‹ Notes ethnographiques sur les peuples communément appelés Bakuba, ainsi que sur les peuplades apparentées, les BushongoChapitre 28 sur 125 · ESCLAVES · texte numérisé non relu

ESCLAVES

Il existe chez les Bushongo deux catégories d’esclaves : les esclaves proprement dits qui sont achetés à une autre tribu ou, comme jadis, conquis à la guerre, et les esclaves pour dettes, les otages. Les premiers sont tous étrangers ; ce sont surtout des Baluba, mot qui, en fait, est synonyme d’esclave. Ils peuvent être possédés par des individus des deux sexes et de tous les âges, qui ont sur eux droit de vie A et de mort ; ils ne

/ peuvent pas se rache¬

ter. Ils ont néanmoins la faculté d’être propriétaires, voire même de posséder des esclaves ; leur maître

leur procure des compagnes et est responsable de leurs dettes. On hérite de ces esclaves comme de toute autre propriété.

Dans les tribus orientales, les esclaves pour dettes

Fig. 69. — Jeu de patience Bambala. ...

doivent etre vendus

hors de la contrée, afin que seuls des étrangers soient esclaves parmi les Bushongo. Les enfants d’esclaves sont employés au service du maître du père, et leur origine les empêche d’épouser des filles Bushongo ; autrement, on les considère comme des hommes libres.

Le mariage entre femmes esclaves et hommes Bushongo était impossible jusqu’au règne du Nyimi Mikope M’Bula (vers 1810-1840) ; les enfants issus de telles unions sont des Bushongo libres.

Après sa mort, les biens de l’esclave reviennent à son maître. Les esclaves mâles vivent dans la rue des célibataires, les femmes dans les huttes des femmes de leurs propriétaires; dès qu’un esclave se marie, son maître l’aide à construire sa propre maison. Les esclaves prennent part à la guerre. Leur nombre était jadis assez faible, mais il est actuellement considérable.

Les Bakongo ont des esclaves, mais ce sont tous des étrangers : des Bapende dans 1 ouest, des Baluba dans l’est. On les échange contre de l’ivoire.

Double cloche en fer.

Page 1