Formes empruntées aux objets naturels
— Il y a, tout d’abord, les dessins appelés Phila, et qui représentent le soleil. La forme la plus perfectionnée de ce dessin représente une tête d’homme environnée de rayons ainsi qu'il a déjà été dit plus haut (fig. 314a) ; deux beaux exemples sont encore fournis par la boîte (PI. XXVI, 21) et le vieux tambour (PI. XXIV, 6). Les traits de la figure tendent à disparaître et à être remplacés par une rosace (fig. 314b) provenant de la coupe (PI. XXV 6), et les rayons n’existent pas toujours, et peuvent être modifiés comme dans la figure 314 c. (empruntés à la boîte pl. XXV, 8) ils peuvent même disparaître complètement comme dans la figure 315. Un autre modèle de ce dessin reproduit sur la figure 316 est évidemment à rapprocher du précédent, mais porte un nom
Fig. 313. — Pipe Bambala en bois sculpté.
particulier, Yangala. Parmi les rosaces il faut encore mentionner les cercles concentriques appelés Idingela et aussi Kalonge-longe par les Bangendi et que l’on rencontre sur les cornes à boire (fig. 317) et aussi, chez les Bangendi, sur les vêtements faits de morceaux assemblés. Mais ces dessins n’ont pas un rapport évident avec le dessin Phila.
En plus de la rosace hexagonale appelée Mayulu (tortue fig. 256 e et pl. XXVI, 13) il existe aussi une rosace formée d’octogones concentriques, nommée Mabele Genji (fig. 256 f). A côté de l’image du Soleil, Phila, il convient de placer celle de la
Fig. 315. — Bordure d’une boîte Bambala Fig. 316. — Dessin Yangala.
lune Ngono ; on la voit nettement sur les coupes reproduites à la figure 309 et 318. Dans cette dernière, les croissants sont arrangés de façon à former des festons. Le dessin Ngono se reproduit dans les boîtes semi-lunaires (pl. XXVI, 23 à 25).
4- — Formes empruntées aux objets fabriqués. — Le premier est l’ovale pointu à une extrémité, appelé Boata, le canot ; on le rencontre dans les sculptures sur bois (pied de coupe dans la fig. 318), dans les dessins de cicatrisation (fig. 207) et dans les dessins des vêtements. La ceinture de fibre que portent les chefs et les Kolomo se rencontre, en sculpture sur bois, sur la coupe si souvent citée, (fig. 318). On trouve souvent des représentations d’armes et des couteaux Ilondo de différents modèles ornent le tour du tambour de la pl. XXIV, 6. Des pointes de javelots munis de trous et ornés d’ouvertures dans la lame sont visibles sur le poteau d’entrée que reproduit la pl. XXV, 11. Mais ce qui est plus intéressant c’est le
bouclier représenté sur ce poteau, car à l’heure actuelle l’usage des boucliers est tout à fait abandonné. Ce dernier bouclier diffère de celui recueilli à grand’peine par l’expédition (fig. 280 c); au contraire de ce dernier, qui est en bois, il est évidemment en osier et les extrémités en sont arrondies au lieu d’être rectangulaires ; en cela il ressemble au bouclier des Basongo Meno représenté sur la fig. 280a. Il est légèrement recourbé dans le sens transversal au lieu de former un angle, et il est garni d’une légère bosse au lieu de la nervure médiane ; cette petite bosse donne à l’intérieur
Fig. 317. — Coupe sculptée dans une corne de buffle (Bangongo) montrant une cicatrisation caractéristique des Bangongo et Basongo Meno.
du bouclier plus d’espace à la main qui tient la poignée verticale en bois du bouclier.
On trouve aussi représentés deux instruments de musique, le plus souvent le double gong de fer à manche triangulaire. Voir le poteau d’entrée de la fig. pl. XXV, 13; l’instrument lui-même est reproduit fig. 70.
La harpe à cinq cordes (fig. 319) n’a été remarquée qu’une seule fois sur la. bosse centrale du couvercle d’une boîte à couleur.
