REFLEXIONS ET SOUVENIRS
En parlant du siège de Paris, on a été souvent injuste pour les Parisiens; on ne s*est jamais rendu compte de ce qu'était, pour une population de deux millions d'habitants, le fait d'être séquestrée pendant cinq mois. Et, cependant, les épreuves de la séquestration n'étaient pas les plus, grandes : Paris a souffert de la faim. Je n'ai pas à refaire ici le tableau des souffrances qu'elle y causa, mais j'ai le devoir de citer, comme j'ai eu l'occasion de le faire à la tribune de l'Assemblée nationale, la réponse que me fit un jour du mois de janvier 1871 un père de famille, qui n'avait pas trouvé sa ration de pain chez son boulanger, et, qu'hôlasl je ne pouvais satisfaire. Je venais de lui adresser quelques paroles de consolation et d'espérance, lorsque ce brave homme, se redressant avec une rare énergie, avec une résolution pleine de fierté, me dit : « C'est bien, monsieur,,., on attendra à demain ! »
Paroles simples, admirables de patriotisme,
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d'abnégation ! paroles qu'on ne peut oublier quand on les a entendues, et dont le souvenir ne me revient jamais sans me causer une vive et profonde émotion !
On ne connaît plus aujourd'hui Tunion des familles comme elle existait autrefois, et Ton ne pratique pas non plus Tamitié avec le même élan, avec la même intimité. C'est ce qu'a si bien exprimé M. Cherbuliez dans son discours sur les prix de vertu, prononcé dans la séance de r.Académie française du 19 novembre 1891, discours rempli de charme et de délicatesse, où se Ut cette observation qui n'est que trop vraie :
« On se soucie moins aujourd'hui de rester unis. S'unir c'est se gêner, et l'homme moderne ne hait rien tant que la gêne f chacun, se croyant capable de se suffire à lui-même, tire de son côté. Adieu les vertus patriarcales !
La solidarité morale de tous les membres d'une famille est un sentiment qui va s'affaiblissant tous les jours. »
Eh bien, je n'hésite pas à affirmer que, pendant les douloureuses épreuves du siège, r « homme moderne » avait consenti une trêve ; son égoïsme avait disparu au moins momentanément On recherchait, on avait besoin de voir, de cultiver ceux de ses parents ou amis avec lesquels on se trouvait séquestré ; on aimait davantage ceux dont on élait séparé ;
on souffrait cruellement de leur absence. En un mot, et pour me servir des expressions de M. Cherbuliez, la solidarité morale de tous les membres de chaque famille et de tous les membres de la grande famille française avait repris ses droits.
M. Jules Simon, qui occupait le Ministère de rinstruction publique, a raconté, à ce sujet, un fait de charité bien touchant:
u Une seule fois, dit-il, pendant cette longue captivité, nous eûmes quelque consolation. Ces àl'époquedu Jour de PAn.Ma femme avait imaginé, avec quelques-unes de ses amies, défaire une vente de charité pour secourir les familles les plus malheureuses. Je donnai les salons du Ministère et je permis aux attachés de mon cabinet et aux employés qui avaient un peu de loisir de se mettre au service des patronnesses. Pendant deux ou trois jours, on ne fît autre chose, au rez-de-chaussée de Thôtel, que clouer des planches et recevoir les lots qui, je dois le dire à Thonneur de nos damés, affluèrent de tous côtés...
« Je descendais le grand escalier le 31 décembre pour aller à l'Hôtel de Ville. J'avais quelques instants à moi, je regardai dans l'antichambre pour voir où Ton en était, et mes jeunes gens crièrent en m'aperce vant : « Donnez nous un coup de main! Prenez un marteau ! »
Un de mes fils, Gustave ou Charles, m'en ap-
porta un, et je passai un quart d'heure à planter des clous.
« Pendant que j'étais là fort affairé, je vis arriver un homme d'une cinquantaine d'années, vêtu d'une blouse de travail et portant sous le bras un petit paquet. Je ne pris pas garde à lui, parce que tout le monde entrait et qu'on apportait des paquets toute la journée ; mais il tournait autour de moi, comme quelqu'un qui voulait me parler.
« Qu'y a-t-il pour votre service, mon brave?
lui dis-je, tout en continuant ma besogne.
