‹ Notes historiques et biographiquesChapitre 8 sur 22 · GOUVERNEMENT PROVISOIRE · texte numérisé non relu

GOUVERNEMENT PROVISOIRE

« Vu l'absence de toute autorité, tant à Bruxelles que dans la plupart des villes et des communes de la Belgique ;

« Considérant que, dans les circonstances actuelles, un centre général d'opérations est le seul moyen de vaincre nos ennemis et de faire triompher la cause du peuple belge ;

« Le gouvernement provisoire demeure constitué de la manière suivante :

« MM. le baron Vander Linden d'Hooyvorst ; Ch. Rogier; le comte Félix de Mérode; Gendebien; S. Van de Weyer; Jolly; J. Vander Linden, trésorier; baron F. de Coppin, J. Nicolay, secrétaires,

« Bruxelles, le 26 septembre 1830. »

{Suivent les signatures.)

Esquisses historiques de la révolution de la Belgique en 1850 (Bruxelles, 1830), pp. 413 et 448.

c'est en face de l'ennemi que ees courageux citoyens assumèrent la responsabilité des événements : û n'y a pas d'exagération à dire qu'ils exposaient leur vie en signant des proclamations révolutionnaires et que le danger qui les menaçait, en cas de défaite, était aussi grand que celu, auquel s'exposaient les combattants

A deux reprises différentes le prince Frédéric envoya à l'hôtel de ville des parlementaires pour entamer des négociations: il demandait à s'en

treteniravecM.lebarond'Hoogvorst,etce fu prmcipalement M. Rogier qui empêcha son collègue d aller trouver le prince.

La première dépêche fut apportée par M de

Ravenne officier des lanciers , la réponse, dans laquelle la commission administrative exigeait eomme base des négociations le retrait immédiat des troupes à huit lieues de la ville, fut portée par le lieutenant-colonel Pietinckx . qui fut retenu prisonnier par les Hollandais et envové a Anvers, contrairement au droit des gens

A la seconde dépêche il ne fut répondu que par ces mots écrits par M. Rogier sur la lettre même du prince :

« On ne traite pas avec des incendiaires ' ,, Quant au comte de Mérode, il s'était effectivement retiré le 22 au château de Trelon en

France, et il expliqua loyalement sa conduite dans la lettre suivante :

« Monsieur le rédacteur du Courrier « des Pays-Bas.

« Vous avez relevé comme inexact l'article d'un journal qui signalait avant-hier l'absence de quelques membres du gouvernement provisoire aux jours du danger. Cette feuille ne s'est pas trompée, du moins à mon égard, et je me plais à le reconnaître, ne cherchant nullement à m'attribuer un honneur auquel je n'ai pas droit. La veille du jour où Bruxelles fut attaqué, je n'attendais aucune résistance utile, et persuadé qu'il n'existait plus de moyen «actuel d'agir pour l'indépendance belge, je m'étais décidé à chercher un refuge sur le sol français. Si dès les premiers succès obtenus par le courage du peuple, mon nom a paru dans les actes du gouvernement national, c'est parce que je m'étais déclaré prêt à me dévouer à tout ce qui serait dans les intérêts de la cause patriotique et que j'avais prouvé cette résolution en acceptant, le 20 septembre, les fonctions de membre d'un gouvernement provisoire qui n'a pu alors être institué.

« L'acte politique dont j'ai consenti à /subir

« les chances, non moins périlleuses que les -hasards des combats, ne me permettant « po-rt cependant de laisser supposer " e a « coneouru à l'héroïque défense de notre cani- « taie, je viens vous prier, monsieur le rédac- « teur, de vouloir bien publier cette lettre et « d agréer, etc.

« O Feux de Mérode.

« Bruxelles, 15 octobre i 830. »

J'ai souligné, dans cette lettre, les mots qui

~ 7\ ! m ° n -s, la situation de cl époque les hommes de l'hôtel de ville aussi bien que les hommes des barricades couraient des

dangers; c'est IWmble de ces efforts et de ces dévouements qui a fait le succès

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