‹ Notes historiques et archéologiques sur la cathédrale: le cloitre et le palais archiépiscopal deChapitre 14 sur 18 · Ibid , p. «♦ (lig. 44) el p. 25 (fig. 13). f · texte numérisé non relu

Ibid , p. «♦ (lig. 44) el p. 25 (fig. 13). f

38 VICTOR MORTET.

4o II est bien établi par la date de 1346 que cette reconstruction de rédifice principal est antérieure à Tarchiépiscopat de Pierre de la Jugie. Cet archevêque aura sa part dans la continuation de l'œuvre de reconstruction, comme on le verra par ce qui va suivre; mais enfin on peut reporter le mérite d'avoir fait travailler à cette reconstruction au prédécesseur immédiat de Pierre de la Jugie, c'est-à-dire à Gausbert du Val, archevêque de 1341 à 1346, et à un autre de ses prédécesseurs, Bernard de Farges^ qui occupa le siège de Narbonne de 1311 à 1341, c'est-à-dire pendant trente années. Si Ton réfléchit aux grandes dépenses qu'exigeait la reconstruction de la cathédrale et à celles qu'entraînait la réédification du palais archiépiscopal, on comprend que les grands travaux entrepris de part et d'autre nous paraissent avoir traîné en longueur; mais il ne faut pas aller jusqu'à les faire différer autant que VioUet-le-Duc se l'est imaginé pour le palais des archevêques de Narbonne. On a vu que Bernard de Farges avait fait renouveler le statut de Maurin en 1335, et que Gausbert du Val fit un legs de 5000 florins d'or pour la fabrique de Saint-Just et pour la chapelle qu'il y avait fondée. Tous deux se sont donc intéressés à l'œuvre de la cathédrale; mais si l'on se réfère aux actes de leurs prédécesseurs, on constate que les bulles des papes en faveur de la cathédrale de Narbonne ne se renouvellent plus, comme cela avait eu lieu à plusieurs reprises. C'est que le vaste chœur de la cathédrale était enfin édifié et que ses chapelles étaient construites après tant d'efforts; les stricts besoins du culte étaient ainsi assurés, et Ton a des raisons de penser que les archevêques

3. Bernard de Farges était originaire du Sud-Ouest; il appartenait à une famille seigneuriale des environs de Bazas, à savoir de Endos, où Ion remarque encore les ruines d'un château. C'est tout près de là, k Villandraut, que se trouvait un fameux château construit au treizième siècle et qui appartint à Bertrand de Gol, devenu pape sous le nom de Clément V (4306-1314), né lui même à Uzeste, près de Villandraut. On a encore là un remarquable exemple de résidence seigneuriale appartenant à un haut dignitaire ecclésiastique. Bernard de Farges a dû connaître ces grandes constructions. (Sur cet archevêque, voy. les notes de Baluze faisant suite à ses Vitae paparum Avenionensium^ col. 662 et 4415.)

ont VU ensuite une grande partie de leurs ressources s'absorber dans la reconstruction de leur vaste palais avant le milieu du quatorzième siècle. Le legs considérable de Gausbert du Val n*eut lieu qu'en 1346, et seulement après que Ton eut déjà avancé la réédification du palais archiépiscopal. Ce legs dut activer le zèle des constructeurs qui avaient à s'occuper à la fois de la cathédrale et du palais des archevêques. C'est à cette date de 1346 qu'apparaît le nom de Raymond Aicard que nous avons signalé précédemment comme étant celui du maître de l'œuvre employé alors à Saint-Just.

Un autre texte de Y Inventaire des Archives de Narbonne mentionne encore le nouveau palais des archevêques : € Acta fuerunt hec m caméra iurris novipalaiii archiepiscopalis Narbone^ >, lit-on dans un document du 21 février 1352; il y est fait aussi mention d'une rue {carreria) dont on détermine ainsi l'emplacement : « que est versus turrim et palacium domini archiepiscopi^ ». Le même acte nous montre que les travaux avaient marché concurremment à ceux de la cathédrale de Narbonne, et sous la direction de R. Aicard, selon la plus grande vraisemblance, « ex opposite campanilis et portalis novi ecclesie cathedralis Narbonensis^ ». A la date de 1352, nous nous trouvons depuis cinq années sous Tarchiépiscopat de Pierre de la Jugie qui continue l'œuvre de ses prédécesseurs.

Nous possédons encore un recueil de documents bien précieux pour l'histoire de l'archevêché de Narbonne. C'est la copie du Livre vert* ou inventaire des revenus et droits seigneuriaux de cet archevêché, lequel fut rédigé dans la seconde moitié du quatorzième siècle sous l'archiépiscopat de Pierre de la Jugie. Nous y lisons ce qui suit, à propos de l'archevêque, en tète du premier chapitre :

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