— C'est, me répondit-il, que je voudrais savoir si on accepte les lots de tout le monde. — Oui, certes, et ils sont tous les bienvenus. Qu'est-ce que vous avez là? » Il rougit. « C'est bien peu de chose. J'ai peur d'être refusé. » Je tirai doucement le paquet, j'écartai le journal qui le couvrait et je trouvai une paire de gros souliers, toute neuve. « C'est moi qui les ai faits, dit-il, et ne pouvant donner autre chose... — Vous donnez plus que nous tous, et fiez-vous à moi, ils seront bien placés et bien vendus. Comment vous appelez- vous? — Oh! citoyen, je ne veux pas dire mon nom. Mais j'aurais bien voulu apercevoir le Ministre s'il avait été là. — Et voulez-vous, lui dis-je en riant de bien bon cœur, lui serrer la main? »
« Il s'obstina à ne pas se nommer. C'est ma femme qui vendit la paire de souliers; quelque
prix qu'on en ait donné, ils n'ont pas été payés ce qu'ils valaient. »
Ceux d'entre nous qui étaient là pendant le siège ont eu à constater souvent, à côté de bien grandes qualités, un défaut de mesure qui est malheureusement le côté faible du caractère français.
On n'a pas oublié avec quelle ténacité les gardes nationaux croyaient voir des espions partout. Une lampe à abat-jour rouge, allumée à un cinquième étage de la rue Lafayette, affola les habitants du IX* arrondissement pendant toute une soirée.
J'ai connu aussi une autre lampe (peut-être était-ce une simple bougie), .qui résidait également au cinquième étage d'une maison du boulevard Montmartre. Les promeneurs habituels de ce quartier avaient remarqué que, chaque soir, à dix heures, cette lumière paraissait; et chaque soir, pendant une semaine, cinq cents personnes se sont arrêtées et se sont écriées éperdues : « C'est un signal! C'est un signal! Vous allez voir, ajoutait-on, la lumière va disparaître dans quelques instants. »
Impossible de leur persuader que le locataire de cette chambre était un homme régulier, rentrant toujours à la même heure, allumant sa bougie, mettant un quart d'heure à se coucher, et soufflant alors sa lumière. Il a fallu huit
jours et rintervention d'u i commissaire de police, qui fut obligé de monter dans la chambre, pour faire cesser cette sotte et périodique agglomération.
Je dois dire, au risque d'étonner probablement mes lecteurs, que les relations mondaines étaient, pendant le siège de Paris, certainement diminuées et simplifiées, mais n'avaient pas cessé. On se faisait des politesses, on s'invitait, sauf pour les convives à apporter leur pain — surtout en janvier 1871 — et des comestibles.
Le 1" janvier ne perdit pas complètement ses droits ; on donna comme étrennes des choses... utiles. Or, on sait quelles étaient dans un pareil moment les choses utiles. Un beau pavé de fromage de gruyère était très bien accueilli et reçu comme un vrai présent. Il y en eut de nombreux exemples.
Je viens de rappeler qu'on s*adressait des invitations. Les Parisiens, qui avaient conservé leur famille et une maison montée, étaient remplis de soins pour ceux qui n'avaient ni cette consolation, ni cette facilité. Me trouvant seul à Paris, j'étais fréquemment convié à quelque table hospitalière: Je dînais souvent chez une excellente dame , amie depuis un grand nombre d'années de tous les miens.
J'y rencontrais d'habitude un personnage qui
m'a laissé de singuliers souvenirs. C'était un ecclésiastique, un monsignor, que les événements avaient rendu très belliqueux ; un vrai èoldat! Sous prétexte d'aumônerie,il s'était fait, je ne sais comment, donner deux chevaux paf le Ministre de la Guerre; il avait même un aide de camp. Sa soutane était plus courte et ses bottes plus hautes que de coutume, de grandes boites où disparaissait son pantalon. Coiffé d'un chapeau assez théâtral, un fouet-canne à la main, il sautait à cheval avec son aide de camp, dès qu'il y avait un engagement sur un point quelconque de la ligne de défense. Il traversait alors Paris avec fracas, se portant au galop vers le lieu du combat.
Les récits que nous faisait cet étrange ministre de Dieu égayaient nos tristes soirées. Avec un accent méridional, une parole bruyante, il peignait son arrivée, le jour même, au milieu des troupes aux prises avec Tennemi. Là, au bord d'un fossé, on l'avait mis en présence d'un malheureux soldat mortellement atteint. Il nous refaisait alors la scène : sa posture, ses gestes, ses questions, ses exhortations, rien n y manquait. Et le récit se terminait invariablement par lafflrmation qu'il avait été « compris ». Des signes certains faits par l'agonisant ne lui avaient laissé aucun doute sur le succès de son intervention. Nous appelions cela, entre nous, la scène du fossé, parce qu'elle revenait souvent et
presque toujours dans les mêmes termes.
0' au très fois, n'ayant point quitté Paris, il était allé plus simplement porter la bonne parole dans Tun de nos établissements hospitaliers. Un soir, il nous raconta sa visite à l'ambulance de l'ambassade américaine, avenue du Bois-de-Boulogne. Un homme était au plus mal, un hirsutus, d'aspect rébarbatif. En vain les bonnes sœurs lui prodiguaient leurs exhortations; il ne voulait entendre à rien. Sur ce, était arrivé notre monsignor. De son œil dominateur, il avait sondé la conscience du moribond, et à l'instant même celui-ci s'était écrié : « Voilà le seul confesseur que j'accepte; qu'on fasse approcher ce gaillard-là! » Ce qui avait eu lieu.
