‹ Notes ethnographiques sur les peuples communément appelés Bakuba, ainsi que sur les peuplades apparentées, les BushongoChapitre 52 sur 125 · AGRICULTURE · texte numérisé non relu

AGRICULTURE

Les travaux agricoles incombent aux femmes, sauf toutefois le défrichement du sol et la récolte du tabac, qui sont pratiqués par les hommes. Le tabac pousse généralement dans le village même. Comme instruments agricoles il faut citer : une hache pour déblayer le terrain, dont le manche, long de six ou sept pouces, est utilisé, également, pour piler la farine; une houe, avec lame en fer emmanchée, de forme triangulaire ayant six pouces de largeur et six ou sept de creux ; le manche a deux pieds ou deux pieds et demi de long ; il est généralement droit, mais il

Fig. 188. — Village Bakongo (vue extérieure).

existe un modèle courbe qui était en usage autrefois. Les espèces végétales cultivées sont : le manioc, Maphwa ; les pois du Kasai (le Voandzeia de l’est), Mafuraka ; beaucoup d’arachides, Ju ou Juk ; le tabac, Makania ; le haricot (une variété petite et très agréable au goût), Konde ; le bananier, Makonde ; deux espèces d’ignames, Isongo et Ishambu; le maïs, Bembele, en petites quantités et à l’ouest, au contraire, en grandes quantités; le millet. Rende, en très faibles quantités, dans l’est; la courge comestible, Imoke , et d’autres genres de courges; un chanvre de petite taille, Kabanqi (ceci seulement chez les tribus de l’est, et cela secrètement, car le gouvernement réprime très sévèrement cette culture). Tous les noms qui sont donnés ici sont en dialecte Bangongo. Il n’y a pas de canaux d’irrigation. La récolte cultivée par une femme lui appartient, mais elle doit subvenir aux besoins de son mari et de ses enfants; les étrangers peuvent louer un terrain pour le cultiver. A l’heure actuelle, on ne dresse pas des fétiches dans les champs pour protéger la récolte, mais cet usage était pratiqué autrefois. Derrière les habitations ou à côté on trouve de petits

greniers cylindriques couverts d’un chaume conique ; ils mesurent trois pieds de haut et un de diamètre et sont un peu surélevés au-dessus du sol.

Chez les Bashilele et chez le Bakongo on cultive : le palmier-raphia, le bananier, le maïs, et, en plus petite quantité, des arachides, du manioc et des ignames.

Chez les Bakongo, le raphia est planté dans des clairières situées tout autour du village et dans le voisinage immédiat de ce dernier ; les autres plantations, pour lesquelles un sol nouveau est déblayé chaque année, sont cachées au loin dans la brousse, si bien que c’est seulement accidentellement qu’on peut les voir, par exemple, en chassant.

Le travail commence dès l’aube, et se continue tant que l’on y voit encore clair.

A environ une heure de marche du Mushenge se trouvent quelques emplacements de villages tombés en ruines. En cet endroit, le Nyimi possède quelques plantations particulières. Il va quelquefois les visiter, et, là, il regarde les femmes travailler, assis à l’ombre d’un bouquet d’arbres.

Fig. 191. — Intérieur d’un village Bashilele.

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