‹ Notes ethnographiques sur les peuples communément appelés Bakuba, ainsi que sur les peuplades apparentées, les BushongoChapitre 71 sur 125 · NUMÉRATION, SUPPUTATION DU TEMPS, PHÉNOMÈNES CÉLESTES · texte numérisé non relu

NUMÉRATION, SUPPUTATION DU TEMPS, PHÉNOMÈNES CÉLESTES

Fig. 359. — Tamberi Koko. Dessin sur une coupe Bangongo.

Fig. 360. — Mosala Baba (les plumes de Baba). Dessin sur un lianape Fig- 361.

Bambala ; le dessin de la bordure s’appelle Pasi (le cauris). Itombwa (fétiche divinateur).

Les Bushongo ont une échelle de numération très étendue et possèdent des mots pour désigner des nombres jusqu’à un million, mais ils disent que des nombres tels

qu’un million ou même cent mille ne se peuvent imaginer. Il est intéressant de remarquer que cette faculté d’exprimer avec des mots des nombres aussi élevés, faculté que Ton rencontre assez rarement chez les peuples primitifs, provient d’un fait très simple et non d’une intelligence exceptionnelle. Nous nous sommes déjà élevés, ailleurs, contre cette opinion, qui a souvent prévalu, d’après la¬

quelle on affirme le plus ou moins grand développement de l’esprit d’un peuple, par son aptitude ou son inaptitude aux raisonnements arithmétiques. Le plus souvent, les peuples primitifs

n’ayant pas besoin d’utiliser leur faculté de raisonnement dans ce but, cette faculté reste latente, mais elle n’est pas nécessairement inexistante.

Il serait absurde d’attribuer aux Bushongo une intelligence plus étendue que celle des autres primitifs parce qu’ils possèdent des mots pour désigner des nombres assez élevés. La raison en est, simplement,

qu’ayant basé leur système monétaire sur une unité très faible, le cauris, ils se sont

vus forcés d’employer des chiffres très élevés, Comme il a été dit plus haut, ils

Fig. 362. — Dessin sur une boîte Bambala.

Fig. 363. — Dessin sur un clystère Bambala.

admettent qu'un nombre tel qu’un million est impossible à concevoir, et on pourrait presque affirmer que la plus grande majorité des Européens est incapable de saisir le sens exact d’un tel chiffre.

Voici une liste des principaux noms de nombres :

Bambala

Mo (Kosh)

Pe (Pene)

Satu (Shat)

Nei (N’ney)

Tarin (Ntan)

Shemelenu (Nsambanu)

Shamale (Shamala,)

Inane (Innan)

Dibue (Diph)

Ishenge (Yuni)

Ishenge Mo (Ishenge Mochi)

Ishenge Mine

» Satu

» Tanu (Ishenge Batan)

Mashafo (Maslie Pe)

Masha Shat

Masha. Maney

Masha Matanu

Kama,

Lobombo

N’juku

Bangongo Bangendi

Kosh

Kosh

Phindi

Phindi

Isatu

Shat

Innev

Tnney

Itanu

Nitan

Isambanu

Ishambanu

Isambodi

Ishambol

Inana

Inana

Ibwa

Dibo

Isangi

Iyumi

Isangila Mosi

Isala Mosh

» Baphidi

Isala Baphindi

» Basatu

Isala Basata

« Batan u

Isala Batan

Masabi

Masa Phindi

Masa Masatu

Masa, Masatu

Masa Manney

Masa Manne

Masa Matunu

Masa Masatu

Kama

Kam

Lobombo

Njuku

Lukuli

Losenene

Dans la colonne intitulée Bambala, les termes entre parenthèses appartiennent à l’ancien langage Lumbila.

Les Bashongo emploient le système décimal, ainsi qu’on peut s’en rendre compte d’après le tableau précédent ; cependant, chez les tribus orientales, on compte par trois, c’est-à-dire que l’on fait sur le sol trois petites raies parallèles avec trois doigts, et qu’on prolonge chaque dixième ligne par une sorte de paraphe.

On emploie aussi des petites baguettes pour compter.

Les Bushongo de l’ouest divisent la saison des pluies en cinq périodes appelées respectivement: Mbuna, Kwenjt, Manenie , Rangala et Sho~ Rang nia. La semaine se compose de trois jours ; les deux premiers sont des jours de travail, et s appellent Budjak et Meyeg ; ce dernier se nomme aussi Kwete en l’honneur du chef actuel. Le troisième jour de la semaine est un jour de fête et s appelle A kilo. L année Bangongo ( Motyio '■) se compose de quatre saisons; les t rois premiers mois de pluie

(européens) se nomment lbingu et constituent la première saison, puis viennent les autres trois mois de pluie, Inengi ; les premiers trois mois secs, Eshoho, enfin les

autres trois mois secs,

Ishu. Les Bambala disent que la foudre, Tsetse, est un animal comme le léopard

mais qu’il est noir (pour plus de détails, voir p, 21) ; selon les Isambo, c’est un animal comme le chien et qui, lorsqu’il a faim, mange les animaux et les arbres. Le nom Bambala pour Je soleil est Phila, pour la lune, Gondo. Les Bangongo appellent le soleil Moani, et croient qu après son coucher il retourne à l’est derrière le ciel ; ils appellent la terre Sina et les étoiles Moedi , mais il n’y a pas de nom particulier pour chacune de ces dernières. L’arc-en-ciel est supposé porter malheur à celui qui 1 aperçoit toucher le sol. Les indigènes cités disent que cet arc-en-ciel est fait de la même substance que les esprits. La même tribu donne les noms suivants aux quatre points cardinaux . le nord et le sud sont tous deux appelés Iteke ; l’est Tende ; l’ouest, Gele.

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