J'avais, non pas oublié, mais perdu de vue cet étonnant personnage et le triste usage qu'il faisait de son ministère, lorsque, quelques années plus tard, je reçus moi-même une confession qui me consola de ce souvenir pénible.
J'avais été camarade de jeunesse de Gounod.
Depuis lors, la vie nous avait emportés dans des voies bien différentes, mais nos sentiments d'affection réciproque ne s'étaient jamais affaiblis. Un certain hiver, il avait été fort souffrant, puis, comme il se rétablissait, j'étais monté un jour le voir place Malesherbes.
— Ah! te voilà, enfin! Eh bien! tu as failli me laisser mourir.
Protestations. — Tu as une mine superbe., on ne dirait pas... — et autres formules à Tusage des convalescents.
— Ecoute-moi bien, reprit-il, je te dis sérieusement que j'ai été sérieusement malade. Alors, vois-tu, dans ces moments-là, on pense, on songe fortement.
Puis saisissant mes deux mains, et me fixant de cette façon pénétrante qu'il avait dans les grands jours, il me dit sons forme interrogative et sur un ton solennel, mais cependant simple et sincère :
— L'immortalité de Tâmo?
— Assurément.
— La vie éternelle?
— Assurément.
— Bien, mon ami, je voulais savoir si tu pouvais m'entendre et me comprendre; du reste, je n'en doutais pas.
Je m'inclinai. Alors lui :
— J'ai fait mon examen de conscience comme chrétien; celui-là ne te regarde pas...
— Je le sais, mais un mot seulement. Tu n'as pas oublié, je suppose, le trouble profond que ton admirable Fav^t a jeté dans un grand nombre d'existences?
— Je te dis que cela ne te regarde pas... Mais j'ai fait aussi un autre examen de conscience, comme maître, puisqu'ils disent que je suis un maître, et le voici.
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Me reprenant alors les deux mains et les serrant avec force, il leva les yeux au ciel et d'un ton inspiré, convaincu :
— mon Dieu, s'écria-t-il, je crois pouvoir dire qu'à travers les vicissitudes de ma vie d'artiste, troublée, agitée, souvent si difficile, je n'ai jamais écrit une note de musique qui ne fût signée par ma conviction et contresignée par mon émotion.
Puis il se leva et se jeta dans mes bras. On sait qu'il embrassait beaucoup ; à ce moment il avait le visage rouge, la parole troublante et émue ; il m'avait vraiment remué et je crois bien que je tenais une larme à sa disposition.
Quelques minutes après, je m'éloignais rêveur, encore sous le charme de cette scène si grande dans sa simplicité. Tout à coup, par une association d'idées assez naturelle, ma pensée se reporta vers le comédien du siège et le récit de ses prétendues confessions. Et je me dis en songeant au cher Gounod : « C'est celui-ci, c'est ce laïque qui est le vrai chrétien.»
Puisque je rappelle les confessions des autres, j'en dois faire une, toute personnelle, à mes lecteurs. J'ai à m'accuser d'avoir pratiqué sur quelques-uns de mes contemporains de coupables expériences.
La mairie du VHP arrondissement avait,
comme toutes les autres, une lourde responsabilité pendant ces tristes temps. Il nous fallait, chaque jour, faire vivre 91.000 individus, et certes ce n'était point facile. Mais on a Tesprit inventif en France. Aussi recevions-nous continuellement la visite d'industriels ou de spéculateurs, qui venaient nous proposer des recettes culinaires invraisemblables, permettant d'utiliser les os, les abats, les matières rejetées, les détritus de toute espèce et d'en tirer, prétendaient-ils, des mets très présentables.
Il fallait bien parfois essayer ce qui semblait offrir quelques chances de succès. Je faisais alors exécuter chez moi, et un jour par semaine, des amis complaisants me prêtaient leur estomac de la meilleure grâce du monde.
Ces tentatives, je dois le dire, tournaient généralement assez mal. Mais un jour, vers la fin du siège, je pris une revanche éclatante. Ce ne fut pas à l'un de nos inventeurs habituels que je la dus. Une charmante femme, dans un salon de choix, sachant nos embarras administratifs, avait daigné venir à mon aide. Je reçus de ses mains une recettes inattendue : une «recette pour fabriquer des filets de soles! » On juge si j'acceptai. Le résultat fut admirable et cette fois ma table eut un vrai succès.
