‹ Notes ethnographiques sur les peuples communément appelés Bakuba, ainsi que sur les peuplades apparentées, les BushongoChapitre 99 sur 125 · MORALITE ET JUSTICE · texte numérisé non relu

MORALITE ET JUSTICE

La moralité sexuelle est très relâchée parmi les Bohindu. Les personnes non mariées sont libres dès un très jeune âge et l’on ne s’attend pas non plus à trouver la virginité chez une jeune épouse, ce qui résulte de la nature des coutumes en ce qui concerne le mariage Le mensonge et la fraude sont très admirés, comme étant des preuves d'habileté, et on considère l’ivresse comme un état enviable. On regarde le suicide comme un acte de folie qui ne regarde que la personne elle-même qui l’a commis.

L’Okolomba agit comme juge. On fait une stricte distinction entre le meurtre commis avec intention et l’homicide involontaire; dans le premier cas la revanche du

sang est obligatoire pour le frère de la victime; à défaut de frère, pour la famille de son père, et, à défaut de cette famille pour la famille de la mère ; cette obligation est si sévère que dans des cas où les parents ont accepté une compensation pécuniaire, la pression de l’opinion publique les a forcés à rendre l’argent et à avoir recours aux représailles habituelles. Dans les cas d’homicide involontaire, on considère comme convenable que celui qui a tué fasse un présent au frère du défunt. Si on vole quelque chose à un individu, il dépose une plainte à l’Okolomba en nommant en même temps l’homme qu’il suspecte. L’accusé est appelé à comparaître et est accusé du crime ; s’il admet sa culpabilité il est forcé de payer à leur possesseur la valeur des articles qui ont été volés, plus une amende à l’Okolomba. S’il nie l’accusation, il est soumis à une épreuve qui consiste à insérer la sève d’un certain arbre dans son œil ; s’il devient aveugle on le regarde comme coupable, si non, son innocence est prouvée et son accusateur doit lui payer des dommages et intérêts considérables dont la moitié va à l’Okolomba. Cette sève s’appelle Wokfungu. L’épreuve du poison à laquelle sont soumises les personnes qui sont accusées d’être possédées par l’esprit malin, Moloki, est décrite page 273. La mutilation, l’enlèvement, l’adultère et le viol des entants sont punis par des amendes, après qu’on a porté plainte devant l’Ükolomba. La trahison et la rébellion sont punies de la même manière, mais quelquefois l’Okolomba dans un accès de colère essayera d’administrer une correction corporelle au membre récalcitrant de son village ; si ce dernier se révolte et donne des coups à l’Okolomba, il est mis à l’amende.

Fig. 378. — «Woshele».

monnaie en forme de couteau de jet, faite par les Bankutu et employée par les Basongo Meno.

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