentiments expliquent la conduite que j'ai tenue depuis vingt ans, loin de tous les partis, même de celui que l'on supposait devoir être le mien.
Comme la lumière des hommes d'État est courte! La guerre de Crimée, qui nous donna un moment de grandeur, nous valut, par l'hostilité persévérante de la Russie, les désastres de Tannée terrible; et la noble politique qui nous mena à Solférino a fait de l'Italie Tennemie de la France. La Russie dépense cent mille soldats pour arriver aux portes de Constantinople, el elle est jouée dans un congrès où Bismarck remplace le traité victorieux de San Stefano par la conférence de Berlin, qui équivaut pour le tzar à une défaite. Mais le courtier de tant de marchandages croit par cette duplicité consolider à jamais l'hégémonie de rAllemagne, et aujourd'hui il voit la France réconciliée avec la Russie : alliance qui, fondée cette fois sur dos intérêts permanents, rendra peut-être à l'Europe l'équilibre qu'avait renversé le pied pesant de la Prusse. L'ancien chancelier
d'Autriche, comte de Beust, regrette, dans ses 3/émoires\ la suppression de la confédération germanique a qui, durant cinquante années, avait assuré à TAllemagne la paix intérieure, môme préservé l'Europe de la guerre ». Depuis vingtdeux ans, tous les peuples, de Test à Touest et du nord au sud, y compris les vainqueurs de Sedan, vivent sous la menace des plus terribles bouleversements ; et que de haines semées entre les nations par cette guerre abominable que la France eut la sottise d'accepter. Après avoir traité une population comme un troupeau dont on dispose (Alsace- Lorraine), on espéra nous épuiser pour longtemps en exigeant une indemnité de cinq milliards. Mais qui fera le compte des centaines de millions extorqués sous prétexte de contributions de guerre; les réquisitions imposées aux communes et des rançons levées sur les particuliers ; des vols de meubles, d'argenterie, de livres, d'objets d'art et de science expédiés au delà du Rhin ; des destructions de maisons et de châteaux, de fermes et de villages entiers, sans nécessité de défense ; des meurtres de sang-froid ou contre le droit des gens; des rapines sous tous les prétextes; des violences sous tous les noms; des outrages sous toutes les formes, dont l'Allemagne, dans sa haine invétérée contre la France, s'est rendue coupable durant cette guerre de six mois, qui a rappelé par ses dévastations méthodiques les plus mauvais jours des anciennes guerres?
Était-ce une lutte loyale celle où, après leur avoir fait creuser leur tombe, on fusillait des maires, des curés, des instituteurs qui avaient essayé un instant de défendre leurs villages; celle où l'on cherchait à introduire dans nos
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places fortes des bestiaux atteints de la peste bovine pour porter la contagion parmi les nôtres ' ; celle encore où Ton forçait les notables de nos villes occupées par les Allemands à monter sur les locomotives pour qu'ils fussent les premières victimes en cas de déraillement et d'attaques de nos francs-tireurs*?
Ah! que revienne la paix, que TAlsace et la Lorraine rentrent dans la famille d'où on les a arrachées, et que la science puisse continuer sa lutte contre les mystères que la nature nous cache encore; voilà le vrai combat pour lequel il n'y aura de tous côtés que des chants de triomphe!
1. Télégramme du comle d'Ormesson, en dale du 19 septembre 1870.
2. Afflche placardée à Wissembourg par le major bavarois Scherdlin. La mesure fut générale.