Jusqu'à présent l’art Bushongo était facile à expliquer mais, si nous nous
Fig. 319.
Bouton d’une boîte Bambala représentant une harpe.
Fig. 318. — Coupe Bambala ornementé de cauris incrustés.
occupons maintenant des dessins dérivés des industries du tissage et autres de la même famille, la question devient plus délicate.
Non qu’il soit difficile de définir l’origine des dessins, ainsi qu’un simple coup d’œil jeté sur les illustrations de ce chapitre peut le montrer, mais il est assez malaisé de comprendre le système indigène de nomenclature et tout essai d’explication sera forcément un peu compliqué. Pour les indigènes eux-mêmes, la nomenclature correcte de plusieurs dessins, même très courants et qui leur sont tout à fait familiers, est assez difficile, et lorsque nous dressâmes la liste des noms des dessins, de fréquentes disputes eurent lieu entre les personnes qui nous renseignaient et on fut souvent obligé de recourir à des experts en matière d’art pour trancher le différend. Il est intéressant de noter que ces experts, lorsqu’il s’agissait de dessins de broderie, étaient toujours des femmes. Au contraire, c’étaient toujours des hommes pour des dessins de sculpture. La raison de ces differentes difficultés réside dans ce fait qu’un Bushongo ne regarde pas un dessin de la même manière qu’un Européen; il ne considère pas le dessin dans son ensemble, mais le décompose en différents dessins élémentaires, prend un de ces éléments comme caractéristique de la figure et donne au dessin tout entier la dénomination de cette partie. Les motifs, obtenus en interrompant les dessins du tissage à des intervalles réguliers, sont construits à 1 aide de petits détails qu’on retrouve, . diversement combiné, dans d autres motifs. Par suite, grâce à 1 esprit analytique des indigènes on en arrive à ce résultat assez curieux qu’un même nom peut être donné à deux
dessins en apparence tout à fait dissemblables, quant à l’effet général, et que deux indigènes de sexe différent donneront au même dessin des noms différents parce que chacun y considérera un certain élément particulier comme constituant l’élément principal du dessin, l’homme
étant sculpteur, Fig. 320-
et la femme brodeuse. Cela est peut-être aussi difficile à saisir que délicat à expliquer, mais on saisira mieux la question après les quelques exemples concrets que nous
allons donner.
Le point ordinaire simple de tissage, tel que celui reproduit par le diagramme de la fig. 320, se nomme Irnbolo ; c’est un dessin très commun en broderie (fig. 256 h), en sculpture sur bois (fig. 321), comme
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Fig. 322. — Les variations du dessin Imbolo.
Le n° 3 est appelé Ilema (le xylophone), le n° 4 est appelé Makashi Matama (le pied de Matama).
dessins des maisons Bangongo
Fig. 323. — a. Dessin Imbolo. b. Dessin Bisha Muchue Na Borna (le dos de la tète de serpent).
(fig. 162) ; (mais ce dessin, dans ce cas, se nomme Mongo pour la raison expliquée plus loin). Prenons l’expression la plus simple de ce dessin reproduite fig. 322, 1 , et joignons les extrémités marquées respectivement A et B, A’ et B\ G et D, C et D’, nous obtenons deux boucles entrelacées, c’està-dire un détail qui se retrouve fréquemment sur les boutons des couvercles de boîtes (fig. 322, 2 et 323) et qui est connu généralement sous le même nom. Chez les Bangongo cependant on dit parfois Bisha Muchue Na Borna pour désigner le dessin, ce qui signifie “ le dos de la tête du python » avec les marques de laquelle on peut identifier le dessin. Maintenant, ce même nom Imbolo est donné au dessin en croix sculpté sur la corne dont le dessin est reproduit sur la fig. 325. Il se peut que ce dessin en croix soit simplement la silhouette des deux boucles entrelacées, ou bien encore il peut provenir de l’espace délimité en coupant un Imbolo ordinaire et en joignant les deux extrémités ; la fig. 326, montre les trois
stades successifs.
