M. LE COMTE CH. DE MARNIX ET M. OLOZAGA
Le comte de Murnix au général Goblet.
« Madrid, le 5 décembre 1843.
« M. Olozaga, pour obtenir du Gouvernement qu'il empêche la droite et le centre du Congrès de formuler son accusation, le menace d'une opposition à toute outrance; il veut, dit il, reconstituer l'ancien parti progressiste de 1840, au moyen duquel il fera une nouvelle révolution dans laquelle les modérés succomberont et avec eux la Reine.
« Il n'y aura, ajoute-t-il, que deux choses possibles : la république ou don Carlos.
« Il tendra la main à l'Angleterre en faisant à M. Bulwer une position plus belle que celle de M. Aston sous le régime d'Espartero : il prouvera par des lettres en sa possession qu'il y a eu une intrigue montée contre lui au château et qu'il a été. accusé injustement; que la violence n'a pas été exercée contre la reine par lui, mais qu'il y a eu coaclion de la part d'une odieuse camarilla envers Sa Majesté et que c'est celle camarilla qui a placé dans la bouche de la reine les imputations dont il est l'objet. Le Gouvernement a répondu qu'il ne prenait pas l'initiative pour l'accusation, mais que, dans l'état actuel des choses, il ne ferait rien pour empêcher le Congrès d'agir contre M. Olozaga ; qu'il ne craignait poinl les menaces de celui-ci, décidé qu'il était à défendre l'ordre et le trône jusqu'à toute extrémité
Le même au même.
« Madrid, 51 décembre 1843.
« Le journal modéré ellleraldo rapporte dans son numéro d'aujourd'hui que M. Olozaga a montré à Lisbonne un passeport qui lui a été délivré par la légation de Belgique, à Madrid. Je puis vous donner l'assurance que les assertions de l'Heraldo ne me nuisent aucunement auprès du gouvernement espagnol. M. Gonzalez Bravo (') s'est expliqué à ce sujet vis-à-vis de personnes en qui j'ai toute confiance.
« Ceci ne vous étonnera pas quand vous saurez que ce ministre me disait, lui-même, après l'événement du 28, que son désir était que M. Olozaga prît la fuite.
« Pour le premier moment, je ne me propose pas d'avouer la délivrance du passe-port à M. Olozaga; celui-ci en effet peut l'avoir acheté, cela arrive fréquemment en Espagne. Je dirai tout et franchement à M. Gonzalez Bravo, comme je l'ai dit au duc de Glucksberg qui s'est empressé de me faire connaître l'opinion du ministère lorsqu'il l'a sue.
« J'ai fait pour M. Olozaga très-peu de chose comparativement à ce que j'ai fait pour le général de la Coucha, que j'ai eu chez moi six semaines lorsqu'il fut condamné à mort avec le général Léon »
(') Cet homme d'État vient de mourir (septembre 1871).
128 X0TE3 HISTOBiqOBS ET BIOGRAPHIQUES.
En 1844, le duc de Monlpensier ayant reçu le grand cordon de Tordre de Le'opold, M. Antoine de Latour, secrétaire des commandements de Son Altesse, écrivit au ministre des affaires étrangères (Palais des Tuileries, 27 décembre) :
M S r le duc de Montpensier est à peine entré dans
la carrière; mais si belle que l'avenir la lui fasse, il regrettera toujours que son extrême jeunesse ne lui ait pas permis de se joindre à ses frères pour servir, comme eux, sous les murs d'Anvers, l'indépendance de la Belgique. ...»