‹ Notes ethnographiques sur les peuples communément appelés Bakuba, ainsi que sur les peuplades apparentées, les BushongoChapitre 63 sur 125 · I. Nemo kanya (Doigt de lcanya · texte numérisé non relu

I. Nemo kanya (Doigt de lcanya

m. Mosala Baba (Plumes du Baba).

sous la chaîne de son étoffe, et tisse de bas en haut. La navette est en bois dur ; elle est plate et un peu plus longue que la largeur de la chaîne ; de plus, elle est pointue à une de ses extrémités. Celle-ci est munie d’un châssis à travers lequel passe un fil de feuille de palmier qui est ainsi conduit

à travers l’arrêt. Ce fil est ensuite enlevé de la navette et cette dernière est employée à descendre la trame ( Tongwa en Bangongo). Des supports de métier sont généralement établis sous les abris publics construits dans les rues. Les étoffes sont tissées par les hommes qui apprennent cet art lorsqu’ils sont très jeunes. Les Bambala soumettent ensuite le tissu à un traitement spécial qui le rend souple. Il est d’abord mis à tremper dans l’eau, puis, sans être tordu, on l’enveloppe dans de vieux chiffons et on le place dans une petite auge grossièrement taillée dans une souche de bois. Il est ensuite pilé avec des pilons en bois par les soins de quatre à six femmes; le tissu du Nyimi est pilé par des hommes (pl. XXI). Puis on le sèche et on le pile de nouveau, mais dans une auge spéciale de section rectangulaire et ayant environ 4 pieds de long; cette dernière est souvent ornée de sculptures. L’étoffe est enveloppée dans des chiffons pour éviter d’être dété-

Fig. 258. — Bakongo coupant du tissu à l’aide de sa flèche.

Fig. 259 - Coupes Bangongo.

riorée lorsqu’elle est pilée.

Les Bangendi ornent souvent leurs étoffes de petits morceaux cousus par-dessus (pl. VI) ; les coutures se nomment Shambu et les ourlets G'ttba. Ce vêtement, qui est porté par les femmes, est tissé très finement et cousu en pièce de 10 pieds sur 2 environ.

Pour faire un habillement,

Fig. 261. — Clystères Bambala.

on coud ensemble deux ou trois pièces d’étoffe ; pour cela on juxtapose les deux bords des pièces à coudre et on les maintient bien droites au moyen d’une tige courbe dont les extrémités sont fixées dans l’étoffe sur les bords. A l’heure actuelle on se sert d’ai guilles européennes.

Les étoffes fabriquées par les Bakongo sont tissées plus finement qu’aucune de celles faites par les autres tribus.

La méthode employée est la suivante :

On se procure des fils d’une feuille de raphia et> on en attache une botte à un

Fig. 260. Récipient d’huile (Bambala)

dents fixées à un « dos « en mier (fïg. 249 et 251). Ce qué en plein milieu du paquet, puis tiré vers le bas pour remonter ensuite. Les fibres ainsi déchiquetées sont ramassées dans la main et on arrache d’un mouvement vif les fils trop courts pour pouvoir être utilisés; les plus longs sont tordus ensemble afin de ne pas se disperser.

Ce travail préparatoire est en général exécuté par de jeunes garçons, mais le lissage est le travail des hommes. Le métier est analogue à celui des Bushongo. On y attache parfois un grelot qui résonne lorsqu’il est mis en œuvre. Dans ces tribus, le passage de la trame est quelquefois opéré par deux hommes agissant de concert. Le temps employé pour tisser

bâton ; on peigne cette botte avec le bord tranchant d’une coquille d’escargot jusqu’à ce que le tout soit réduit en fils aussi fins que de la soie qui formeront la chaîne du tissu. Une autre botte, destinée à constituer la trame, est attachée par une extrémité de la même manière que précédemment. Un certain nombre de ces fibres, huit ou dix, sont soutenues par les quatre doigts de la moyen d’un peigne nervure de palpeigne est appli-

main gauche et déchiquetées au formé d’un certain nombre de

Fig. 262. — Couchettes Bambala.