Les boucles entrelacées se retrouvent sur les dessins de sculpture des Bakongo (fig. 327) mais ici elles sont beaucoup plus décomposées notamment en deux ovales et appelées alors Buina , « le couteau pour
sculpter », terme qui désigne l’ovale, à cause de la forme ovalaire de la lame de ce couteau (fig. 264). Cette tribu donne le même nom à un dessin qui est totalement différent quant à l’aspect général, ainsi qu’on le verra plus loin.
Fig. 324. — Dessins sculptés sur une boite Bangongo.
Si nous revenons à l’expression simple du dessin Imbolo, nous observons qu’en joignant les extrémités libres de différentes manières, par exemple, A et C, D et A’,
Fig. 325. — Coupe sculptée d’une corne du buffle (Bangongo).
B’ et D’, C’ et B, on peut former un dessin en croix d’un autre modèle. On donne à ce dernier différents noms, selon que les lignes que l’on joint sont courbes ou droites ; dans
le premier cas, il se nomme Ilema (le xylophone) (fig. 122, 3), dans le second, Makashi Matama (le pied de Matama) (fig. 122, 4).
Fig. 326. — Suggestion de l’évolution du dessin Imbolo
comme sculpté sur la coupe de la fig. 325. Il faut noter
Fig. 327. — Dessin Buina sur une coupe Bakongo.
Fig. 329. — Le dessin Mongo sur les boîtes Bangongo.
une autre série plus considérable de dessins Imbolo, obtenus en divisant le dessin simple en un certain nombre (nœud) sur une coupe Bambaia. de carres dont les cotes sont prolonges alternativement de
façon à former une sorte de swnstika (fig. 328). On donne à une telle figure le nom de Mongo (le genou) (fig. 329), et on remarque surtout ce dessin lorsque les éléments du tissage sont très lâches et les bords marqués par des lignes bien nettes. C’est ainsi que les dessins qui ornent les maisons Bankongo, (fig. 162), et que nous désignerions, selon nos idées, par le mot Imbolo, furent à l’ unanimité qualifiés de Mongo. Le même nom est donné au dessin tissé de la fig. 256 i, dans lequel les éléments du Mongo attirent plus l’œil que ceux de l’Imbolo, grâce au fond noir sur lequel ils se trouvent.
Une variété de dessins de maison, Mongo, mentionnée plus haut peut se voir sur le dessin de muraille de la fig. 164 ; il est obtenu en faisant des coupures à intervalles réguliers dans le précédent, et se nomme Ekwakwa Mongo , c’est-à-dire, le « Mongo estropié ».
La simple torsade est peut-être encore plus compliquée dans ses transformations. Si elle est formée par une ou même plusieurs lignes arrangées de telle façon que celles-ci ne tirent pas beaucoup l’œil, et que la continuité du dessin n’est pas interrompue (fig. 330), elle est appelée par les Bambala Namba (le nœud), une variété d’un grand nombre de motifs portant le même nom, et évidemment dérivés d’un travail soutaché qui sera examiné plus tard. Mais si les contours de ce dessin présentent des éléments anguleux et très accentués, de façon à lui donner l’allure d’une série continue de détails commedanslafig. 331 8,
Fig. 331 — Détails des dessins les plus communs.
Fig. 332. — Nyinga (fumée). Dessin sur une boîte Bangongo.
il est alors appelé par les Bambala, Nymcja (fumée, fig. 333); chaque dessin élémentaire est censé reproduire alors une spirale de fumée. Ce dessin est appelé par les
Bankongo Molambo (le doigt), et on donne parfois ce même nom au dessin tressé ordinaire (Imbolo), lorsque, comme sur la fîg. 334, il est constitué par des éléments Molambo entrelacés. Des gens de cette tribu donnaient néanmoins le nom de Lukata à la fig. 335. Il faut le noter cependant, la différence entre la série- continue d’éléments Nyinga (fîg. 331 s)et le dessin reproduit fig. 331 ione semble guère plus grande qu’entre n’importe quels autres dessins auxquels les Bushongo donnent le même nom. Néanmoins la dénomination donnée à la fig. 331 10 est Nemo Kanya (le doigt de Kanya). L’élément distinctif de ce dessin est celui que reproduit la fig. 331 11 , comme on peut s’en rendre compte par le dessin de la fig. 338, qui porte la même désignation. Une troisième variété est représentée sur la fig. 339 et une quatrième sur la fig. 331 i2. Il est assez difficile de le reconnaître dans ce dernier cas, jusqu’à ce que l’on ait déchiffré l’élément essentiel de la figure, représenté sur la fig. 331, 13 . Le dessin reproduit fig. 340 semble être aussi une variété de Nemo Kanya, mais il y a tout lieu de croire que les indigènes le regarderaient comme analogue au dessin appelé Kike dont nous avons fait mention plus haut.
