L’AME
Les Bambala disent que l’homme est composé de quatre éléments : le corps, Lo, le sosie, Ilo; lame, Ps Shangaj et 1 ombre, Lume-Lume. Le N’Shanga se réfugie, à la mort, dans la matrice d’une femme où elle est aspergée avec l’eau de Chembe (l’eau de Chembe c’est la semence humaine) et renaît dans un enfant. Cet enfant peut se rappeler des choses qui ne sont connues que du possesseur antérieur de l’âme. Quelques personnes de mauvaise nature possède un cinquième élément, u n mauvais esprit ou fantôme, Moena, qui se dégage à la mort et continue à faire
le mal en faisant mourir d’autres personnes ou en leur donnant des maladies. Ces Moena peuvent, cependant, être tenus à distance par les magiciens. On peut rendre un fantôme inoffensif, en déterrant les os du défunt et en les brûlant; il n’y a que les esprits des vieillards qui puissent, d’après ce que l’on suppose, hanter d’autres personnes.
D’après les Bushongo de l’est, l’homme se compose de quatre parties essentielles : le corps, Modyo; l’âme, Mophuphu; le sosie ou double, Ido ; et l’ombre, Edidingi. Le terme Mophuphu est aussi donné au dernier soupir qu’exhale un mourant et quand celui-ci, l’Ido et le Edidingi se séparent d’un individu, il est mort (le cadavre est supposé ne pas avoir d’ombre). L’Ido peut naturellement quitter un homme sans que son absence lui fasse du mal ; quand il fait cela, il visitera d’autres gens en rêve. Quand, cependant, il se sépare du mourant, il entre dans le corps d’un animal sauvage; l’héritier du défunt rencontre cet animal, tout à fait par hasard, et il est certain de le tuer;
l’Ido périt avec lui. Le premier animal tué après la mort de n’importe quelle personne est toujours regardé comme le réceptacle de l’Ido du défunt. Normalement l’âme rejoint Jambi quelque part, personne ne sait où; mais si le défunt a été un mauvais homme, il erre ca et là dans la nuit et effraie les gens ; une apparition de cette nature s’appelle Moendwa et ne doit pas être confondue avec le fantôme ordinaire, Moesi, qui se lamente la nuit dans les plaines et cause la mort de ceux qui le rencontrent. La seule méthode par laquelle on puisse arrêter les pérégrinations d’un Moendwa, comme chez les gens de l’Est, c’est de déterrer le cadavre et de brûler les ossements. Les Isambo croient en la transmigration ; iis disent que le Mophuphu est enterré avec le corps et est transféré à travers le sol dans une plante alimentaire ; un homme mange cette plante et l’âme est transférée en lui ; quant à lui, il la transfère à une femme qui donne le jour à un enfant dans lequel elle renaît. Souvent de tels enfants ont une ressemblance frappante avec l’incarnation précédente et quand un enfant vient au monde avec certaines difformités, on le reconnaît comme] étant l’incarnation de quelque personne affligée de la même
manière qui est morte récemment. Parmi les Bangongo la transmigration est supposée netre qu’occasionnelle et on appelle Mosanguli le possesseur d’une âme
réincarnée. Ils assurent qu’un enfant dira quelquefois à sa mère : « Allons à Misumba » (ou à un autre endroit qu’il n’a jamais vu) et à leur arrivée il s’approchera d’un homme et dira : « Vous êtes un tel » l’appelant par son nom véritable. L’homme admettra qu’il est l’individu nommé et l'enfant continuera : « Vous me devez tant de cauries ! *. L’homme répond : «Vous êtes un enfant que je n’ai jamais vu auparavant, comment pourrais-je vous devoir quelque chose?" « Vous me le devez ! » répond l’enfant, « je suis un tel » et il nomme un homme mort, « et vous étiez son débiteur! » L’homme comprend alors que l’âme de son créancier a été transférée à l’enfant, et il paie la somme réclamée.
Le Moesi n’est pas un des éléments de l’homme, il appartient au monde des esprits et il est de la même composition que l’arc-en-ciel ; cependant, à l’occasion, on a vu Moesi devenir homme. (Voir la légende de l’origine des Batwa, p. 40).
Fig. 105. — Charme Bakongo.