‹ Notes ethnographiques sur les peuples communément appelés Bakuba, ainsi que sur les peuplades apparentées, les BushongoChapitre 70 sur 125 · Variations du Kongo Nyemvo sur une boîte Bambala · texte numérisé non relu

Variations du Kongo Nyemvo sur une boîte Bambala

Fig. 353.— Lori Yongolo (les pattes du caméléon). Dessin sur un bloc de tukula.

Fig. 354. — Ingala (la pintade).

Woto. Dessin sur un clystère Bambala

(fig. 365) porte généralement le nom de Namba, et ce nom est donné en général à tout dessin qui semble avoir été copié d’un autre, formé avec des matériaux flexibles ou entrelacés (comme la torsade de la fig. 330).

On peut voir sur les fig. 366 à 369, des variétés de motifs Namba, et nous attirons plus particulièrement l’attention sur celui de la fig. 369, qui est singulièrement intéressant et auquel ne ressemble aucun des autres dessins que l’on trouve en Afrique.

La torsade bouclée, contre-partie de la torsade anguleuse, se rencontre chez les Bakongo comme un dessin réglementaire sur les coupes de bois dont le type est reproduit fig. 297. Ce dessin, reproduit dans son ensemble sur la figure 370, est appelé Buina (l’ovale du couteau de sculpteur) et, par suite de sa ressemblance avec le modèle dudit couteau, porte le même nom chez ce peuple que les boucles entrelacées (fig. 327). La raison de ce fait est que les intervalles de la torsade sont ovales de même que chaque boucle est ovale dans les bandes entrelacées et c’est ce qui a valu son nom au dessin. Chez les Bakongo, des séries de droites parallèles se nomment “ le peigne « et des hachures croisées « le tatouage des femmes » .

Pour en revenir aux Bushongo, une autre forme de dessin en boucle est donnée sur la figure 371; il est appelé Misheke Bodi (les cornes du bouc).

La description que nous venons de donner de l’art Bushongo a peut-être été un peu longue bien que le sujet mérite un développement plus vaste encore. Nous avons cru pouvoir nous étendre quelque peu sur ces questions, d’abord parce que l'art décoratif des Bushongo est vraiment remarquable et supérieur à toutes les productions artistiques du reste de l’Afrique et ensuite parce que la manière dont les indigènes nomment leurs motifs ornementaux et le point de vue auquel ils se placent pour cela, constitue une observation très intéressante

au point de vue psychologique . Nous avons déjà suffisamment expliqué combien la vision d’un indigène diffère de celle ce qui concerne un dessin

Fig. 356. — Bisha Masombo (le dos du cochon sauvage). Dessin sur une boite Bangongo.

d’un Européen en le nom à donner à d’après son allure. Pour un indigène, la partie essentielle d’un motif, c’est le plus petit élément intégral que contient ce motif et si on lui présente un dessin pour savoir de quel nom il le désignera on s’aperçoit qu’il est obligé pour cela de le décomposer jusque dans ses éléments ultimes.

L’habitude qu’a l’indigène de considérer une image quelconque au point de vue des détails qui la composent peut être mis en évidence si l’on observe la manière dont il se comporte lorsqu’on lui présente une

Fig. 357. — A. Ikunji (l’œil), Bambala. B. Masaka (les fesses), Bangongo. C. Tamberi^Koko (les pattes de poule))Bangongo.

Fig. 358. — Masaka. Dessin sur une coupe Bangongo.

photographie ou un dessin. Fil le prend, l’observe, et après l’avoir ainsi considérée un certain temps il remarque : « Ceci

est un œil. Oui... (un temps). Et aussi voilà un nez... (un autre temps), oui, et voilà une oreille... Eh! mais c’est une figure ! » Et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il découvre que cette photographie "représente un homme.

Et le plus remarquable c’est, qu’en dépit de cette particularité de leur caractère, les Bushongo apportent tant de goût lorsqu’il s’agit pour eux de décorer un espace donné, et que les motifs de leurs ornements sont si fins et si délicats. Un fait est incontestable : les Bushongo sont un peuple naturellement artistique bien en avance sur tous les autres peuples africains qui nous sont connus.

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