Si l’on prend un simple élément Nyinga (fig. 331, 15 et 16), et qu’on lui ajoute des angles supplémentaires à chaque extrémité, la figure obtenue (fig. 331, 14), se nomme Makena (le hameau), mais si un angle supplémentaire est encore ajouté, le dessin se nomme Bula Buimbi
Fig. 333. — Nyinga. Dessin sur une coupe Bangongo.
Fig. 334. — Molambo (doigts). Dessin sur une boite Bangongo.
Lukata. Dessin sur une boîte Bangongo.
Fig. 336. — Dessin sur une boîte Bangongo.
Fig. 337. — Dessin sur une boîte Bangongo.
(le village de 1 héritier présomptif). Dans ce dessin les éléments qui le composent se présentent en forme simple ou entrelacée (flg. 331, et *«). Le rapport étroit qui
existe entre deux dessins se retrouve dans les noms qui servent à les désigner. Ces noms sont ceux employés par les Bambala, mais chez les Bangongo, le Makena, lorsqu’il se rapporte à un dessin de muraille, se nomme Basungu « les esprits » (fîg. 167).
Pour en revenir à la torsade simple, ce motif tel qu’il vient d’être envisagé est composé d’éléments pliés à angle droit; mais si ces éléments sont disposés à angle obtus, comme dans la flg. 341, le dessin se nomme alors Dembo, « l’orteil ». 11 est intéressant de remarquer que le dessin de la fig. 342 est obtenu en plaçant côte à côte deux séries de « Dembo ». L’analyse de cette dérivation est reproduite sur la flg. 343. La raison pour laquelle le dessin Bangongo de la fig. 344 se nomme Borna (le python) et non Dembo, est que l’espace central est rempli avec un lacis qui figure les dessins du dos du python.
Un dessin élémentaire des plus importants est reproduit sur la fig. 331, 2 -, il est évidemment obtenu en invertissant la torsade à angle droit, dont il a été question plus haut. Des motifs formés par un arrangement symétrique de ce dessin sont appelés Mikope Ngoma , ce qui signifie les « Tambours de Mikope » ; ce dessin aurait, paraît-il, été inventé par le chef Mikope pour servir à l’ornementation des tambours royaux. La forme typique de ce Mikope Ngoma est reproduite sur les fig. 347 c et 256 b. Il est vrai que l’élément Mongo est répété dans ce dernier genre de dessin tout aussi souvent que l’élément dont celui-ci tire son nom, mais il ne
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Fig. 338. — Nemo Kanya (doigts de Kanya) Dessin sur un clystôre Bambala.
Fig. 339. — Nemo Kanya. Dessin sur une pipe.
faut pas perdre de vue que ces Mongo sont disposés symétriquement en groupe de quatre autour des éléments Mikope Ngoma, de telle sorte que ces derniers occupent la place la plus importante du dessin, puisqu’ils en sont les points centraux; on les considère
Fig. 340. — Nemo Kanya. Dessin sur une coupe Bangendi.
par conséquent comme le motif principal. De là vient qu’il donne son nom à tout le dessin. Si maintenant nous considérons le motif dans son ensemble, on peut voir qu’il est dérivé d’une variété particulière de tressage, dont la continuité est rompue par l’insertion d’espaces ayant la forme de chevrons et disposés symétriquement comme le montre la flg. 347. D’autres variétés de Mi-
kope Ngoma. sont reproduites sur les flg.
