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Fig. 207. — Détails de tatouage des femmes Bushongo.
l’autre de plus de trois pieds. Le village est séparé de la brousse par un espace découvert large de quelques yards, ou, dans certains cas, de plusieurs centaines. Il y a quelquefois des rues situées à quelques milles de distance du village principal. Chaque rue possède un nom particulier ; ainsi, à Misumba, celle dans laquelle se trouve l’habitation du Buimbi s’appelle « Lusambo » ; de même, dans la brousse, chaque sentier battu porte un nom. Dans chaque rue, il y a un ou plusieurs abris sous lesquels les habitants se réunissent pour travailler ou pour se reposer (fig. 152) ; on y trouve un ou plusieurs poteaux où les tisserands attachent leur métier. Une rue spéciale est réservée aux célibataires et s’appelle la « rue des petits enfants » ; les esclaves mâles trou-
Les maisons sont d’une tenue et d’une propreté exceptionnelles.
Lorsqu’une maison est achevée, le propriétaire, qui en a exécuté lui-même la construction, invite les autres habitants de la rue et ses propres amis à une fête dont les frais sont supportés par toute sa famille.
On ne trouve aucune habitation établie dans les arbres ou sur pilotis.
Le village, Bula, est composé de plusieurs rues, Rondo , formées par une double rangée d’habitations dont les portes se font face (fig. 93). La rue a une largeur d’environ vingt ou trente yards et, sur chacun de ses côtés, les maisons ne sont pas éloignées l’une de
Fig. 208. - ■
Esclave Batelela (tatouages mélanges).
vent là un logement. Chaque femme mariée possède une hutte à elle, quelle partage avec ses esclaves du sexe féminin ; le mari est reçu par sa femme à de certains intervalles. On construit quelquefois, pour la volaille, des poulaillers de dimensions restreints (fig. 135). De petits greniers cylindriques avec un toit conique se trouvent à côté ou derrière les maisons ; ils ont environ trois pieds de haut et un de diamètre et sont élevés de quelques pouces au-dessus du sol.
Au milieu de la rue, est érigée une ■ petite hutte de deux pieds de haut ressemblant à une maison en miniature ; elle contient le poison ( mokumbi ), dont il est fait usage dans l’épreuve du poison. Une autre hutte est spécialement réservée aux fétiches de la chasse, et la rue dans laquelle elle se trouve est barrée à chaque extrémité par une palis-
... , . , ., Fig. 209. — Tatouage'de femme Bakongo.
sade de branches entrelacees munies d une brèche pour passer (fig. 97 et 98). A travers
la rue, et de chaque côté de la hutte, s’agrippent des plantes rampantes.
Les maisons des Bangendi sont de beaucoup inférieures à celles des Bangongo ; elles mesurent 2.75 m. sur 3 m. et les murs de la façade ne sont point ornementés. De plus, il n’existe pas de rues à proprement parler, chacun bâtissant sa demeure où il lui plaît, d’ou un grand désordre.
Dans quelques villages, où s’est fait un peu sentir l'influence Bangongo, il y a une tendance à mettre un peu plus d'ordre dans la disposition des habitations. Les femmes enceintes vivent dans des huttes spéciales, d’un modèle plus réduit et dont l’entrée est située sous le pignon (fig. 153).
Après la mort de leur propriétaire, on laisse les maisons tomber en ruine. On peut observer dans un petit village nommé Sudyatutu, près de Misumba, une forme de hutte très primitive. Le village qui n’est habité que par deux ou trois familles se compose de huit huttes, quatre de chaque côté d’une rue assez étroite. Six parmi ces huttes sont faites de feuilles, deux d’herbe. Un cadre de branches disposé horizontalement est attaché à des pieux verticaux; ce cadre est recouvert de larges feuilles clouées sur les traverses horizon-
Fig. 210. — Mutilation des dents (Bambala).
Fig. 211.
Mutilation des dents (Bambala).
Fig. 212. — Jeune fille Isambo munie d’une corde pour déprimer les seins.
taies, un peu comme les lattes d’une toiture en bois, de petites fentes étant pratiquées dans les tiges des feuilles. Au dehors, les feuilles sont maintenues en place par des baguettes horizontales entrelacées avec des sarments dirigés verticalement.
Les maisons des Bashilele et des Bakongo (fig. 179) sont construites sur un modèle à peu près analogue à celui que l’on rencontre chez les tribus Bambala des Bushongo ; elles sont rectangulaires, avec un toit en pignon, construites en nervures de feuilles de palmier et doublées de feuilles entières. Elles diffèrent des huttes des Bambala en ce qu’elles ont les deux murs les plus longs piolongés d un coté ainsi que le toit de façon à former vérandah (fig. 180), et en ce qu’elles possèdent des portes à glissière faites avec les mêmes matériaux que le reste. Chez les Bashilele, les huttes sont parfois munies de pignons ornementaux, consistant en plusieurs larges nervures liées l’une au-dessus de l’autre. Les maisons sont reliées par des palissades en nervures de feuilles délimitant ainsi de petites cours, et munies d’ouvertures basses. Les villages Bakongo sont bâtis dans les plaines et sont généralement petits, aucuns de ceux que nous avons rencontrés ne comptant plus de cinquante habitations. Au centre se trouve un espace libre où est sit^e la demeure du chef; les autres maisons sont groupées tout autour et l’ensemble du village affecte ainsi la forme d’un carré ou d’un cercle. Une palissade de nervures de feuilles placées verticalement et soutenues de loin en loin par de solides
poteaux entoure tout le village (fig. 182, 184, 188. etc.) ; il ny a quun petit nombre d’ouvertures dans cette palissade (fig. 183). Enfin, au dehors, on peut apercevoir un certain nombre d’abris assez bien bâtis sous lesquels les habitants s’assemblent pour tisser ou pour faire la causette (fig. 185 et 191 ; sous 1 un de ces abris, on a installé la forge du village.
Dans 1 ouest de la région, le village est entouré par un certain nombre de greniers construits sur pilotis (fig. 185 et 186) ; ces greniers ne possèdent pas de vérandah et leurs murs n’étant pas doublés de feuilles, l’air circule librement au travers.
Les villages Bashilele diffèrent légèrement des villages Bakongo, surtout en ce qui concerne les points suivants : la palissade est faite avec des nervures de feuilles de palmier arrangées horizontalement au lieu de l’être verticalement (fig. 128, 190 et 191); à l’intérieur de cette palissade, et séparé d’elle par un espace d’un mètre seulement se trouve un
Fig. 213.
Enfants Bambala.
»rang continu de maisons qui forment ainsi une seconde ligne de défense ; les greniers sont placés dans l’intérieur de la palissade, et ne sont pas sur pilotis. Chez les Bakongo, lorsque le propriétaire d’une maison vient à mourir, on laisse cette maison tomber en ruine.
Dans quelques villages des territoires Bakongo de l’ouest une grande perche de près de dix-sept pieds de haut est dressée au centre de la place du village et reliée par des cordes en sarments aux quatre coins de la palissade qui, en l’espèce, est carrée (fig. 193). Nous n’avons pu découvrir la raison d’être de cette disposition.