Ibid,, n* 5484, p
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dit un historien très compétent ^ était extrêmement étendu. Au point de vue physique, il se composait de plusieurs régions parfaitement distinctes : la plaine inférieure de l'Aude, terre d'alluvions et de sables; au sud, les Corbières et le haut bassin de TAude, de Limoux à la source du fleuve, région montagneuse; plus loin, le haut bassin de TAgly et de ses affluents, le Fenouillèdes ; enfin, au nord, le bassin supérieur de l'Orb, la vallée de la Cesse, en un mot tout le territoire montagneux qui s'étend jusqu'aux limites de l'Albigeois. Ce diocèse comprenait en somme tout l'arrondissement de Narbonne, celui de Limoux, sauf quelques communes, une partie notable de celui de Carcassonne, celui de Saint-Pons-de-Thomières et un certain nombre de communes de ceux de Prades, Perpignan et Béziers. » Administré par quatre archidiacres, Tarchidiacremage, l'archidiacre de Fenouillèdes, celui de Corbières et de Razès, le diocèse de Narbonne n'avait pas encore subi la diminution de territoire que la création de nouveaux sièges épiscopaux par Jean XXII allait bientôt lui ftiire subir (1318). L'érection par ce pape du siège d'Alet allait lui enlever, au commencement du quatorzième siècle, le Fenouillèdes et tout le bassin supérieur de l'Aude jusque près de Limoux; d'autre part, le diocèse de Saint-Pons-de-Thomières devait lui prendre toute la vallée de l'Orb.
Nous devons croire que les produits que l'on tirait d'un territoire d'une telle étendue donnaient lieu à certaines difficultés de perception et n'atteignaient pas la somme que l'on en espérait; car il fallut renouveler les prescriptions qui avaient été faites à ce sujet et s'adresser aussi à d'autres sources de revenus. C'est ainsi qu'avec le cours des ans la chancellerie pontificale accorda bien des marques de faveur à l'Eglise cathédrale de Narbonne. Dans les dernières années du treizième siècle, une bulle de Boniface VIII, du 23 août 1297, — et non 1296, comme on l'a dit par erreur 2, — concédait
4. A. Molinier, Géigraphie de la province de Languedoc au Moyen-âge^ col. 28 (extrait de V Histoire générale de Languedoc , nouv. éd., t. XII, 4889, pp, U3-Ui.)
t. Cet acte ponlifical est ainsi daté : « Dat. apud UrbemveterenQ,
déjà cent vingt jours d'indulgence à tous ceux quf aideraient de leurs deniers à reconstruire la cathédrale de Narbonne. Nous donnons un extrait de ce document, parce qu'on y fait bien ref sortir la grandeur de l'entreprise que les archevêques de Narbonne eurent toujours en vue de mener à bonne fin.
Orvieto, 24 août 1 897. — Venerabili fratri Egidio, arçhiepiscopo Narbonensi. — Ecclesiarum fabricis... eu m itaque, sicut nobis exponere caravisti, opus fabnce Narbonensis ecclesie jamdudum incepte intendas perficere o/}ere sumptuosoy et ad tanti con8um[m]ationem operis proprie tibi nonsappetanl facultates^..
Quelques années plus tard, au commencement du quatorzième siècle, une bulle* de Benoît XI, successeur de Boniface VIII, donnée au Latran le 16 novembre 1303, autorisait le chapitre de TEglise de Narbonne à percevoir de nouveaux deniers imputables aux travaux de l'édiflce de la cathédrale, dont on désirait vivement le prochain achèvement. Il nous a paru intéressant d'en faire connaître ici l'extrait, que nous publions; la chancellerie pontificale revient encore une fois sur rimportance et la somptuosité de cette entreprise. Nous pensons que ces lettres de Benoît XI eurent pour effet de faire accélérer les importants travaux de construction de la cathédrale, au commencement du quatorzième siècle.
Dileclis' fiiris... archidiacono et capitule ecclesie Narbonensis... Ex parte siquidem vestra fuit propositum coram nobis quod bone memorie Maurinus archiepiscopus et vos, filii capitulum, attendentes quod facultates Narbonensis ecclesie ad consutnmationem fabrice ipsius ecclesie, que dudum incepla fuerat structura nobili et opère plurimum sumptuoso^ minime suppetanl ut opus ipsum perduci vaieret celerins ad effectum, prius inter vos solenni deliberatione prehabita, unanimiter statuistis ut
X Kal. septembris, anno tertio. » Il a été rapporté à Tannée 4296 par L. Narbonne, op. cit., p. 379.
4. Registres de Boniface VI II, 3* fasc., publ. par M. Faucon, 4886, reg. 49, f» «78 v«, col. 771. (Cf. coll. Doal, voî. 56, f» 449; Hist. de Lang.^ nouv. éd., t. V, col. 4384.)
2. On ne trouve pas mention de cette bulle importante dans L. Narbonne, op. oit, {Bull, de la Comm. archéol. de Narbonne^ 4897, p. 379.)