Fig. 263 a. — Coupes Bakongo et Bashilele.

Fig. 264.

Couteau de

sculpteur

Bakongo.

une pièce d’étoffe est d’environ six heures. De même que chez les Bangongo, lorsqu’on veut coudre ou ourler, on maintient les bords ou le bord de la pièce d’étoffe par une tige tlexible incurvée.

2 Etoffes ' avec des dessins tissés. —

Les dessins que l’on trouve sur ces tissus sont appelés Badinga par les Bangongo et on n’en trouve pas chez les Bushongo de l’ouest. Ces dessins sont obtenus en sautant certains fils de la chaîne ; ils sont symétriques et ont des noms particuliers ; comme c’est le rmême métier qui sert aussi à faire les étoffes unies, la broderie de la est opérée en insérant simplement

vette du mauvais côté de certains la chaîne (appelé Joko), lorsque l’arrêt a été mis en place. Pour faciliter le travail du tisserand, un certain nombre de pelites baguettes mine s sont insérées dans la chaîne au-dessus de la lisse indiquant le chemin à faire suivre à la navette à travers les fils pour produire le dessin voulu.

Nous n’avons pu voir chez les Bashilele qu’un seul spécimen d’étoffe de cette sorte; le dessin était obtenu en brodant la trame, et consistait en rectangles (non en carrés) disposés en damier. Chez les Bakongo, nous n’avons rien trouvé qui ressemble à ce tissu.

chaîne la nafils de

Fig. 265 - Sculpteur Bakongo

Fig 2i3 b. — Coupes Bakongo et Bashilele.

3. Tissus brodés. — a) Tissus veloutés. Ce modèle (pl. XIV à XVI, XXVIII, 1,

XXIV 2 et II, et fig. 256 e et /), que les Bushongo excellent à confectionner, est appelé Musese par les Bangogo, et Itondo par les Bangendi.

Te canevas est un morceau d’étoffe,

unie, mais tissée Fig 267 . — Bashilele sculptant un manche de houe, plus lâche que les

étoffes ordinaires. La fibre (Piokwa) employée pour la broderie est, au piéalable, frottee dans la main jusqu à ce quelle devienne molle et, au touchei , semblable à la soie : on 1 appelle alors Minyoü. L’étoffe à broder est généralement teinte en rouge, et la fibre colorée en noir, en rouge ou en jaune; parfois elle est blanchie (chez les Bangongo-Bangendi) ou encore laissée telle quelle (chez les Bambala). La couleur rouge employée comme teinture est fournie par le bois de Tukula, le noir est obtenu au moyen de charbon de bois pilé, le jaune est fourni par le bois de Boa, et le blanc par une substance minérale.

On fait une solution de ces couleurs dans l’eau; on y plonge l’étoffe et on la met ensuite à sécher au soleil. Avant que letoffè soit teinte, le dessin à garnir de poils est quelquefois délimité en noir au moyen d’une fibre secondaire fixée par un point de broderie ordinaire. Après la teinture, le poil est inséré de la manière suivante : la fibre de Minyoa de la couleur voulue est légèrement tordue en un seul fil, lequel est passé dans une aiguille; avec celle-ci, on accroche un des fils de la chaine et le Minyoa est tiré par-dessous, de

Fig. 269.

Fig. 268. — Vase Isambo. Fourneau Bangongo. Fig. 270. — Outils de forgeron.

Fig. 266. — Bakongo sculptant une clochette de chien

Le fil de Minyoa est ensuite coupé avec un petit couteau (fig, 255), de l’autre côté du fil de chaîne, à peu près à la même longueur; le résultat final est une espèce de petit balai de fibres de Minyoa, d’un à deux millimètres de long, et maintenu

en son milieu par le fil de chaîne (pl. Vil l et fig. 254).