345 et 346.
Fig. 341. — Dembo (orteil) sur une boîte Bangongo
Fig. 342. — Le dessin Dembo en double sur une imitation de corne de buffle en bois.
Si
coloriés
Si les espaces en forme
de chevrons sont rendus plus importants par quelques traits additionnels (flg. 331 4, 348 et 256 c) ou bien sont remplis par de la broderie veloutée (Musese) tandis que le reste des espaces est laissé vide, alors le caractère du dessin change complètement au yeux de l’indigène, et se nomme Mamanye (les pierres) qui est le nom du chevron (flg. 331 5). Pour que le chevron conserve son caractère propre aux yeux de l’indigène, il n’est pas nécessaire qu’il ait des bras égaux ainsi qu’on peut s’en rendre compte d’après le détail de la flg. 331 5 qui est aussi connu sous le nom de Mamanye. Tout ce que l’on demande, c’est qu’il soit très accentué. S’il perd cette accentuation par suite de son isolement, le motif change ; ainsi dans la flg. 344, où les chevrons sont emmêlés en un dessin courant, le motif prend le nom de Bisha Kota « le dos du crocodile »
lequel présente des dessins analogues, les chevrons sont placés l’un dans l’autre et leurs bras alternativement de différentes teintes, comme dans la planche XXIX, flg. 8, le dessin se
F.ig. 343.
Explication du Dembo double.
nomme Miènga, “le poisson». Ou encore, si les chevrons sont joints les uns aux autres de façon à former un zigzag, le dessin prend le nom de Bisha Ngila « le
dos du chat sauvage » (fig. 350). Une série de paires ligne centrale d’une torsade interrompue comme dans la
Fig. 344. — Borna (le serpent) sur uncgboîte Bangongo.
Fig. 345. — Mikope Ngoma (le tambour de Mikope) sur une coupe Bambala.
les intervalles du carre du dessin a naturellement Mikope Ngoma. Chez les pour les maisons (fig. 170), et symétriquement en paires se
de chevrons formant la fig. 351, est appelé par les Bangongo, Iiongo Nyemvo « le coude ».
Un dessin ressemblant beaucoup à celui-ci se nomme Lori Yongolo « les pattes du caméléon » (fig. 353).
Examinons maintenant un autre dessin obtenu en rompant un tressage (quelque chose d’analogue à la fig. 347a), au moyen d’espaces disposés symétriquement et ayant la forme reproduite sur la fig. 331, 17 . Ces espaces sont évidemment reliés aux chevrons, puisque situés à moitié chemin entre eux et le carré ; pour plus de commodité, nous emploierons le terme carré brisé pour désigner cet élément. Le motif dérivé est représenté sur les fig. 256 d et 354 et se nomme Ingala. Ce mot signifie la pintade et les dessins du plumage du dos de cet animal sont supposés être représentés par
brisé, avec la tâche noire dans le centre. L’ensemble une grande ressemblance, dans l’aspect général, avec le Bangongo, on trouve ce dessin comme dessin d’ornement
éléments du carré brisé sont disposés
Fig. 346. — Variation de Mikope Ngoma sur une coupe Bangendi.
là aussi, les faisant face.
