RACONTÉ PAR LE BILUMBU
Il y avait une fois un homme nommé Badja qui alla dans la iorèt nommée Mungungu Mayonge avec son fils. Or le fils mourut soudain dans cette toièt et le père revint seul au village. Quand il arriva, les villageois lui demandèrent : « Badja, où est votre fils l » Il répondit i u il est mort dans la loret de Mungungu Mayonge ! » « Quoi », répondirent-ils, « vous laissez mourir votre fils de cette manière dans la forêt et vous osez vous montrer encore dans votre village ; retournez immédia-
ternent dans la forêt de Mungungu Mayonge et ne vous faites plus voir ici ! » Alors Badja retourna dans la forêt, errant ça et là, ne sachant où aller. Enfin, il s’écria: « Je ne veux plus vivre ainsi ; comment mourrais-je ? » Il prit une longue liane, attacha une extrémité à une branche d’arbre sur lequel il grimpa et enroula l’autre autour de son cou. Après avoir fait cela il s’élança dans l’espace.
Ce fut le premier suicide; le suicide par pendaison est appelé Ishimbe par les Bangongo.
POURQUOI LES JEUNES FILLES ADULTES DORMENT SEULES DANS LEURS HUTTES. (BANGONGO)
(raconté par le btlumbü)
Il y avait une fois deux frères qui s’appelaient Ganda Sako et Lubumba Sako ; ils avaient une sœur nommée Monbinga Sako. Ils vivaient tous trois seuls dans la forêt et loin de tous les êtres vivants, comme on avait l’habitude de vivre à cette époque, dans une simple hutte. Or il arriva qu’une nuit un esprit entra et eut des rapports avec Monbinga Sako et elle devint enceinte.
Lorsque Ganda Sako s’en aperçut il alla trouver son frère et lui dit : « Lubumba, quelle honte ! vous avez souillé notre sœur ! » Lubumba aussitôt repoussa l’accusation et à son tour il accusa Ganda. La dispute continua ainsi, chacun étant convaincu fermement de la culpabilité de l’autre. Enfin ils moururent tous les trois de honte ; et depuis ce temps un adulte ne peut plus coucher dans la même hutte que sa sœur adulte.
Cette histoire a été racontée par le Bilumbu des Bangongo et quand il eut fini, il se tourna vers les plus jeunes membres de son auditoire et se mit à faire ressortir la morale de cette histoire ainsi qu'il suit : « Mes enfants, il arrive souvent qu’un homme épouse une fille d’un autre village et lui permet de rester dans son ancienne demeure, la visitant occasionnellement; de sorte que ses neveux et ses frères ne connaissent pas ses enfants, leurs cousins et leurs nièces. Or un jour son frère peut rencontrer une jeune fille sur le chemin et tomber victime de ses charmes. Plus tard il rencontre son frère qui lui dit : « N’avez-vous pas rencontré ma fille sur le chemin? » « Non », répondra-t-il. « Certainement vous devez l’avoir vue! Son nom est un tel et un tel ! » Alors à son horreur le frère apprendra que sans le savoir et le vouloir il a commis un inceste. Prenez donc garde, mes enfants, de ne pas être tentés par des filles sur le chemin, car vous ne pouvez savoir qui elles sont et vous pouvez, dans votre ignorance, devenir coupables de ce crime horrible qu’est l’inceste.
LES FILS D’ETOCHI (raconté par le bilumbu)
Très filios habuit Etoclii, Moesi (Flatus), Tuplii (Excrementuin) et Menyi (Urina). Etoclii autem forte morbo gravi aeger filiis arcessitis, « Filii », inquit, « vehementer aegroto ; ite in silvam atque medicamina colligite ». Itaque Tuphi et Menyi, voluntati patris obsecuti, in silvam properabant, sed Moesi domi manebat. Tun Etochi iratus,
« Cur » inquit, « tu, maximus natu, in casa lates, ubi fra.tres minores natu imperio meo obtempérant? I statim mihi medicamina quaesiturus ». At Moesi, jusso patris neglecto, domi se tenebat et optimum quemque jurgio lacessebat. Tum pater vehementer indignatus, « O Fili indigne » inquit, « infamia notaberis perpétua ; nomen tiium in saecula exsecratum esto ! » Ita accidit ut liomo, ubi cacare vult, in silvam abeat, vel si urinari cupit, se post, tecto condat ; at si flatum emittere vult, in sede manet, proxiinis molestus, qui conspuentes « Pereat Moesi » conclamant.
Quand un enfant n’obéit pas à ses parents, ils lui disent : « Va-t-en, vilain Moesi . »