Voici textuellement la recette :
« Vous prenez du pain blanc, vous le coupez en tranches ayant la forme de filets de sole, vous
les faites tremper pendant deux jours dans de rhuile empruntée à de vieilles boîtes de sardines, etvous les faites cuire comme le poisson luimême Ajoutez des champignons et des croûtes de pain grillées et brunies dans un roux; puis versez sur le tout un verre de vin blanc. »
Tel était ce fameux plat de filets de sole, offert sérieusement, et accepté de même. Les convives qui étaient tombés sur les croûtes jalousaient les heureux qui avaient eu la chance d'amener Ce poisson !
Ayant égaré la précieuse recette — ce qui était bien ingrat de ma part — j'ai pris le parti défaire appel aux souvenirs de ma bienfaitrice. Douée d'une mémoire prodigieuse et d'un ordre parfait, elle m'a de suite envoyé ce qu'on vient de lire, en y ajoutant ce post-script um, que je ne résiste pas au plaisir de citer :
«Je me rappelle que, dans les derniers jours du siège, on m'avait envoyé du pain pour mes soldats ;j*en avais sept à la maison. Ce pain gluant, horrible, je l'ai conservé, trempé dans de l'eau et exposé à la fenêtre; il était bien curieux à voir ! Il y avait poussé des pois, de l'avoine, un germe de pommes de terre et une fève ! J'avais acheté une vieille provision de pain d'épices, et des asperges conservées ; nous avons tous vécu là-dessus pendant cinq jours. Les chiens eux-mêmes ne voulaient plus de la viande bleue que l'on distribuait pour mes
hommes. L'amiral Saisset m avait envoyé plusieurs feuilles de choux, une carotte, et quelques morceaux de charbon de terre, avec le reste d'un vieux jambon qui fut appelé par nous Malviiia. Nous avons eu une soupe exquise... Je n'en finirais pas si je détaillais toutes ces choses... »
Après cela il n'y a plus qu'à tirer l'échelle, mais je regrette bien que mon aimable et spirituelle correspondante n'ait pas continué à détailler « toutes ces choses ».
Ces notes seraient incomplètes si je ne disais quelques mots des communications aériennes qui furent échangées pendant le siège entre les Parisiens et leurs parents ou amis du dehors.
Durant les vingt-cinq années qui viennent de s'écouler, d'importantes améliorations • ont été réalisées* par les colombophiles, et le pigeon voyageur est devenu, de par la loi sur les réquisitions, un des plus précieux auxiliaires de la défense nationale. Les colombiers se sont multipliés. L'armée s'en est pourvue. Cependant les sociétés colombophiles se plaignent encore d'être peu encouragées.
C'est ce qui a décidé tout récemment un journal à organiser, à leur intention, un grand concours. L'origine de cet essai remonte, je crois, aux appréhensions que l'on eut pendant plusieurs jours sur le sort du paquebot la Gascogne,
arrêté en mer par suite d'une avarie. S'il y avait eu des pigeons voyageurs à bord, ont affirmé certains colombopliiles, on n'aurait pas été si longtemps anxieux. L'expérience semble leur avoir donné raison, puisque des pigeons lâchés en mer à plus de 400 kilomètres de nos côtes, ont rejoint en quelques heures leurs pigeonniers.
Pendant le siège de Paris, nous étions loin d'avoir fait les progrès que l'on constate aujourd'hui.
Sans nous reporter au déluge, sans rappeler que l'emploi des messagers ailés remonte à la plus haute antiquité, il est indispensable de dire les services que les pigeons voyageurs ont rendus à la capitale assiégée.
C'est grâce à eux que les habitants de Paris ne sont pas restés complètement privés de nouvelles du dehors pendant de longs mois de blocus. Pourtant rien n'était disposé pour les utiliser, lorsque les Allemands investirent la ville. Il fallut tout créer. Les ballons emportaient des pigeons en nombre variable. Il en partit ainsi près de quatre cents.
Le service des postes et télégraphes de Tours préparait, de son côté, les envois de courriers aériens. Là encore on fît merveille. La photographie réduisait les dépêches jusqu'à en faire tenir seize mille sur une pellicule rectangulaire, qui n'avait pas plus de 4à6centimètresdecôté.
Des hommes dévoués s'approchaient le plus possible des lignes ennemies, et ce n'est qu'au moment où il y aurait eu pour eux danger de se faire prendre, eux et leur précieux fardeau, qu'ils donnaient la liberté aux pigeons. Mais c'était encore l'enfance de l'art.
La neige, la brièveté des jours, les faucons, les guetteurs de l'armée allemande firent que soixante-dix messagers seulement rentrèrent à Paris, Quelques-uns tombèrent dans les mains de l'ennemi, qui s'en servit pour faire passer de fausses nouvelles.
Je n'ai pas à m'étendre davantage sur ce sujet; je devais au moins en faire mention.
En effet, quelle émotion et quelle joie quand un de ces courriers aériens revenait à son colombier, porteur des dépêches si impatiemment attendues I