Cet
arrangement
symétrique n’a pas
d’influence sur le nom du dessin ; si les éléments sont disposés en séries régulières, tous dirigés dans le même sens et que des interruptions sont faites à intervalles réguliers dans les contours comme le montre la fig. 172, le motif est encore appelé Ingala , mais la présence des interruptions est indiquée en ajoutant
au nom le terme de ekwakwa et le nom entier est : Ekwakwa Ingala, c’est-à-dire « Ingala estropié». Si maintenant on compare la fig. 173 avec les fig. 174 et 175, on ne remarque pas de grande différence quant aux détails du motif. Et cependant le fait est là, la fig. 173 est appelée Kumbe Musanga , les bancs de sable, alors que les fig. 174 et 175 se nomment Bisenga Budi, c’est-à-dire une pousse d’arbre. Le fait que le dessin de la fig. 175 va dans une direction différente des autres, n’a évidemment aucune influence sur le nom, puisque la fig. 174 est désignée par le même terme. La distinction entre ces différents motifs consiste seulement en ceci que la fig. 173 est un dessin rectangulaire alors que les fig. 174 et 175 n’ont point cette forme. Revenons maintenant au motif élémentaire Mikope Ngoma, reproduit à la fig. 331, 2, coupons-en alternativement les bras (fig. 331, *) et inscrivons le résultat obtenu dans un carré (fig. 331, 6 ), nous obtenons ainsi un dessin qui est la base du motif appelé Woto (fig. 355). Ce dessin est très intéressant et en le comparant avec une variété de Mamanye représentée sur la fig. 331, 5, nous aurons un excellent exemple du point de vue auquel se place l’indigène dans sa classification des motifs ornementaux. Après étude des détails des figures 331, 5 et 331, 6, on verra qu’ils sont essentiellement les mêmes. S’ils sont considérés comme des exemples de Woto, dans la fig. 331, 6, les éléments essentiels apparaissent en noir sur fond blanc, tandis que dans la fig. 331, 5, ils apparaissent au contraire en blanc sur un fond ombré. Pour l’œil d’un indigène, l’aspect Woto éclipse totalement l’aspect Mamanye dans la fig. 331, 6 et de même dans la fig. 331, 5, l’aspect Mamanye éclipse totalement l’aspect Woto.
Les dessins dont nous allons nous occuper maintenant sont ceux basés sur le triple tressage. Le nom Bambala pour ce genre de dessin est Ikunji (l’œil, fig. 256 g),
Fig. 347. — L’évolution du Mikope Ngoma.
le nom Bangongo Bis ha Masombo (le dos du sanglier fig. 356). Le nom Bambala semble dû à la présence d’espaces triangulaires, celui employé par les Bangongo aux lignes à angles obtus qui ont une certaine analogie avec le contour d’un dos
de sanglier. L’Ikunji en combinaison conduit celui reproduit sur les figures 357 b et 358; il consiste en deux bandes d’Ikunji mises côte à côte ; ce motif se homme Masaka (les fesses) et la ressemblance est évidente. Dans le second de ces dessins, les deux bandes sont confondues et les éléments lkunji ont complètement disparu (fig. 357 c et 359) ; ce dessin est appelé par les Bangongo Tamberi Koko (pied de poule); la ressemblance est également très visible.
La transformation de ces deux dessins est analogue à celle des dessins provenant des deux torsades à angles obtus dont il a été
à deux autres dessins. Le premier est
Fig. 348. — Mamanye (les pierres).
clystère Bambala.
Fig. 349. — Bisha Kota (le dos du crocodile) dessin de broderie Bambala.
question plus haut. La seule différence pratique qu’on puisse établir est que le dernier manque du cadre qui entoure le premier. Mais le triangle n’est pas toujours regardé comme un œil.
Si quatre triangles composés de lignes parallèles sont groupés en forme de swastika, ce dessin prend la dénomination d eMosala Baba (les plumes de Baba) ; ce dessin est très courant, surtout sur les pieds des coupes, (voir les fig. 360 et 256 m). Si les triangles sont tachetés et disposés régulièrement comme dans la figure 361 , le motif se nomme Itombwa, le fétiche divinateur, d’après les objets auxquels on applique cette sorte d’ornement. On peut d’ornements triangulaires .
En plus des dessins ordinaires de tissages, les dessins fréquemment imités en sculpture, généralement dans les tonds des exemples sur les fig. 313, 363 et 364. On trouve tachage, qui a inspiré quelques-uns des plus beaux
Dessin sur un
Fig. 350. - Bisha Ngila (le dos du chat sauvage). Dessin sur une boîte Bangongo,
Fig. 351. — Kongo Nyemvo (le coude). Dessin sur une boite Bangongo.
voir sur les figures 362 et 363 d’autres formes
également motifs
de vannerie sont on peut en voir le travail de sou- La boucle
Bushongo.
Fig,