On répète la môme opération jusqu’à ce que le dessin soit complet. Les Bambala insèrent ainsi du poil dans des étoffes tissées très finement et réussissent à obtenir quelque chose de comparable au

velours.

Les dessins, comme il est expliqué plus bas, sont formés par des poils de differentes couleurs et sont souvent, ainsi qu il a été dit plus haut, cernés par des lignes de broderies unies, noires. Les

couleurs sont généralement très riches et très harmonieuses, quoique l’effet des

vêtements Bambala soit produit plutôt par la perfection de leurs broderies que par leurs couleurs. La broderie est exécutée par les femmes et ces vêtements sont plus généralement portés par elles aussi, aux jours de fête, bien que les hommes puissent à l’occasion avoir à leur robe une bordure de Musese. L’insertion des poils dans le tissu est longue et difficile et les dessins sont exécutés entièrement de mémoire et non esquissés sur l’étoffe en fabrication.

Fig. 271.

Articles de forgeron.

a. enclume-marteau

b. marteau

c. enclume.

b) Broderies proprement dites (pl. XXVII à XXIX et fig. 256). On ne les rencontre que chez les Bushongo de l’ouest, notamment les Bambala. Le canevas est souvent d une texture assez fine et la broderie correspondante naturellement très

délicate. Le fil à broder est le plus souvent fait de fibres qui ne sont généralement pas teintes, bien que parfois le canevas et le fil soient teints en rouge, ou encore coloré de façon que les dessins apparaissent en blanc sur fond noir. Toute la surface de l’étoffé est ordinairement couverte de broderies, et le fil est simplement passé sous un fil de chaîne ou de trame et ainsi conduit comme un point de broderie ordinaire, de telle sorte qu’il n’apparaît pas à l’envers de l’étoffé. Dans un des plus beaux spécimens les parties principales du dessin étaient faites en ce qu’on ne peut mieux appeler qu’une - forme perfectionnée de points de chaînette « (fig. 257) ; le fond était une espèce de broderie en damassé. Dans quelques exemples (pl. XXVII), maintenant rares, l’ornementation consiste en broderie au passé et en broderie anglaise

Fig. 272. — Soufflet de forgeron.

aussi bien qu’en broderie simple et au point de chaînette.

Le travail que nécessite la préparation d’une seule pièce de ce genre est vraiment inouï ; les dessins eux-mêmes sont souvent d’une singulière beauté, et rappellent le travail d’enluminure des anciens manuscrits celtiques. Dans l’ensemble, les étoffes brodées des Bambala peuvent être classées parmi les meilleurs spécimens de l’art primitif. Malheureusement les beaux échantillons sont maintenant extrêmement rares. Le Afusée de Tervueren en possède une superbe collection.

4. Etoffes teintes avec dessins réservés. — Elles sont appelées Elamba par les Bangongo et Shanchenjele par les Bangendi; l’étoffe est d’abord teinte en rouge; on applique ensuite sur la surface de l’étoffe la teinture noire au charbon, Dombe . en réservant les dessins au moyen de morceaux de roseau cousus sur les emplacements de ces on laisse sécher au soleil ; on enlève alors les de roseau et le dessin apparaît en rouge sur Quelquefois, on supprime la première teinture et alors le dessin apparaît en blanc sur fond ceci n’a lieu que dans le cas d 'étoffes préparées sans beaucoup de soin. Le vêtement Elamba est porté par les hommes.

Nous n’avons point vu de vêtements brodés chez les Bashilele ni chez les Bakongo, bien qu’une robe ornée de franges ait été trouvée et recueillie chez ces derniers.

Chez les Bangongo, nous avons recueilli un vase fait de cordes tressées, et rendu étanche en boucha] it les interstices avec

dessins et morceaux fond noir, en rouge noir mais

Fig. 273.

Cuillers Bambala en fer.

de la résine.

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