ÉPREUVES
Lorsqu’une personne meurt de mort naturelle et sans causes apparentes, sa mort est attribuée à un esprit malin agissant par l’intermédiaire d’une autre personne qui
en est possédée, quelquefois à son insu, par l’esprit malin. Ces possédés du démon,
doivent se soumettre à l’épreuve du poison, lequel est préparé et administré par un personnage spécial appelé Nyimi Sbake (voyez p. 54) chez les Bambala, et Miseke ^flg, 57) chez les Bangongo. Chez les Bambala, l’accusation peut être portée par n’importe qui, mais chez les Bangongo c’est le frère du défunt qui s’en charge. Dans l’ouest, si l’individu succombe au poison, ou s’il l’élimine par les voies naturelles, il est déclaré coupable, et, dans le dernier cas, il est lynché par la foule. De plus, ses héritiers doivent
payer une indemnité à ceux de la personne qui est
supposée avoir trouvé la mort par les agissements du possédé. D’autre part, si l’accusé vomit le poison il est déclaré aussitôt innocent, et l’accusateur lui paye une indemnité de 3,000 à 4,000 cauries. Le Nyimi Sliake n’est point considéré comme un magicien. Dans l’est, si quelqu’un meurt de mort naturelle et que les causes du décès ne sont pas trop apparentes, son frère accuse souvent quelqu’un du village, le plus souvent un vieil homme ou une vieille femme, d’être Boloki, possédé du démon, et d’avoir, par ce fait, provoqué la mort de son parent. Dans ce cas, le personnage officiel appelé Miseke est requis de soumettre l’accusé à l’épreuve du poison. Ce poison, appelé Mokumbi, est extrait par le Miseke de l’écorce d’une plante appelée Ephumi; on le conserve dans une petite hutte en paille de deux pieds de haut, ressemblant à une maison en miniature, placée au milieu de la principale rue, est spécialement destinée à contenir ce poison. Une coupe de poison étant offerte à l’accusé, celui-ci dit : « Si j’ai tué un tel, si j’ai tué un tel, si j’ai tué un tel, puisses-tu me tuer (il frappe trois fois dans ses mains), mais si je suis innocent, prouve-le ». Il vide alors la coupe et se sauve vers la brousse, suivi de tout le village. Les amis et les parents du mort crient : « Vous avez tué un tel, vous avez
tué un tel et vous allez mourir ! » les amis de l’accusé lui crient : « montre que tu es innocent, montre que tu es innocent! » . Le Miseke court à côté du fuyard, et, lui frappant la tête d'un grelot d’enfant, répétant sans cesse : « Ephumi, Ephumi, tue le Boloki ». Si l’accusé est saisi de vomissements, son innocence est considérée comme prouvée, l’accusateur doit lui payer plusieurs milliers de cauries comme amende et on le félicite d’avoir échappé au péril. Si d’autre part, il ne se produit pas de vomissements, l’accusé meurt et sa culpabilité est ainsi prouvée.
L’épreuve du poison est aussi pratiquée chez les Bakongo et la drogue employée se nomme Epomi.